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Le patrimoine maritime en France et à l’étranger – Episode 10 – L’Europe de l’Est –

Note: La liste de navires citée n’est pas exhaustive mais le fruit de recherches qui peuvent être incomplètes. N’hésitez pas à nous contacter si vous constatez des oublis. La liste ne recense que les navires d’une taille assez importante et ne comprend pas les sous-marins.

Quand on imagine pays de l’est, on pense plus à des puissances continentales qu’à des puissances navales, pourtant on oublie un peu vite que l’ex-URSS à eu, durant la guerre froide, la seconde flotte du monde, et qu’elle n’était pas composée que de sous-marins. Il en est de même pour les pays de l’est, qui appartenaient au bloc soviétique et en particulier la Pologne.

1- La Pologne :

La Pologne de part sa situation sur la Baltique, ainsi que ses ports et ses chantiers naval, a étét pendant la guerre froide, avec l’ex-RDA, la tête de pont du bloc de l’est sur cette région du monde. Ce paus concerve de ce passé, des navires historiques fort interessants et en particulier le premier d’entre eux, l’ancien navire-école Dar Pomorsa, ex-navire école allemand, saisi au lendemain de la première guerre mondiale :

Le futur Dar Pomorza est lancé le 28 septembre 1909 sous le nom de Prinzess Eitel Friedrich. Il sert alors de bateau école au profit de l’amicale des navires écoles allemands créée en 1900 et entre en service le 6 avril 1910 . il a été construit sur le modèle du Grossherzogin Elisabeth (actuel Duchesse Anne) dont il est l’un des trois sister-ships. En 1920, il est donné à la France en guise de dommages de guerre et devient le Colbert basé à Saint-Nazaire. Il ne fut toutefois jamais incorporé à la flotte de la Marine française. Remisé en 1929, il est vendu à la Pologne et acquis par l’École maritime polonaise. Remis en service le 13 juillet 1930 sous le nom de Dar Pomorza (« don de la Poméranie »), il poursuit sa carrière de navire école de la marine marchande. Il effectue un voyage autour du monde (entre 1930 et 1939) avec passage du cap Horn en 1934-1935. Après avoir été mis à l’abri à Stockholm en 1937, il reprend ses entraînements dans les eaux européennes dès 1939. Il navigue jusqu’en 1981, remplacé par le Dar Młodzieży. Sous pavillon polonais, le Dar Pomorza aura parcouru 509 804 milles. Le voilier école a formé 13 911 officiers de la Marine marchande polonaise. Le voilier est aujourd’hui la propriété de l’Université maritime de Gdynia où il est amarré comme bateau musée

…Poursuivons avec son successeur de fabrication polonaise, le navire-école Dar Młodzieży :

Le Dar Młodzieży est un voilier de type trois-mâts carré en acier battant pavillon polonais. Son port d’attache est Gdynia. Construit à Gdańsk en 1981 pour remplacer le Dar Pomorza, il est l’aîné d’une grande famille de sister-ships (les ukrainiens Droujba et Khersones, les russes Mir, Pallada et Nadejda). Navire-école de la marine polonaise qui l’utilise pour former des cadets et dessiné par l’architecte Zygmunt Choreń, c’est un voilier ultra-moderne. Depuis quelques années, il est utilisé pour le stage des élèves de l’École supérieure de navigation d’Anvers, pour une navigation le long des côtes Ouest de l’Europe. Il participe à de nombreuses courses, notamment la Cutty Sark Tall Ships’ Race, où il obtient régulièrement d’excellents résultats. Il a remporté le Boston Teapot Trophy en 1988, parcourant 1 241 milles en 124 heures.

Toujours dans les navires-écoles polonais on poursuit avec le trois-mâts goélette Pogoria :

Le Pogoria est un trois-mâts goélette polonais construit en 1980 au chantier naval de Gdansk, sur les plans de l’architecte naval Zygmunt Choreń. Il est le symbole de la constitution de la flotte maritime polonaise. Sur ses voiles il porte le symbole de l’Iron Shackle Fraternity (quatre manilles imbriquées en forme de croix), première association polonaise de course à la voile. Le Pogoria est un trois-mâts métallique à voiles carrées sur la mât de misaine, et porte sur ses mâts d’artimon et grand mât des voiles auriques. Ses formes peu conventionnelles ont servi de modèle à trois autres navires, l’Iskra II, l’Oceania, et le Kaliakra de la Marine bulgare. À la requête de l’Académie des sciences polonaise, le Pogoria récupère les membres d’une expédition scientifique installée sur l’île du Roi Georges, au sud des Falkland, dans l’Antarctique durant l’hiver 1980-81. Il participe à sa première Tall Ships’ Races (course des grands voiliers) en 1982. De 1985 à 1991, il sert de navire-école pour le Canada. Depuis 1995, le Pogoria participe à toutes les Tall Ships’ Races durant l’été. En hiver, il est basé à Gênes en Italie pour participer aux courses méditerranéennes. Le 7 juillet 2009, deux des mâts du Pogoria se brisent au niveau de joints soudés, alors qu’il naviguait vers Saint-Pétersbourg, en Russie. Les 37 stagiaires sont hélitreuillés par des unités de la Garde cotiêre finlandaise, les 13 personnes de l’équipage restant à bord. Le navire est remorqué à Hanko car ses moteurs ne fonctionnaient pas au moment de l’incident.

Toujours dans la même série de voilier, du même chantier et du même architecte, l’Iskra II, de ma marine polonaise :

L’Iskra II (« Étincelle » en polonais), est un trois-mâts goélette polonais. Il sert comme navire-école aux cadets de l’Académie navale de la marine polonaise. Construit par les Chantiers navals de Gdańsk à Gdansk, comme le Pogoria, et le Fryderyk Chopin, il est venu remplacer l’ORP Iskra (1928-1976), désarmé après 50 ans de navigation. Sa particularité est d’avoir des gréements différents sur chacun de ses mâts : le mât de misaine porte une voile carrée, le grand mât une voile aurique et le mât d’artimon une voile bermudienne. Ce mât sert aussi de cheminée. Son gréement disparate est certainement un avantage pour son rôle d’école, même s’il nuit à l’élégance de sa silhouette. Depuis 1987, l’Iskra II participe aux festivités internationales des Tall Ships’ Races.

…Et enfin le dernier sister ship l’Oceania :

Il a été construit en 1985 dans les chantiers navals de Gdańsk en Pologne, après la conception de Zygmunt Choreń. La coque en acier est basée sur les plans de grands trois-mâts goélette précédents : Pogoria (1980) et Iskra II (1982), mais son gréement était différent. L’Oceania était à l’origine un navire entièrement équipé avec trois mâts de 32 mètres de haut chacun et possédait une voilure de 740 m2. Sur chaque mât, il n’y avait qu’une voile carrée (l’Oceania fut parfois classé comme frégate). Plus tard,lors de sa rénovation, les verges et la voile du mât d’artimon ont été supprimées pour être classé comme goélette. il est équipé en voile d’étai et les voiles sont maintenant soulevées et entraînées hydrauliquement. Le voilier se caractérise par de grandes prouesses marines. Son équipement permet de naviguer dans presque toutes les conditions. La portée du navire est illimitée et l’autonomie est de 30 jours. Chaque année, il passe de 230 à 250 jours en mer, réalisant, entre autres, une expédition de recherche dans les mers du Nord et le Spitzberg (juin-août) et une dizaine de croisières en mer Baltique. Le voilier participe parfois aux Tall Ships’ Races. Le navire est équipé de laboratoires capables de fournir des expériences et des observations hydrographiques, optiques, acoustiques, chimiques, biologiques et particulaires. Il est aussi équipé de treuils et élévateurs, d’une grue hydraulique et de pontons de travail



…Et pour clore l’épisode polonais des voiliers-écoles le brick Fryderyk Chopin :

Le Fryderyk Chopin : est un brick moderne, à coque acier, construit en 1991 en Pologne, aux chantiers Lénine de Gdansk. Il a été dessiné par l’architecte naval polonais Zygmunt Choreń. Il a été affrété un an comme charter pour le West Island College  au Canada afin d’élargir son programme de formation à la voile. Puis il a servi au European School of Law and Administration , une université privée polonaise. Le 29 octobre 2010, le navire a été signalé en état de détresse au large des îles Scilly, ayant perdu deux mâts à cause de coups de vent violent et d’une forte mer. Il était en croisière de trois mois et demi des Pays-Bas vers les Caraïbes avec 47 membres d’équipage à bord, y compris 36 stagiaires âgés de 14 ans. Bien qu’il y ait un moteur auxiliaire, le capitaine du navire ne l’utilisa pas, par peur des débris traînant sur l’hélice. Aucune blessure n’a été signalée. Le navire a été remorqué dans les eaux abritées de la baie de Falmouth sur 100 milles et trois jours de remorquage par le petit chalutier Nova Spero dont le capitaine, Shaun Edwards avait répondu à l’appel de détresse. Après règlement de différends au sujet des assurances, sa rénovation a eu lieu au chantier naval britannique “A & P” puis à celui de “Queens Wharf”. Depuis 2011, le navire est exploité par 3Oceans, un opérateur polonais de navire privé. Il sert de navire à The Blue School, un projet de formation à la voile organisé par la STS Fryderyk Chopin Foundation.

…Dans la marine de guerre « moderne », à noter le plus vieux destroyer préservé au monde, le Błyskawica, construit dans les années 1930 :

l’ORP Błyskawica est un destroyer de classe Grom qui a servi dans la marine polonaise pendant la Seconde Guerre mondiale . Il est le seul navire de la marine polonaise à avoir été décoré des Virtuti Militari , le plus haut ordre militaire Polonais, et a reçu en 2012 la médaille Pro Memoria . Le Błyskawica est conservé comme navire-musée à Gdynia et est le plus ancien destroyer préservé au monde. Il était le deuxième des deux destroyers de classe Grom construits pour la marine polonaise par J. Samuel White , de Cowes , en 1935-1937. La classe Grom était deux des destroyers les plus lourdement armés et les plus rapides de la Seconde Guerre mondiale.

Et enfin pour en terminer avec la Pologne, un cargo : le SS Sołdek :

Le SS Sołdek était un cargo polonais de charbon et de minerai . C’était le premier navire construit à Szczecin ( Pologne ) après la Seconde Guerre mondiale et le premier navire de mer achevé dans ce pays après le conflit. Il a été le premier des 29 navires classés dans le cadre du projet B30 , construits entre 1949 et 1954 aux chantiers navals de Gdańsk . Le nom a été donné en l’honneur de Stanisław Sołdek , l’un des travailleurs de choc du chantier naval .Le navire est actuellement conservé comme navire-musée à Gdańsk , dans le cadre de la collection du National Maritime Museum .

2- La Russie


Ce pays, considéré comme une puissance continentale a, dès l’Union Soviétique, eu une politique de conservation des navires anciens comme en témoigne la possession par la Fédération de Russie des deux plus grands voiliers du monde que sont, Le Sedov :

Le Sedov est un quatre-mâts barque, long de 117,5 mètres, c’est le grand grand voilier russe et le plus grand voilier navire-école du monde. Son volume est de 6 148 tonneaux et son déplacement (masse) de 3 500 tonnes.Il peut atteindre la vitesse de 18 nœuds grâce à 34 voiles d’une surface portante totale de 4 192 m2 et un moteur auxiliaire diesel 128 chevaux. Il est construit en 1921 sous le nom de Magdalene Vinnen dans les chantiers navals Germania de Kiel en Allemagne et navigue sous pavillon allemand de la flotte de l’armement Vinnen de Brême, comme navire de commerce, pour transporter du nitrate au Chili. En 1936, le Magdalene Vinnen est vendu à la Norddeutscher Lloyd, rebaptisé Kommodore Johnsen, réaménagé en navire école de la marine marchande et est affecté au transport maritime de blé, de charbon, et de céréales vers l’Australie. La Seconde Guerre mondiale met fin à ses voyages aux long-cours. Il navigue alors en mer Baltique. Après la capitulation allemande du 8 mai 1945, l’Allemagne remet le navire à l’Angleterre en 1949 qui le donne à l’Union soviétique en 1950 à titre de dommage de guerre. La Russie le rebaptise du nom de Gueorgui Sedov disparu en 1914 lors d’une exploration polaire Arctique. Le Sedov devient un navire océanographique jusqu’en 1966. De 1966 à 1981, le ministère de la pêche russe le fait réaménager, pour le convertir en navire-école d’équipage avec pour port d’attache Rīga en Lettonie. Avec la proclamation d’indépendance de la Lettonie en 1991, le Sedov quitte Riga pour Mourmansk, son nouveau port d’attache libre de la prise des glaces en hiver. Navire école de l’université maritime de Mourmansk, il forme des élèves officiers, marins civils et ingénieurs de pêche avec un équipage de 65 marins et 164 cadets durant des voyages, en général longs de 3 mois.

Ainsi que le très élégant Krusenstern, ex-allemand Padua de la fabuleuse compagnie Flying P-line :

Le Krusenstern est un quatre-mâts barque russe construit en 1926 à Bremerhaven-Wesermünde, en Allemagne, sous le nom de Padua. Dernier des Flying P-Liners construit, le Padua était notamment affecté au transport de matériaux de construction vers le Chili et revenait chargé de nitrate par le cap Horn. Plus tard, il transporta du blé depuis l’Australie. En 1933-1934 il remporta un record en effectuant le trajet de Hambourg à Port Lincoln (Australie) en 67 jours. Avant la Seconde Guerre mondiale, il effectua 15 voyages au Chili et en Australie. Il effectua son voyage le plus rapide en 1938-1939, de Hambourg à l’Australie via le Chili et retour à Hambourg en 8 mois et 23 jours sous le commandement du capitaine Richard Wendt — un record mondial pour ce type de navire qui ne fut jamais battu. Le 12 janvier 1946, il a été donné à l’URSS pour être intégré dans la flotte soviétique de la Baltique. De nombreuses réparations y furent effectuées avec notamment l’installation de ses premiers moteurs. De 1961 à 1965, le navire effectua de nombreuses missions d’études hydrographiques et océanographiques pour l’Académie des sciences de l’URSS, et a été utilisé comme navire-école pour les cadets. En 1965, il a été transféré au Ministère de la pêche à Riga pour servir de navire-école aux futurs officiers de la marine de pêche. En janvier 1981, le Krusenstern a été transféré aux Industries de la pêche estoniennes à Tallinn et en 1991 à l’Académie d’état des pêches de la Baltique pour rejoindre son port d’attache actuel à Kaliningrad. Le Krusenstern a pris part à de nombreuses régates internationales. Après la chute de l’URSS, les ressources sont devenues un problème, et le navire a commencé à prendre des passagers pour y pourvoir. C’est le dernier des Flying P-liner encore en service.

…Suivent pour ce pays décidément étonnant, une myriade de grands voiliers école, en sus des deux premiers, tous du même type que le Dar Pomorza polonais, et de construction polonaises, revenus pour certains dans le giron russe après un court séjour sous pavillon ukrainien, il s’agit des trois-mâts école Khersones, Mir, Pallada et Nadejda :

Le Khersones est un trois-mâts carré moderne, construit aux chantiers navals polonais de Gdansk, navire-école russe. Il est surnommé « la Dame de Crimée ». Initialement prévu pour l’instruction des cadets de la marine marchande soviétique il devait remplacer un autre grand voilier : le Tovarishch. Avec l’éclatement de l’URSS, il est devenu la propriété de l’Institut technologique maritime de Kertch, au bord de la mer Noire, en Ukraine, comme navire-école des jeunes marins de ce nouveau pays. Depuis 2014, date du rattachement de la Crimée à la Russie, il appartient à l’université maritime “Amiral Ushakov” et a hissé le pavillon russe. le Khersones est le sister-ship d’une nombreuse lignée de grands voiliers, dont l’ainé est le Dar Młodzieży polonais, en compagnie des Russes Mir, Pallada et Nadejda et de l’Ukrainien Druzhba. Son nom est un condensé de deux lieux : la presqu’île Chersonèse en mer Noire, et la ville de Kherson. À partir de 1993, par besoin financier, il embarque des passagers pour différentes croisières. En janvier 1997, il passe le cap Horn avec une centaine de passagers, et poursuit depuis lors une route plus calme en participant aussi à différents Tall Ships’ Races. Comme le Pogoria, l’Iskra II, le Kaliakra, le Dar Młodzieży et le Fryderyk Chopin, le Khersones a été dessiné par l’architecte naval Zygmunt Choren

Le Mir (« paix » ou « monde » en russe) est un voilier de type trois-mâts carré en acier battant pavillon russe. Son port d’attache est Saint-Pétersbourg. Il est l’un des plus longs voiliers du monde. Construit en 1987, au chantier naval Lénine de Gdańsk en Pologne, il est un des sister-ships du Dar Młodzieży. Il est propriété de l’Académie nationale maritime russe comme navire-école. Le Mir participe à de nombreuses courses du Tall Ships’ Races. Il a été le vainqueur de la course Grand Regatta Columbus de 1992 pour la célébration de la découverte de l’Amérique en 1492 par Christophe Colomb

Le Pallada est un trois-mâts carré, à coque acier, construit en 1989, au chantier naval de Gdansk en Pologne. Depuis la dissolution de l’Union soviétique il navigue sous pavillon russe. C’est un voilier école dont le port d’attache est Vladivostok. Le Pallada est l’un des sister-ships du Polonais Dar Młodzieży, des Russes Mir et Nadejda, des Ukrainiens Druzhba et Khersones. Contrairement aux autres qui ont une coque blanche, il a une coque noire et ressemble au Krusenstern. Il porte le nom de la déesse grecque Pallas Athéna. Il appartient à la société Dalryba, un conglomérat d’entreprises de pêche.

Le Nadejda (en russe : Надежда, ce qui signifie « Espérance » ; en anglais : Nadezhda) est un trois-mâts carré, à coque acier, construit en 1991 dans les chantiers navals Stocznia Gdańska à Gdańsk en Pologne, sur les plans de l’architecte naval Zygmunt Choreń. En 2003, il a participé à la Cutty Sark Tall Ships’ Races, qui a eu lieu à Gdynia. Entre 2003 et 2004, il a fait un voyage autour du monde : Sri Lanka, Singapour, l’Europe, dans les îles Canaries, Rio de Janeiro, Cap Horn, Tahiti, Hong Kong.

Pour en finir avec les voiliers, une réplique d’une frégate du 18ème siècle, la Shtandart :

Après cette véritable armada de voiliers-écoles, passons à la marine militaire « moderne » en commençant par le très célèbre croiseur Aurora, entré dans la légende révolutionnaire russe :

Le croiseur Aurore (en russe : Крейсер « Авро́ра ») est un croiseur protégé de classe Pallada de la flotte de la Baltique de la Marine impériale russe. Il est ainsi nommé en l’honneur de la frégate à voile Aurore qui se distingua lors de la bataille de Petropavlovsk pendant la guerre de Crimée (1853-1856). Le croiseur Aurore fait partie du deuxième escadron du Pacifique lors de la guerre russo-japonaise (1904-1905) et prend part à la bataille de Tsushima. Il sert également lors de la Première Guerre mondiale puis devient un symbole de la révolution d’Octobre en tirant à blanc un coup de canon, signal de l’attaque imminente du palais d’Hiver, siège du gouvernement provisoire, le 25 octobre 1917. Lors du siège de Léningrad, pendant la Seconde Guerre mondiale, les canons sont retirés pour être utilisés au sol, sur le front. Remis en état en 1945-1947, le navire est ancré sur les bords de la Neva à Saint-Pétersbourg et devient navire musée en 1957. Parti en révision à Kronstadt à l’automne 2014, il est de retour à son mouillage en juillet 2016.

…Poursuivons avec encore un croiseur, mais des année 1950, le Mikhail Kutuzov :

Mikhail Kutuzov ( russe : Михаил Кутузов ) est un croiseur léger no. 68-bis (désignée classe Sverdlov par l’ OTAN ) de la flotte soviétique et plus tard de la marine russe de la mer Noire. Les croiseurs de classe Sverdlov , étaient les derniers croiseurs à canons conventionnel construits pour la marine soviétique . Ils ont été construits dans les années 1950 et étaient basés sur des conceptions et des concepts russes, allemands et italiens développés avant la Seconde Guerre mondiale. Leurs coque était plus moderne et offrait une meilleure protection blindée que la grande majorité des modèles de croiseurs de canons de l’après-guerre construits et déployés par des pays pairs. Ils transportaient également une vaste gamme d’ équipements radar modernes et artillerie anti-aérienne . Les Soviétiques initialement prévu de construire 40 navires dans la classe. En 1954 , la construction de la classe Sverdlov, obsolète à cause de l’arrivée des missiles, a été annulée par Khrouchtchev après que 14 coques aient été achevées. Le Kutuzov a été construit au chantier naval de la mer Noire à Nikolayev le 23 février 1951 et mise en service le 30 décembre 1954. Mikhail Kutuzov a rejoint la flotte de la mer Noire après la mise en service et les essais en mer, le 31 janvier 1955. Le 28 juillet 2002, Mikhail Kutuzov a été ouvert au public en tant que navire-musée à Novorossiysk . Le 1er octobre 2012, elle a été nommée filiale du Central Naval Museum

Et enfin, un destroyer plus moderne de classe Sovremenny , le Bespokoynyy :

La classe Sovremenny , dénommée soviétique Project 956 Sarych ( buse ), est une classe de destroyers antinavires et antiaériens de missiles guidés de la marine soviétique et plus tard russe . Les navires portent le nom de leurs qualités, «Sovremenny» se traduisant par «moderne» ou «contemporain». La plupart des navires ont été retirés du service actif sauf le Bespokoynyy, qui a été converti en navire-musée en 2018, mais plusieurs restent en service avec la marine russe. Quatre navires modifiés ont été livrés à la marine chinoise et restent en service. La classe Sovremenny était des destructeurs de missiles guidés, principalement chargés de la guerre anti-navire, tout en assurant la défense aérienne et maritime des navires de guerre et des transports sous escorte. La classe a été conçue pour compléter les destroyers de classe Udaloy , qui étaient principalement équipés pour des opérations anti-sous-marines . Le Bespokoynyy est aujourd’hui voisin du croiseur musée Kutuzov

Concernant les navires « civils », on ne sera pas étonné de trouver trois brises-glace en commençant par le plus vieux né en 1900, l’ Angara :

Le premier brise-glace du lac Baïkal a été commandé comme ferry-navette pour les wagons de chemin de fer, pour relier le chemin de fer transsibérien à travers le lac Baïkal. Le comité chargé de la construction du chemin de fer transsibérien décida de commander le premier brise-glace (plus tard appelé Baïkal ) en 1895 au chantier britanniques Armstrong and Co. de Newcastle. Le navire fut ensuite transporté de Grande-Bretagne par sections qui furent assemblées à Listvyanka en 1898-99. plus tard, le comité a décidé de commander un autre brise-glace plus petit, qui s’appellerait Angara, pour le transport de marchandises et de passagers sur le même itinéraire. Les pièces de ce nouveau brise-glace ont été expédiées de Grande-Bretagne à Revel (aujourd’hui Tallinn), puis sont passées par le chemin de fer transsibérien jusqu’au rivage du Baïkal. Il a été assemblé et a touché l’eau pour la première fois le 25 juillet 1900. L’Angara a fait la navette entre Port Baïkal et Mysovaya deux fois par jour jusqu’à ce que le chemin de fer Circumbaikal soit terminé en 1905. En 1918, Angara a été réaménagée pour le transport des passagers. Pendant la guerre civile, le brise-glace reçut des canons et reçut l’ordre de garder Listvyanka. L’Angara a continué à transporter des marchandises et des passagers jusqu’en 1962. Après cela, il a été amarré à Port Baïkal et plus tard à Irkoutsk. Pendant qu’il était amarré, il a été coulé à plusieurs reprises. En fait, il pourrait être en mesure d’entrer dans le Guiness Book of World Records comme “le brise-glace qui est descendu au fond de la mer le plus souvent.”. L’Angara a été rénovée en 1989 grâce aux dons de particuliers et d’organisations. C’est maintenant un musée flottant.

…Puis le Kressin :

Ce navire historique, amarré au large de la rive sud de l’ île Vassilievski , est l’un des ajouts les plus récents à la scène muséale de Saint-Pétersbourg. Malgré son âge, le “Krasin” est toujours en bon état de fonctionnement et parfaitement navigable, mais après avoir subi d’importants travaux de restauration, il est maintenant devenu un musée flottant.Conçu par le célèbre marin russe, l’amiral Stepan O. Makarov et construit en 1916 en Grande-Bretagne, le navire portait à l’origine le nom du guerrier mythologique russe “Svyatogor”. Rebaptisé “Krasin” à l’époque soviétique, le puissant brise-glace a participé à l’opération de sauvetage pour sauver l’expédition polaire italienne menée par Umberto Nobile. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les «Krasin» dirigèrent des convois alliés, qui apportèrent des fournitures stratégiques, des armes et des munitions à l’Union soviétique. Les convois se sont frayés un chemin vers les ports maritimes du nord de l’Union soviétique, malgré les bombardements nazis et la menace constante d’attaques sous-marines. De nombreux navires et cargos alliés n’ont pas réussi à atteindre leur destination, mais le «Krasin» a eu la chance de survivre.Après la guerre, le brise-glace historique a participé activement à des expéditions de recherche dans l’océan polaire et a conduit des convois de fret soviétiques à travers la région polaire. Plutôt que d’être détruit (comme le fameux brise-glace “Yermak”) pour faire place à des navires plus modernes, le “Krasin” a été préservé et restauré, grâce au formidable dévouement de son capitaine et de son équipage et de bénévoles et passionnés d’histoire navale.

…Et enfin le gigantesque brise-glace à propulsion nucléaire Lénin :

Lancé le 5 décembre 1957, à Léningrad (actuelle Saint-Pétersbourg), il est propulsé par 2 réacteurs nucléaires et 4 turbines à vapeur. Les 4 turbines Kirov alimentent des générateurs reliés à 3 jeux de moteurs électriques et d’axes de transmission. Les moteurs électriques mettent en action 3 hélices de propulsion, 2 sur le travers et 1 centrale. Le navire possédait également 3 moteurs électriques auxiliaires autonomes. Durant l’hiver de 1966-1967, le Lénine fut endommagé par un accident sur l’un de ses réacteurs nucléaires dont les détails exacts ne sont aujourd’hui pas encore rendus publics. Il est supposé que le réacteur fondu a été jeté en mer de Kara. Le Lénine fut désarmé en 1989, car sa coque avait trop souffert des frottements avec la glace, et fut transformé en bateau musée. Il se trouve actuellement à l’Atomflot, une base pour brise-glace nucléaires à Mourmansk. Après des réaménagements et de légères réparations, le brise-glace est ouvert à la visite dans le port de Mourmansk. Comme pour les anciens sous-marins ou navires nucléaires russes, se pose pour le Lénine le problème aigu du traitement de ses déchets radioactifs. La plupart de ces bâtiments se trouvent désarmés sur la presqu’île de Kola et sont laissés à l’abandon suite aux problèmes économiques de la Russie et de son armée. Le navire disposait également d’une plateforme à l’arrière pouvant accueillir un hélicoptère lourd.

…Et enfin pour en terminer avec la Russie, le navire de recherche Kosmonavt Viktor Patsayev :

Le Kosmonavt Viktor Patsayev était un navire océanographique russe qui est le dernier navire de la soi-disant flotte cosmique de l’ancienne Union soviétique en tant que Bâtiment d’essais et de mesures. Il porte le nom du cosmonaute russe Viktor Patsaïev, qui a participé à la mission Soyouz 11 en 1971 et a été tué par une chute soudaine de la pression dans la cabine. Les tâches principales du navire consistèrent à recevoir et analyser des données de télémétrie et à établir des communications radio entre l’engin spatial et le Centre de contrôle des vols spatiaux TsUP. Le navire a été construit en 1968 au chantier naval de Léningrad et en tant que transporteur de bois sous le nom de ” Semen Kosinov ” (Семён Кириллович). En 1978 il a été reconstruit et transformé en un navire de recherche. Le 24 novembre 1978, il a reçu le fanion de l’Académie des sciences de l’URSS et il est transféré au Service de recherche spatiale du Département des expéditions marines de l’Académie des sciences de l’URSS. Au cours de la période d’exploitation de 1979 à 1994, 14 expéditions de recherche ont été effectués. Au cours de cette période, des travaux ont été effectués avec Saliout 6, Soyouz 3 et 4, Saliout 7, Molniya 1T, Soyouz 5, 8, 9, 10 et 11, Progrès 24, etc. Depuis 2001 le navire est amarré à l’embarcadère du Musée océanographique de Kaliningrad. Son transfert au musée l’a sauvé du destin des 18 autres navires de la flotte cosmique qui ont été démolis. Le navire abrite actuellement diverses expositions, dont des maquettes du lanceur Energia, de la navette spatiale Bourane, des installations de traitement de l’eau potable sans gaz, du matériel médical et des objets de la Cité des étoiles près de Moscou.

Et voilà s’en est terminé pour le géant russe, reste encore à voir un pays, pas vraiment réputé pour son patrimoine maritime, et qui pourtant arme un très beau voilier-école

 

3- La Roumanie :

Et le voilier-école Mircéa :

La marine roumaine entreprit de le remplacer le premier navire école Mircea, un brick, par un splendide trois-mâts barque conçu sur les mêmes plans que le Gorch Fock I sorti des chantiers Blohm & Voss à Hambourg en 1933. Le trois-mâts fut livré le 16 janvier 1939 et armé à Constanța en avril. Comme son prédécesseur, il fut nommé Mircea. Le navire eut à peine le temps de s’amariner que la Seconde Guerre mondiale éclatait. Il revenait tout juste d’une croisière de formation en Méditerranée, avec ses 43 officiers , ses 40 marins et ses 140 cadets. Engagée aux côtés des forces de l’Axe, la Roumanie du régime Antonescu maintint quelques croisières en Méditerranée pour la formation de ses élèves officiers. Malgré le retournement de la Roumanie qui, le 23 août 1944, rejoint les Alliés, l’Armée rouge se considère en pays ennemi occupé et, en août 1944, la marine soviétique réquisitionne le navire. Il battit quelques mois pavillon soviétique jusqu’à ce que le gouvernement roumain obtienne sa restitution. Mais de 1946 à 1965, le Mircea ne devait jamais naviguer qu’à proximité de ses côtes, en mer Noire. En 1966, il subit une remise en état majeure dans son chantier d’origine. Sa mâture et son gréement furent révisés, des cloisons étanches furent ajoutées, les emménagements intégralement refaits ainsi que tout le système de câblage électrique et les 1 750 m2 de sa voilure. Malgré cette remise à neuf du navire, le Mircea devait toujours se contenter de caboter en mer Noire et en Méditerranée, assurant une paisible formation à ses cadets qui pouvaient se destiner à la marine militaire ou marchande. Ce n’est qu’à partir de 1975 qu’il commença vraiment à s’aventurer au large où croisaient d’autres grands voiliers. En 1976, il participa à la Transatlantique à l’occasion du bicentenaire américain, avec à son bord 23 officiers, 57 marins et 107 cadets.

Terminé donc pour l’Europe de l’est et dans l’avant dernier épisode nous explorerons le patrimoine très riche des pays d’Europe du sud

A suivre…

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Olivier Alba

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Le patrimoine maritime en France et à l’étranger – Episode 9 – L’Europe du Nord –

Note: La liste de navires citée n’est pas exhaustive mais le fruit de recherches qui peuvent être incomplètes. N’hésitez pas à nous contacter si vous constatez des oublis. La liste ne recense que les navires d’une taille assez importante et ne comprend pas les sous-marins.

 

1- L’Allemagne

L’Allemagne est un pays récent en Europe, tout comme l’Italie et dont l’unification date de la fin du XIXème siècle sous l’impulsion de Bismarck. Par la suite l’empereur Guillaume II voudra en faire une puissance mondiale avec sa « weltpolitik » qui amènera l’empire allemand au développement de sa marine marchande et de sa marine de guerre. Cette volonté conduisant naturellement l’empire britannique à voir dans l’Allemagne une menace et le poussant à s’allier avec l’ennemi héréditaire français. Malgré les deux cataclysmes des guerres mondiales et la séparation en deux Allemagnes pendant plus de 50 ans, ce pays s’est reconstitué, depuis sa réunification en 1990, un important patrimoine maritime et certaines unités de construction allemande font encore la fierté des pays qui les ont acquises. On commencera donc ce classement par le plus vieux : le trois-mâts barque Rickmer Rickmers :

Le Rickmer Rickmers est un trois-mâts barque construit en 1869 à Brême en Allemagne, autrefois connu sous le nom de Sagres II lorsqu’il était en service comme navire-école dans la marine portugaise de 1944 à 1948. Il est aujourd’hui un navire musée à quai au musée maritime d’Hambourg. 

…Poursuivons avec deux voiliers magnifiques de la légendaire Flying P-line : Le Passat :

Quatre-mâts barque à la coque métallique, ce fut l’un des trois windjammers, avec le PEKING et le PAMIR (disparu lors d’un naufrage en septembre 1957), à être construits pour le commerce des nitrates entre le Chili et l’Europe, via le Cap Horn qu’il passa 39 fois ! Il fut lancé le 20 septembre 1911. Dans les années 1950, le Passat et son sister-ship, le Pamir, sont devenus des navires école pour la marine marchande allemande. Quelques semaines après la perte du Pamir et peu de temps après avoir été lui-même frappé par une tempête, le Passat a été désarmé en 1957. Il est maintenant un bateau musée amarré dans le port de Travemünde, une municipalité de Lübeck en Allemagne comme d’autres bâtiments du Musée portuaire de Lübeck.

…Et le Peking récemment racheté aux USA et entièrement restauré :

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Quelques images de cette restauration :

Ce quatre-mâts barque construit à Hambourg dans les chantiers Blohm & Voss, fut lancé en 1911. Ce fut d’abord un cargo servant au transport des nitrates et de céréales entre l’Europe et le Chili. Basé à Valparaíso au déclenchement de la Première Guerre mondiale, le Peking a été attribué à l’Italie au titre de dommages de guerre. Il est revendu, en 1923, à ses premiers propriétaires et reprend son service de cargo jusqu’à l’ouverture du canal de Panama. En 1932, il est revendu et prend le nom de Arethusa II. En 1933, il devient voilier école au service de l’Angleterre en étant lancé officiellement par SAR le Prince George. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il sert dans la Royal Navy sous le nom de HMS Pekin. Il prend enfin sa retraite en 1975 et vendu au South Street Seaport Museum de New-York aux États-Unis. En 2017, après des années de dégradation, le voilier est ramené à Hambourg à bord d’un navire transporteur où il arrive en juillet 2017. Après restauration sur le chantier Peters-Werft à Wewelsfleth, le Peking doit de nouveau être amarré comme navire musée

Poursuivons avec le voilier à coque en bois Seute Deern de construction américaine :

L’Elisabeth Bandi a été construit en 1919 sur le chantier naval de Gulfport dans le Mississippi pour la Marine Coal Company de La Nouvelle-Orléans. Le quatre-mâts goélette était destiné pour la navigation de la côte est des États-Unis au Brésil. Jusqu’en 1931 le navire transporte du bois sous pavillon américain. En 1931, il est vendu à un armateur finlandais qui l’utilise dans le commerce du bois entre la Finlande, le Danemark et l’Angleterre sous le nom de Bandi. Il est vendu en 1938 à un armateur de Hambour qui le transforme en trois-mâts barque sous le nom de Seute Deern .Il reprend du service en tant que cargo, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. En 1946, il est remorqué à Travemünde pour être transformé en bateau restaurant. De 1947 à 1954, il sert d’hôtel-restaurant à quai du port ferry de Hambourg. En 1954, il est vendu à Albert Jan Koert, un Américain d’origine hollandaise qui en fait une auberge de jeunesse aux Pays-Bas. En 1964, il rejoint le port Allemand d’ Emden et reprend le nom de Seute Deern . En 1966, il est remorqué à Bremerhaven, dans le vieux port pour servir de restaurant flottant. Depuis 1972, le Seute Deern est devenu un bateau musée pour le Musée allemand de la Marine tout en gardant son fonctionnement de restaurant.

Toujours dans les grands voiliers, on recense le trois-mâts Deutchland :

Le Deutschland a été lancé le 14 juin 1927. La construction du Deutschland était destinée à compenser la perte de deux navires, cédés comme dommages de guerre en 1920 à la France et à la Grande-Bretagne. Le Deutschland effectue régulièrement de 1927 à 1939, des voyages de formation, l’été en mer Baltique et, l’hiver, vers les eaux chaudes de l’Amérique du Sud. Durant la Seconde Guerre mondiale, il continue les navigations de formation du port de Lübeck malgré l’augmentation des attaques aériennes. En 1945, il est réquisitionné comme navire-hôpital pour les alliés. En 1948, il revient sur la zone d’occupation américaine, à Brême, pour servir d’auberge de jeunesse durant quelques années. En 1950, il redevient officiellement un navire-école allemand après avoir subi les travaux de réfection nécessaires à sa remise en service. C’est en 1995 qu’il devient patrimoine national. Il est rénové une nouvelle fois en 1996 pour devenir un navire-musée. Il sert aussi à diverses manifestations (célébrations, séminaires, expositions…). Il peut aussi, grâce à ses 30 cabines doubles et la suite du capitaine, servir en hébergement sur plusieurs jours à l’occasion de mariages et de fêtes diverses.

…Mais aussi l’ Alexander von Humboldt, qui était un bateau-phare avant de devenir un voilier, immédiatement reconnaissable grâce à ses voiles vertes :

Construit comme bateau-phare en 1906 par le chantier naval AG Weser à Flensbourg, il est lancé le 10 septembre 1906. On ne sait pas exactement s’il a été lancé sous le nom de Reserve Fehmarnbelt, d’après sa première station au Fehmarn Belt, détroit qui sépare l’Allemagne de l’île danoise de Lolland, ou sous celui de Reserve-Sonderburg, d’après la ville de ce nom, aujourd’hui Sønderborg au Danemark. Pendant la Première Guerre mondiale, il est stationné en plusieurs points de la mer Baltique. En 1920, il est renommé Reserve Holtenau, d’après son port d’attache Kiel-Holtenau  à la suite des plébiscites du Schleswig qui attribuent au Danemark la ville de Sonderburg. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est stationné en plusieurs points de la mer Baltique et de la mer du Nord. En 1945, il est transféré à Kiel et reçoit le nom de Kiel (III), pour remplacer le bateau-phare Kiel II coulé par un bombardement aérien. En 1957, il entre en collision avec le cargo finlandais Satu. Envoyé en réparation, il reprend du service en 1959. En 1967, rendu inutile à Kiel par la construction d’un nouveau phare terrestre, il est envoyé en station en plusieurs points des côtes allemandes. Il se fixe sur la baie Allemande. En 1986, il entre à nouveau en collision avec le cargo libérien Ocean Wind et est envoyé pour réforme à Wilhelmshaven. Il reçoit le nom de Confidenta. Sa tourelle porte-lanterne est démontée : elle est exposée au musée de la Marine de Kiel . En 1986, le navire est racheté par la Sail Training Association of Germany pour être reconditionné en trois-mâts. Il est baptisé Alexander von Humboldt en 1988  pour servir de bateau-école ouvert au grand public.

Et pour terminer avec les cathédrales de voiles, les deux célèbres Gorch Fock, navires écoles de la marine allemande. Le Gorch Fock 1 :

Le lancement du Gorch Fock eut lieu le 3 mai 1933. Il servit comme navire-école de la Kriegmarine jusqu’en 1939. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il resta en stationnement à Stralsund, puis fut transféré vers l’île de Rügen, en 1944, pour reprendre des missions de formation en mer Baltique. Revenu à Straslund, le Gorch Fock, pour éviter sa capture par les troupes soviétiques, est sabordé en avril 1945 dans le port. Il est renfloué en 1947. Attribué à la marine soviètique, il prend le nom de Tovarichtchi et il est utilisé comme navire école. Après la dislocation de l’URSS en 1991, le Tovarichtchi hisse le pavillon de l’Ukraine. En 1993 il est désarmé pour vétusté en raison du manque de fonds. En 1995, le Tovarichtchi navigue une dernière fois sous ce nom jusqu’en Angleterre où des bailleurs de fonds privés envisageaient sa réparation, mais le montant du devis fait échouer l’entreprise et quatre ans plus tard le bateau, est transporté à Wilhelmshaven en Allemagne, avec le soutien de l’association allemande « Tall Ship Friends », pour devenir le navire amiral de l’Exposition universelle de 2000. Il y subit des travaux de réparation et reste à quai encore quatre ans avant d’être définitivement transféré à Stralsund en 2003. Le 29 novembre de cette année, il retrouve son nom d’origine Gorch Fock. C’est désormais un navire musée.

…Et le Gorch Fock 2 :

Le Gorch Fock II, trois-mâts barque à coque d’acier, a été construit en 1958 dans les chantiers de Blohm & Voss de Hambourg, pour remplacer le Pamir qui a fait naufrage en 1957.Parce que l’Allemagne avait perdu tous ses navires école au titre des dommages de guerre après la Seconde Guerre mondiale, la Bundesmarine décida, en 1957, de construire un nouveau bateau d’après les plans originaux du Gorch Fock de 1933. Toutefois, après le naufrage du Pamir, les normes de sécurité ont été nettement améliorées au niveau des cloisons étanches et des embarcations de sauvetage. Au fil des années, diverses modernisations ont été appliquées au navire. En 2017, il a été annoncé une réhabilitation du navire pour un coût alors estimé à 75 millions d’euros. En mars 2018, le coût du chantier est à 135 millions d’euros pour une utilisation au-delà de 2040. Le Gorch Fock II participe généralement aux parades navales et différents Tall Ships’ Races. Il a remporté cinq fois le Boston Teapot Trophy, sa meilleure performance étant de 1 191 milles en 124 heures en 1969. Son port d’attache est Kiel et il appartient à l’Académie navale de Mürwik.

Dans le domaine des navires civils on en trouve de nombreux types : Cargo, baleinier, brise glace. Commençons donc par le plus ancien, le brise-glace Stettin :

Le Stettin est un brise-glace à vapeur construit en 1933 aux chantiers navals Stettiner Oderwerke à Stettin (aujourd’hui Szczecin en Pologne) pour assurer la navigation commerciale en mer Baltique et sur l’Oder pendant l’hiver. Le 8 avril 1940, il participa à la prise de Copenhague. Il sert aujourd’hui de navire musée au Museumshafen Oevelgönne de Hambourg.

…Poursuivons avec le baleinier Rau IX

…Et enfin trois cargos, le MS Frieden :

Le Frieden ex-Dresden a été construit en 1956/57 au chantier naval de Warnow en d’Allemagne de l’Est. Le 27 juillet 1958, le navire a été remis à la compagnie maritime Deutsche Seereederei et a fonctionné jusqu’en 1969 sur des liaisons régulières vers l’Asie de l’Est, l’Indonésie, l’Afrique, l’Inde et l’Amérique latine.Après de graves défauts décelés dans la salle des machines qui auraient entraîné des coûts de réparation excessifs, le navire a été déclassé en 1969 et ouvert le 13 juin 1970 sous le nom de “Rostock Shipbuilding Museum” (Schiffbaumuseum Rostock). Une partie du navire a également fait office d’auberge de jeunesse pendant un certain temps. Aujourd’hui, il fait partie du musée de la construction navale et de la navigation à Rostock et contient des expositions complètes sur l’histoire de la construction navale. De nombreuses zones du navire ont été conservées dans leur état d’origine (la salle des machines, le pont, la station de radio, l’hôpital du navire et les cabines de l’équipage) et donnent une impression de vie sur un navire marchand dans les années 1950/60.

…Le MS Bleichen

Le MS Bleichen a été commandé par la Compagnie maritime de Gehrckens, qui avait besoin d’un cargo solide adapté aux conditions météorologiques difficiles des mers du Nord et de la Baltique. le navire a été achevé en 1958 au chantier naval de Nobiskrug dans la ville de Rendsburg, dans le nord de l’Allemagne.Le MS Bleichen, long de 93 mètres, était utilisé pour le commerce entre Hambourg et les ports suédois et finlandais. Par la suite, le navire fut vendu à des propriétaires italiens (1970), turcs (1979) et comoriens (1993). Le Bleichen a donc été succesivement renommé Canal Grande, Arcipel et Old Lady.Peu de temps avant d’être mis au rebut, la Stiftung Hamburg Maritim a décidé que le MS Bleichen était parfait pour servir de navire-musée. Après son retour sur ses anciens terrains de jeu, la Vieille Dame a retrouvé son nom de jeune fille lors d’une cérémonie de baptême le 27 avril 2007. Depuis, le navire sert non seulement de musée mais aussi de lieu d’événement pour des lectures, des concerts et des soirées.

…et enfin le très élégant cargo-mixte Cap San Diego :

Le Cap San Diego a été construit et lancé par les chantiers de la Deutsche Werft en 1961 pour la compagnie Hamburg Süd. Il est le dernier d’une série de six navires. Le navire mesure 159 m, pour 10000 tpl et fut conçu pour effectuer une ligne réguliere entre l’Allemagne et l’Amérique du Sud, effectuant 120 allers-retours jusqu’en 1981. Après avoir été vendu et utilisé sous différents noms sous le drapeau espagnol et également sous divers pavillons de complaisance le navire devait être mis désarmé en 1986, lorsqu’il fût achetée par la ville de Hambourg. Le navire a été restauré principalement par le travail de passionnés et de dockers licenciés, et il est toujours opérationnel à ce jour. La plupart du temps, le Cap San Diego est amarré au port de Hambourg, où les visiteurs peuvent accéder à pratiquement toutes les zones du navire, du pont au moteur. L’une des cales à cargaison accueille des expositions temporaires. Les cabines passagers peuvent être réservées pour des nuitées. Plusieurs fois par an, le navire quitte le port pour des voyages par ses propres moyens, principalement sur l’Elbe ou à Cuxhaven. En 2001, le navire a reçu le prix du patrimoine maritime par le World Ship Trust, et en 2003, il a été déclaré un élément protégé du        patrimoine culturel par la loi de Hambourg.Le navire participe à la longue nuit des musées de Hambourg.

Concernant les « gris » deux navires remarquable ; le destroyer Mölders de classe « Lutjens » :

La construction du destroyer lance-missiles Mölders débute le 3 mars 1965 aux chantiers de Bath Iron Works et sa quille fut posée le 12 avril 1966 sous le numéro de coque DDG-29. Le 13 avril 1967, Mölders est lancé et baptisé pour Luftwaffe Oberst Werner Mölders. Le navire est ensuite commissionné le 23 février 1969 dans le premier escadron de destroyer basé à Kiel. Au cours de ses 33 années de service, le navire verra défiler 14 000 marins et 16 commandants et parcoura 675 054 milles marins (1 250 201 km; . Le Mölders désarmé le 28 mai 2003 à Wilhelmshaven. Contrairement à ses sister-ship Lütjens et Rommel, le Mölders a été préservée et il est maintenant exposée comme navire-musée au Deutsches Marinemuseum de Wilhelmshaven où l’on peut le visiter.

Et enfin pour terminer avec l’Allemagne, la corvette lance missile de classe « Tarantul », le Hans Beimler :

La classe Tarentul code OTAN ou Projet 1241/Molnia du mot russe « Молния » signifiant éclair, est une classe de corvettes rapides lance-missiles de 2e génération de la Marine soviétique. La dénomination russe est « Projekt 1241 ». Livrée entre 1981 et 1999, la classe Tarentul remplace à la fois les corvettes de classe Nanuchka et les patrouilleurs de classe Osa. Les bâtiments ont connu un certain succès à l’exportation notamment dans les anciens pays de l’est dont la république démocratique Allemande.

2- Le Danemark :


Petite péninsule du nord de l’Europe, le Danemark, par sa position, est voué à être une nation de marins. Copenhague est d’ailleurs un rare exemple de capitale insulaire dans un pays continental. Une monarchie de presque 6 millions d’habitans seulement mais un petrimoine maritime remarquable, à commencer par la frégate à propulsion mixte Jylland :

La Jylland est un navire de guerre à vapeur battant pavillon de la Marine royale danoise. C’est une frégate en bois de 44 canons gréée en trois-mâts carré et dotée d’une hélice . La Jylland est construite sur la base navale d’Holmen. Le 9 mai 1864, lors de la guerre des Duchés, elle participe activement à la bataille de Heligoland où elle subit de sévères dommages. Après cette guerre, elle sert de navire-école et navigue en Atlantique, en Méditerranée, aux Caraïbes et en Amérique du Sud.  En 1887, elle est désarmée puis transformée en caserne flottante en 1892 et définitivement rayée du service en 1908. Durant la Première Guerre mondiale, on y installe une station de radio maritime. En 1925, on envisage sa démolition complète mais un comité se créé pour son sauvetage. Entre 1934 et 1949, on l’utilise comme auberge de jeunesse. En 1960, ce qu’il en reste est remorqué à Ebeltoft et en 1979, une fondation se crée pour sa sauvegarde. L’état du vaisseau est pitoyable ; 60 % du bois est changé ; commence un long travail de restauration qui ne s’achève qu’en 1994. Le navire ancré à Ebeltoft est désormais ouvert au public.

Et le très beau voilier-école Danmark, lancé en 1932 et qui navigue toujours :

Le Danmark est un trois mâts à coque acier, lancé en 1932 au chantier naval de Nakskov à Lolland pour former des officiers de la marine marchande danoise . En 1939, il visite les États-Unis pour participer à l’ Exposition Universelle de 1939 à New York , mais au déclenchement des hostilités de la Seconde Guerre mondiale, le navire reçut l’ordre de rester dans les eaux américaines pour éviter la capture par les Allemands. Il était alors basée à Jacksonville en Floride. Après l’ attaque de Pearl Harbor, le capitaine, Knud L. Hansen, offrit le navire au gouvernement américain comme navire-école. Cette offre fut acceptée et le Danmark fut alors basé à New London, dans le Connecticut, pour y former des cadets de US Coast Guard. Environ cinq mille cadets ont été formés avant que le navire ne retourne au Danemark en 1945. Il a alors repris ses fonctions de formation dés l’année suivante. En reconnaissance de son service en temps de guerre, une plaque de bronze a été placée sur le mât principal , et le Danmark a eu l’honneur de diriger le défilé des navires à l’ Exposition universelle de 1964 à New York. Des voyages de formation continuent d’être offerts, non seulement aux Danois, mais aussi à ceux de toute nation intéressée à apprendre les bases du matelotage sur un grand voilier.

…Toujours dans les voiliers-écoles, le Georg Stage II :

Le Georg Stage II fut construit en 1934 à Frederikshavn en 5 mois. Ce navire-école est un trois-mâts carré mené par un équipage permanent de 10 à 15 marins pour la formation de cadets de la marine marchande. Il appartient à une organisation indépendante, la Georg Stage Memorial Foundation dont l’objet est : « de donner aux jeunes gens qui souhaitent naviguer leur première initiation à la pratique maritime sur un grand-voilier spécifique ». Depuis 1981, les filles sont admises au même titre que les garçons. Après cinq mois de mer, les stagiaires peuvent immédiatement prétendre à un poste dans la marine marchande. L’histoire du Georg Stage remonte à plus de 100 ans. Le premier du nom, un trois-mâts carré légèrement plus petit, fut lancé en 1882 à Copenhague. Le 25 mai de la même année, le navire appareilla pour son premier voyage avec 80 jeunes gens à bord. Le navire était armé et financé par son armateur Frederik Stage, et sa femme Thea. Le nom du navire est celui de leur fils, Georg, mort de la tuberculose à l’âge de 22 ans. La figure de proue représente celui-ci. Elle fut transférée de l’ancien navire à celui d’aujourd’hui. Le Georg Stage II ne navigua pas durant la Deuxième Guerre mondiale. Il resta au fond d’un fjord d’une île danoise. En 1956 il participa à une première régate qui deviendra la Cutty Sark Tall Ships’ Races. Il y participera de nombreuses fois, se confrontant à d’autres navires-écoles comme les Krusenstern, Mir, Sedov, Alexander Von Humboldt et Christian Radich.

…Un bond dans le temps avec la frégate HDMS Peder Skram qui date de 1965:

La HDMS Peder Skram est une frégate de classe Peder Skram en service jusqu’en 1990 de la marine royale danoise. Elle est maintenant amarré à Copenhague où elle sert de navire-musée dans le cadre du Royal Danish Naval Museum. Le navire porte le nom de Peder Skram, un amiral danois du XVIe siècle. A son lancement, la frégate était d’une conception innovante car utilisant un système de propulsion hybride turbine à gaz/diesel (CODOG). La Peder Skram a subi une refonte importante en 1970 et une mise à jour supplémentaire de ses système dans les années 1977–78. En 1982, Peder Skram fut impliqué dans le lancement accidentel d’un missile Harpoon, qui n’a heureusement infligé aucun dommage corporel. La frégate est désarmé par la marine royale danoise en 1990 et les installations internes ont été vendues aux enchères deux ans plus tard. Au milieu des années 1990, il a été décidé de la restaurer en tant que navire-musée. La frégate Peder Skram est aujourd’hui exploitée comme navire-musée.

…Et pour terminer le patrouilleur d’attaque rapide HDMS Sehested :

Le Sehested a été construit au chantier naval de Frederikshavn dans le cadre d’un programme de construction de 10 patrouilleur d’attaque rapides, dans le contexte de la guerre froide. Le navire de 46 mètres et 264 tonnes a été lancé le 5 mai 1977 et mis en service dans la marine royale danoise en 1978. Il était armé d’un canon automatique de 76 mm sur le pont avant, flanqué de deux tubes lance-torpilles de 533 mm. Six lance-roquettes de 103 mm (4 pouces) ont été installés sur la superstructure, et il y avait huit lanceurs de missiles anti-navires Harpoon à l’arrière. Le navire transportait également seize mines, deux missiles sol-air Stinger et des lance-paillettes Seagnat. Le navire était propulsé par trois moteurs à turbine à gaz Rolls-Royce sur les trois arbres, tandis qu’il y avait deux moteurs diesel GM 8V71 sur les deux arbres extérieurs uniquement pour fournir une manœuvrabilité à basse vitesse. En 1999, le P547 Sehested a atteint une vitesse de pointe de 42,5 nœuds, qui était la vitesse la plus élevée enregistrée pour ce type de navire. Le patrouilleur fut désarmé le 31 décembre 2000 et remis au Royal Danish Naval Museum à Copenhague pour servir de navire-musée.

 

3- Les Pays-Bas :

Malgré leur relative petite taille, les Provinces-unies ont un patrimoine maritime riche, à l’image de ce que fut la puissance navale hollandaise, plus grande flotte commerciale du monde au 17ème siècle. On commencera dons avec des répliques de navires de cet âge d’or comme un “indiaman”, l’Amsterdam :

L’Amsterdam était un bateau marchand de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (en ancien néerlandais : Vereenigde Oostindische Compagnie ou VOC), qui disparut près de Hastings en 1749 au cours de son premier voyage. À la fin du XXe siècle, l’intérêt historique pour la VOC et son rôle dans l’histoire des Pays-Bas ont pris de l’ampleur. Des plans ont été conçus pour construire des répliques des bateaux de la VOC, dont l’Amsterdam. 400 bénévoles de la fondation Stichting Amsterdam Bouwt Oostindiëvaarder (SABO) ont construit la réplique de l’Amsterdam entre 1985 et 1990. Depuis 1990, la réplique est située face au musée néerlandais de la marine (Nederlands Scheepvaartmuseum) à Amsterdam. Entre février 2007 et jusqu’à la fin 2009, le navire était amarré au centre scientifique NEMO, en raison d’importants travaux au musée de la marine.

…On poursuit avec la réplique d’ un navire de la compagnie des Indes le Batavia

Le Batavia est un Indiaman néerlandais qui fut affrété par la Compagnie néerlandaise des Indes orientales en direction des Indes néerlandaises et qui fit naufrage à proximité de l’Australie le 4 juin 1629. Les survivants de la catastrophe débarquèrent sur l’archipel des Abrolhos de Houtman, et furent victimes d’un des plus horribles massacres connus du XVIIe siècle. Toutes causes de mort réunies, seul un tiers des passagers et hommes d’équipage survécut à ce drame. Une réplique grandeur nature du Batavia avec des matériaux traditionnels fut construite à Lelystad aux Pays-Bas à partir de sources historiques. Il fallut dix ans pour réaliser ce projet, de 1985 à 1995. Lors de son lancement le 7 avril 1995, il fut baptisé par la reine Beatrix sous le même nom de Batavia. En 1999, le Batavia fut transporté en barge jusqu’en Australie où il fut exposé au Musée national maritime de Sydney pendant les Jeux Olympiques d’été de 2000. Il fit retour à Lelystad l’année suivante. Le 13 octobre 2008, un incendie l’a légèrement endommagé.

…Petit saut dans le temps vers le XIXème siècle avec la réplique moderne d’un navire de cette époque le majestueux clipper Le Stad Amsterdam :

Le Stad Amsterdam (littéralement : Ville Amsterdam) est un clipper trois-mâts carré à coque métallique, construit à Amsterdam, de 1997 à 2000. Il est le plus jeune de la flotte dans cette catégorie. Le clipper Stad Amsterdam est un clipper moderne, conçu dans la tradition des clippers rapides des années 1850/1860.

On poursuit avec des navires authentiques datant du XIXème siècle, comme le cuirassé garde côte HNLMS Buffel :

Construit en 1868 par Robert Napier and Sons à Glasgow , en Écosse , le HNLMS Buffel a été le premier navire de la Marine royale néerlandaise sans voiles mais avec une machine à vapeur et deux hélices , ce qui lui a donné une vitesse maximale de près de 13 nœuds. Sa tâche principale en tant que garde-côte blindé était de jouer un rôle dans la défense côtière néerlandaise. Son armement était d’abord le bélier, principalement contre des navires en bois, et à l’origine deux canons Armstrong de 300 livres (140 kg), 23 cm (9 pouces) en tourelle. Ceux-ci ont ensuite été remplacés par un seul canon de 28 cm (11 pouces), et l’armement a été amélioré par quelques canons plus petits; deux 7,5 cm (3 po), quatre 3,7 cm (1,5 po) et deux canons rotatifs Hotchkiss. Le Buffel a participé à de nombreux exercices avec l’ armée royale des Pays-Bas jusqu’en 1894, date à laquelle elle a été retirée du service actif. Cela a été suivi par une courte période de deux ans en tant que navire-école puis, à partir de 1896, il est utilisé comme navire d’ hébergement. En 1973, Buffel a été mis hors service . En 1974, le navire a été vendu à la ville de Rotterdam pour être transformé en navire musée . À partir de 1979, il a été ouvert aux visiteurs. Le navire a été déplacé enfin à Hellevoetsluis en 2013.

…Et un second le HNLMS Schorpioen :

Le Schorpioen est un moniteur construit en France pour la Marine royale des Pays-Bas dans les années 1860. Ces nouveaux navires étaient équipés de canons lourds de 23 cm rayés et d’une armure lourde. La coque avait une ceinture blindée de 15 cm (6 pouces) et la tourelle du canon, abritant les deux canons, avait presque 30 cm (de blindage.Son arme la plus frappante était son bélier, mais le navire ne l’a jamais utilisé. En 1906, le Schorpioen est désarmé et transformé en navire d’hébergement. Au début de la Seconde Guerre mondiale, le monitor tombe aux mains des Allemands et il est alors remorqué jusqu’à Hambourg où il est retrouvé à la fin du conflit et renvoyé au Danemark pour y redevenir un navire d’hébergement. En 1982, après le déclassement, Il a été acheté par une fondation privée qui a été créée pour la transformer en musée flottant à Middelburg, dans la partie sud du pays. Sept ans plus tard, après une rénovation complète, elle ouvre ses portes aux visiteurs, en tant que musée. En 1995, la Marine royale néerlandaise l’a achetée et placée sous la supervision du Dutch Navy Museum de Den Helder, où il est le plus grand navire exposé. En mai 2000, après une période de rénovation de dix-huit mois pour lui redonner son ancienne gloire, le navire a été ouvert aux visiteurs.

…Ainsi que la très belle frégate, la HNLMS Bonaire :

Le HNLMS Bonaire est un navire à vapeur et propulsion par hélice de 4e classe de la Marine royale néerlandaise, actuellement en cours de restauration en tant que navire-musée. La frégate Bonaire a été construit pour la marine royale néerlandaise comme une frégate à vapeur avec gréement barquentine et une hélice rétractable. Elle a été lancé à Rotterdam le 12 mai 1877. À partir de 1924, elle a servi à Delfzijl comme logement pour le Dutch Nautical College et a été renommée Abel Tasman. Après avoir été abandonné pendant de nombreuses années, un programme de restauration a été lancé en 2005 dans le port danois de Den Helder pour assurer l’avenir du navire en tant que musée flottant.

Et ne pas oublier le trois-mâts barque Europa, un ancien bateau feu :

À son lancement à Hambourg, il est prévu initialement pour le cabotage. Il porte le nom de FS Senator Brockes. Devant le déclin du commerce de la marine à voile, il change d’affectation et devint, jusqu’en 1977, un bateau-phare, placé dans l’estuaire de l’Elbe. Dans les années 1980, remplacé par une bouée automatique, il devint alors un bateau de réserve. En 1986, le navire est racheté et subit 8 ans de travaux (entre 1987 et 1994) pour être transformé en un magnifique trois-mâts barque de croisière. Depuis 1994, l’Europa propose des croisières autour du monde et surtout dans l’hémisphère sud. Il est spécialiste des expéditions dans l’Antarctique, par le cap de Bonne-Espérance. Avec l’Oosterschelde, autre trois-mâts hollandais, il est le seul grand voilier à s’aventurer dans les eaux froides entourant Ushuaïa et la Terre de Feu, à la pointe de l’Argentine. Avec un équipage de 14 professionnels, l’Europa peut accueillir, avec ses 11 cabines, jusqu’à 48 personnes à bord pour des voyages de quelques jours à plusieurs semaines. Il participe aussi aux rassemblements de grands voiliers tels les Tall Ships’ Races et fait aussi des sorties à la journée avec jusqu’à 100 personnes. L’Europa joue désormais les stations météo pour le compte du KNMI (Institut royal de météorologie des Pays-Bas) et relève la température en mer, jusqu’à 4 fois par jour. En échange, le KNMI lui fournit les prévisions météorologiques et l’aide à tracer sa route.

Pour poursuivre dans la marine de guerre, mais au XXème siècle, un navire que l’on attend pas, l’escorteur côtier le Fougueux, navire de guerre français, qui devait être démoli au Pays-bas mais que les néerlandais ont conservé (merci à eux) :

La classe Le Fougueux est un type de patrouilleur côtier construit pour la Marine nationale française par des chantiers navals français après la Seconde Guerre mondiale et dénommée escorteur côtier. 9 unités de ce type ont été construites par des chantiers civils ou les arsenaux militaires français et financées par l’OTAN au titre du “Pacte d’assistance mutuel”. Ces 9 escorteurs destinés à la lutte anti-sous-marine côtière sont dérivés des “Patrol Coaster” de l’US Navy. Conçus pour la lutte anti-sous-marine en zone côtière, Le Fougueux , l’Opiniâtre et l’Agile sont utilisés pour la protection des côtes d’Afrique du Nord pendant les événements d’Algérie. Après 1962, basés à Cherbourg où ils constituerons la 1ère division d’escorteurs côtiers (1ère DEC). ils seront surtout utilisés aux missions d’assistance aux pêches en mer d’Irlande et le contrôle international des pêches en mer du Nord. Le canon de 40 mm sur la plage arrière sera débarqué et remplacé par un rouf infirmerie. Les escorteurs côtiers de la classe Fougueux ont navigué en Manche, en Mer du Nord et en Atlantique mais ont aussi effectué de nombreuses missions sur les côtes africaines. Ils ont aussi participé à la formation des élèves de la Marine nationale. À bord de ces petites unités sans grand confort et surtout sans climatisation, la vie tant à quai qu’à la mer était particulièrement pénible pour leurs équipages. Ils sont désarmés en 1975-76 et rendus à l’US Navy. Confié à un mouvement de scouts marins néerlandais, Le Fougueux est le seul qui ait été préservé. Il est toujours en activité aux Pays-Bas.

…Dans les navires civils modernes on notera le remorqueur de haute mer (ex-greenpeace)  Elbe :

Avec ses 4.500 ch, l’Elbe était en 1959 le remorqueur le plus puissant au monde. Racheté par le port de Baltimore dans le Maryland, il est devenu bateau-pilote et rebaptisé Maryland. En 1985, il est racheté par Greenpeace pour remplacer le Rainbow Warrior et prend le nom de Gondwana. Il sera arraisonné par la marine nationale à Mururoa pendant des essais atomiques. En 2002, le remorqueur devient la propriété de la Fondation maritime de Rotterdam ; puis des bénévoles du musée maritime de Rotterdam l’ont restauré pendant près de 2 ans.

…Ainsi que le remorqueur de haute mer Holland

En 1950, pour compenser les pertes de la guerre, la compagnie Doeksen commande un nouveau remorqueur, auprès de des chantiers navals Ferus Smit. Le 18 novembre 1950, la quille a été posée et le navire a été livré le 29 décembre de l’année suivante. Après la guerre, cependant, le sauvetage est devenu une part de plus en plus petite au sein de l’entreprise. C’est pourquoi le Holland était régulièrement utilisé pour un service passagers. En hiver, cependant, le navire était à nouveau pleinement préparé pour le sauvetage. Après 1960, le nombre de récupérations a continué de diminuer, et en 1974, le Holland devient un navire de recherche pour le ministère des Voies navigables et des voies publiques. Il est donc transformé pour cet usage. Lorsque le navire est désarmé en 1998, une fondation est créée pour préserver le navire, avec l’aide d’entreprises et d’institutions néerlandaise. La fondation cherche maintenant à restaurer la Hollande dans son état d’origine et de continuer de le faire naviguer. Aujourd’hui, le navire peut être loué pour des fêtes professionnelles ou privées. Elle participe à des «défilés de voile», des réceptions ou des anniversaires.

…Et toujours dans la même famille le Hudson :

L’Hudson a été commandée en 1938 par la N.V. Internationale Sleepdienst aux chantiers naval P. Smit Jr. à Rotterdam. Il entre en service en juillet 1939, avec comme port d’attache Maassluis. En mai 1940, le capitaine Ben Weltevreden, apprit que les troupes allemandes avaient envahi les Pays-Bas. Il décide de ne pas rentré chez lui à cause de l’occupation allemande. Tout au long de la Seconde Guerre mondiale, l’Hudson dirigé par le gouvernement néerlandais en exil a servi la cause alliée. En 1944, dans le cadre du débarquement en Normandie, le Hudson a aidé à créer un des ports artificiels sur la côte normande et participe à l’opération Pluton, la construction d’un pipeline sous la Manche pour l’approvisionnement en carburant des troupes alliées. Après la guerre, l’Hudson a été déployé partout dans le monde : au Brésil, en Indonésie, mais aussi en Europe. En 1963, L. Smit & Co. International décida de vendre le navire, sa puissance (600 ch) n’étant  plus suffisante. Il est alors acquis par la compagnie de pêche D. Hunter. Le moteur est retiré et le navire transformé en usine de glace pilée. Après presque 25 ans, la demande de glace pilée ayant diminué grâce à l’utilisation de nouvelles méthodes de pêche en mer. En 1989, le navire fut à nouveau proposé à la vente aux casseurs. Grâce au soutien financier du monde nautique et aux contributions de divers fonds, une fondation a acheté l’Hudson. Après une période de restauration de 14 ans, l’Hudson a retrouvé autant que possible son état d’origine.

…Et bien sûr pour terminer le magnifique transatlantique SS Rotterdam, auquel nous avons déjà consacré un article entier ICI

Avouons-le c’est pas mal pour un petit pays mais qui se montre fier de son passé maritime !

4- La Belgique

Pour le dernier pays de cet épisode un seul navire mais non des moindre, l’ex voilier-école Mercator, d’une rare élégance :

Construit en 1931  en Écosse, le Mercator est destiné à remplacer le navire-école L’Avenir. Le Mercator prend la mer pour la première fois en 1932 et formera chaque année une cinquantaine d’apprentis officiers encadrés par une douzaine d’hommes d’équipage, dans le cadre d’un voyage d’hiver de quatre mois dans l’Atlantique suivi d’une croisière d’été de trois mois. De 1934 à 1935, il embarque une expédition scientifique franco-belge pour l’île de Pâques d’où il rapporte la statue gigantesque du « dieu du Thon ». Durant la Seconde Guerre mondiale, il passe sous pavillon anglais. Lorsqu’il rejoint la Belgique en 1947, il est en piteux état et ce n’est qu’en 1950 qu’il pourra reprendre la mer. Il a participé et gagné plusieurs courses de vitesse de voiliers. Depuis 1961, il ne forme plus de jeunes officiers mais sa carrière continue. À quai, à Anvers puis à Ostende, c’est devenu un monument touristique qui reçoit près de 130 000 visiteurs par an. Interdit de navigation au grand large, il prend cependant parfois encore la mer pour du cabotage.

Voilà c’est terminé pour l’Europe du Nord et au prochaine épisode nous nous dirigerons vers l’Est où le géant russe nous réserve de bien belles découvertes…

A suivre…

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Olivier Alba

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Le patrimoine maritime en France et à l’étranger – Épisode 8: la Scandinavie

Note: La liste de navires citée n’est pas exhaustive mais le fruit de recherches qui peuvent être incomplètes. N’hésitez pas à nous contacter si vous constatez des oublis. La liste ne recense que les navires d’une taille assez importante et ne comprend pas les sous-marins.

Quand on parle de l’Europe du nord, et de la Scandinavie en particulier, on pense à des pays peu peuplés et à d’immenses étendues sauvages et souvent gelées. C’est oublier un peu vite que ces peuples ont une longue tradition maritime et que les vikings, et leurs formidables drakkars, ont étendu leur empreinte indélébile sur toute la côte atlantique, fondant la Normandie, dont l’un des ducs, en 1066, deviendra roi d’Angleterre après avoir envahi ce royaume. On oublie aussi que les vikings feront des incursions en Méditerranée et fonderont un royaume normand en Sicile. Enfin, et ce n’est pas rien, il est aujourd’hui démontré qu’ils ont découvert l’Amérique avant Christophe Colomb. Des peuples de navigateurs donc, à la longue histoire maritime comme le prouve leur patrimoine naval très riche. Commençons donc par le pays le plus à l’ouest :

1- La Norvège:

La Norvège est largement ouverte sur la mer grâce à ses 2500 km de côtes. Pendant longtemps l’utilisation de caboteurs à permis de pallier les difficultés du transport terrestre entre le Nord et le Sud du pays, difficultés dues en parti à la rigueur du climat l’hiver. En outre la pêche est une activité importante de l’économie de ce pays. Ces deux éléments expliquent donc le soin apporté à son histoire navale. Commençons donc par le plus vieux, le drakkar Oseberg, qui ne restera pas longtemps seul dans la catégorie puisqu’un second vient d’être récemment mis au jour:

Le bateau d’Oseberg est un bateau viking ayant été découvert dans un large monticule funéraire près de la ferme Oseberg, dans la région de Tønsberg dans le Vestfold. Il a été dégagé par l’archéologue suédois Gabriel Gustafson, et l’archéologue norvégien Haakon Shetelig en 1904-1905.Le bateau et son contenu sont visibles au Musée des navires vikings d’Oslo.

…Faisons un bond dans le temps vers le XIXème siècle avec le navire d’exploration polaire Framm :

Le Fram (« En avant ») est un navire qui fut utilisé pour l’exploration polaire successivement par les explorateurs norvégiens Fridtjof Nansen, Otto Sverdrup et Roald Amundsen entre 1893 et 1912. C’est une goélette à trois mâts (1892)  en prévision de l’expédition de Nansen, au cours de laquelle elle devait se laisser prendre par la banquise afin de dériver par dessus le pôle Nord. Le Fram est maintenant exposé et conservé dans le quartier de Bygdøy à Oslo dans un musée qui lui est consacré, le Frammuseet.

…Puis le HMS Najaden, ancien navire école suédois lancé en 1897 et acquis par la Norvège en 2014:

Le Najaden (ou HSwMS Najaden dans la Marine royale suédoise) est un trois-mâts carré à coque en bois construit en 1897 au chantier naval royal d’Örlog à Karskrona . Il a servi de navire école pour la marine suédoise de sa construction à 1938. Après une période ou il est mis au rebut il se détériore, et menacé de destruction, il est restauré en 1946 par la ville de Halmstad qui en fait un navire musée. Il est enfin vendu le 4 juillet 2014 et acheminé le 5 juillet 2014 vers son nouveau port d’attache de Fredrikstad en Norvège. Il est le sister-ship du Jarramas.

…Poursuivons, et c’est assez rare, par un vieux cargo du début du Xxème siècle, le Hestmanden :

Il est le seul cargo encore existant a avoir navigué en convois pendant la Première Guerre mondiale et la Seconde Guerre mondiale. Seul survivant de la flotte du Nortraship, il représente une partie centrale de l’histoire de la guerre et de l’histoire maritime de la Norvège. Dans un état assez délabré, le Hestmanden a été pris en charge par le Norsk Veteranskipsklubb (un club norvégien de navires vétérans) en 1979. En 1995, les travaux de restauration ont commencé au chantier naval de Bredalsholmen Veteranship à Kristiansand

Toujours dans les civils, un navire école à voile vénérable puisqu’il date de 1914 et navigue toujours, le Staatsraad Lehmkuhl:

Le Statsraad Lehmkuhl est un trois-mâts, construit en 1914 à Bremerhaven en Allemagne, comme navire de formation pour la marine marchande allemande et appelé à l’origine Grossherzog Friedrich August.. Le bateau a été utilisée comme navire-école stationnaire en Allemagne pour une grande partie de la Première Guerre mondiale, devenant ainsi un trophée de guerre à la fin du conflit. Elle a été achetée par l’Association norvégienne des propriétaires de bateaux en 1923 afin de poursuivre la formation à la voile en Norvège. Le Statsraad Lehmkuhl commença la formation à la voile en Norvège puis fut transféré à la Fondation des navires-école de Bergen en 1924 où il a été utilisé jusqu’en 1966, à l’exception de cinq ans au cours de la Seconde Guerre mondiale, où il a été rebaptisé Westwärts. Un propriétaire de navire de Bergen a acheté le navire en 1967 à ses propres frais afin de continuer à l’utiliser pour la formation à la voile jusqu’à ce que la crise du pétrole en 1973 où le bateau fut abandonné dans le port de Bergen. En 1978, il a été donné à une fondation, qui possède et exploite le navire.

Pour poursuivre avec les grands voiliers-écoles, le Christian Radich :

Le Christian Radich est un trois-mâts carré construit par Framnæs Mekaniske Værksted A/S à Sandefjord en Norvège grâce au mécénat d’un homme d’affaires sans héritier, Christian Radich, qui, à sa mort en 1889, légua 50 000 couronnes à l’association Christiana School-ship pour la construction d’un trois-mâts. Les travaux ne débutèrent qu’en 1935. Conçu pour servir de navire-école de la marine marchande norvégienne, il fut livré le 17 juin 1937. Il est basé à Oslo . Depuis 1999, il est exploité dans le cadre de croisières payantes et participe à de nombreux événements maritimes européens comme les Tall Ships’ Races. Le Christian Radich a une longueur hors-tout de 73 mètres (62,5 mètres pour la coque), un maître-bau de 9,7 mètres et un tirant d’eau de 4,7 mètres pour un déplacement de 1 050 tonnes. Il peut atteindre une vitesse de 14 nœuds sous voiles, 10 nœuds au moteur. Son équipage se compose de 18 hommes et il peut embarquer jusqu’à 88 passagers.

…N’oublions pas le très beau Yacht royal HNoMY Norge…

Le yacht royal Norge est au départ un yacht britannique, le Philante, construit en 1937 à Gosport dans le Hampshire pour Sir Thomas Sopwith. C’était alors l’un des plus grands yachts de son époque. Le navire a été réquisitionné par la Royal Navy en 1939, armé et utilisé dans Atlantique pour l’escorte des convois. En juillet 1947, le navire fut racheté par la Norvège, pour en faire le yacht royal. Sa rénovation se termina en 1948, le roi Haakon en prenant alors possession sous le nouveau nom de Norge. Le roi utilisa le navire pour voyager tant en Norvège qu’à l’étranger. Le roi Olav pris possession du Norge à la mort de son père en 1957, et dix ans plus tard, un plan fut adopté pour remettre à niveau la coque et l’équipement technique. En 1985, durant des opérations de soudure à bord alors que le Norge se trouvait en cale sèche aux chantiers d’Horten, un incendie débuta avec des conséquences désastreuses, mais la coque et les moteurs furent préservés. Le roi Olav décida que le bateau serait reconstruit. À la mort du roi Olav en 1991, le Norge passa à son successeur, le roi Harald.

…Plus insolite mais bien dans l’histoire et la culture norvégienne, le baleinier moderne Southern Actor

Southern Actor est un ancien navire baleinier, actuellement navire-musée basé au musée de la chasse à la baleine à Sandefjord en Norvège. C’est le seul navire de chasse à la baleine moderne à être encore dans son état de fonctionnement d’origine. Le Southern Actor a été construit en 1950 à Smiths Dock, Middlesbrough, en Angleterre, pour la compagnie baleinière Christian Salvesen Ltd à Leith , en Écosse. De nombreux employés de Salvesen étaient principalement de norvégiens. En outre le navire se rendait en Norvège pour l’entretien en été. En 1995, Southern Actor a été entièrement restauré, aussi authentiquement que possible par rapport à la façon dont le bateau a été construit à l’origine. Cette même année, elle a été déclarée digne d’être préservée la Direction norvégienne du patrimoine culturel. Le navire est en état de marche et peut être affrété pour des excursions.

…Et pour terminer les « civils » le paquebot-mixte côtier MS Finnmarken.

Le MS Finnmarken est un petit paquebot côtier lancé en 1956 et qui assura la route côtière de Norvège appellée aussi “ Hurtigruten” en norvégien, traduit par “express côtier” en français. Largement aidée par des subventions du gouvernement norvégien, la ligne a longtemps été un lien vital pour de nombreux villages auxquels les navires livraient nourritures, nouvelles et matériels, et le moyen de transport dans un pays où les communications par terre sont peu aisées. Elle dessert aujourd’hui quotidiennement 34 ports répartis sur 2 700 km entre Bergen (sud-ouest de la Norvège) et Kirkenes (frontière russe, au-delà du cap Nord). L’aller-retour s’effectue en onze jours. Aujourd’hui conservé au sein d’un musée dédié à cette route mythique, le ms Finnmarken, mis au sec, offre une expérience unique

Concernant les « militaires », un navires remarquable, la frégate HNoMS Narwick

La frégate Narwick ést une frégate de type « Oslo » lancé en 1965 pour la marine royale norvégienne. Dernière de cette classe en servive, elle fut désarmé en 2007 et transférée au Royal Norwegian Navy Museum dans le port d’ Horten. Elle est depuis ouverte au public

2- La Suède :

La Suéde est un pays tout en longueur ouvert largement sur la mer Baltique. Cette position la conduira à adopter très tôt une véritable politique navale pour imposer son hégémonie sur cette partie de l’Europe. D’ailleurs le tout premier navire présenté est symbolique de cette volonté même si son destin fut peu glorieux, le seul navire survivant du XVIIème siècle, le fameux WASA:

Trois siècles après son naufrage, le Vasa fit sa réapparition. Repéré par une équipe de scientifiques dès les années 50, le navire refait surface en 1961. Véritable prouesse technique, il est lentement extrait de la vase dans laquelle il gisait depuis 1628, dans un état exceptionnel. Véritable trésor archéologique, le Vasa est soigneusement traité pour maximiser sa conservation à l’air libre. En 1990 ouvre le musée Vasa, gigantesque bâtiment à quelques centaines de mètres de l’ancien port de construction du navire. Dans le splendide musée, nous pouvons désormais admirer l’immense navire, comprendre sa construction et son naufrage, et se plonger, le temps de quelques heures, en Suède, au mois d’août 1628…

…Du même siècle, on trouve aussi la très belle réplique Göthenborg, Un indiaman du 17ème…

Le navire original a été construit en 1738 aux docks Terra Nova de Stockholm pour la Compagnie suédoise des Indes orientales. Ce dernier a coulé dans le port de Göteborg en septembre 1745 en revenant de Chine, après avoir heurté une falaise près de Älvsborg. Le navire transportait du thé, une grande quantité de porcelaine et six tonnes d’argent métal. Une partie de la cargaison fut récupérée en 1745 sur l’épave. L’épave a été redécouverte en 1984 . La construction de la réplique du Götheborg de 1738 a débuté en octobre 1992. Il a été baptisé Götheborg III par la reine de Suède le 3 septembre 2004. Il a refait, après son inauguration, le même voyage que le Götheborg original. Le Götheborg III est parti de la ville de Göteborg en Suède le 2 octobre 2005, et est arrivé à Canton, le 18 juillet 2006, en présence du roi de Suède. Il est aujourd’hui basé au port de Göteborg, où il est souvent visible, et participe à des rassemblements maritimes. Il embarque des produits issus du transport équitable pour la société TOWT (TransOceanic Wind Transport) créée en 2009.



Toujours dans les voiliers mais en faisant un bond vers le XIXème siècle le af Chapman qui date de 1888:

Ce voilier a été construit en 1887au Royaume-Uni. Il a été lancé en mars 1888 pour l’armateur irlandais sous le nom de Dunboyne. Jusqu’en 1923, il navigua pour différentes compagnies avant de passer sous pavillon suédois. En 1923, la marine royale suédoise acquiert le navire et le nomme Af Chapman, du nom de Frédéric Henry de Chapman (1721-1808), vice-amiral suédois d’origine britannique, et s’en sert comme navire-école militaire jusqu’à son dernier voyage le 27 septembre 1934. Durant la Seconde Guerre mondiale, il servira de caserne flottante pour les marins du port de Stockholm. En 1947, la ville de Stockholm en fait un bateau-musée. En 1949, l’Af Chapman est reconverti en auberge de jeunesse de 285 lits sous la gestion de l’Association touristique suédoise. Le navire subit en 2008 une importante révision en cale sèche puis reprend son emplacement habituel à Skeppsholmen, à proximité de la Maison de l’Amirauté. Il est parfaitement entretenu tout au long de l’année.

…Le Jarramas lancé en 1900…

Le Jarramas (ou HMS Jarramas dans la Marine royale suédoise) est un trois-mâts carré à coque acier construit en 1900. Il est le sister-ship du Najaden. Il a servi uniquement de navire-école en naviguant essentiellement en mer Baltique et en mer du Nord, comme son sister-ship en bois, le Najaden construit en 1897. Le Jarramas a été désarmé en 1947 est remplacé par le Gladan. Le navire a fait son dernier voyage le long de la côte suédoise en 1949, puis a été acheté en 1950 par la ville de Karlskrona qui s’en servit d’attraction. Depuis 1997, il sert de navire musée pour le musée maritime de cette même ville, après avoir subi une grande restauration.

… Et terminons les vieux gréements avec le quatre-mâts Viking qui date de 1906 :

À l’origine, Le quatre-mâts Viking a été construit pour être utilisé comme voilier-marchand dans la flotte danoise, en pleine expansion. À cette époque, la rapidité et la capacité en fret étant la priorité absolue. Le navire est lancé en 1906 par les chantier danois Burmeister &Wain de Copenhague.Un jour de juillet 1909, le commandant Niels Clausen a enregistré dans le livre de bord un record de vitesse, 15,5 nœuds (28,7 km/h), tout en transportant une cargaison complète de blé de l’Australie, en réalisant 372 miles en 24 heures. En 1929, le Viking a rejoint la flotte de grands voiliers d’Erikson. Il échappe à la mise au rebut à la fin des années 1940 et a été finalement sauvé par le gouvernement suédois en 1950. Il a d’abord servi de bureau d’expédition de différentes entreprises du port de Göteborg, puis d’école de matelotage, avant de devenir un hôtel pour le parc d’attractions de Liseberg.

Un voilier école le T/S Gunilla lancé en 1940 :

Ce trois-mâts barque a été construit en 1940 sur le chantier naval d’Oskarshamn. Il a été lancé comme cargo à voiles pour le transport de marchandises. Il a navigué jusqu’en 1997. Désormais il est affrété comme navire école pour les étudiants de la Öckerö Seglande Gymnasieskola. Pour cela il a subi une restauration importante et un réaménagement pour répondre aux besoins de sécurité actuels et à sa nouvelle fonction. Il navigue tous les ans sur un grand tour de l’Atlantique et participe à certains grands événements nautiques comme les The Cutty Sark Tall Ships Races.

…Pour poursuivre dans les civils mais à moteur cette fois-ci, une fois n’est pas coutume, le cargo Fryken :

Le cargo Fryken a été construit en 1938 à Aalborgs Værft au Danemark pour Ångbåts AB Ferm à Kristinehamn. Elle est ensuite entrée dans le service régulier de Broström entre les ports du lac Vänern / Göteborg et sur la côte est de la Grande-Bretagne. Le Fryken avait un équipage de 19 personnes et a navigué sous pavillon suédois jusqu’en 1961, date à laquelle il a été vendu à la Finlande. En 1986, elle a été achetée par Maritiman museum et retournée à Göteborg. Le Fryken est actuellement loué à l’Université de technologie de Chalmers et est situé à Eriksberg. Malheureusement, il n’est actuellement pas possible de monter à bord du Fryken.

…Et le très « local » brise glace  Sankt Erik :

Le Sankt Erik a été lancée en 1915 sous le nom d’ Isbrytaren II. Il a été le premier grand brise-glace du pays et était détenue et utilisée par la ville de Stockholm pour garder les canaux navigables en hivers. Il a été rebaptisée en 1958 lors d’un vaste radoub qui l’a vue convertie du charbon au pétrole, il est aujourd’hui navire-musée attaché au musée Vasa de Stockholm , en Suède.

Pour les navires de guerre, si l’on fait exception du Wasa, le très étrange monitor HMS Sölve :

le HMS Sölve , du nom de Sölve , un roi de Suède semi-légendaire , a été lancé en 1875 par Motala Verkstad à Norrköping . Il a été désarmé en 1919 et a été converti en barge pétrolière après avoir été vendu. Le navire a été acquis par le Göteborg Maritima Centrum de Mobiloil en 1992. Il a été partiellement restauré et est actuellement amarré au musée marin Maritiman à Göteborg.

Et terminons enfin avec le destroyer HMS Småland :

Le HMS Småland est un destroyer de classe « Halland » lancé le 16 juillet 1952 pour la flotte suèdoise. Il fut livré à la Marine en 1956. Modernisée trois fois au court de sa carrière le HMS Smaland a été retirée du service en 1979 à Karlskrona et désarmé le 1er juillet 1984. Le navire se trouve aujourd’hui sur le quai du centre maritime de Göteborg où il a été remis en 1987 et utilisé comme navire-musée . Le Småland est le plus grand navire de guerre conservé en musée en Scandinavie .

3- La Finlande :

On ne pense pas forcement à la Finlande quand on pense marine, et pourtant, ce pays de de 5,5 millions d’habitants possède un patrimoine maritime remarquable. En commençant par trois grands voiliers, le Sigyn de construction locale et qui date de 1887:

Le bateau sort du chantier naval de Göteborg en 1887. C’est le dernier trois-mâts en bois construit pour servir de navire de commerce.Le Sigyn, sous pavillon suédois, transporte du bois jusqu’à un grave incident en 1913. Il est réparé en minimisant les coûts mais n’est alors plus en mesure d’effectuer des voyages transocéaniques.Il est vendu aux îles Åland en 1927, puis racheté par l’Académie d’Åbo et transformé en musée en 1939.

…le Pommern  de la célèbre Flying P-line:

Le Pommern, est un des Flying P-Liners, les fameux voiliers de la compagnie de transport maritime allemande F. Laeisz transportant du titrate d’Amérique du Sud. Il fut construit en 1903 Plus tard il a été utilisé pour transporter le grain de la région du golfe de Spencer en Australie (tient tient..Il a dût croiser le Moonta…) vers l’Angleterre ou l’Irlande jusqu’au début de la Seconde Guerre mondiale. Le Pommern est maintenant un bateau musée ancré à Mariehamn

…Et enfin un ex-français, le Suomen Joutsen (ex-Laënnec) construit à Saint Nazaire :

Le Suomen Joutsen a été construit en 1902 à Saint-Nazaire sous le nom de Laënnec. Il a été commandé par la Société anonyme des armateurs nantais. En 1921, après une carrière de cap-hornier, il est à l’abandon dans l’estuaire de la Loire, pour être démoli. Racheté, il est remis en état et devient un navire-école de la marine marchande sous le nom d’Oldenburg. En 1930, il est vendu au gouvernement de Finlande, pour servir de navire école au sein de la marine nationale finlandaise. Avant la Seconde Guerre mondiale, il effectua huit longs voyages océaniques, permettant la formation de 656 marins. Pendant la Guerre d’Hiver et la Guerre de Continuation, il fut utilisé pour ravitailler les sous-marins de la marine finlandaise, puis servit de soutien aux dragueurs de mines. À partir de 1956, il servit d’école pour la marine marchande. En 1991, il est cédé à la ville de Turku par le ministère de l’éducation. C’est depuis lors un bateau-musée, amarré  à l’entrée du port de Turku en Finlande.

…N’oublions pas non plus le navire-école, la très élégante goélette franche à trois-mâts LINDEN :

Linden  est un voilier-école entièrement en bois, de construction récente, puisque lancé en 1993. C’est la réplique d’un cargo à voiles du même nom, lancé en 1920,  qui commerçait entre la Finlande et l’Angleterre. Il est utilisé comme voilier-école et participe aux tallships races; Il peut embarquer, en croisière, 26 passagers, avec 9 marins professionnels.

En ce qui concerne les navires à moteur, et c’est une habitude dans cette partie du monde le vieux brise-glace Tarmo :

Le Tarmo est un brise – glace finlandais à vapeur conservé au Musée maritime de Finlande à Kotka . Construit en 1907 par Sir WG Armstrong, Whitworth & Co Ltd à Newcastle upon Tyne au Royaume-Uni, il était le troisième brise-glace public de Finlande et le dernier brise-glace finlandais à vapeur à rester en service. Lorsque Tarmo a été désarmé en 1970, il a été décidé de conserver le navire en tant que navire-musée. Après une longue attente à Helsinki , le Tarmo a été remorqué à Kotka et complètement restauré au début des années 1990.

…Le petit paquebot côtier MV Boreque l’on croirait dessiné par un enfant, un profil amusant de gros jouet :

Le MS Bore est un musée et complexe hôtelier amarrés à Turku, en Finlande. Il a été construit à l’origine en 1960 par le chantier naval d’Oskarshamn, à Oskarshamn, en Suède, comme ferry à passagers / voiture pour la compagnie finlandaise Steamship Company Bore. Il fut le dernier navire à vapeur commercial construit en Scandinavie et le premier ferry sur la route entre la Finlande et la Suède. Il a ensuite été rebaptisé Borea, avant d’être reconstruit en tant que navire de croisière en 1988. De 1988 à 2010, il a navigué sous le pavillon de la compagnie maritime finlandaise Kristina Cruises sous le nom de MS Kristina Regina jusqu’à sa retraite. Il a retrouvé aujourd’hui son nom d’origine.

Et enfin, pour les « gris » une seule unité, la corvette FNS Karjala :

Les canonnières rapides de classe Turunmaa étaient un type de navire, auparavant utilisées par la marine finlandaise dans le cadre de la guerre anti-sous-marine et de la protection du commerce. Sur le plan international, ils étaient étiquetés comme corvettes. Le développement de la classe a commencé en 1963. À l’époque, l’électronique des navires et le système de propulsion étaient à la pointe de la technologie et ont attiré l’attention internationale. Les deux navires ont été construits par le chantier naval Hietalahti à Helsinki. En 1985-1986, les deux navires ont été réaménagés et l’ensemble des systèmes de contrôle des incendies et de communication ont été mis à jour. Karjala est amarré depuis 2002 au musée maritime Forum Marinum à Turku en tant que navire-musée à côté de Suomen Joutsen .

Voila c’est terminé pour la Scandinavie et cela fait un patrimoine plus que conséquent lorsque l’on se rappelle que la population totale de ces trois pays dépasse à peine les 20 millions d’habitants !

A suivre…

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Olivier Alba

 
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Le patrimoine maritime en France et à l’étranger – Épisode 7: L’Océanie

Note: La liste de navires citée n’est pas exhaustive mais le fruit de recherches qui peuvent être incomplètes. N’hésitez pas à nous contacter si vous constatez des oublis. La liste ne recense que les navires d’une taille assez importante et ne comprend pas les sous-marins

1- L’Australie:

L’Australie, véritable pays continent, est avant tout une île et donc dépend étroitement de la mer pour son économie et son commerce. Héritière de la culture maritime anglaise, elle a pendant longtemps été associée au Royaume-Uni, d’où proviennent la plupart de ses habitants. En outre, pendant longtemps les infrastructures routières ou ferroviaires étaient notoirement insuffisantes, ce qui a nécessité l’entretien d’une importante flotte de cabotage pour pallier à ce manque et relier entre-eux les différentes parties de cette île gigantesque et quasi-désertique en son milieu. Le Lydia, ex-Moonta, illustrant parfaitement le souvenir de cette flotte de cargos et de paquebot de cabotage. L’Australie à donc eu conscience très tôt de l’importance de son patrimoine maritime notamment en conservant pieusement de nombreux navires de guerre. Mais commençons par les voiliers qui pendant des siècles ont maintenu  le lien avec la métropole: Avec notamment le clipper City of Adélaïde qui, après de nombreuses péripéties, est aujourd’hui en restauration dans la ville dont il porte le nom. Il est aujourd’hui le plus vieux clipper survivant au monde :

Le retour du City of Adélaïde en Australie

Le City of Adelaide est un clipper construit en Angleterre et lancé le 7 mai 1864. Il est conçu pour le transport de passagers et de marchandises entre l’Angleterre et l’Australie. C’est un exemplaire de construction navale composite. Entre 1864 et 1887, le clipper fait 23 rotationss de Londres à Adélaïde, jouant un rôle important dans l’immigration vers l’Australie. Aux voyages de retour il transporte à Londres des passagers, de la laine, et le cuivre d’Adélaïde et de Port Augusta. Après 1887, le navire transporte du charbon le long de la côte britannique et du bois à travers l’Atlantique. En 1893, il devient un hôpital flottant et la Royal Navy l’achète en 1923. Reconverti en tant que navire école, il est renommé HMS Carrick. En 1948, il est désarmé et offert à la Royal Naval Volunteer Reserve Club  pour servir de club flottant. Il est classé mais, en 1991, il coule à son poste d’amarrage. Le Carrick est récupéré par le Scottish Maritime Museum, mais le financement pour sa restauration s’épuise en 1999. À partir de 2000, l’avenir du navire est incertain.  En 2010, le gouvernement écossais décide de l’expédier vers le port d’Adélaïde, pour y être exposé comme navire musée. En 2013, chargé sur le pont d’ un cargo, le City of Adelaide quitte  l’Europe pour Port Adelaide, où il arrive le 3 février 2014. Il est exposé désormais comme navire musée dans le port d’Adélaïde. Ce bâtiment est inscrit au registre du National Historic Ships depuis 1993.

Continuons chronologiquement avec le James Craig, un trois mâts barque construit en 1878 :

Avant sa restauration :

Le James Craig est un trois-mâts barque australien, à coque en fer, construit en 1874 en Angleterre sous le nom de Clan Macleod. Il était employé au transport des marchandises et passa le cap Horn 23 fois en 26 ans. En 1883, il est vendu à Sir Roderik Cameron, qui l’emploie entre New York et la Nouvelle-Zélande. En 1899, il a été racheté par le néo-zélandais JJ Craig. Il prend le nom de James Craig en 1905 et fait du cabotage entre la Nouvelle-Zélande et l’Australie jusqu’en 1911. Victime de l’expansion de la marine à vapeur ses mâts lui sont retirés et il sert pour le stockage de viande et de noix de coco en Nouvelle-Guinée. En 1918, il est rachété par Henry Johns & Co. qui le rééquipe pour s’en servir de cargo. De nouveau non rentable, il sert pour le stockage de charbon de bois à Reserve Bay en Tasmanie à partir de 1925. Au début des années 1930 la mine ferme et le navire est abandonné sur place. Lors d’une tempête, devenant dangereux, il est coulé en eau peu profonde par les pêcheurs. En 1972, les membres de la Sydney Heritage Fleet renfloue l’épave et la transporte jusqu’à Hobart. Sa restauration est réalisée à Sydney de 1981 à 2001, l’année de sa mise sous voile. Le James Craig est actuellement amarré au quai n°7 du port de Darling, près du musée maritime d’Australie. Il est ouvert au public et propose des sorties en mer à la journée et des courtes croisières. Il est entretenu par les bénévoles de l’association.

Continuons ce tour des grands voiliers avec le Polly Woodside, un trois mâts à coque en fer, sensiblement de la même taille et contemporain de notre Belem:

Le Polly Woodside a été construit à Belfast en 1885, pour William J. Woodside and Co. Il a été lancée le 7 novembre 1885; le baptême effectué par l’épouse du propriétaire, Mme Marian (“Polly”) Woodside, du nom du navire. Le Polly Woodside opérait comme un cargo transportant du charbon, du nitrate et du blé entre les ports britanniques et les ports d’ Amérique du Sud , tels que Montevideo , Valparaiso et Buenos Aires. En seize voyages entre décembre 1885 et août 1903 elle a fait un certain nombre de passages difficiles autour du Cap Horn . L’équipe d’exploitation du Polly Woodside , y compris le capitaine et le second, était généralement inférieure à 20 personnes. Après plusieurs changements de propriétaire et une exploitation comme cargo entre la nouvelle Zélande et l’Australie, face à la concurrence de la vapeur, le navire est converti en ponton à charbon, notamment pour l’Adélaïde Steamship Co (tiens, tiens, comme le monde est petit!). Acquis en 1968 par le National Trust of Australia , le navire est restauré et ouvre au public en 1978. Il fait depuis la fierté de Melbourne.

Et terminons ce tour d’horizon avec la réplique d’un navire historique, l’Endeavour du célèbre explorateur britannique Cook :

L’Endeavour est la réplique du navire à bord duquel James Cook organisa trois expéditions(1768, 1772 et 1776). Le célèbre capitaine fut tué aux Iles Hawaï au cours de la troisième expédition.Le voyage lui a aussi permis de prendre possession de l’Australie au nom du Roi d’Angleterre : la conquête de nouvelles terres était un des buts de ces expéditions.  Abandonné à la suite de sa circumnavigation, il a repris du service comme transport de troupes, sous le nom de Lord Sandwich, durant la guerre d’indépendance américaine. Il a été sabordé au large de Newport en 1778. Ce trois-mâts n’avait pas l’allure d’un bateau de course : son avant rond, ressemblant à celui d’une barge, ne doit pas favoriser les performances, surtout au près (il ne remonte pas à plus de 80° du vent) . Il trahit l’origine du bateau : c’était un ancien cargo charbonnier, nommé au départ Earl of Pembroke, que Cook jugeait plus pratique et plus sûr que les navires de guerre de l’époque. Lancé en 1765, ce navire avait été soigneusement aménagé, de façon très moderne pour l’époque, pour en faire un bateau d’exploration fiable.La réplique qui navigue aujourd’hui a été lancée lancée en 1993 en Australie. Elle est basée à Sydney mais vient parfois en Europe. Les Australiens avaient décidé sa construction en 1987, à la suite de leur victoire dans l’America’s Cup, et avaient obtenu l’aide financière d’Alan Bond, le sponsor du voilier vainqueur. Par la suite, le financement a subi quelques déboires, et c’est la création de la fondation HMS Bark Endeavour qui a permis de terminer la construction.

Dans la marine historique guerrière, on peut recenser, par ordre chronologique, la corvette HMAS Castlemaine , de classe «Bathurst» et qui date de 1941 :

Lancée en 1941 et mis en service en 1942, La HMAS Castlemaine a opéré pendant la Seconde Guerre mondiale dans les eaux de l’Australie, de la Nouvelle-Guinée et du Timor. Elle est restée en service jusqu’en 1945, lorsqu’elle a été déclassée, mise en réserve et transformée en navire-école à quai. En 1973, la Castlemaine a été proposée au Maritime Trust of Australia pour être converti en navire musée. Elle est l’un des deux exemples survivants de la classe de Bathurst , l’autre étant le HMAS Whyalla. La HMAS Castlemaine est actuellement amarré au Gem Pier , dans le port de la ville de Victoria. Le navire n’est pas capable de naviguer, car le pont principal du mess abrite un musée et les moteurs ont été convertis pour fonctionner à l’air comprimé, affichant leur fonctionnement mécanique aux visiteurs.

…Et la corvette HMAS Whyalla du même type que la précédente lancée elle aussi en 1941, et aujourd’hui mise “au sec”:

La HMAS Whyalla, du nom de la ville de Whyalla, , était l’une des 60 corvettes de la classe de Bathurst construites pendant la Seconde Guerre mondiale et l’une des 20 corvettes construites sur ordre de l’ Amirauté , mais dirigées par du personnel du Royal Navy Australienne . Elle a été désarmée le 16 mai 1946. La corvette a reçu trois décorations pour son service en temps de guerre: «Pacifique 1942-1945», «Nouvelle-Guinée 1942-1944» et «Okinawa 1945». Après la guerre, la Whyalla a été vendue au Département des travaux publics de Victoria pour être modifiée pour le service civil et renommée Rip . Remorquée à Melbourne, elle entre en service en tant que navire d’entretien de phare à l’entrée de Port de Phillip Bay. Le navire restera en service jusqu’en 1984 date à laquelle il devait être vendu pour la ferraille. Lorsque le conseil municipal de Whyalla a appris que la corvette devait être mise au rebut, ils ont négocié l’achat du navire pour 5 000 dollars australiens, puis elle a été placée dans sa cale de lancement et ce, jusqu’en avril 1987, date à laquelle elle a été déplacée de 2 kilomètres à l’intérieur des terres pour devenir la pièce maîtresse du musée maritime de Whyalla, qui a ouvert ses portes le 29 octobre 1988.

…la frégate de classe « River », la HMAS Diamantina, qui date de 1944, l’un des rare frégate de ce genre préservée….

Le HMAS Diamantina est une frégate de classe River ayant servi dans la Royal Australian Navy (RAN). Son nom fait référence à la rivière Diamantina dans le Queensland. Lancé en 1944,elle entre en service en avril 1945 et participe donc à la fin de la seconde guerre mondiale, Elle est utilisée de 1945 à 1946 par la RAN puis placée dans la réserve et reconvertie afin de servir de navire océanographique de 1959 à 1980. À partir de cette date, elle a été exposée au musée maritime du Queensland où elle est utilisée en tant que navire musée. Il s’agit de la dernière frégate datant de la Seconde Guerre mondiale à avoir quitté le service de la RAN et, c’est la seule parmi les 151 navires de sa classe, qui ont servi dans 19 marines, à avoir été préservée en tant que navire musée.

…Ou encore le destroyer HMAS Vampire de classe « Daring », lancé lui en 1956

Le HMAS Vampire était le troisième des trois destroyers de classe Daring construits en Australie dans la Royal Australian Navy (RAN). L’un des premiers navires entièrement soudés construits en Australie, il a été construit au chantier naval de Cockatoo Island entre 1952 et 1959, et a été mis en service dans le RAN un jour après l’achèvement. Le HMAS Vampire a été régulièrement déployée en Asie du Sud-Est au cours de sa carrière: Il a été attachée à la réserve stratégique d’Extrême-Orient à cinq reprises, y compris lors de la confrontation Indonésie-Malaisie, ainsi que pendant la guerre du Vietnam. En 1977, le destroyer fut chargé d’escorter le yacht royal Britannia lors de la visite de la reine Elizabeth II en Australie. En 1980, Vampire a été reclassé comme navire-école, et ce jusqu’en 1986, date à laquelle il a été désarmé et proposé à l’Australian National Maritime Museum pour sa conservation en tant que navire-musée.

…Et enfin, pour en terminer avec l’Australie, un navire civil “moderne” d’un type peu courant : le ravitailleur de Phares MV Cape Don

Le MV Cape Don est un ancien ravitailleur de phare , désormais un navire-musée à Waverton, en Nouvelle-Galles du Sud , en Australie. Construit et lancée par les chantier navals d Newcastle, en Nouvelle-Galles du Sud en 1962 pour le Commonwealth Lighthouse Service, il a entretenu les phares, les bateaux-phares et les bouées de la côte australienne de 1963 au début des années 1990. A partir de cette date, il est restaurée par des passionnés pour devenir un musée et un navire-école. Il est inscrite au registre australien des navires historiques et il est actuellement amarrée à l’ancien quai de chargement de charbon de Balls Head Bay dans le port de Waverton en Nouvelle-Galles du Sud .

 

Fini pour ce jeune pays qu’est l’Australie, et décalons-nous vers l’est pour visiter une autre ancienne colonie britannique:

 

2- La Nouvelle-Zélande :

Un seul navire de haute mer pour ce petit pays de cinq millions d’habitants mais qui s’inscrit en droite ligne dans son histoire : L’épave du voilier Edwin Fox, second plus vieux navire marchand au monde et seul survivant des navires “transport de déportés”, ces détenus ayant fondé la base du peuplement européen en Australie ou en Nouvelle-Zélande:

L’Edwin Fox est le deuxième plus ancien voilier marchand du monde, et le seul navire survivant à avoir transporté des détenus en Australie . Il est unique en ce qu’il est la “seule coque intacte d’un voilier en eau profonde en bois construit selon les spécifications britanniques qui a survécu dans le monde en dehors des îles Falkland”. L’Edwin Fox a transporté des colons en Australie et en Nouvelle-Zélande et a transporté des troupes britanniques dans la guerre de Crimée . Désarmé en 1905, il sert de dépôt/ponton dans le port de Picton juqu’en 1950 où il est abandonné. Il est achetée par la Edwin Fox Society pour la somme nominale d’un shilling en 1965. Initialement, il était prévu de restaurer complètement le navire, en remplaçant le gréement et en rénovant l’intérieur. Depuis, il a été décidé que ce n’était pas envisageable, non seulement pour des raisons financières, mais parce que les bois nécessaires n’étaient plus disponibles. Il est aujourd’hui préservée en tant que coque avec un musée informatif adjacent, et les visiteurs peuvent visiter deux de ses ponts et ainsi se tenir à l’intérieur de cette pièce historiqueLe navire est en cale sèche au Centre maritime Edwin Fox à Picton en Nouvelle-Zélande.

 

3- La Malaisie :

Là aussi un seul navire pour ce pays semi-insulaire, qui termine cet épisode, une frégate de construction britannique, la KD Hang Tuah:

KD Hang Tuah est une frégate d’une classe unique, qui a intégré la Marine royale malaisienne depuis 1977. Elle a été construite au Royaume-Uni , à l’origine pour la marine du Ghana , mais, faute de crédit suffisants, a été achetée par la Royal Navy en 1972. Elle a servi pendant cinq ans comme HMS Mermaid avant d’être achetée par la Malaisie , où elle a remplacé une autre ex-frégate britannique également appelée Hang Tuah. Elle est devenu navire-école de la KD en 1992 et a été réaménagé pour remplacer ses armes et ses machines devenues obsolètes. En 2017, le frégate est désarmée et ouverte au public.

4- L’Indonésie :

Notons pour ce pays un ancien et très élégant voilier école, le Dewaruci :

Le Dewaruci (ou KRI Dewaruci) est un trois-mâts goélette à coque acier construit à Hambourg. C’est le navire-école de la Marine indonésienne. La construction du Dewaruci a commencé en 1932, mais a été suspendue en raison de l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale, qui a causé de graves dommages au chantier naval où il était en construction. Il a finalement été achevé en 1952 et lancé en 1953. Le Dewaruci bénéficie d’une technologie moderne. Il possède une grande surface de voilure, utilisant un système de ballast pour l’équilibrage sous voile. Les initiales KRI signifient Kapal perang Republik Indonesia, c’est-à-dire « Navire de guerre de la République d’Indonésie ». Chacun des trois mâts est dédié à une des grandes îles indonésiennes. La devise du navire “Cita-cita, akal budi, berani jujur, guna bhakti” qui signifie : « Aspiration, raison, courage et loyauté, mérite et devoir ». Le bateau comporte trois ponts pour accueillir l’équipage et les cadets qui font leur apprentissage sur ce navire-école. Bien que navire militaire, il règne à son bord une ambiance chaleureuse, et lors des rassemblements de Grands Voiliers, son équipage est très apprécié lors des parades nautiques. Il possède sa propre fanfare.

 

Voilà c’est terminé pour l’Océanie et au prochain épisode nous nous attaquerons (enfin!) à l’Europe. Une occasion de voir que les plus belles pépites ne sont pas forcément là où l’on pense…

A suivre…

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Olivier Alba

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Le patrimoine maritime en France et à l’étranger épisode 6- L’Asie- (Chine, Birmanie, Thaïlande)

Note: La liste de navires citée n’est pas exhaustive mais le fruit de recherches qui peuvent être incomplètes. N’hésitez pas à nous contacter si vous constatez des oublis. La liste ne recense que les navires d’une taille assez importante et ne comprend pas les sous-marins.

8- La Chine:

La Chine n’a pas dans l’imaginaire collectif, l’image d’une nation de marins. Pourtant, lorsque l’on regarde son histoire, elle eu quelques volontés d’expansion maritime. En effet, au début du XVème siècle, le troisième empereur de la dynastie Ming, Yongle, lance la construction de centaines de navires à Nankin, (ce qui réduira de moitié la couverture forestière du sud de la Chine) et ordonne de grandes expéditions exploratrices dans tout l’océan Indien. En tant qu’amiral, Zheng He effectue sept voyages de 1405 à 1433. Il touchera ainsi les côtes de l’Afrique et de la péninsule arabique.

À la différence des Portugais, les voyages d’exploration entrepris par les Chinois ne débouchèrent pas sur une entreprise d’expansion outre-mer. Le successeur de Yongle, Hongxi, éphémère quatrième empereur Ming (1424-1425), interrompt ces expéditions pour des raisons budgétaires. Il s’en était fallu de peu que les chinois ne conquièrent le monde au nez et à la barbe des européens. Puis, les chinois se refermèrent sur eux-même, en oubliant le monde.

Aujourd’hui la Chine, seconde puissance économique mondiale souhaite reprendre sa place et cette volonté passe par la création d’une imposante flotte, crée au départ sur les restes de celle de l’empire soviétique. Ce qui explique l’origine russe d’une partie de ses navires-musée.

Commençons donc par son patrimoine maritime militaire avec les porte-aéronefs de la classe “Kiev”. Le premier, le Kiev, est aujourd’hui navire-musée-hôtel au sein d’un parc à thème à Tianjin, c’est l’ambiance guerre froide à Disneyland:

…Le second, le Minsk est navire musée à Shenzhen, l’entretien laisse visiblement à désirer :

Les navires de la classe Kiev furent les premiers porte-aéronefs soviétiques. Il furent construit dans les années 1970′ pour la marine soviétique. Les porte-aéronefs de type «Kiev» étaient capables d’emporter des hélicoptères et des avions à décollage et atterrissage vertical, les Yak-38M, pour un total de 22 appareils. Contrairement aux porte-avions américains, la défense des Kiev était en majeure partie confiée aux armements de bord et non au groupe aéronaval, ce qui explique qu’il soit lourdement armé en missiles mer-air, mer-mer et en systèmes de lutte anti-sous-marine. Ces caractéristiques conditionnant leur étrange appellation de « croiseurs porte-aéronefs ». A la désintégration de l’URSS, les deux navires sont vendus à la Chine qui cherche alors à acquérir une capacité aéronavale. La Chine achète donc les deux navires pour les étudier. Aujourd’hui obsolètes, Le Kiev et le Minsk sont devenus des navires-musée.

Reste donc pour les « gris » à faire suivre avec la longue litanie des destroyers, pas moins de cinq sont recensés comme navires-musée au sein de l’empire du milieu : Commençons donc avec les deux destroyers d’origine soviétique de classe Anshan” (ex-classe Gnevny) : le Taiyuan, qui sert de navire d’entrainement à l’académie navale de Dalian :

…et le Changchun qui, pour sa part, trône fièrement dans le gigantesque Chinese Naval Museum de Qingdao:

Et terminons la classe avec le navire qui lui a donné son nom, le Anshan, lui aussi au Chinese Naval Museum de Qingdao

La classe «Gnevny » était un groupe de 29 destroyers construits pour la marine soviétique à la fin des années 1930. Ils sont parfois connus sous la désignation soviétique officielle de projet 7. Ces navires ont combattu pendant la Seconde Guerre mondiale. Au début des années 1930, les Soviétiques se sont sentis capables de redémarrer la construction de destroyers afin de reconstituer leur flotte de guerre. Le design a été réalisé avec l’aide de l’Italie malgré les différences idéologiques entre les Soviétiques et l’Italie fasciste. Ils ont souffert de certaines des mêmes faiblesses des navires italiens contemporains avec une faiblesse structurelle et une autonomie limitée. Il y avait également des problèmes importants de machinerie dans les premiers navires. Les défauts de conception sont apparus après les essais des premières unités en 1936/37 et la production s’est arrêtée après 30 navires. Quatre navires survivants de la flotte du Pacifique ont été transférés à la marine de l’Armée populaire de libération chinoise, formant la classe « Anshan ». Modernisés en navire lance-missile dans les années 1970, trois aujourd’hui sont conservés comme navires-musée et un comme navire d’entrainement.

Continuons donc avec les deux destroyers de la classe type 051, de construction chinoise : avec le Jinian, toujours au Chinese Naval Museum

…Et le Nanchang, qui est préservé dans le port dont il porte le nom comme attraction touristique:

Les destroyer Type 051 (classification OTAN classe Luda) étaient une classe de destroyers à missiles guidés déployée par la Chine. Il s’agissait des premiers destroyers lance-missiles mis en service par la Marine de l’Armée populaire de libération (PLAN), et les premiers conçus et construits en Chine. La classe était basée néanmoins sur le destroyer soviétique de classe Neustrashimy. 17 ont été construits de 1970 à 1990. Ce n’est qu’au 21e siècle que la Chine va à nouveau construire une classe en si grand nombre. Aujourd’hui deux sont conservés l’un dans le port de Nanchang et l’autre au gigantesque Chinese Naval Museum

Fini pour les destroyers, passons maintenant aux frégates, en l’occurrence deux, toutes au Chinese Naval museum. Si je compare au musée de la marine de paris, apparemment pour les chinois, l’échelle en modélisme est le 1/1…

Donc voici la frégate Xiamen

…Ainsi que la frégate Yintang

Les frégates de type 053 étaient une famille de navires chinois qui ont servi avec la Force de surface de la marine de l’Armée populaire de libération et un petit nombre de marines étrangères. Ce sont des navire de 103 mètres de long pour un déplacement qui oscille entre 1700 et 2000 tonnes, elle ont été déclinées en une multitude de versions, l’armement changeant d’une variante à une autre.

Bon, c’est terminé pour les navires de guerre, reste donc les navires «civils» en la présente de deux paquebots l’un à quai, le Brasil Maru (ex-japonais), dans le port de Zhanjiang à qui nous avons consacré un article détaillé ICI

…Et l’autre ensablé, le Minghua (ex-français Ancerville) à Shenzhen à qui nous avons consacré un article complet ICI

Voila, terminé pour l’empire du milieu, passons maintenant plus au sud avec un pays que l’on attendrais pas :

 

9- La Birmanie:

Pour ce pays, un seul navire-musée mais d’importance historique puisqu’il s’agit d’une frégate de type « River » de construction britannique, ce type de navire s’étant illustré sur l’Atlantique pour la protection des convois durant la seconde guerre mondiale. Voici donc la UBS Mayu

Le HMS Fal était une frégate de classe River de la Royal Navy, construite pour la guerre anti-sous-marine et l’escorte de convoi pendant la Seconde Guerre mondiale, et mis en service le 2 juillet 1943.Après avoir servi sur l’Atlantique Nord, la frégate est déployée sur la route des convois ouest-africain entre Lagos, Takoradi et Freetown. À la fin des hostilités, elle était stationnée à Simonstown puis fut transférée en Extrême-Orient,à Rangoo. Elle a été remise par le gouvernement britannique à la Réserve navale royale de Birmanie le 25 mai 1947. UBS Mayu a été le premier navire amiral de la marine birmane. Après 32 années de service actif elle a également servi de navire-école pour les officiers de la marine du Birmane. Elle a été désarmée en 1979 et a été converti en navire musée.

10- La Thaïlande:

La Thaïlande fût l’un des rares pays de l’Asie du sud-est à ne pas être la proie, au XIXème siècle des colonisateurs occidentaux, bien que «coincé » entre l’Indochine française et l’empire britannique des Indes. Cette indépendance l’obligera à maintenir des forces armées et notamment navales, celle-ci affrontant d’ailleurs la marine française en janvier 1941 lors de la bataille de Ko Chang qui se terminera par une défaite totale et humiliante des forces du Siam. Elle arrivera en outre à rester à relativement à l’écart de la guerre du Vietnam qui embrasera la régions, et ce, grâce au soutien des USA ce qui explique l’origine des deux tiers des navires-musée que possède ce pays. Commençons par l’exception, une corvette construite au Japon durant les années 1930′, la HTMS Maeklon, l’un des navires ayant eu la plus longue carrière active du monde puisque désarmé en 1995 (59 ans!)

HTMS Maeklong était un navire d’escorte et un navire-école de la Marine royale thaïlandaise, construit au chantier Uraga à Yokosuka, au Japon en 1936. Son navire jumeau était HTMS Tachin. Aprés une longue carrière dans la marine royale thaïlandaise et une fin de carrière comme navire d’entrainement. Elle sera désarmée en 1995, devenant ainsi le second navire de guerre au monde ayant la plus longue carrière active. Le Maeklong est conservé à sec du fort Chulachomklao dans province de Samut Prakan, en Thaïlande.

On poursuit avec deux frégates d’une série bien connue désormais, la classe «Tacoma», d’origine américaine: en commençant par la HTMS Prasae …

Lancée en 1943, pour la marine américaine sous le nom d’USS Gallup, elle débutera sa carrière par de nombreuses mission en 1944/45 dans le pacifique contre l’empire du Japon, en 1945, elle est transférée à la marine soviètique où elle prend le patronyme de EK-22, jusqu’en 1949 où elle est rendue aux forces américaines. Elle est désarmé la même année mais réactivée l’année suivante pour la guerre de Corée à laquelle elle participe. Elle est transférée en 1951 à la marine royale thaïlandaise qui l’utilisera jusqu’en 2000 ; Désarmée, elle devient mémorial de guerre en 2003.

…Pour terminer cet épisode avec la HTMS Tachin qui a été entièrement démontée et transportée par camion jusqu’à l’académie militaire de Nakhon Nayok où elle est remontée et restaurée avec son armement d’origine,une véritable prouesse!

Lancée en 1943, pour la marine américaine sous le nom d’USS Gledale, elle débutera sa carrière par de nombreuses mission en 1944/45 dans le pacifique contre l’empire du Japon, en 1945, elle est transférée à la marine soviétique où elle prend le patronyme de EK-22, jusqu’en 1949 où elle est rendue aux forces américaines. Elle est désarmé la même année mais réactivée l’année suivante pour la guerre de Corée à laquelle elle participe. Elle est transférée en 1951 à la marine royale thaïlandaise qui l’utilisera jusqu’en 2000 ; Désarmée, elle est entièrement démonté et transportée par camion jusqu’à l’académie militaire de Nakhon Nayok où elle est remontée et restaurée avec son armement d’origine

Voilà c’est terminé pour l’Asie où l’on notera l’étrange absence du géant Indien, pourtant second pays le plus peuplé du monde, ouvert largement sur l’océan et aspirant à devenir une puissance militaire locale. Au prochain épisode l’Océanie et en particulier l’Australie avec de bien belles choses…

A suivre…

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Olivier Alba

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Le patrimoine maritime en France et à l’étranger épisode 5- L’Asie- (Japon, Corée du sud, Taïwan)

Note: La liste de navires citée n’est pas exhaustive mais le fruit de recherches qui peuvent être incomplètes. N’hésitez pas à nous contacter si vous constatez des oublis. La liste ne recense que les navires d’une taille assez importante et ne comprend pas les sous-marins.

Quand on pense patrimoine maritime, on ne pense pas spontanément au continent asiatique et pourtant celui-ci est riche d’un patrimoine parfois insoupçonné. A tel point qu’un article seul ne pourrait le recenser et que nous nous contenterons pour cet épisode de deux pays : Le Japon et la Corée du sud.

1- Le Japon:

Le Japon, de part sa situation insulaire est extrèmement dépendant de la mer. Pourtant, ce pays restera fermé jusqu’à la fin du XIXème siècle, avant que l’ère Meiji ne le propulse dans la modernité, faisant de lui un concurrent sérieux aux puissances maritimes et coloniales occidentales. Le pays se dotera donc d’une flotte de guerre puissante avec la volonté de devenir LA puissance maritime asiatique et Pacifique. Cette volonté le poussant par ailleurs à entrer en confrontation directe avec les USA en décembre 1941, ce qui amènera à son quasi anéantissement. Malgré cela leur patrimoine maritime historique est riche, notamment en ce qui concerne les voiliers-école, grande tradition au Pays du Soleil Levant.

Commençons donc par le Kaiwo Maru

Le T.S. Kaiwo Maru a été construit en 1930 à Kōbe sur le chantier naval Kawasaki, en même temps que son sister-ship le Nippon Maru pour devenir navire-école de la marine marchande. La fin de ses travaux s’est effectuée, comme pour le Nippon Maru au chantier naval Ramage et Ferguson Ltd. à Édimbourg en Écosse. Durant les années 1930, il navigue essentiellement sur l’Océan Pacifique, faisant divers voyages aux États-Unis et Hawaï. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est transformé en navire de fret pour l’effort de guerre dans les eaux japonaises. Depuis 1943, il appartient à la Marine nationale japonaise . Après la guerre, il réalise le rapatriement de ressortissants japonais, civils comme militaires. En 1952, il est regréé en quatre-mâts barque, repeint en blanc et reprend son activité de navire-école dans le Pacifique. En presque soixante ans de carrière, le Kaiwo Maru a formé 11 425 marins et a parcouru 1 950 000 km, soit 49 fois le tour de la terre. En 1989, il est remplacé par le Kaiwo Maru II. Depuis 1990, le Kaiwo Maru (« roi de la mer ») a rejoint le Kaiwo Maru Park, situé au port de Toyama-Shinko.

…Et poursuivons avec son sister-ship, de la même génération, lui aussi navire musée, le Nippon Maru…

Le T.S. Nippon Maru a été construit en 1930 à Kōbe sur le chantier naval Kawasaki, en même temps que le Kaiwo Maru pour devenir navire-école de la marine marchande. La fin de ses travaux s’est effectuée, comme pour le Kaiwo Maru en Écosse. Pendant la Seconde Guerre mondiale il est transformé en navire de transport de carburant pour l’effort de guerre dans les eaux japonaises. Après la guerre, il réalise 29 trajets de rapatriement de 25 423 ressortissants japonais. En 1952, il est regréé en quatre-mâts barque, repeint en blanc et reprend son activité de navire-école jusqu’en 1984. En 1984, il aura navigué 1 830 000 km et aura formé 15 000 marins. Il a été remplacé par le Nippon Maru II. Depuis le 28 avril 1984, le Nippon Maru est en cale-sèche dans le port de Yokohama.  Le fait le plus caractéristique est qu’il est resté dans sa version originale. On peut encore voir la cabine du capitaine qui est l’attraction première du navire-musée. Les 29 voiles sont hissées 10 fois par an.

Nous poursuivrons évidemment avec les deux remplaçants des navires sus-cités, en commençant évidemment par le Kaiwo Maru II

Le T.S. Kaiwo Maru II a été construit en 1989 sur le chantier naval Sumitomo Heavy Industries, Ltd. au Japon. Il est le sister-ship du Nippon Maru II lancé en 1984. Ce quatre-mâts barque remplace le Kaiwo Maru, navire musée visible au Kaiwo Maru Park de Tokyo. Il est géré par l’Institut national de formation pour la navigation maritime (NIST) à Yokohama. C’est un grand navire de 110 mètre de long qui porte 2760 m2 de voiles. Sa capacité est de 199 personnes. À quatre reprises, en 1990, 1991, 1994 et 1995, le Nippon Maru II a remporté le Boston Teapot Trophy. C’est le prix qui récompense chaque année le voilier le plus rapide et qui couvre la plus grande distance sur une période de 124 heures (5 jours et 4 heures) entre le 1er janvier et le 31 décembre.

…Et en poursuivant avec son sister-ship le Nippon Maru II

 

 

Le T.S. Nippon Maru II a été construit en 1984 sur le chantier naval Sumitomo Heavy Industries, Ltd. au Japon.. Ce quatre-mâts barque remplace le Nippon Maru, devenu navire musée. Il est géré par l’Institut national de formation pour la navigation maritime à Yokohama..À trois reprises, en 1986, 1989 et 1993, le Nippon Maru II a remporté le Boston Teapot Trophy. C’est le prix qui récompense chaque année le voilier le plus rapide et qui couvre la plus grande distance sur une période de 124 heures (5 jours et 4 heures) entre le 1er janvier et le 31 décembre.

Plus inattendu dans ce pays et avec, reconnaissons-le, un nom pas très “local”, la réplique d’un galion, le San Juan Bautista:

Le San Juan Bautista, appelé à l’origine 伊達丸 (Date Maru), est l’un des premiers navires de haute mer japonais construits dans un style européen. Ila été conçu à l’image d’un galion espagnol. Ce type de bateau est appelé au Japon kurofune (黒船, littéralement « navire noir ») ou namban-sen (南蛮船, littéralement « navire de barbare du sud »). Construit à l’initiative du daimyō Masamune Date, il transporta une ambassade de 180 personnes, conduites par Tsunenaga Hasekura, et accompagnées par le religieux espagnol Luis Sotelo. Le but de l’expédition était, après la traversée du Pacifique effectuée en 1614, de visiter les possessions espagnoles au Mexique, puis de là de gagner l’Europe, qu’elle atteignit en 1615, avant de retourner au Japon.

Un nouveau San Juan Bautista a été reconstruit en 1993, sur la base des enregistrements du clan Date. Bien que les plans exacts n’aient pas été retrouvés, les dimensions du navire avaient été enregistrées proprement, permettant ainsi la reconstitution. Le navire est actuellement exposé dans un parc à thème au nord du Japon, près de l’endroit où il fut construit à l’origine.

Poursuivons avec la marine de guerre et la réplique du Kankō Maru qui était le premier navire de guerre à vapeur japonais….

Il s’agissait d’un trois-mâts barque hollandais de 65,80 m, équipé d’une machine à vapeur à charbon auxiliaire tournant une roue à aubes latérale. Cette reproduction fidèle de l’original a été construite aux chantiers navals de Verolme aux Pays-Bas en 1987, basée sur les plans originaux du Soembing, préservés au musée maritime national à Amsterdam. Il est basé à Nagasaki, navigue et embarque à l’occasion des touristes pour de petites traversées. Il est armé par 14 hommes d’équipage et peut transporter 300 passagers.

…Et puisqu’on est dans la marine militaire ne pas oublier bien sûr le fameux Mikasa, cuirassé amiral japonais lors de la non-moins fameuse bataille de Tsushima.

Le Mikasa est un cuirassé pré-Dreadnought de la marine impériale japonaise lancé le 8 novembre 1900. Il s’agit du dernier pré-Dreadnought encore existant aujourd’hui. Avec le croiseur russe Aurora, le Mikasa est un des deux derniers survivants de la bataille de Tsushima (27 mai 1905). Mis en service en 1902, il servit comme navire amiral de l’amiral Togo pendant les batailles de la mer Jaune et de Tsushima durant la guerre russo-japonaise.Désarmé en 1926 il est aujourd’hui utilisé comme navire musée de la Marine à Yokosuka

Dans les navires civils à moteur, citons le très incongru brise-glace Sōya amarré aujourd’hui au musée des sciences et de la mer à Tokyo

Connu comme le premier navire d’exploration antarctique, le “Soya” fut lancé en 1938 comme un cargo brise-glace à destination de l’URSS. En raison des circonstances (2eme guerre mondiale) le navire ne fut pas livré à ses commanditaires et servit sous le nom de « Chiryo-Maru » dans la Marine Impériale Japonaise. Après avoir miraculeusement survécu à la guerre, le Soya servit de navire de transport et de phare flottant. Puis, en 1956, il fut profondément remanié en brise-glace pour l’exploration antarctique. Il fit le voyage six fois et emmena les matériaux nécessaires à la construction de la base « Showa » pour la première expédition hivernale.Le Soya servit enfin de navire de patrouille au nord d’Hokkaido, où il usa au mieux de ses capacités brise-glace.Retiré du service en 1978, le « Soya » est actuellement préservé et exposé au Muséum de Science Maritime où il est ouvert au public.

Et pour terminer, le fameux Hikawa Maru, un paquebot trans-Pacifique, aujourd’hui troisième plus vieux paquebot du monde et magnifiquement entretenu (nous lui avions consacré un article entier ICI):

À sa sortie des chantiers navals de la Yokohama Dock Compagny en 1929, rien ne laissait présager la destinée extraordinaire du Hikawa Maru. Amarré dans le port de Yokohama, ce paquebot de luxe, reconverti en navire hôpital, en cargo, puis en musée, est aujourd’hui un symbole de la cité portuaire. Le Hikawa Maru, luxueux navire de la compagnie maritime Nippon Yusen Kabushiki Kaisha (NYK), est un géant des mers ; mesurant 163 mètres de long et pesant plus de 11000 tonnes qui doit son nom au sanctuaire Hikawa, un important sanctuaire shinto de Saitama. Mis en service sur la liaison régulière Yokohama -Vancouver – Seattle en mai 1930, ce paquebot ultramoderne et élégant, équipé de la toute dernière technologie de moteur diesel, est capable d’atteindre la vitesse maximale de 18,38 nœuds (34 km/h). Les prestations haut de gamme qu’il offre à sa riche clientèle lui valent le surnom de “Reine du Pacifique”. Mis à la retraite en 1960, il revient définitivement à Yokohama où il est utilisé comme auberge de jeunesse durant une dizaine d’années. Désigné “Bien culturel national important” par le Japon en 2016, il est désormais un fabuleux navire musée que l’on visite pour la modique somme de 300 yens.

Voilà c’est terminé pour le Japon mais son voisin, la Corée du Sud nous réserve quelques belles pépites :

2- La Corée du Sud :

La Corée du sud est une péninsule, ce qui la destine tout naturellement à une vocation maritime puisque extrêmement vulnérable par une attaque venant du large. Dés le XIVème siècle elle se crée une flotte de guerre pour la protéger des attaques incessantes des pirates japonais qui nuisent à son commerce. La Corée s’illustra notamment à la fin du XVIème siècle en inventant le premier «Cuirassé» à canon, le fameux «bateau tortue» impulsé par l’amiral Yi Sun Sin, ce qui lui permettra de défaire la flotte du Japon à la bataille de Sacheon en 1592. Pourtant dans les siècles qui suivront, la petite Corée sera victime des appétits croissants de ses deux voisins, le Japon et la Chine. Redevenu indépendante aprés le seconde guerre mondiale, elle a naturellement reproduit de nombreuses répliques de ses fameux navires tortue, symboles de sa grandeur:

Le navire tortue était armé de douze pièces d’artillerie de chaque côté du navire, servis par 45 canonniers, faisant feu par des sabords ouverts dans la cuirasse en bois et vingt-deux meurtrières permettaient la mise en œuvre de mousquets, fusées incendiaires et flèches à feu. Quant à sa figure de proue en forme de tête de dragon, elle aurait servi à la diffusion de gaz de combat en répandant fumées, gaz délétères et suffocants à partir de la combustion de soufre et de salpêtre. Elle était en outre renforcée d’un rostre permettant l’éperonnage. Ses flancs, protégés et blindés, étaient équipés de dispositifs anti-abordage et anti-éperonnage comme son pont recouvert de pointes de fer. En mai 1592, l’amiral Yi avec une flotte d’une cinquantaine de navires dont une demi-douzaine de Keobuk-Seon défait sévèrement la flotte japonaise lors de la bataille de Sacheon, coulant ou capturant les 13 navires japonais. 5 ans plus tard, en octobre 1597, l’amiral Yi avec seulement 12 navires tortues inflige une nouvelle défaite à la marine japonaise, détruisant 130 navires sur 330 sans perdre aucun de ses navires. L’amiral coréen infligera ainsi grâce à ses bateaux tortues, à une meilleure artillerie navale une dizaine de défaites navales aux Japonais.

Concernant la marine dite « moderne », la Corée du Sud a conservé deux destroyers américains de classe « Gearing », le Jeon Buk , dont les photos sont rares sur le net…

Le destroyer Jeon Buk de classe Garing fut construit au USA et intégré en 1945 dans la marine américaine sous le nom de Everett F. Larson . Après une carrière bien remplie au sein de l’US Navy, il est transféré en 1972 à la marine sud coréenne qui le rebaptise . Désarmé en décembre 1999, il est aujourd’hui navire musée à Gangneung

…Et le ROKS Jeon Ju

Entré en service en 1945, le destroyer de la classe « Gearing » USS Rogers a été transférée en Corée du Sud en tant que ROKS Jeon Ju le 25 juillet 1981. Il et est maintenant navire-musée au SapKyoHo National Sightseing Resort, situé à Dangjin-Gun, province de Chung Nam en Corée du Sud

…La Corée du sud conserve aussi la frégate Taedong, (ex-américaine USS Tacoma) qui sert aujourd’hui de musée mais aussi de navire d’entraînement. Les seules photos trouvées sur le net sont de l’époque américaine :

L’USS Tacoma est le premier navire de tête des frégates de patrouille de classe Tacoma. Il a été en service de 1943 à 1945 et de 1949 à 1951dans la marine américaine. A la fin du second conflit mondial il est prêté à la marine soviétique sous le nom de EK-11. Rendu à la marine US en 1949, il est transféré à la marine de la République de Corée comme ROKS Taedong (PF-63). Il est aujourd’hui navire musée et navire d’entraînement.

 

…Ainsi que deux frégates de construction locale de classe « Ulsan », la Ulsan proprement dite et la Séoul .

Le frégare "Ulsan"
La frégate "Séoul"

La classe Ulsan est une série de frégates lance-missiles conçue par la Corée du Sud pour équiper sa marine. Construites durant les années 1980 et 1990 principalement par Hyundai Heavy Industries et Daewoo Shipbuilding & Marine Engineering. De taille respectable (103 mètres) elles sont capables d’atteindre la vitesse de 34 nœuds. Deux frégates de la série sont devenues des musées dans les villes dont elles portent le nom, quatre sont encore en service dans la marine coréenne et une en service dans le marine du Bangladesh.

Et pour terminer, plus sinistre, la corvette Cheonan, coulée par torpille par la marine nord-Coréenne, renflouée et transformé en mémorial :

L’incident de Baengnyeong désigne le naufrage le 26 mars 2010 d’une corvette de la Marine de la République de Corée, le Cheonan (PCC-772), dans une zone de la mer Jaune que se disputent la Corée du Nord et la Corée du Sud. Le navire transportait 104 marins, dont 46 sont morts. Selon les conclusions du 20 mai 2010 d’une enquête menée par une équipe d’experts américains et japonais, le navire aurait été torpillé par la Corée du Nord : « Il n’y a aucune autre explication possible ». La Corée du Nord dément catégoriquement ces conclusions. La Corée du Sud a demandé des excuses à la Corée du Nord, mais la déclaration de l’ONU au sujet de cet incident reste plus vague, parlant d’une « attaque » sans mentionner par qui. Les résultats d’une seconde enquête, commanditée par la Corée du Sud à la marine russe, n’ont été que partiellement rendus publics. La corvette Cheonan a été renflouée et elleest aujourd’hui transformée en mémorial.

 

3- Taïwan:

Dans le patrimoine Taïwanais, un seul navire un destroyer de la très réussie classe «Gearing» (encore !) dont des exemplaires sont conservés un peu partout dans le monde : Le ROCS Te Yang

Le ROCS Te Yang est un destroyer de classe « Gearing » lancé pour la marine américaine en 1945 sous le nom de USS Sarsfield. Après une carrière bien remplie au sein de l’US Navy et de nombreuse modernisations, il est transféré à la marine Taïwanaise en 1977 et rebaptisé Te Yang. Désarmé en avril 2005, après 60 ans de carrière, il est transformé en navire musée à Tainan city.

Voila pour la première partie du continent asiatique. Dans l’épisode suivant nous nous attaquerons au géant Chinois et à l’Asie du sud et ce n’est pas rien non plus !

A suivre…

Olivier Alba

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Le patrimoine maritime en France et à l’étranger épisode 4- Le continent américain(hors USA)-

Note: La liste de navires citée n’est pas exhaustive mais le fruit de recherches qui peuvent être incomplètes. N’hésitez pas à nous contacter si vous constatez des oublis. La liste ne recense que les navires d’une taille assez importante et ne comprend pas les sous-marins

Il n’aura fallu pas moins de deux épisodes pour recenser le patrimoine du colosse américain, là où un seul permettra de faire le reste du continent. Cela semble peu mais ce continent, notamment l’Amérique latine, est composé de pays à vocation maritime qui ont su conserver de bien belles choses, en plus de leur navires-école qui nous régalent, nous français, à chaque rassemblement de grands voiliers.

1- Le Canada :

Commençons donc par le Canada, qui, jeune nation encore récemment dans l’ombre du Royaume-Uni, a commencé de se constituer une mémoire maritime. L’essentiel de ce patrimoine est néanmoins composé de bateaux et paquebots des Grand Lacs, que nous ne traiterons pas ici, mais en ce qui concerne la marine océanique, on notera cependant :

Le navire hydrographique CSS Acadia

L’Acadia a servi le Canada pendant plus de cinq décennies, de 1913 à 1969, en traçant les côtes de presque toutes les parties de l’est du Canada, y compris des relevés novateurs de la baie d’Hudson. Il a également été affecté à deux reprises à la Marine royale canadienne (MRC) en tant que NCSM Acadia, le seul navire encore à flot à avoir servi pendant les deux guerres mondiales. En conservant ses moteurs d’origine, ses chaudières et ses logements peu modifiés, ce navire est l’un des navires à vapeur de l’Époque édouardienne les mieux conservés au monde et un exemple reconnu des plus anciennes prouesses scientifiques du Canada dans les domaines de l’ hydrographie et de l’océanographie.

…Le brise-glace Ernest Lapointe

L’ Ernest Lapointe est un ancien brise-glace de type vapeur, de la Garde côtière canadienne qui a été en service de 1941 à 1978. Après avoir été amarré pendant deux ans à Québec, il est finalement remorqué jusqu’à L’Islet en 1980 pour être converti en navire musée sur le site du musée maritime du Québec. L’ancien brise-glace est installé dans la cour arrière de l’institution muséale et constitue l’une de ses principales attractions avec un autre navire grandeur nature, l’hydroptère NCSM Bras d’Or.

…Et chez les militaires, deux navires emblèmatiques, le premier un grand destroyer de classe « Tribal », le HMCS Haida

Après avoir été construit à Newcastle en Angleterre pour la Marine royale canadienne, le Haida fut assigné à la 10e flottille de destroyers stationnée à Plymouth en Angleterre au début de l’année 1944. Il eut une brillante carrière au cours de la Seconde Guerre mondiale. En effet, il reçut le surnom du navire « le plus combattant de la Marine royale Canadienne » (« The Fightingest Ship in the RCN ») après avoir coulé 14 navires ennemis au cours de patrouilles dans la Manche et le golfe de Gascogne. Le Haida est le seul survivant de la classe Tribal. Entre 1937 et 1945, il y eut 27 destroyers de ce type construits pour la Royal Navy, la Marine royale canadienne et la Royal Australian Navy. Il effectua également deux services militaires pendant la guerre de Corée. Il est aujourd’hui navire musée à Flot dans le ville d’Hamilton

…Et enfin pour terminer le HMCS Sackville, la dernière et unique corvette de type « Flower » encore existante aujourd’hui !

Le NCSM Sackville fut construit Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick au début des années 1940. C’est le second navire de cette classe à être commandé par la Marine Royale Canadienne. Il fut lancé en 1941 et commissionné par la Marine royale canadienne le 30 décembre 1941. Aprés une guerre passée à convoyer des navire sur l’Atlantique, il fut transféré à Pêches et Océans Canada en 1953 en tant que navire de recherche civil. Il fut retiré du service en 1982. Remis dans son état de 1941, il est aujourd’hui navire-musée à quai à Hallifax (canada)

2- Le Mexique :

Plus au sud le Mexique reste assez pauvre en navires historiques mais néanmoins il arme fièrement le navire-école Cuauhtémoc, qui participe régulièrement aux rassemblements de grands voiliers en Europe et en France notamment à Rouen ou Brest. Navire récent certes, puisque construit en Espagne en 1982, mais qui reprend fidèlement la physionomie des grands voiliers de la fin du XIXème et du début du XXème siècle. Pour l’avoir personnellement visité, l’accueil de l’équipage est particulièrement sympathique et chaleureux !

Construit à Bilbao en Espagne en 1982, à l’imitation des grands voiliers cap-horniers à coque en fer du début du XXème siècle, ce trois-mâts de 90 mètres de long est propriété de la Marine mexicaine qui l’utilise comme navire-école. Il est un symbole au Mexique car il illustre l’esprit de combativité et d’indépendance, par référence à l’empereur Cuauhtémoc. Ce dernier figure d’ailleurs sur la proue du bateau. Il a des sister-ships, le Guayas (Équateur), le Gloria (Colombie) et le Simon Bolivar (Venezuela). C’est un habitué des défis du monde marin : traversée de l’Atlantique en 22 jours, passage du cap Horn en 1993 entre autres.

Profitons d’ailleurs de l’occasion pour traiter les pays dont le seul patrimoine maritime est l’un des frères jumeaux du Cuauhtémoc à savoir :

3- Le Venezuéla :

Qui possède le navire-école Simon Bolivar, qui s’est fait rare en Europe et dont l’entretien doit être aujourd’hui négligé au vue des difficultés économiques présentes du pays

Le Simon Bolivar est un voilier de type trois-mâts barque de la marine du Venezuela construit en 1979 à Bilbao (Espagne). C’est un navire récent construit sur le modèle des navires d’autrefois. Il a été commandé ainsi par l’État pour servir de navire-école. Ses caractéristiques sont : longueur 82 mètres, largeur 10,5 mètres, 1650 m2 de voilure, armé par 16 officiers et 90 marins. Il porte son nom de Simón Bolívar en l’honneur de ce célèbre homme politique.

4- La Colombie

Avec le navire-école Gloria, le navire le plus rapide de la série.

Le Gloria (ou ARC Gloria) est un trois-mâts barque à coque acier, construit en 1967 à Bilbao en Espagne. Il est le navire-école de la marine colombienne.
Il a été baptisé Gloria en l’honneur de la femme du général Reveiz Pizarro, décédé avant son lancement. Il a remporté le Boston Teapot Trophy en 19701, parcourant 1 058 milles en 124 heures. Il est considéré comme l’ambassadeur de ce pays, dans chaque port où il fait escale. Il fut réaménagé en 1975 pour servir de lieu d’exposition itinérante du patrimoine colombien. Il impressionne toujours à son arrivée dans les ports ; ses marins, chantant dans les vergues, sont habillés aux couleurs du pays et sont accompagnés de leur propre fanfare de bord. Sa figure de proue, couverte à la feuille d’or, est appelée Maria Salud, la fille du sculpteur.

5- L’Équateur :

Le dernier de cette très réussie série de navires-écoles le Guayas.

Le BAE Guayas (BE-21) est un trois-mâts barque qui sert de navire-école à la Marine équatorienne. Il a été lancé en 1976, entre en service en 1977 et porte les armoiries de l’Équateur. Il fait partie des grands voiliers construits par les chantiers navals espagnols de Bilbao. Il participe régulièrement aux courses de grands voiliers

6- Le Brésil:

Le Brésil est incontestablement la grande puissance d’Amérique latine, que ce soit d’un point de vue économique et démographique. C’est aussi une puissante marine militaire qui, étrangement, ne trouve pas son pendant dans la conservation d’un patrimoine maritime historique. En effet celui-ci se résume en deux navires. Tout d’abord le clipper Cisne Branco, un navire-école, construit au Pays-Bas, exacte réplique de Stad Amsterdam, son sister-ship. Dans la région, le Brésil fût d’ailleurs l’un des dernier pays à acquérir ce type de navire puisque réceptionné en 2000…

Le Cisne Branco (« cygne Blanc » en portugais) est un clipper trois-mâts carré de la marine nationale brésilienne. Lancé en 1999, il est l’exact sister-ship du Stad Amsterdam, un clipper du XIXe siècle. Construit aux Pays-Bas, il a été remis à la marine nationale brésilienne le 9 mars 2000 lors des festivités de commémorations du 500e anniversaire de la découverte du Brésil par  le Portugal, 500 ans jour pour jour après le départ de Lisbonne du navigateur Pedro Álvares Cabral, voyage au cours duquel il atteindra les côtes du Brésil. Ses missions sont de représenter le Brésil lors des événements nautiques nationaux et internationaux, ouvrir le monde maritime à la société civile, préserver les traditions navales et occasionnellement d’entraîner le personnel de la marine nationale brésilienne. Il a remporté le Boston Teapot Trophy en 1982, parcourant 1 101 milles en 124 heures.

…Ainsi que le destroyer ex-américain Comandante Bauru.

L’USS McAnn (DE-179) était un destroyer d’escorte de classe « Cannon » construit pour l’US Navy pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a servi sur le thèâtre Atlantique en fournissant un service d’escorte contre les sous-marins et les attaques aériennes pour les navires et les convois vers l’Angleterre. Le navire a été lancé le 5 septembre 1943. Le USS McAnn arrive au Brésil août 1944 où il est désarmé et transféré à la marine brésilienne, en vertu d’un contrat de prêt. Il est donné officiellemnt au Brésil de manière permanente, dans le cadre du Pacte d’assistance mutuelle à la défense le 30 juin 1953. Il est aujourd’hui navire-musée à Rio de Janeiro.

6- L’Argentine :

L’Argentine est incontestablement dans la région le pays qui possède le patrimoine maritime le plus riche, notamment en ce qui concerne la marine ancienne à savoir :

La frégate Présidente Sarmiento

A la fin du XIXème siècle, l’Argentine avait besoin d’un navire moderne pour former ses marins. Le contrat de commande du Présidente Sarmiento fut donc signé avec la société Laids Brothers de Liverpool et le bâtiment fut construit dès 1896 au chantier naval Cammell Laird de Birkenhead au Royaume-Uni. Le premier voyage de formation a été lancé le 12 janvier 1899 et arriva le 16 juillet 1900 dans le port d’Annapolis aux États-Unis. Jusqu’en 1939 il effectua 37 voyages de formation dans les différentes parties du monde. Il a participé à l’ouverture du canal de Panama et à l’inauguration de la statue de José de San Martín à Boulogne-sur-Mer À partir de 1939, le navire a cessé ses voyages internationaux à cause de la guerre. Puis ces voyages annuels se firent principalement en Amérique du Sud. Il finit sa carrière pour la formation à l’École de matelot de Cabos et fit sa dernière année de service en 1961. Le navire a été déclaré monument historique national le 18 juin 1962 et transformé en musée le 22 mai 1964. Sa tradition maritime fut transmise à la nouvelle frégate ARA Libertad qui poursuit l’instruction des cadets de l’école navale de la marine argentine.

Ou encore la corvette Uruguay

L’Uruguay a été construit en Angleterre en 1874 sur le chantier naval de Birkenhead. C’est le plus ancien bateau de la Marine argentine à flot de son âge. Il était gréé en trois-mâts barque avec une coque en acier doublé en teck. De 1874 à 1887 il a servi à l’origine comme canonnière puis fut très vite affecté comme navire d’entraînement en devenant le navire-amiral de la formation navale argentine. Durant cette période, il a fait partie de l’expédition en Patagonie (1878) pour affirmer la souveraineté argentine sur cette région menacée par le Chili. De 1887 à 1903, réaménagé spécifiquement, il devient navire de soutien d’expéditions sur l’Antarctique. Il fera ainsi le sauvetage de l’expédition d’Otto Nordenskjö. De 1904 à 1906, il participe à la troisième expédition antarctique de Charcot, puis jusqu’en 1922 il ravitaille les bases scientifiques de recherches hydrographiques et géographiques dans le Passage de Drake et au Cap Horn. En 1926, il est réformé et devient un dépôt flottant de munitions. En 1954, il est restauré au chantier naval de Buenos Aires. Deux ans plus tard il est mis à quai de l’école navale et devient navire musée. Retiré réellement du service naval en 1962, il est déclaré, en 1967, monument historique.

…Avouons que c’est un véritable régal de voir des navires aussi propres et bien entretenus. N’oublions pas dans cette liste le traditionnel navire-école et ambassadeur argentin, le très beau Libertad, qui remplace le Presidente Sarmiento depuis 1960. Là aussi visité à Brest et équipage aussi prétentieux que désagréable surtout si on le compare à l’accueil simple et chaleureux du  Cuauhtémoc:

Pour remplacer le ARA Presidente Sarmiento, le Libertad est construit aux docks nationaux argentins : A.F.N.E. Astilleros Navales à Rio Santiago. Bien que sa quille soit posée en 1953, il n’est lancé qu’en 1956 et mis en service le 28 mai 1962. Son voyage inaugural de six mois n’a lieu que trois ans plus tard.Avec ces 103 m de long, il est l’un des plus grands voiliers du monde. Le Libertad mesure plus de 103,7 m de long, pour une largeur de 14,31 m et un tirant-d’eau de 6,6 m. Ces 27 voiles et 5 focs représentent une surface de voiles de 2 643 m3 portées par les trois mâts mesurant 43 à 49 m : 49,8 m. L’importante voilure, la coque métallique et le design effilé, permettent au Libertad d’atteindre la vitesse de 13.8 nœuds sous voiles, avec un record enregistré à 18.5 nœuds en 1966. Au moteur, la vitesse du navire est de 12 nœuds. Le navire possède quatre canons de 47 mm, transférés de l’ancien navire-école : le Presidente Sarmiento, qui sont utilisés comme batterie de salut. Le Libertad détient le record mondial de vitesse de la traversée transatlantique Nord à la voile entre le Canada et l’Irlande (île de Dursey) avec 6 jours 4 heures, en 1966. Il a aussi gagné le Boston Teapot Trophy en 1966, 1976, 1981, 1987, 1992 et 1998. On le voit régulièrement dans les rassemblements de grands voiliers en Europe.



Il est possible que l’Argentine ait aussi conservé le croiseur Général Belgrano si une torpille anglaise n’avait mis fin à sa carrière au sein de la marine Argentine pendant la guerre des Malouines en 1982…Mais là on reste dans les suppositions….Passons donc au pays suivant:

6- Le Chili :

Le Chili, long pays bordé à l’ouest par le Pacifique possède 6435 kms de côtes et se trouve donc très vulnérable par la mer. Son patrimoine historique maritime se résume pourtant à une paire de navires mais parfaitement entretenus: Commençons donc par le très étrange monitor océanique Huascar:

Le Huáscar est un navire de type monitor à tourelle blindée construit en Grande-Bretagne pour le Pérou dans les années 1860. Il était le navire amiral de la marine péruvienne et a participé à la bataille de Pacocha et à la guerre du Pacifique de 1879–1883 ​​avant d’être capturée et mise en service dans la marine chilienne. Aujourd’hui, elle est l’un des rares navires survivants de son type. Le navire a été restauré et il est conservé comme navire-musée commémoratif dans le port de Talcahuano . Elle est nommée d’après l’empereur inca du XVIe siècle, Huáscar.

…Et en suivant, la réplique de la corvette Esmeralda, victime du navire précédent, avant qu’il ne fut capturé par la marine chilienne :

La construction du navire a été autorisée le 30 juin 1852 par le président Manuel Montt et le ministre de la Guerre et de la Marine José Francisco Gana . La quille du navire a été posé en décembre 1854 en Angleterre et lancé le 26 juin 1855 sous le nom d’ Esmeralda , d’après la frégate capturée par Thomas Cochrane pendant la guerre d’indépendance du Chili . Sa coque était en bois et recouvert de cuivre sous la flottaison . Elle mesurait 64 m de longueur (hors beauprés), pour un tirant d’eau de 5,5 m. Quatre chaudières au charbon alimentaient deux moteurs à vapeur à d’une puissance nominale de 200 chevaux, ce qui donnait au navire une vitesse allant jusqu’à 8 nœuds. L’Esmeralda fut mise en service dans la marine chilienne le 18 septembre 1855 et est arrivé à Valparaíso le 7 novembre 1856. Le 26 novembre 1865, pendant la guerre des îles Chincha ,  elle captura la goélette espagnole Virgen de Covadonga à la bataille de Papudo. Le 21 mai 1879, pendant la guerre du Pacifique , l’Esmeralda engagea le cuirassé péruvien Huáscar dans la bataille d’Iquique .  Le capitaine de l’ Esmeralda , Arturo Prat fut tué alors qu’il menait une tentative d’abordage du navire ennemi et l’Huáscar a finalement coulé l’Esmeralda après des éperonnages répétés. À Iquique , une réplique fidèle de l’ Esmeralda telle qu’elle était le 20 mai 1879 a été inaugurée comme navire-musée le 20 mai 2011.

…Et terminons avec le très élégant navire-école de la marine chilienne, La goélette Esméralda:

L’Esmeralda est le 6e navire chilien à porter ce nom. En 1946 l’Espagne lança la construction du navire jumeau du navire-école Juan Sebastián Elcano dans le but de le remplacer. Il devait à l’origine être baptisé sous le nom de Juan de Austria. Le 12 mai 1953 eurent lieu le lancement du navire et son baptême. Sa marraine était Raquel Vicuña de Orrego. Suite au changement d’avis de la marine espagnol d’armer un second voilier-école, le navire fut offert au gouvernement chilien en 1954. C’est l’ambassadeur du Chili en Espagne, Oscar Salas Letelier, qui reçut le navire. Il a été nommé en l’honneur de la frégate Esmeralda, 1re du nom, bâtiment de l’escadre navale péruvienne capturée dans le port de Callao en novembre 1820 par l’amiral Lord Thomas Cochrane, ainsi qu’en l’honneur de la corvette Esmeralda, 2e du nom, commandée par le commandant Arturo Prat. Durant une année, les officiers promus de l’école navale, ainsi que les 70 premiers sous-officiers du classement de l’École de mousses, parfont leur cursus à bord de ce navire-école. En 2011, pour sa 56e campagne, l’Esmeralda accueille pour la première fois des femmes à son bord.

Il nous reste donc pour terminer ce tour du Nouveau Monde qu’un seul pays à visiter :

7- Le Pérou :

Deux navire notable pour ce pays qui termine la liste, et commençons, c’est une habitude dans cette partie du monde, un navire-école magnifique, le quatre-mâts barque Unión:

Le BAP Unión est le premier navire-école construit spécialement pour la Marine péruvienne par les chantiers navals des Services Industriels de la Marine (SIMA) situés sur la base navale de Callao. C’est un quatre-mâts barque de 115 mètre de long, ce qui en fait le troisième plus grand voilier-école du monde derrière les géant russes Sedov et Kruzenstern. Il arbore l’Inca Tupac Yupanqui en figure de proue. Son lancement officiel a eu lieu le 27 janvier 2016 en présence du président de la République Ollanta Humala. Il opère sous le commandement de la Escuela Naval (ESNA).

…Et terminons par l’un des dernier née chez les navires-musée, et pas le moindre, le croiseur BAP Almirante Grau, dernier croiseur à gros canons en service dans le monde, désarmé en 2017 et que la marine péruvienne est en train de transformer :

Le BAP Almirante Grau (CLM-81) est un croiseur de classe « De Zeven Provinciën » qui a servi dans les marines royales des Pays-Bas et du Pérou. Achevée pour les Néerlandais en 1953 sous le nom de HNLMS De Ruyter (C801), Il a été acquis par le Pérou en 1973 et a servi de navire amiral de la flotte. L’Almirante Grau a subi un important programme de modernisation entre 1985 et 1988 au cours duquel elle a été équipée de nouvelles armes et d’électronique. Il a été le dernier croiseur à canon en service dans n’importe quelle marine avant d’être désarmé le 26 septembre 2017. En août 2019, il a été annoncé qu’il serait conservée en tant que navire-musée dans le port de Lima.

Voilà c’est terminé pour ce tour des Amériques… A la prochaine escale nous traverserons le Pacifique pour aller en Asie.

Là aussi de bien belles choses à découvrir, et parfois certaines surprises…

A suivre…

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                                                                                                                             Olivier Alba

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Le patrimoine maritime en France et à l’étranger épisode 3- Les USA- La marine “moderne” –

Note: La liste de navires citée n’est pas exhaustive mais le fruit de recherches qui peuvent être incomplètes. N’hésitez pas à nous contacter si vous constatez des oublis. La liste ne recense que les navires d’une taille assez importante et ne comprend pas les sous-marins

Concernant la marine dite «moderne», les USA peuvent aligner un patrimoine impressionnant.

Pour ce qui concerne la marine de guerre, c’est une véritable flotte composée de destroyers, croiseurs, cuirassées et porte-avions qui n’aurait pas été ridicule ni au Jutland ni même dans l’une des bataille du Pacifique durant la seconde guerre mondiale !

On peut commencer d’ailleurs avec le vieux croiseur OLYMPIA, magnifiquement restauré :

Le USS Olympia est un croiseur protégé de la Marine des États-Unis. Il fut en service en 1895 jusqu’en 1922. Ce navire est devenu célèbre comme le navire amiral du commodore George Dewey à la bataille de la baie de Manille au cours de la guerre hispano-américaine en 1898. Le navire est désormais un navire musée à l’Independence Seaport Museum de Philadelphie. Il est National Historic Landmark depuis 1966.

…On continue avec le croiseur léger plus moderne USS Little Rock…

L’USS Little Rock est l’un des 27 croiseurs légers de la classe Cleveland de l’us navy achevés pendant ou peu après la Seconde Guerre mondiale, et l’un des six à être convertis en croiseurs lance-missiles. Il a été achevée trop tard pour participer aux combats de la seconde guerre mondiale. À la fin des années 1950, il est converti en croiseur lance-missiles, en outre, comme trois autres classe Cleveland il fut largement modifiée pour devenir navire amiral. Dans sa nouvelle carrière, il a servi majoritairement en Méditerranée, souvent comme navire amiral de la sixième   flotte. Il a été désarmée  en 1976  et est maintenant navire-musée à Buffalo.

…Et puisqu’on est dans les croiseurs, terminons la catégorie avec le croiseur lourd USS SALEM :