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Le patrimoine maritime en France et à l’étranger épisode 6- L’Asie- (Chine, Birmanie, Thaïlande)

Note: La liste de navires citée n’est pas exhaustive mais le fruit de recherches qui peuvent être incomplètes. N’hésitez pas à nous contacter si vous constatez des oublis. La liste ne recense que les navires d’une taille assez importante et ne comprend pas les sous-marins.

8- La Chine:

La Chine n’a pas dans l’imaginaire collectif, l’image d’une nation de marins. Pourtant, lorsque l’on regarde son histoire, elle eu quelques volontés d’expansion maritime. En effet, au début du XVème siècle, le troisième empereur de la dynastie Ming, Yongle, lance la construction de centaines de navires à Nankin, (ce qui réduira de moitié la couverture forestière du sud de la Chine) et ordonne de grandes expéditions exploratrices dans tout l’océan Indien. En tant qu’amiral, Zheng He effectue sept voyages de 1405 à 1433. Il touchera ainsi les côtes de l’Afrique et de la péninsule arabique.

À la différence des Portugais, les voyages d’exploration entrepris par les Chinois ne débouchèrent pas sur une entreprise d’expansion outre-mer. Le successeur de Yongle, Hongxi, éphémère quatrième empereur Ming (1424-1425), interrompt ces expéditions pour des raisons budgétaires. Il s’en était fallu de peu que les chinois ne conquièrent le monde au nez et à la barbe des européens. Puis, les chinois se refermèrent sur eux-même, en oubliant le monde.

Aujourd’hui la Chine, seconde puissance économique mondiale souhaite reprendre sa place et cette volonté passe par la création d’une imposante flotte, crée au départ sur les restes de celle de l’empire soviétique. Ce qui explique l’origine russe d’une partie de ses navires-musée.

Commençons donc par son patrimoine maritime militaire avec les porte-aéronefs de la classe “Kiev”. Le premier, le Kiev, est aujourd’hui navire-musée-hôtel au sein d’un parc à thème à Tianjin, c’est l’ambiance guerre froide à Disneyland:

…Le second, le Minsk est navire musée à Shenzhen, l’entretien laisse visiblement à désirer :

Les navires de la classe Kiev furent les premiers porte-aéronefs soviétiques. Il furent construit dans les années 1970′ pour la marine soviétique. Les porte-aéronefs de type «Kiev» étaient capables d’emporter des hélicoptères et des avions à décollage et atterrissage vertical, les Yak-38M, pour un total de 22 appareils. Contrairement aux porte-avions américains, la défense des Kiev était en majeure partie confiée aux armements de bord et non au groupe aéronaval, ce qui explique qu’il soit lourdement armé en missiles mer-air, mer-mer et en systèmes de lutte anti-sous-marine. Ces caractéristiques conditionnant leur étrange appellation de « croiseurs porte-aéronefs ». A la désintégration de l’URSS, les deux navires sont vendus à la Chine qui cherche alors à acquérir une capacité aéronavale. La Chine achète donc les deux navires pour les étudier. Aujourd’hui obsolètes, Le Kiev et le Minsk sont devenus des navires-musée.

Reste donc pour les « gris » à faire suivre avec la longue litanie des destroyers, pas moins de cinq sont recensés comme navires-musée au sein de l’empire du milieu : Commençons donc avec les deux destroyers d’origine soviétique de classe Anshan” (ex-classe Gnevny) : le Taiyuan, qui sert de navire d’entrainement à l’académie navale de Dalian :

…et le Changchun qui, pour sa part, trône fièrement dans le gigantesque Chinese Naval Museum de Qingdao:

Et terminons la classe avec le navire qui lui a donné son nom, le Anshan, lui aussi au Chinese Naval Museum de Qingdao

La classe «Gnevny » était un groupe de 29 destroyers construits pour la marine soviétique à la fin des années 1930. Ils sont parfois connus sous la désignation soviétique officielle de projet 7. Ces navires ont combattu pendant la Seconde Guerre mondiale. Au début des années 1930, les Soviétiques se sont sentis capables de redémarrer la construction de destroyers afin de reconstituer leur flotte de guerre. Le design a été réalisé avec l’aide de l’Italie malgré les différences idéologiques entre les Soviétiques et l’Italie fasciste. Ils ont souffert de certaines des mêmes faiblesses des navires italiens contemporains avec une faiblesse structurelle et une autonomie limitée. Il y avait également des problèmes importants de machinerie dans les premiers navires. Les défauts de conception sont apparus après les essais des premières unités en 1936/37 et la production s’est arrêtée après 30 navires. Quatre navires survivants de la flotte du Pacifique ont été transférés à la marine de l’Armée populaire de libération chinoise, formant la classe « Anshan ». Modernisés en navire lance-missile dans les années 1970, trois aujourd’hui sont conservés comme navires-musée et un comme navire d’entrainement.

Continuons donc avec les deux destroyers de la classe type 051, de construction chinoise : avec le Jinian, toujours au Chinese Naval Museum

…Et le Nanchang, qui est préservé dans le port dont il porte le nom comme attraction touristique:

Les destroyer Type 051 (classification OTAN classe Luda) étaient une classe de destroyers à missiles guidés déployée par la Chine. Il s’agissait des premiers destroyers lance-missiles mis en service par la Marine de l’Armée populaire de libération (PLAN), et les premiers conçus et construits en Chine. La classe était basée néanmoins sur le destroyer soviétique de classe Neustrashimy. 17 ont été construits de 1970 à 1990. Ce n’est qu’au 21e siècle que la Chine va à nouveau construire une classe en si grand nombre. Aujourd’hui deux sont conservés l’un dans le port de Nanchang et l’autre au gigantesque Chinese Naval Museum

Fini pour les destroyers, passons maintenant aux frégates, en l’occurrence deux, toutes au Chinese Naval museum. Si je compare au musée de la marine de paris, apparemment pour les chinois, l’échelle en modélisme est le 1/1…

Donc voici la frégate Xiamen

…Ainsi que la frégate Yintang

Les frégates de type 053 étaient une famille de navires chinois qui ont servi avec la Force de surface de la marine de l’Armée populaire de libération et un petit nombre de marines étrangères. Ce sont des navire de 103 mètres de long pour un déplacement qui oscille entre 1700 et 2000 tonnes, elle ont été déclinées en une multitude de versions, l’armement changeant d’une variante à une autre.

Bon, c’est terminé pour les navires de guerre, reste donc les navires «civils» en la présente de deux paquebots l’un à quai, le Brasil Maru (ex-japonais), dans le port de Zhanjiang à qui nous avons consacré un article détaillé ICI

…Et l’autre ensablé, le Minghua (ex-français Ancerville) à Shenzhen à qui nous avons consacré un article complet ICI

Voila, terminé pour l’empire du milieu, passons maintenant plus au sud avec un pays que l’on attendrais pas :

 

9- La Birmanie:

Pour ce pays, un seul navire-musée mais d’importance historique puisqu’il s’agit d’une frégate de type « River » de construction britannique, ce type de navire s’étant illustré sur l’Atlantique pour la protection des convois durant la seconde guerre mondiale. Voici donc la UBS Mayu

Le HMS Fal était une frégate de classe River de la Royal Navy, construite pour la guerre anti-sous-marine et l’escorte de convoi pendant la Seconde Guerre mondiale, et mis en service le 2 juillet 1943.Après avoir servi sur l’Atlantique Nord, la frégate est déployée sur la route des convois ouest-africain entre Lagos, Takoradi et Freetown. À la fin des hostilités, elle était stationnée à Simonstown puis fut transférée en Extrême-Orient,à Rangoo. Elle a été remise par le gouvernement britannique à la Réserve navale royale de Birmanie le 25 mai 1947. UBS Mayu a été le premier navire amiral de la marine birmane. Après 32 années de service actif elle a également servi de navire-école pour les officiers de la marine du Birmane. Elle a été désarmée en 1979 et a été converti en navire musée.

10- La Thaïlande:

La Thaïlande fût l’un des rares pays de l’Asie du sud-est à ne pas être la proie, au XIXème siècle des colonisateurs occidentaux, bien que «coincé » entre l’Indochine française et l’empire britannique des Indes. Cette indépendance l’obligera à maintenir des forces armées et notamment navales, celle-ci affrontant d’ailleurs la marine française en janvier 1941 lors de la bataille de Ko Chang qui se terminera par une défaite totale et humiliante des forces du Siam. Elle arrivera en outre à rester à relativement à l’écart de la guerre du Vietnam qui embrasera la régions, et ce, grâce au soutien des USA ce qui explique l’origine des deux tiers des navires-musée que possède ce pays. Commençons par l’exception, une corvette construite au Japon durant les années 1930′, la HTMS Maeklon, l’un des navires ayant eu la plus longue carrière active du monde puisque désarmé en 1995 (59 ans!)

HTMS Maeklong était un navire d’escorte et un navire-école de la Marine royale thaïlandaise, construit au chantier Uraga à Yokosuka, au Japon en 1936. Son navire jumeau était HTMS Tachin. Aprés une longue carrière dans la marine royale thaïlandaise et une fin de carrière comme navire d’entrainement. Elle sera désarmée en 1995, devenant ainsi le second navire de guerre au monde ayant la plus longue carrière active. Le Maeklong est conservé à sec du fort Chulachomklao dans province de Samut Prakan, en Thaïlande.

On poursuit avec deux frégates d’une série bien connue désormais, la classe «Tacoma», d’origine américaine: en commençant par la HTMS Prasae …

Lancée en 1943, pour la marine américaine sous le nom d’USS Gallup, elle débutera sa carrière par de nombreuses mission en 1944/45 dans le pacifique contre l’empire du Japon, en 1945, elle est transférée à la marine soviètique où elle prend le patronyme de EK-22, jusqu’en 1949 où elle est rendue aux forces américaines. Elle est désarmé la même année mais réactivée l’année suivante pour la guerre de Corée à laquelle elle participe. Elle est transférée en 1951 à la marine royale thaïlandaise qui l’utilisera jusqu’en 2000 ; Désarmée, elle devient mémorial de guerre en 2003.

…Pour terminer cet épisode avec la HTMS Tachin qui a été entièrement démontée et transportée par camion jusqu’à l’académie militaire de Nakhon Nayok où elle est remontée et restaurée avec son armement d’origine,une véritable prouesse!

Lancée en 1943, pour la marine américaine sous le nom d’USS Gledale, elle débutera sa carrière par de nombreuses mission en 1944/45 dans le pacifique contre l’empire du Japon, en 1945, elle est transférée à la marine soviétique où elle prend le patronyme de EK-22, jusqu’en 1949 où elle est rendue aux forces américaines. Elle est désarmé la même année mais réactivée l’année suivante pour la guerre de Corée à laquelle elle participe. Elle est transférée en 1951 à la marine royale thaïlandaise qui l’utilisera jusqu’en 2000 ; Désarmée, elle est entièrement démonté et transportée par camion jusqu’à l’académie militaire de Nakhon Nayok où elle est remontée et restaurée avec son armement d’origine

Voilà c’est terminé pour l’Asie où l’on notera l’étrange absence du géant Indien, pourtant second pays le plus peuplé du monde, ouvert largement sur l’océan et aspirant à devenir une puissance militaire locale. Au prochain épisode l’Océanie et en particulier l’Australie avec de bien belles choses…

A suivre…

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Olivier Alba

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Le patrimoine maritime en France et à l’étranger épisode 5- L’Asie- (Japon, Corée du sud, Taïwan)

Note: La liste de navires citée n’est pas exhaustive mais le fruit de recherches qui peuvent être incomplètes. N’hésitez pas à nous contacter si vous constatez des oublis. La liste ne recense que les navires d’une taille assez importante et ne comprend pas les sous-marins.

Quand on pense patrimoine maritime, on ne pense pas spontanément au continent asiatique et pourtant celui-ci est riche d’un patrimoine parfois insoupçonné. A tel point qu’un article seul ne pourrait le recenser et que nous nous contenterons pour cet épisode de deux pays : Le Japon et la Corée du sud.

1- Le Japon:

Le Japon, de part sa situation insulaire est extrèmement dépendant de la mer. Pourtant, ce pays restera fermé jusqu’à la fin du XIXème siècle, avant que l’ère Meiji ne le propulse dans la modernité, faisant de lui un concurrent sérieux aux puissances maritimes et coloniales occidentales. Le pays se dotera donc d’une flotte de guerre puissante avec la volonté de devenir LA puissance maritime asiatique et Pacifique. Cette volonté le poussant par ailleurs à entrer en confrontation directe avec les USA en décembre 1941, ce qui amènera à son quasi anéantissement. Malgré cela leur patrimoine maritime historique est riche, notamment en ce qui concerne les voiliers-école, grande tradition au Pays du Soleil Levant.

Commençons donc par le Kaiwo Maru

Le T.S. Kaiwo Maru a été construit en 1930 à Kōbe sur le chantier naval Kawasaki, en même temps que son sister-ship le Nippon Maru pour devenir navire-école de la marine marchande. La fin de ses travaux s’est effectuée, comme pour le Nippon Maru au chantier naval Ramage et Ferguson Ltd. à Édimbourg en Écosse. Durant les années 1930, il navigue essentiellement sur l’Océan Pacifique, faisant divers voyages aux États-Unis et Hawaï. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est transformé en navire de fret pour l’effort de guerre dans les eaux japonaises. Depuis 1943, il appartient à la Marine nationale japonaise . Après la guerre, il réalise le rapatriement de ressortissants japonais, civils comme militaires. En 1952, il est regréé en quatre-mâts barque, repeint en blanc et reprend son activité de navire-école dans le Pacifique. En presque soixante ans de carrière, le Kaiwo Maru a formé 11 425 marins et a parcouru 1 950 000 km, soit 49 fois le tour de la terre. En 1989, il est remplacé par le Kaiwo Maru II. Depuis 1990, le Kaiwo Maru (« roi de la mer ») a rejoint le Kaiwo Maru Park, situé au port de Toyama-Shinko.

…Et poursuivons avec son sister-ship, de la même génération, lui aussi navire musée, le Nippon Maru…

Le T.S. Nippon Maru a été construit en 1930 à Kōbe sur le chantier naval Kawasaki, en même temps que le Kaiwo Maru pour devenir navire-école de la marine marchande. La fin de ses travaux s’est effectuée, comme pour le Kaiwo Maru en Écosse. Pendant la Seconde Guerre mondiale il est transformé en navire de transport de carburant pour l’effort de guerre dans les eaux japonaises. Après la guerre, il réalise 29 trajets de rapatriement de 25 423 ressortissants japonais. En 1952, il est regréé en quatre-mâts barque, repeint en blanc et reprend son activité de navire-école jusqu’en 1984. En 1984, il aura navigué 1 830 000 km et aura formé 15 000 marins. Il a été remplacé par le Nippon Maru II. Depuis le 28 avril 1984, le Nippon Maru est en cale-sèche dans le port de Yokohama.  Le fait le plus caractéristique est qu’il est resté dans sa version originale. On peut encore voir la cabine du capitaine qui est l’attraction première du navire-musée. Les 29 voiles sont hissées 10 fois par an.

Nous poursuivrons évidemment avec les deux remplaçants des navires sus-cités, en commençant évidemment par le Kaiwo Maru II

Le T.S. Kaiwo Maru II a été construit en 1989 sur le chantier naval Sumitomo Heavy Industries, Ltd. au Japon. Il est le sister-ship du Nippon Maru II lancé en 1984. Ce quatre-mâts barque remplace le Kaiwo Maru, navire musée visible au Kaiwo Maru Park de Tokyo. Il est géré par l’Institut national de formation pour la navigation maritime (NIST) à Yokohama. C’est un grand navire de 110 mètre de long qui porte 2760 m2 de voiles. Sa capacité est de 199 personnes. À quatre reprises, en 1990, 1991, 1994 et 1995, le Nippon Maru II a remporté le Boston Teapot Trophy. C’est le prix qui récompense chaque année le voilier le plus rapide et qui couvre la plus grande distance sur une période de 124 heures (5 jours et 4 heures) entre le 1er janvier et le 31 décembre.

…Et en poursuivant avec son sister-ship le Nippon Maru II

 

 

Le T.S. Nippon Maru II a été construit en 1984 sur le chantier naval Sumitomo Heavy Industries, Ltd. au Japon.. Ce quatre-mâts barque remplace le Nippon Maru, devenu navire musée. Il est géré par l’Institut national de formation pour la navigation maritime à Yokohama..À trois reprises, en 1986, 1989 et 1993, le Nippon Maru II a remporté le Boston Teapot Trophy. C’est le prix qui récompense chaque année le voilier le plus rapide et qui couvre la plus grande distance sur une période de 124 heures (5 jours et 4 heures) entre le 1er janvier et le 31 décembre.

Plus inattendu dans ce pays et avec, reconnaissons-le, un nom pas très “local”, la réplique d’un galion, le San Juan Bautista:

Le San Juan Bautista, appelé à l’origine 伊達丸 (Date Maru), est l’un des premiers navires de haute mer japonais construits dans un style européen. Ila été conçu à l’image d’un galion espagnol. Ce type de bateau est appelé au Japon kurofune (黒船, littéralement « navire noir ») ou namban-sen (南蛮船, littéralement « navire de barbare du sud »). Construit à l’initiative du daimyō Masamune Date, il transporta une ambassade de 180 personnes, conduites par Tsunenaga Hasekura, et accompagnées par le religieux espagnol Luis Sotelo. Le but de l’expédition était, après la traversée du Pacifique effectuée en 1614, de visiter les possessions espagnoles au Mexique, puis de là de gagner l’Europe, qu’elle atteignit en 1615, avant de retourner au Japon.

Un nouveau San Juan Bautista a été reconstruit en 1993, sur la base des enregistrements du clan Date. Bien que les plans exacts n’aient pas été retrouvés, les dimensions du navire avaient été enregistrées proprement, permettant ainsi la reconstitution. Le navire est actuellement exposé dans un parc à thème au nord du Japon, près de l’endroit où il fut construit à l’origine.

Poursuivons avec la marine de guerre et la réplique du Kankō Maru qui était le premier navire de guerre à vapeur japonais….

Il s’agissait d’un trois-mâts barque hollandais de 65,80 m, équipé d’une machine à vapeur à charbon auxiliaire tournant une roue à aubes latérale. Cette reproduction fidèle de l’original a été construite aux chantiers navals de Verolme aux Pays-Bas en 1987, basée sur les plans originaux du Soembing, préservés au musée maritime national à Amsterdam. Il est basé à Nagasaki, navigue et embarque à l’occasion des touristes pour de petites traversées. Il est armé par 14 hommes d’équipage et peut transporter 300 passagers.

…Et puisqu’on est dans la marine militaire ne pas oublier bien sûr le fameux Mikasa, cuirassé amiral japonais lors de la non-moins fameuse bataille de Tsushima.

Le Mikasa est un cuirassé pré-Dreadnought de la marine impériale japonaise lancé le 8 novembre 1900. Il s’agit du dernier pré-Dreadnought encore existant aujourd’hui. Avec le croiseur russe Aurora, le Mikasa est un des deux derniers survivants de la bataille de Tsushima (27 mai 1905). Mis en service en 1902, il servit comme navire amiral de l’amiral Togo pendant les batailles de la mer Jaune et de Tsushima durant la guerre russo-japonaise.Désarmé en 1926 il est aujourd’hui utilisé comme navire musée de la Marine à Yokosuka

Dans les navires civils à moteur, citons le très incongru brise-glace Sōya amarré aujourd’hui au musée des sciences et de la mer à Tokyo

Connu comme le premier navire d’exploration antarctique, le “Soya” fut lancé en 1938 comme un cargo brise-glace à destination de l’URSS. En raison des circonstances (2eme guerre mondiale) le navire ne fut pas livré à ses commanditaires et servit sous le nom de « Chiryo-Maru » dans la Marine Impériale Japonaise. Après avoir miraculeusement survécu à la guerre, le Soya servit de navire de transport et de phare flottant. Puis, en 1956, il fut profondément remanié en brise-glace pour l’exploration antarctique. Il fit le voyage six fois et emmena les matériaux nécessaires à la construction de la base « Showa » pour la première expédition hivernale.Le Soya servit enfin de navire de patrouille au nord d’Hokkaido, où il usa au mieux de ses capacités brise-glace.Retiré du service en 1978, le « Soya » est actuellement préservé et exposé au Muséum de Science Maritime où il est ouvert au public.

Et pour terminer, le fameux Hikawa Maru, un paquebot trans-Pacifique, aujourd’hui troisième plus vieux paquebot du monde et magnifiquement entretenu (nous lui avions consacré un article entier ICI):

À sa sortie des chantiers navals de la Yokohama Dock Compagny en 1929, rien ne laissait présager la destinée extraordinaire du Hikawa Maru. Amarré dans le port de Yokohama, ce paquebot de luxe, reconverti en navire hôpital, en cargo, puis en musée, est aujourd’hui un symbole de la cité portuaire. Le Hikawa Maru, luxueux navire de la compagnie maritime Nippon Yusen Kabushiki Kaisha (NYK), est un géant des mers ; mesurant 163 mètres de long et pesant plus de 11000 tonnes qui doit son nom au sanctuaire Hikawa, un important sanctuaire shinto de Saitama. Mis en service sur la liaison régulière Yokohama -Vancouver – Seattle en mai 1930, ce paquebot ultramoderne et élégant, équipé de la toute dernière technologie de moteur diesel, est capable d’atteindre la vitesse maximale de 18,38 nœuds (34 km/h). Les prestations haut de gamme qu’il offre à sa riche clientèle lui valent le surnom de “Reine du Pacifique”. Mis à la retraite en 1960, il revient définitivement à Yokohama où il est utilisé comme auberge de jeunesse durant une dizaine d’années. Désigné “Bien culturel national important” par le Japon en 2016, il est désormais un fabuleux navire musée que l’on visite pour la modique somme de 300 yens.

Voilà c’est terminé pour le Japon mais son voisin, la Corée du Sud nous réserve quelques belles pépites :

2- La Corée du Sud :

La Corée du sud est une péninsule, ce qui la destine tout naturellement à une vocation maritime puisque extrêmement vulnérable par une attaque venant du large. Dés le XIVème siècle elle se crée une flotte de guerre pour la protéger des attaques incessantes des pirates japonais qui nuisent à son commerce. La Corée s’illustra notamment à la fin du XVIème siècle en inventant le premier «Cuirassé» à canon, le fameux «bateau tortue» impulsé par l’amiral Yi Sun Sin, ce qui lui permettra de défaire la flotte du Japon à la bataille de Sacheon en 1592. Pourtant dans les siècles qui suivront, la petite Corée sera victime des appétits croissants de ses deux voisins, le Japon et la Chine. Redevenu indépendante aprés le seconde guerre mondiale, elle a naturellement reproduit de nombreuses répliques de ses fameux navires tortue, symboles de sa grandeur:

Le navire tortue était armé de douze pièces d’artillerie de chaque côté du navire, servis par 45 canonniers, faisant feu par des sabords ouverts dans la cuirasse en bois et vingt-deux meurtrières permettaient la mise en œuvre de mousquets, fusées incendiaires et flèches à feu. Quant à sa figure de proue en forme de tête de dragon, elle aurait servi à la diffusion de gaz de combat en répandant fumées, gaz délétères et suffocants à partir de la combustion de soufre et de salpêtre. Elle était en outre renforcée d’un rostre permettant l’éperonnage. Ses flancs, protégés et blindés, étaient équipés de dispositifs anti-abordage et anti-éperonnage comme son pont recouvert de pointes de fer. En mai 1592, l’amiral Yi avec une flotte d’une cinquantaine de navires dont une demi-douzaine de Keobuk-Seon défait sévèrement la flotte japonaise lors de la bataille de Sacheon, coulant ou capturant les 13 navires japonais. 5 ans plus tard, en octobre 1597, l’amiral Yi avec seulement 12 navires tortues inflige une nouvelle défaite à la marine japonaise, détruisant 130 navires sur 330 sans perdre aucun de ses navires. L’amiral coréen infligera ainsi grâce à ses bateaux tortues, à une meilleure artillerie navale une dizaine de défaites navales aux Japonais.

Concernant la marine dite « moderne », la Corée du Sud a conservé deux destroyers américains de classe « Gearing », le Jeon Buk , dont les photos sont rares sur le net…

Le destroyer Jeon Buk de classe Garing fut construit au USA et intégré en 1945 dans la marine américaine sous le nom de Everett F. Larson . Après une carrière bien remplie au sein de l’US Navy, il est transféré en 1972 à la marine sud coréenne qui le rebaptise . Désarmé en décembre 1999, il est aujourd’hui navire musée à Gangneung

…Et le ROKS Jeon Ju

Entré en service en 1945, le destroyer de la classe « Gearing » USS Rogers a été transférée en Corée du Sud en tant que ROKS Jeon Ju le 25 juillet 1981. Il et est maintenant navire-musée au SapKyoHo National Sightseing Resort, situé à Dangjin-Gun, province de Chung Nam en Corée du Sud

…La Corée du sud conserve aussi la frégate Taedong, (ex-américaine USS Tacoma) qui sert aujourd’hui de musée mais aussi de navire d’entraînement. Les seules photos trouvées sur le net sont de l’époque américaine :

L’USS Tacoma est le premier navire de tête des frégates de patrouille de classe Tacoma. Il a été en service de 1943 à 1945 et de 1949 à 1951dans la marine américaine. A la fin du second conflit mondial il est prêté à la marine soviétique sous le nom de EK-11. Rendu à la marine US en 1949, il est transféré à la marine de la République de Corée comme ROKS Taedong (PF-63). Il est aujourd’hui navire musée et navire d’entraînement.

 

…Ainsi que deux frégates de construction locale de classe « Ulsan », la Ulsan proprement dite et la Séoul .

Le frégare "Ulsan"
La frégate "Séoul"

La classe Ulsan est une série de frégates lance-missiles conçue par la Corée du Sud pour équiper sa marine. Construites durant les années 1980 et 1990 principalement par Hyundai Heavy Industries et Daewoo Shipbuilding & Marine Engineering. De taille respectable (103 mètres) elles sont capables d’atteindre la vitesse de 34 nœuds. Deux frégates de la série sont devenues des musées dans les villes dont elles portent le nom, quatre sont encore en service dans la marine coréenne et une en service dans le marine du Bangladesh.

Et pour terminer, plus sinistre, la corvette Cheonan, coulée par torpille par la marine nord-Coréenne, renflouée et transformé en mémorial :

L’incident de Baengnyeong désigne le naufrage le 26 mars 2010 d’une corvette de la Marine de la République de Corée, le Cheonan (PCC-772), dans une zone de la mer Jaune que se disputent la Corée du Nord et la Corée du Sud. Le navire transportait 104 marins, dont 46 sont morts. Selon les conclusions du 20 mai 2010 d’une enquête menée par une équipe d’experts américains et japonais, le navire aurait été torpillé par la Corée du Nord : « Il n’y a aucune autre explication possible ». La Corée du Nord dément catégoriquement ces conclusions. La Corée du Sud a demandé des excuses à la Corée du Nord, mais la déclaration de l’ONU au sujet de cet incident reste plus vague, parlant d’une « attaque » sans mentionner par qui. Les résultats d’une seconde enquête, commanditée par la Corée du Sud à la marine russe, n’ont été que partiellement rendus publics. La corvette Cheonan a été renflouée et elleest aujourd’hui transformée en mémorial.

 

3- Taïwan:

Dans le patrimoine Taïwanais, un seul navire un destroyer de la très réussie classe «Gearing» (encore !) dont des exemplaires sont conservés un peu partout dans le monde : Le ROCS Te Yang

Le ROCS Te Yang est un destroyer de classe « Gearing » lancé pour la marine américaine en 1945 sous le nom de USS Sarsfield. Après une carrière bien remplie au sein de l’US Navy et de nombreuse modernisations, il est transféré à la marine Taïwanaise en 1977 et rebaptisé Te Yang. Désarmé en avril 2005, après 60 ans de carrière, il est transformé en navire musée à Tainan city.

Voila pour la première partie du continent asiatique. Dans l’épisode suivant nous nous attaquerons au géant Chinois et à l’Asie du sud et ce n’est pas rien non plus !

A suivre…

Olivier Alba

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Le patrimoine maritime en France et à l’étranger épisode 4- Le continent américain(hors USA)-

Note: La liste de navires citée n’est pas exhaustive mais le fruit de recherches qui peuvent être incomplètes. N’hésitez pas à nous contacter si vous constatez des oublis. La liste ne recense que les navires d’une taille assez importante et ne comprend pas les sous-marins

Il n’aura fallu pas moins de deux épisodes pour recenser le patrimoine du colosse américain, là où un seul permettra de faire le reste du continent. Cela semble peu mais ce continent, notamment l’Amérique latine, est composé de pays à vocation maritime qui ont su conserver de bien belles choses, en plus de leur navires-école qui nous régalent, nous français, à chaque rassemblement de grands voiliers.

1- Le Canada :

Commençons donc par le Canada, qui, jeune nation encore récemment dans l’ombre du Royaume-Uni, a commencé de se constituer une mémoire maritime. L’essentiel de ce patrimoine est néanmoins composé de bateaux et paquebots des Grand Lacs, que nous ne traiterons pas ici, mais en ce qui concerne la marine océanique, on notera cependant :

Le navire hydrographique CSS Acadia

L’Acadia a servi le Canada pendant plus de cinq décennies, de 1913 à 1969, en traçant les côtes de presque toutes les parties de l’est du Canada, y compris des relevés novateurs de la baie d’Hudson. Il a également été affecté à deux reprises à la Marine royale canadienne (MRC) en tant que NCSM Acadia, le seul navire encore à flot à avoir servi pendant les deux guerres mondiales. En conservant ses moteurs d’origine, ses chaudières et ses logements peu modifiés, ce navire est l’un des navires à vapeur de l’Époque édouardienne les mieux conservés au monde et un exemple reconnu des plus anciennes prouesses scientifiques du Canada dans les domaines de l’ hydrographie et de l’océanographie.

…Le brise-glace Ernest Lapointe

L’ Ernest Lapointe est un ancien brise-glace de type vapeur, de la Garde côtière canadienne qui a été en service de 1941 à 1978. Après avoir été amarré pendant deux ans à Québec, il est finalement remorqué jusqu’à L’Islet en 1980 pour être converti en navire musée sur le site du musée maritime du Québec. L’ancien brise-glace est installé dans la cour arrière de l’institution muséale et constitue l’une de ses principales attractions avec un autre navire grandeur nature, l’hydroptère NCSM Bras d’Or.

…Et chez les militaires, deux navires emblèmatiques, le premier un grand destroyer de classe « Tribal », le HMCS Haida

Après avoir été construit à Newcastle en Angleterre pour la Marine royale canadienne, le Haida fut assigné à la 10e flottille de destroyers stationnée à Plymouth en Angleterre au début de l’année 1944. Il eut une brillante carrière au cours de la Seconde Guerre mondiale. En effet, il reçut le surnom du navire « le plus combattant de la Marine royale Canadienne » (« The Fightingest Ship in the RCN ») après avoir coulé 14 navires ennemis au cours de patrouilles dans la Manche et le golfe de Gascogne. Le Haida est le seul survivant de la classe Tribal. Entre 1937 et 1945, il y eut 27 destroyers de ce type construits pour la Royal Navy, la Marine royale canadienne et la Royal Australian Navy. Il effectua également deux services militaires pendant la guerre de Corée. Il est aujourd’hui navire musée à Flot dans le ville d’Hamilton

…Et enfin pour terminer le HMCS Sackville, la dernière et unique corvette de type « Flower » encore existante aujourd’hui !

Le NCSM Sackville fut construit Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick au début des années 1940. C’est le second navire de cette classe à être commandé par la Marine Royale Canadienne. Il fut lancé en 1941 et commissionné par la Marine royale canadienne le 30 décembre 1941. Aprés une guerre passée à convoyer des navire sur l’Atlantique, il fut transféré à Pêches et Océans Canada en 1953 en tant que navire de recherche civil. Il fut retiré du service en 1982. Remis dans son état de 1941, il est aujourd’hui navire-musée à quai à Hallifax (canada)

2- Le Mexique :

Plus au sud le Mexique reste assez pauvre en navires historiques mais néanmoins il arme fièrement le navire-école Cuauhtémoc, qui participe régulièrement aux rassemblements de grands voiliers en Europe et en France notamment à Rouen ou Brest. Navire récent certes, puisque construit en Espagne en 1982, mais qui reprend fidèlement la physionomie des grands voiliers de la fin du XIXème et du début du XXème siècle. Pour l’avoir personnellement visité, l’accueil de l’équipage est particulièrement sympathique et chaleureux !

Construit à Bilbao en Espagne en 1982, à l’imitation des grands voiliers cap-horniers à coque en fer du début du XXème siècle, ce trois-mâts de 90 mètres de long est propriété de la Marine mexicaine qui l’utilise comme navire-école. Il est un symbole au Mexique car il illustre l’esprit de combativité et d’indépendance, par référence à l’empereur Cuauhtémoc. Ce dernier figure d’ailleurs sur la proue du bateau. Il a des sister-ships, le Guayas (Équateur), le Gloria (Colombie) et le Simon Bolivar (Venezuela). C’est un habitué des défis du monde marin : traversée de l’Atlantique en 22 jours, passage du cap Horn en 1993 entre autres.

Profitons d’ailleurs de l’occasion pour traiter les pays dont le seul patrimoine maritime est l’un des frères jumeaux du Cuauhtémoc à savoir :

3- Le Venezuéla :

Qui possède le navire-école Simon Bolivar, qui s’est fait rare en Europe et dont l’entretien doit être aujourd’hui négligé au vue des difficultés économiques présentes du pays

Le Simon Bolivar est un voilier de type trois-mâts barque de la marine du Venezuela construit en 1979 à Bilbao (Espagne). C’est un navire récent construit sur le modèle des navires d’autrefois. Il a été commandé ainsi par l’État pour servir de navire-école. Ses caractéristiques sont : longueur 82 mètres, largeur 10,5 mètres, 1650 m2 de voilure, armé par 16 officiers et 90 marins. Il porte son nom de Simón Bolívar en l’honneur de ce célèbre homme politique.

4- La Colombie

Avec le navire-école Gloria, le navire le plus rapide de la série.

Le Gloria (ou ARC Gloria) est un trois-mâts barque à coque acier, construit en 1967 à Bilbao en Espagne. Il est le navire-école de la marine colombienne.
Il a été baptisé Gloria en l’honneur de la femme du général Reveiz Pizarro, décédé avant son lancement. Il a remporté le Boston Teapot Trophy en 19701, parcourant 1 058 milles en 124 heures. Il est considéré comme l’ambassadeur de ce pays, dans chaque port où il fait escale. Il fut réaménagé en 1975 pour servir de lieu d’exposition itinérante du patrimoine colombien. Il impressionne toujours à son arrivée dans les ports ; ses marins, chantant dans les vergues, sont habillés aux couleurs du pays et sont accompagnés de leur propre fanfare de bord. Sa figure de proue, couverte à la feuille d’or, est appelée Maria Salud, la fille du sculpteur.

5- L’Équateur :

Le dernier de cette très réussie série de navires-écoles le Guayas.

Le BAE Guayas (BE-21) est un trois-mâts barque qui sert de navire-école à la Marine équatorienne. Il a été lancé en 1976, entre en service en 1977 et porte les armoiries de l’Équateur. Il fait partie des grands voiliers construits par les chantiers navals espagnols de Bilbao. Il participe régulièrement aux courses de grands voiliers

6- Le Brésil:

Le Brésil est incontestablement la grande puissance d’Amérique latine, que ce soit d’un point de vue économique et démographique. C’est aussi une puissante marine militaire qui, étrangement, ne trouve pas son pendant dans la conservation d’un patrimoine maritime historique. En effet celui-ci se résume en deux navires. Tout d’abord le clipper Cisne Branco, un navire-école, construit au Pays-Bas, exacte réplique de Stad Amsterdam, son sister-ship. Dans la région, le Brésil fût d’ailleurs l’un des dernier pays à acquérir ce type de navire puisque réceptionné en 2000…

Le Cisne Branco (« cygne Blanc » en portugais) est un clipper trois-mâts carré de la marine nationale brésilienne. Lancé en 1999, il est l’exact sister-ship du Stad Amsterdam, un clipper du XIXe siècle. Construit aux Pays-Bas, il a été remis à la marine nationale brésilienne le 9 mars 2000 lors des festivités de commémorations du 500e anniversaire de la découverte du Brésil par  le Portugal, 500 ans jour pour jour après le départ de Lisbonne du navigateur Pedro Álvares Cabral, voyage au cours duquel il atteindra les côtes du Brésil. Ses missions sont de représenter le Brésil lors des événements nautiques nationaux et internationaux, ouvrir le monde maritime à la société civile, préserver les traditions navales et occasionnellement d’entraîner le personnel de la marine nationale brésilienne. Il a remporté le Boston Teapot Trophy en 1982, parcourant 1 101 milles en 124 heures.

…Ainsi que le destroyer ex-américain Comandante Bauru.

L’USS McAnn (DE-179) était un destroyer d’escorte de classe « Cannon » construit pour l’US Navy pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a servi sur le thèâtre Atlantique en fournissant un service d’escorte contre les sous-marins et les attaques aériennes pour les navires et les convois vers l’Angleterre. Le navire a été lancé le 5 septembre 1943. Le USS McAnn arrive au Brésil août 1944 où il est désarmé et transféré à la marine brésilienne, en vertu d’un contrat de prêt. Il est donné officiellemnt au Brésil de manière permanente, dans le cadre du Pacte d’assistance mutuelle à la défense le 30 juin 1953. Il est aujourd’hui navire-musée à Rio de Janeiro.

6- L’Argentine :

L’Argentine est incontestablement dans la région le pays qui possède le patrimoine maritime le plus riche, notamment en ce qui concerne la marine ancienne à savoir :

La frégate Présidente Sarmiento

A la fin du XIXème siècle, l’Argentine avait besoin d’un navire moderne pour former ses marins. Le contrat de commande du Présidente Sarmiento fut donc signé avec la société Laids Brothers de Liverpool et le bâtiment fut construit dès 1896 au chantier naval Cammell Laird de Birkenhead au Royaume-Uni. Le premier voyage de formation a été lancé le 12 janvier 1899 et arriva le 16 juillet 1900 dans le port d’Annapolis aux États-Unis. Jusqu’en 1939 il effectua 37 voyages de formation dans les différentes parties du monde. Il a participé à l’ouverture du canal de Panama et à l’inauguration de la statue de José de San Martín à Boulogne-sur-Mer À partir de 1939, le navire a cessé ses voyages internationaux à cause de la guerre. Puis ces voyages annuels se firent principalement en Amérique du Sud. Il finit sa carrière pour la formation à l’École de matelot de Cabos et fit sa dernière année de service en 1961. Le navire a été déclaré monument historique national le 18 juin 1962 et transformé en musée le 22 mai 1964. Sa tradition maritime fut transmise à la nouvelle frégate ARA Libertad qui poursuit l’instruction des cadets de l’école navale de la marine argentine.

Ou encore la corvette Uruguay

L’Uruguay a été construit en Angleterre en 1874 sur le chantier naval de Birkenhead. C’est le plus ancien bateau de la Marine argentine à flot de son âge. Il était gréé en trois-mâts barque avec une coque en acier doublé en teck. De 1874 à 1887 il a servi à l’origine comme canonnière puis fut très vite affecté comme navire d’entraînement en devenant le navire-amiral de la formation navale argentine. Durant cette période, il a fait partie de l’expédition en Patagonie (1878) pour affirmer la souveraineté argentine sur cette région menacée par le Chili. De 1887 à 1903, réaménagé spécifiquement, il devient navire de soutien d’expéditions sur l’Antarctique. Il fera ainsi le sauvetage de l’expédition d’Otto Nordenskjö. De 1904 à 1906, il participe à la troisième expédition antarctique de Charcot, puis jusqu’en 1922 il ravitaille les bases scientifiques de recherches hydrographiques et géographiques dans le Passage de Drake et au Cap Horn. En 1926, il est réformé et devient un dépôt flottant de munitions. En 1954, il est restauré au chantier naval de Buenos Aires. Deux ans plus tard il est mis à quai de l’école navale et devient navire musée. Retiré réellement du service naval en 1962, il est déclaré, en 1967, monument historique.

…Avouons que c’est un véritable régal de voir des navires aussi propres et bien entretenus. N’oublions pas dans cette liste le traditionnel navire-école et ambassadeur argentin, le très beau Libertad, qui remplace le Presidente Sarmiento depuis 1960. Là aussi visité à Brest et équipage aussi prétentieux que désagréable surtout si on le compare à l’accueil simple et chaleureux du  Cuauhtémoc:

Pour remplacer le ARA Presidente Sarmiento, le Libertad est construit aux docks nationaux argentins : A.F.N.E. Astilleros Navales à Rio Santiago. Bien que sa quille soit posée en 1953, il n’est lancé qu’en 1956 et mis en service le 28 mai 1962. Son voyage inaugural de six mois n’a lieu que trois ans plus tard.Avec ces 103 m de long, il est l’un des plus grands voiliers du monde. Le Libertad mesure plus de 103,7 m de long, pour une largeur de 14,31 m et un tirant-d’eau de 6,6 m. Ces 27 voiles et 5 focs représentent une surface de voiles de 2 643 m3 portées par les trois mâts mesurant 43 à 49 m : 49,8 m. L’importante voilure, la coque métallique et le design effilé, permettent au Libertad d’atteindre la vitesse de 13.8 nœuds sous voiles, avec un record enregistré à 18.5 nœuds en 1966. Au moteur, la vitesse du navire est de 12 nœuds. Le navire possède quatre canons de 47 mm, transférés de l’ancien navire-école : le Presidente Sarmiento, qui sont utilisés comme batterie de salut. Le Libertad détient le record mondial de vitesse de la traversée transatlantique Nord à la voile entre le Canada et l’Irlande (île de Dursey) avec 6 jours 4 heures, en 1966. Il a aussi gagné le Boston Teapot Trophy en 1966, 1976, 1981, 1987, 1992 et 1998. On le voit régulièrement dans les rassemblements de grands voiliers en Europe.



Il est possible que l’Argentine ait aussi conservé le croiseur Général Belgrano si une torpille anglaise n’avait mis fin à sa carrière au sein de la marine Argentine pendant la guerre des Malouines en 1982…Mais là on reste dans les suppositions….Passons donc au pays suivant:

6- Le Chili :

Le Chili, long pays bordé à l’ouest par le Pacifique possède 6435 kms de côtes et se trouve donc très vulnérable par la mer. Son patrimoine historique maritime se résume pourtant à une paire de navires mais parfaitement entretenus: Commençons donc par le très étrange monitor océanique Huascar:

Le Huáscar est un navire de type monitor à tourelle blindée construit en Grande-Bretagne pour le Pérou dans les années 1860. Il était le navire amiral de la marine péruvienne et a participé à la bataille de Pacocha et à la guerre du Pacifique de 1879–1883 ​​avant d’être capturée et mise en service dans la marine chilienne. Aujourd’hui, elle est l’un des rares navires survivants de son type. Le navire a été restauré et il est conservé comme navire-musée commémoratif dans le port de Talcahuano . Elle est nommée d’après l’empereur inca du XVIe siècle, Huáscar.

…Et terminons avec le très élégant navire-école de la marine chilienne, La goélette Esméralda:

L’Esmeralda est le 6e navire chilien à porter ce nom. En 1946 l’Espagne lança la construction du navire jumeau du navire-école Juan Sebastián Elcano dans le but de le remplacer. Il devait à l’origine être baptisé sous le nom de Juan de Austria. Le 12 mai 1953 eurent lieu le lancement du navire et son baptême. Sa marraine était Raquel Vicuña de Orrego. Suite au changement d’avis de la marine espagnol d’armer un second voilier-école, le navire fut offert au gouvernement chilien en 1954. C’est l’ambassadeur du Chili en Espagne, Oscar Salas Letelier, qui reçut le navire. Il a été nommé en l’honneur de la frégate Esmeralda, 1re du nom, bâtiment de l’escadre navale péruvienne capturée dans le port de Callao en novembre 1820 par l’amiral Lord Thomas Cochrane, ainsi qu’en l’honneur de la corvette Esmeralda, 2e du nom, commandée par le commandant Arturo Prat. Durant une année, les officiers promus de l’école navale, ainsi que les 70 premiers sous-officiers du classement de l’École de mousses, parfont leur cursus à bord de ce navire-école. En 2011, pour sa 56e campagne, l’Esmeralda accueille pour la première fois des femmes à son bord.

Il nous reste donc pour terminer ce tour du Nouveau Monde qu’un seul pays à visiter :

7- Le Pérou :

Deux navire notable pour ce pays qui termine la liste, et commençons, c’est une habitude dans cette partie du monde, un navire-école magnifique, le quatre-mâts barque Unión:

Le BAP Unión est le premier navire-école construit spécialement pour la Marine péruvienne par les chantiers navals des Services Industriels de la Marine (SIMA) situés sur la base navale de Callao. C’est un quatre-mâts barque de 115 mètre de long, ce qui en fait le troisième plus grand voilier-école du monde derrière les géant russes Sedov et Kruzenstern. Il arbore l’Inca Tupac Yupanqui en figure de proue. Son lancement officiel a eu lieu le 27 janvier 2016 en présence du président de la République Ollanta Humala. Il opère sous le commandement de la Escuela Naval (ESNA).

…Et terminons par l’un des dernier née chez les navires-musée, et pas le moindre, le croiseur BAP Almirante Grau, dernier croiseur à gros canons en service dans le monde, désarmé en 2017 et que la marine péruvienne est en train de transformer :

Le BAP Almirante Grau (CLM-81) est un croiseur de classe « De Zeven Provinciën » qui a servi dans les marines royales des Pays-Bas et du Pérou. Achevée pour les Néerlandais en 1953 sous le nom de HNLMS De Ruyter (C801), Il a été acquis par le Pérou en 1973 et a servi de navire amiral de la flotte. L’Almirante Grau a subi un important programme de modernisation entre 1985 et 1988 au cours duquel elle a été équipée de nouvelles armes et d’électronique. Il a été le dernier croiseur à canon en service dans n’importe quelle marine avant d’être désarmé le 26 septembre 2017. En août 2019, il a été annoncé qu’il serait conservée en tant que navire-musée dans le port de Lima.

Voilà c’est terminé pour ce tour des Amériques… A la prochaine escale nous traverserons le Pacifique pour aller en Asie.

Là aussi de bien belles choses à découvrir, et parfois certaines surprises…

A suivre…

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                                                                                                                             Olivier Alba

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Le patrimoine maritime en France et à l’étranger épisode 3- Les USA- La marine “moderne” –

Note: La liste de navires citée n’est pas exhaustive mais le fruit de recherches qui peuvent être incomplètes. N’hésitez pas à nous contacter si vous constatez des oublis. La liste ne recense que les navires d’une taille assez importante et ne comprend pas les sous-marins

Concernant la marine dite «moderne», les USA peuvent aligner un patrimoine impressionnant.

Pour ce qui concerne la marine de guerre, c’est une véritable flotte composée de destroyers, croiseurs, cuirassées et porte-avions qui n’aurait pas été ridicule ni au Jutland ni même dans l’une des bataille du Pacifique durant la seconde guerre mondiale !

On peut commencer d’ailleurs avec le vieux croiseur OLYMPIA, magnifiquement restauré :

Le USS Olympia est un croiseur protégé de la Marine des États-Unis. Il fut en service en 1895 jusqu’en 1922. Ce navire est devenu célèbre comme le navire amiral du commodore George Dewey à la bataille de la baie de Manille au cours de la guerre hispano-américaine en 1898. Le navire est désormais un navire musée à l’Independence Seaport Museum de Philadelphie. Il est National Historic Landmark depuis 1966.

…On continue avec le croiseur léger plus moderne USS Little Rock…

L’USS Little Rock est l’un des 27 croiseurs légers de la classe Cleveland de l’us navy achevés pendant ou peu après la Seconde Guerre mondiale, et l’un des six à être convertis en croiseurs lance-missiles. Il a été achevée trop tard pour participer aux combats de la seconde guerre mondiale. À la fin des années 1950, il est converti en croiseur lance-missiles, en outre, comme trois autres classe Cleveland il fut largement modifiée pour devenir navire amiral. Dans sa nouvelle carrière, il a servi majoritairement en Méditerranée, souvent comme navire amiral de la sixième   flotte. Il a été désarmée  en 1976  et est maintenant navire-musée à Buffalo.

…Et puisqu’on est dans les croiseurs, terminons la catégorie avec le croiseur lourd USS SALEM :

L’USS Salem,( CA-139), est un croiseur lourd de la classe Des Moines ayant appartenu à la US Navy . L’USS Salem fut mis sur cale en 1945, et il fut lancé en 1947 et fut placé en réserve durant l’année 1961, avant d’être radié en 1992. L’USS Salem a eu l’occasion de jouer le rôle du cuirassé de poche allemand Admiral Graf Spee lors du tournage du film britannique La Bataille du Rio de la Plata, réalisé en 1956. Conservé de nos jours en tant que musée flottant, le Salem est le seul croiseur lourd de l’US Navy officiellement préservé.

En ce qui concerne les navire de lignes, ou cuirassés, c’est une vrai ligne de bataille que les USA conservent avec pas moins de 8 navires ainsi que l’épave de l’Arizona transformé en mémorial de la bataille de Pearl Harbor !

Commençons par les « anciens » du premier conflit mondial : Le USS Texas …

L’USS Texas (BB-35), fut lancé en 1912 et mis en service en 1914. Il escorta des convois à travers l’Atlantique pendant la Première Guerre mondiale.Quand les États-Unis entrèrent en guerre en 1941, il reprit son rôle d’escorte dans l’Atlantique, ensuite il participa au bombardement des plages d’abord en Afrique du Nord lors de l’opération Torch puis lors du débarquement en Normandie.En 1944, il fut transféré sur le théâtre d’opération du Pacifique pour fournir un soutien d’artillerie pendant les batailles d’Iwo Jima et d’Okinawa. LeTexas fut retiré du service en 1948,. Il est devenu un navire musée près de Houston. Il est aujourd’hui fermé pour remise en état

…Et l’USS Arizona, coulé le 7 décembre 1941 lors de l’attaque des japonais sur Pearl Habor et dont l’épave est transformée en mémorial :

L'USS Arizona avant l'attaque

Le mémorial de l’USS Arizona , situé à Honolulu, est consacré à la mémoire des 1 102 marins de l’Arizona morts lors de l’attaque de Pearl Harbor le 7 décembre 1941 par les forces japonaises. Les victimes de l’Arizona comptent pour près de la moitié du total des victimes américaines de l’attaque. Le mémorial, créé en 1962, est visité par plus d’un million de personnes chaque année. Il est accessible uniquement par bateau, puisqu’il chevauche (sans la toucher) la coque du cuirassé coulé.

Concernant les cuirassés construits durant le second conflit mondial proprement dit, ils sont au nombre de 7, et là on ne parle pas de petites bestioles puisque le plus petit fait tout de même 35 000 tonnes. Commençons donc par l’USS North Carolina qui a dernièrement reçu un tout nouveau cocon pour lui éviter les même problèmes que l’USS Texas…

Le USS North Carolina (BB-55) est un cuirassé de classe North Carolina appartenant à l’US Navy. Il est particulièrement connu pour sa participation dans le théâtre Pacifique (bataille de Guadalcanal) durant la Seconde Guerre mondiale, notamment en protection des porte-avions. Après son désarmement en 1946, il fut placé en réserve jusqu’en 1960, puis il fut transformé en navire musée à Wilmington en Caroline du Nord. Il est classé monument historique depuis 1986.

…Puis l’USS Massachusetts

L’USS Massachusetts est un cuirassé de la classe South Dakota en service dans l’US Navy pendant la Seconde Guerre mondiale. Initialement affecté à la flotte de l’Atlantique, il affronte le cuirassé Jean Bart lors du débarquement allié en Afrique du Nord. Transféré dans la flotte du Pacifique en 1943, l’USS Massachusetts prend part à la campagne des îles Salomon et à la campagne des Philippines au cours de laquelle il combat à la bataille du golfe de Leyte. En 1945, il est affecté au bombardement de la plus grande île japonaise : Honshu. Après la guerre, l’USS Massachusetts est réaffecté à la flotte de l’Atlantique puis désarmé en 1947. Il est définitivement retiré du service en 1962. En 1965, grâce à la mobilisation de citoyens du Massachusetts, l’US Navy cède le navire au Massachusetts Memorial Committee, qui le transforme en navire musée à Fall River.

…L’USS Alabama

L’USS Alabama est un cuirassé de classe South Dakota en service dans l’US Navy durant la seconde guerre mondiale. Il est lancé en 1942 et sert sur les théâtres d’opérations de l’Atlantique et du Pacifique. Désarmé en 1947 et placé dans la flotte de réserve, il est définitivement déclassé en 1962. En 1964, il est transformé en musée flottant dans la baie de Mobile et est inscrit sur la liste des sites historiques nationaux en 1986.

 

 

 

 

Et enfin la série complète des quatre « classe Iowa » (USS Iowa, New Jersey, Missouri et Wisconsin), modernisés et remis en service dans les années 1980, ce furent les derniers cuirassés encore en service actif ! A noter que c’est sur la plage arrière du Missouri que sera signée la capitulation japonaise mettant fin à la seconde guerre mondiale et qu’aujourd’hui ce dernier se trouve à une encablure de l’USS Arizona

USS Iowa
Uss Missouri
USS New Jersey
USS Wisconsin

La classe Iowa est une série de cuirassés construits pour l’US Navy durant la Seconde Guerre mondiale comportant quatre unités. Ces bâtiments furent engagés dans la guerre du Pacifique . Ils servirent encore durant la guerre de Corée ; et le New Jersey seul participa au conflit vietnamien. Mis en réserve, ils furent modernisés et remis en service au début des années 1980. Ils seront engagés au cours de la guerre du Liban et une ultime fois en 1990, pour la guerre du Golfe. En raison de leurs équipages trop nombreux pour un besoin opérationnel moins pertinent, ils ont ensuite été versés dans la flotte de réserve, avant d’être, en mars 2006, définitivement rayés de la liste des bâtiments de l’US Navy. Tous les 4 sont aujourd’hui des navires musés,

Ouf ! Avouons que ça fait une belle ligne de bataille ! Concernant les «flat top», les portes-avions, pas moins de 5 sont eux aussi conservés, en commençant par 4 de la classe «Essex», les USS Yorktown, Intrepid, Hornet et Lexington :

Le Yorktown dans le port de Charleston
L'Intrepid à New-York
Le Hornet dans le port d'Alameda (Californie)
Le Lexington dans le port de Corpus Christi (Texas)

La classe Essex est une classe de porte-avions de l’U.S. Navy construite à partir de 1941. Ces  porte-avions avaient été conçus en prévision d’un affrontement avec le Japon, trois étaient en construction lors de l’attaque sur Pearl Harbor. Ils seront engagés dans les opérations de la guerre du Pacifique. Les navires de la classe Essex combattront pendant la guerre de Corée et pendant la guerre du Vietnam, certains récupérant même les astronautes des missions spatiales. Ces porte-avions resteront, grâce à d’importantes refontes, des bâtiments performants jusqu’au milieu des années 1960. Le dernier en service, l’USS Lexington, désarmé en 1991 est devenu un des quatre navires-musées de cette classe. La classe Essex marque le début de la domination de la marine américaine sur les océans.

…Et pour terminer avec les « ponts plats », le porte-avion USS Midway

Ce fut le premier porte-avions à être mis en service après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Commandé en 1942, il fut mis en service le 10 septembre 1945. Rattaché d’abord à la Flotte de l’Atlantique (1946-1947), puis à la 6e flotte, en Méditerranée (1947-1954), il rejoint la 7e flotte et opère dans le Pacifique (1954-1965). Il reçoit une modernisation importante et coûteuse (1966-1970), il participe à la guerre du Viêt Nam (1970-1972) et opère dans le Pacifique, en ayant comme port d’attache la base navale de Yokosuka au Japon à partir de 1973. Il participe à la guerre du Golfe (1990-1991). Il a été décommissionné en 1992. En 2003, il est amarré dans le port de San Diego en Californie, proche du musée maritime de San Diego. Transformé en un gigantesque musée flottant, il a ouvert au public le 7 juin 2004.

Dans cette liste à la Prévert, continuons avec les plus petites unités de la flotte que sont les destroyers et les corvettes (12 unités !). En commençant par les trois destroyers de classe « Fletcher » conservés: les USS Kidd, USS Cassin Young, et enfin l’USS the Sullivans

USS Kidd
USS Cassin Young
USS the Sullivans à couple contre l'autre navire musée USS Little Rock

La classe Fletcher est une classe de destroyers américains entrée en service en 1942 et dont 175 exemplaires ont été construits. Ce type de navire a joué un rôle de premier plan durant la Seconde Guerre mondiale dans la guerre du Pacifique contre le Japon. Le dernier exemplaire a quitté le service dans l’US Navy en 1971

…On poursuit avec les deux destroyers de classe «Forrest Sherman»: Les USS Edson et USS Turner Joy

USS Edson
USS Turner Joy

Les destroyers de la classe « Forrest Sherman » ont été les premiers destroyers américains de l’après-guerre. Mis en service à partir de 1955, ces navires ont servi jusqu’à la fin des années 1980. Leurs armes ont subi des modifications considérables au cours de leurs années de service. Quatre ont été convertis en destructeurs de missiles guidés. Deux navires de la classe sont devenus des navires-musées.

…Puis maintenant les destroyers de classe “Allen M Sumner ” et leur extrapolation la classe “Gearing»: Le USS Laffey et les USS Orleck et USS Joseph P. Kennedy Jr …

USS Laffey
USS Orleck
USS Joseph P. Kennedy Jr

La classe « Gearing » était une série de 98 destroyers construits pour la marine américaine pendant et après la Seconde Guerre mondiale. La conception de la classe « Gearing » était une modification mineure de la classe Allen M. Sumner, où la coque était allongée de 4,3 mètre, ce qui a entraîné plus d’espace de stockage de carburant et augmenté l’autonomie du navire. Les premiers Gearings n’étaient pas prêts à être mis en service avant la mi-1945 et ont donc ont peu servi pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils ont continué à servir après-guerre, avec une série de remises à niveau, jusqu’aux années 1970. À cette époque, beaucoup ont été vendus à d’autres pays, où ils ont servi de nombreuses années.

…Ne reste plus dans la catégorie des destroyers ex-US Navy que L’USS Stewart, et l’USS Slater

USS Slater

L’USS Slater  est un destroyer d’escorte de classe “Cannon” qui a servi dans la marine américaine et plus tard dans la marine grecque. Après son service pendant la Seconde Guerre mondiale, le navire a été transféré à la Grèce et renommé Aetos. Désarmé en 1991, le destroyer est retournée aux États-Unis. l’USS Slater est maintenant un navire-musée

USS Stewart

L’USS Stewart est un destroyer d’escorte de classe « Edsall », le troisième navire de la marine américaine ainsi nommé. Ce navire a été nommé pour le contre-amiral Charles Stewart, qui a commandé l’USS Constitution pendant la guerre de 1812. le USS Stewart est l’un des deux seuls destroyers d’escortes américain a être préservées et il est le seul navire de classe Edsall à ne pas avoir été démoli.

Pour les destroyers toujours, n’oublions pas les Coast Guard qui ont eux aussi leurs navires musée avec l’USCGC Taney

Le Taney est un cutter de l’us Cost Guard. En service pendant 50 ans, le Taney a servi sur les deux théâtres de combat pendant la Seconde Guerre mondiale. Il servait de navire de commandement pendant la bataille d’Okinawa dans le Pacifique mais aussi sera déployé sur l’Atlantique et la Méditerrannée, attaché à l’escorte de la flotte. Le Taney servira également pendant la guerre du Vietnam lors de l’opération Market Time. Par la suite il patrouillera sur les mers pour interdire les drogues et protéger les pêcheries. Désarmé en 1986 il est depuis navire-musée dans le port de Baltimore, Maryland depuis. Il est classé monument historique national depuis 1988. Il est aussi le plus vieux navire armé à avoir participé à la bataille de Pearl Harbor.

Et USCGC Ingham

Le « Cutter » USCGC Ingham est le navire le plus décoré de la flotte de l’Us Coast Guard et le seul navire de cette administration à avoir jamais reçu deux citations présidentielles. Pendant la seconde guerre mondiale, il participa au conflit sur les deux thèatre Atlantique et Pacifique. Il fut aussi déployé pendant le guerre du Viet-Nam.Acquis par le musée du Patriot Point, il est aujourd’hui voisin du porte-avions Yorktown et du destroyer Laffey

…Et pour en finir avec les navires de guerre: une des plus étrange car de construction soviètique, l’ ancienne corvette est-allemande, l’Hiddensee

Cette corvette lance missiles de classe « Tarantule » a été lancée en 1984 au chantier naval Petrovsky à Leningrad, en Russie. Elle a été commandée en 1985 par le Volksmarine est-allemande sous le nom de Rudolf Egelhofer, mais après la réunification de l’Allemagne en 1990, elle a été transférée à la marine allemande et rebaptisée Hiddensee.Après son déclassement en avril 1991, elle a été transférée à la marine américaine. En tant qu’USNS Hiddensee, le navire a été largement évalué au Naval Air Warfare Center de Solomons, et utilisé pour des exercices navals. À la suite de compressions budgétaires dans la marine, le navire a été retiré du service en avril 1996 et a rejoint la flotte de Battleship Cove en 1997.

Dans les navires «intermédiaires», mi-civil, mi-militaire, les USA ont aussi conservés des «Liberty ship» mais aussi des «Victory ship» : Si l’on commence par les “Liberty“, ils sont au nombre de 2 : Les SS Jeremiah O’Brien et SS John W. Brown

SS Jeremiah O'Brien
SS John W. Brown

Le terme Liberty ship désigne les quelque 2 710 cargos construits aux États-Unis au cours de la Seconde Guerre mondiale, à la suite de la déclaration du président Franklin Delano Roosevelt au cours de l’été 1940, affirmant la volonté des États-Unis d’être l’arsenal du monde libre. La principale caractéristique des Liberty ships est leur production en grande série à partir de modules préfabriqués.

Ainsi que 3 “Victory Ship”: Les SS Red Oak Victory, SS Lane Victory et SS American Victory

SS Red Oak Victory
SS American Victory
SS Lane Victory

Les Victory ships formaient une classe de navires cargo polyvalents, produits en grande quantité dans les chantiers américains pendant la Seconde Guerre mondiale, pour remplacer les pertes dues aux U-Boote allemands. Conçus à l’image de leurs aînés les Liberty ships, 543 unités furent construites en un temps record. Ils diffèrent des Liberty ships par une construction renforcée et une vitesse améliorée pour échapper au U-Boote allemands.

OUF ! Tout le monde comprendra pourquoi j’ai volontairement sorti de ce classement les sous-marins, remorqueurs et autres navires de plus petite taille, la liste est infinie. Rien qu’en ce qui concerne la flotte militaire historique de ce pays on arrive quand même au chiffre faramineux de  4 porte-avions, 3 croiseurs, 8  cuirassés (dont une épave), 13 destroyers et 1 corvette. Passons maintenant aux navires purement «civils», ils sont beaucoup moins nombreux mais d’une taille respectable, et surtout d’une immense valeur historique:

 

A commencer par le légendaire RMS Queen Mary, acheté à la Cunard au moment de son désarmement, par la ville de Long Beach en Californie et qui est aujourd’hui exploité comme centre de séminaire, hôtel et restaurants. Il se visite aussi naturellement.

Un article complet lui a déjà été consacré ICI

 

Dans les civils océaniques on trouvera enfin le cargo futuriste NS Savannah, l’un des rares cargos nucléaires jamais lancé sur les mers :

Le NS Savannah a été le premier navire marchand à propulsion nucléaire. Il a été construit à la fin des années 1950 pour un coût de 46,9 millions de dollars et lancée le 21 juillet 1959. Elle a été financée par des organismes gouvernementaux américains. Le NS Savannah était en fait un projet de démonstration pour l’utilisation potentielle de l’énergie nucléaire dans le domaine de la marine civile et donc pas destiné à être rentable. Le navire resta en service entre 1962 et 1972, puis fût désarmé la même année. Après un long oubli, ponctué de nombreux déménagements, il est aujourd’hui navire-musée amarré à Baltimore.

Bon c’est tout pour le civil…. Peu me direz-vous si on le compare au militaire récent, c’est vrai, mais j’ai omis de cette liste les bateaux d’eau douce et, dans ce domaine, les USA ont préservé de nombreux bateaux, comme les fabuleux navires à aube navigant sur le Mississippi, ou encore sur les grands lacs. Ces derniers regorgent d’ailleurs de paquebots assez typiques, mais le sujet n’est pas là.

Néanmoins, quelle flotte historique formidable et éclectique! Seule ombre au tableau, mais qui n’en est pas une car on se mobilise outre-Atlantique pour sa sauvegarde: le fabuleux SS United States, qui deviendra, peut être un jour, le second transatlantique à être sauvegardé au pays de l’oncle Sam. Souhaitons lui bonne chance!

Un article complet lui a été consacré ICI

Dans l’article suivant nous ferons le tour des autres pays du continent américain et nous verrons que le Nord, comme le Sud, nous réservent de belles surprises.

A suivre…

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L’épisode suivant LA

                                                                     Olivier Alba

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Le patrimoine maritime en France et à l’étranger épisode 2- Les USA- La marine à voile –

Note: La liste de navires citée n’est pas exhaustive mais le fruit de recherches qui peuvent être incomplètes. N’hésitez pas à nous contacter si vous constatez des oublis. La liste ne recense que les navires d’une taille assez importante et ne comprend pas les sous-marins

Les États-Unis d’Amérique sont un état récents si on les compare aux états à vocation maritime européens comme le Royaume-uni et la France. Leur patrimoine bâti est donc restreint et, avouons-le, souvent négligé.

Pourtant, très tôt dans leur histoire, il ont compris l’importance pour eux de créer et maintenir une forte présence maritime, ouvert qu’ils sont sur deux océans, et sans réelle menace terrestre directe. En outre, leur économie mondiale nécessite d’importants moyens pour préserver leur commerce. Leur important patrimoine maritime reflète donc cette nécessité et, ne l’oublions pas, leurs « gênes » anglo-saxons.

Ils ont donc préservé de nombreux navires, notamment militaires, dont l’un des tout premier de leur marine de guerre,

La frégate lourde USS Constitution, baptisée par Georges Washington en personne en 1797. C’est aujourd’hui le plus vieux navire de guerre encore à flot :

L’USS Constitution, aussi nommée “Old Ironside”, est l’un des premier navire de guette de la marine américaine. Elle se distingua notamment lors de la guerre anglo-américaine de 1812 au cours de laquelle elle détruisit cinq frégates britanniques ce qui suscita l’admiration du public qui empêcha à plusieurs reprises sa démolition. Retirée du service actif en 1881, elle devint un navire de réception puis un navire musée en 1907. Après une restauration en 1995, le navire navigua à nouveau à la voile pour la première fois en 116 ans lors des célébrations de son bicentenaire. Quand il n’est pas en représentation, le navire se visite tout au long de l’année à son lieu de mouillage dans l’ancien Charlestown Navy Yard à l’extrémité du Freedom Trail de Boston.

…Et pour continuer, la corvette Uss Constellation…

L’USS Constellation est un navire de type corvette construit en 1854. Après une riche carrière où il participe à la guerre de sécession et à la lutte contre le trafic d’esclave, il est utilisé comme navire école et d’entraînement par l’US Navy. Retiré du service en 1933, le Constellation fut classé « symbole national » en 1940 par le président américain Franklin Roosevelt. Aujourd’hui il est exposé dans port de Baltimore.

…La marine marchande à voile n’est pas en reste avec le très vieux baleinier Charles W. Morgan

Le Charles W. Morgan est un trois-mâts barque construit en 1841 sur le chantier naval de Jethro Zachariah & Hillman de New Bedford dans l’État du Massachusetts. Il a été l’une des grandes acquisitions du Mystic Seaport en 1941. Il est le dernier de ce type encore visible et en très bon état. Il est répertorié en tant que National Historic Landmark depuis 1966.

…La réplique d’un “indiamen” le Frienship of Salem

Le Friendshio of’ Salem est une réplique de d’un navire « indiamen’ » de 1797. Il a été construit en 2000 dans le chantier naval Scarano Brothers à Albany à New York. Le navire fonctionne généralement comme un navire-musée fixe pendant la majeure partie de l’année, mais il est pleinement opérationnel et capable de naviguer. Le Friendshio of Salem est amarré au musée naval maritime de Salem.

…La réplique d’une frégate du XVIIIème siècle, La HMS Surprise  (Ok, j’ai un faible pour celle-ci mais c’est peu être parce que je suis un grand « fan » des romans de Patrick o’Brian):

Le HMS Surprise est un trois-mâts carré construit à Lunenburg, au Canada. C’est une réplique du HMS Rose, frégate du XVIIIe siècle. Elle fut réalisée par Phil Bolger et lancée en 1970. Après son homologation par l’US Coast Guard, ce voilier fut exploité sous le nom de HMS Rose comme navire de formation à la voile par la Fondation HMS Rose basée à Bridgeport au Connecticut. En 2001, il a été vendu à la 20th Century Fox, studio de cinéma, pour la réalisation du film Master and Commander en 2003. Ce film dépeint l’aventure de la frégate HMS Surprise de la Royal Navy. Après la fin du tournage, le navire est acheté en 2007 par le Musée maritime de San Diego et est enregistré sous le nom de HMS Surprise en l’honneur du film. Il navigue plusieurs fois par an. En 2010, il joue le rôle du HMS Providence dans le film d’aventure de Disney Pirates des Caraïbes : La Fontaine de jouvence.

…Le quatre-mâts pétrolier Falls of Clyde

Le Falls of Clyde a été construit en 1878 sur le chantier naval de Port Glasgow, sur la rivière Clyde en Écosse. Il est le seul quatre-mâts carré et ancien pétrolier à voile encore visible.
Il est désormais amarré au quai 7 du port d’Honolulu comme bateau musée au Hawaii Maritime Center. Une souscription pour sa restauration a été lancée recemment, son état étant jugé preoccupant.

…Le trois-mâts Joseph Conrad

Il fut construit dans les chantiers navals de Copenhague en 1882 sous le nom de Georg Stage, en tant que navire-école des cadets de la marine marchande danoise. Il assuma ce rôle jusqu’à sa vente en 1934 au Royaume-uni où il est rebaptisé Joseph Conrad.
En 1905, le
Georg Stage est heurté par un cargo et coule, avec 22 élèves-officiers. Il fut renfloué et continua sa carrière. En 1936, il est revendu à George H Hartford qui lui ajoute un moteur et s’en sert de yacht. En 1939, le bateau est transféré  pour devenir un bateau-école pour la marine marchande américaine. Après la seconde guerre mondiale, il est transféré au Mystic Seaport. En plus d’être un bateau musée il sert encore de navire de formation statique.

…Le “windjammer” Wavertree

Le Wavertree a été construit en Southampton , en Angleterre en 1885 et a été l’ un des derniers grands voiliers construits en fer forgé . Il porte le nom du Wavertree, quartier de cette ville. Le navire a été utilisé pour transporter le jute entre l’ Inde et l’ Ecosse . En 1910, le navire a été démâté au large du Cap Horn , plutôt que d’installer un nouveau gréement il est vendu pour être utilisé comme un entrepôt flottant à Punta Arenas , au Chili . Le navire fût découvert en 1967 à Buenos Aires par un citoyen américain travaillant sur une barge de sable et acquis par le Musée de South Street Seaport en 1968. En 1969 , après restauration, le navire fût enfin remorqué à New York. Le Wavertree a été ajouté au registre national des lieux historiques , le 13 Juin 1978.

…L’Elissa

Le grand voilier Elissa est un trois-mâts barque à coque en acier, construit en Ecosse en 1877. Il est basé à Galveston, au Texas, et est l’un des plus anciens navires naviguant aujourd’hui. Il est maintenant un navire-musée au Texas Seaport Museum. Elle a été désignée monument historique national en 1990.

…Le Balclutha 

Le Balclutha est un trois-mâts carré, à coque acier, construit en 1886 en Écosse. C’est un modèle type de cap-hornier.
Il tire son nom du gaélique Bal (cité) sur la Clutha (Clyde)
Depuis le 4 février 1985, il est considéré comme National Historic Landmark (monument historique) par le National Trust for Historic Preservation. Il est amarré au quai du Hyde Street Pier de San Francisco et fait partie du Musée maritime.

…Mais aussi le quatre-mât coque acier Moshulu

Le Moshulu (ex-Kurt) est un quatre-mâts barque à coque acier, construit en 1904 par William Hamilton sur les chantiers la rivière Clyde en Écosse.
Il est désormais amarré au complexe de Penn’s Landing, à Philadelphie. Il sert de restaurant flottant.

Le Star of India…

Le Star of India est un trois-mâts barque à coque en acier, construit en 1863 dans un chantier naval de Ramsey, sur l’île de Man, sous le nom d’ Euterpe. En 1926, le Star of India est vendu à la Zoogical Society de San Diego pour devenir l’attraction principale d’un projet de musée et d’aquarium géant. La Grande Dépression de 1929 et la Seconde Guerre mondiale annuleront ce projet. Ce n’est qu’en 1957 que la restauration du voilier est mise en œuvre sous l’impulsion d’Alan J, Villiers, ancien capitaine de trois-mâts et écrivain d’une association de bénévoles la Star of India Auxiliary créée en 1959. Il faudra attendre 1976 pour revoir le Star of India naviguer de nouveau. Il abrite actuellement des expositions du musée maritime de San Diego et navigue au moins une fois par an. Le Star of India est le troisième plus vieux navire à flot aux États-Unis, et le plus ancien navire du monde naviguant encore. Sa coque, ses cabines et ses infrastructures sont les originales.

 …Et enfin le navire école des « coast Guard » Eagle (ex-allemand Horst Wessel)…

L’Eagle, ou USCGC Eagle , anciennement Horst Wessel, est un trois-mâts barque utilisé comme navire-école de formation pour les futurs officiers de l’United States Coast Guard. En 2011, c’est l’un des deux seuls bateaux à voile actifs dans la marine américaine, avec l’USS Constitution. Chaque été, l’Eagle effectue des croisières avec les cadets de l’United States Coast Guard Academy pour des périodes allant d’une semaine à deux mois. Ces croisières remplissent plusieurs rôles ; la mission première est la formation des élèves-officiers, la seconde est un rôle de relations publiques en participant aux grands rassemblements de voiliers et Tall Ships’ Races à travers le monde.

Voilà pour les navires à voiles, l’épisode suivant traitera de la marine “moderne” préservée au USA et, pour le compte, c’est une véritable armada qui s’annonce.

A suivre…

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                                                                    Olivier Alba

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Le patrimoine maritime en France et à l’étranger épisode 1- Le Royaume-Uni-

Note: La liste de navires citée n’est pas exhaustive mais le fruit de recherches qui peuvent être incomplètes. N’hésitez pas à nous contacter si vous constatez des oublis. La liste ne recense que les navires d’une taille assez importante et ne comprend pas les sous-marins

 

 

“Pour les Anglo-Saxons, la marine est un arbre de pleine terre alors que pour les Français c’est un arbre exotique qui nécessite des soins incessants”

Le Lydia en 1992

 

 

Ce qui est vrai pour la marine de guerre l’est aussi en France dés que l’on aborde le sujet épineux du patrimoine maritime.

Pendant longtemps le patrimoine maritime en France fut l’objet, au pire de l’acharnement, au mieux suscita la plus profonde indifférence. En témoigne l’objet de ce blog, le Lydia-Moonta qui fût, de 1973 à 2010, l’objet de saccages, de destructions, voire une sorte d’acharnement mutilatoire malsain.

Concernant la préservation de ce patrimoine, le XXème siècle est rempli d’exemples désolants, citons par exemple le Dugay-trouin, magnifique vaisseau de 74 canon coulé dans la Manche alors que les anglais souhaitaient rendre le navire à la France: Refus pur et simple des autorités françaises ! L’occasion était perdue pour la France de conserver ce magnifique témoin. Le navire sera coulé en arborant les couleurs françaises et britanniques.

                                Plus sur l’execution du navire ICI

 

Le tableau arrière du navire ainsi que sa figure de proue sont cependant conservés au très beau musée d’histoire navale de Greenwich.

Dans le même temps les anglais conservaient pieusement le HMS Victory, vaisseau amiral de Nelson lors de la bataille de Trafalgar…

Le HMS Victory est un navire de ligne de 1er rang britannique à trois-mâts voiles carrées.Il est principalement connu comme le vaisseau de l’amiral Nelson lors de la bataille de Trafalgar (vaisseau amiral en second de l’état-major de la Marine, commandant en chef de l’amirauté). Il connut une succession de victoires à la tête de la flotte britannique entre 1778 et 1812. Lancé en 1765 et désormais préservé en cale sèche, il est le plus ancien navire de guerre intact au monde.

…ou encore le Clipper Cutty Sark qui, récemment ravagé par un incendie, a été entièrement reconstruit.

Reconstruction aprés incendie
Le Cutty Sark aprés l'incendie

Le Cutty Sark est un clipper  qui servit au commerce du thé de Chine et de la laine néo-zélandaise avec le Royaume-Uni. Dernier bâtiment du genre, il est gravement endommagé par un incendie le 21 mai 2007. Il a été reconstruit depuis.

…l’HMS Unicorn

La construction de l’HMS Unicorn commence en février 1822 à l’arsenal royal de Chatham. Portant 46 canons, elle mesure 46,2 m de long. Elle fait partie de la très réussie classe de frégates de type Leda, une des meilleures de sa génération, elle-même basée sur les plans de la frégate française Hébé capturée en 1782. Cette classe de navires comprenait la HMS Shannon qui captura la frégate américaine USS Chesapeake, ainsi que la HMS Trincomalee qui est le plus vieux navire de guerre encore à flot en Grande-Bretagne devant la HMS Unicorn. La coque de la HMS Unicorn est toujours à flot dans le bassin du port de Dundee en Écosse.

…Le HMS Trincomalee

Le HMS Trincomalee, est un navire de guerre de la Royal Navy. À l’origine il s’agit d’une frégate de 5e rang de 46 canons. Il est construit peu après les guerres napoléoniennes. Il est le plus vieux navire de guerre britannique en bois à flot car son ainé  le Victory, lui, est en cale sèche.. Le HMS Trincomalee, ouvert au public, est ancré à Hartlepool. Depuis 2014, il est inscrit au National Museum of the Royal Navy.

…Le HMS Gannet

Le HMS Gannet est un ancien sloop de guerre à propulsion mixte de de la Royal Navy lancé en 1878. Puis il est devenu un bateau-école sur la Tamise en 1903.
Il est préservé depuis 1987 par le Chatham Historic Dockyard  en Angleterre.
Il est enregistré comme bateau du patrimoine maritime du Royaume-Uni par le National Historic Ships UK et en 1996 et au registre de la National Historic Fleet.

Passons aux voiliers civils avec Le Glenlee…

Le Glenlee est une barque à trois mâts à coque en acier de 86 mètre HT, construit à Port Glasgow sous ce nom en 1896 . Avec les propriétaires ultérieurs, le navire sera rebaptisé Islamount puis Clarastella. quand il passera sous pavillon italien. À partir de 1922, il devient navire-école de la marine espagnole sous le nom de Galatea. Vendu en 1993, le Glenlee est un navire-musée au Riverside Museum de Glasgow.

…le navire polaire Discovery Dundee

Le RRS Discovery est un navire britannique, trois-mâts barque à propulsion mixte, conçu pour la recherche en Antarctique. Lancé le 21 mars 1901, il fut le dernier trois-mâts en bois construit dans les îles Britanniques.

Sa première mission fut d’amener Robert Falcon Scott et Ernest Shackleton pour leur premier voyage en Antarctique, plus connue sous le nom d’expédition Discovery. Le navire est actuellement un musée dans le port de Dundee en Écosse.

…Et enfin deux répliques de navires historiques: Le Golden Hind de Drake et l’Endeavour de Cook

De la même manière, la marine plus récente ne fût pas épargnée en France. Rappelons-nous le destin cruel du croiseur Colbert, un temps musée flottant dans le port de Bordeaux et que certains lobby locaux prirent un malin plaisir à “couler” pour des considérations écologistes et pseudo-patrimoniales évoquant “la verrue d’un navire de guerre sur les quais du port “.

Il est vrai que c’est tellement mieux un port sans navire…

Le Colbert sur les quais de Bordeaux

Le croiseur sera donc déplacé jusqu’au cimetière de bateaux de Landévenec où il séjournera quelques années, avant d’être de retour à Bordeaux pour y être cette fois-ci démantelé.

Landévenec
L'agonie du Colbert

Les britanniques n’ont pas eu ce genre de considération le croiseur HMS Belfast, ancré sur la Tamise en plein Londres et à proximité immédiate du Tower Bridge.

Ce qui est beau pour Londres n’étant apparemment pas à la hauteur de la capitale girondine…

Le HMS Belfast

Le HMS Belfast (C35) est un croiseur léger de classe Town de la Royal Navy qui a servi pendant la seconde guerre mondiale. Il est aujourd’hui dans le port de Londres. Amarré sur la Tamise près de la station de métro London Bridge, le HMS Belfast se trouve tout près d’une autre attraction portant sur l’histoire militaire, le musée Britain At War Experience.

Les britanniques sont par ailleurs les champions d’Europe de la sauvegarde du patrimoine maritime. Il n’est pas inutile de rappeler qu’en outre nos voisins d’outre-Manche ont aussi conservé le navire de guerre HMS Warrior qui date de l’époque Victorienne…Magnifiquement restauré!

Le HMS Warrior

Le HMS Warrior, surnomméle serpent noir” est le premier cuirassé à coque en fer de la Royal Navy lancé en 1860. Il fut construit pour répliquer au lancement en 1859 du cuirassé français Gloire. Il est devenu bateau-musée et peut être visité à Portsmouth en Angleterre. Lorsqu’il fut construit, il était le plus grand, le plus lourdement armé et le mieux blindé des navires de guerre de son époque.

…le HMS Caroline, dernier survivant de la bataille du Jutland pendant la première guerre mondiale et aujourd’hui amarré a proximité du “Titanic Muséum” à Belfast…

Le HMS Caroline est un croiseur léger de classe C de la Royal Navy construit par Cammell Laird and Company à Birkenhead et lancé en 1914. Il participera à la première guerre mondiale et notamment à la célèbre bataille du Jutland. Aujourd’hui il est conservé comme bateau musée à Belfast.

Plus surprenant, le monitor HMS M-33 datant de 1915 :

…Le HMS President, dernier survivant des Q-ship de la première guerre mondiale…

Le HMS Saxifrage était un Q-ship lancé en 1918 de la Flower-class sloop, de lutte anti-sous-marine. Il a été rebaptisé HMS President en 1922 et amarré en permanence sur la Tamise comme navire de la Royal Naval Reserve. Il est l’un des trois derniers navires survivants de la Royal Navy de la Première Guerre mondiale. Il est également le seul représentant du premier type de bâtiment anti-sous-marins construit. Il est l’ancêtre des escorteurs de convoi, qui ont évolué pour devenir les modernes frégates anti-sous-marins. Il est inscrit au registre du National Historic Ships depuis 1996.

 

…Le destroyer HMS Cavalier de la seconde guerre mondiale

Le HMS Cavalier (R73/D73) est un ancien destroyer de la Royal Navy. Lancé le 7 avril 1944, il a été mis en service le 22 novembre 1944, à la fin de la Seconde Guerre mondiale et a servi dans diverses actions en Extrême-Orient jusqu’à sa mise hors service en 1972.
Après sa mise en retraite, il a été préservé comme navire musée au Chatham Historic Dockyard. Il est enregistré au National Historic Ships depuis 1996 et est aussi un navire de la National Historic Fleet.

Le tander Nomadic, qui emporta autrefois les passagers de la White Star line, vers les paquebots transatlantique de la compagnie, dont un certain… Titanic.

Après un séjour en France à Paris comme restaurant à quai, celui-ci a retrouvé le port Irlandais.

Le SS Nomadic

Le SS Nomadic, parfois surnommé le « petit frère du Titanic », est un navire à vapeur de la White Star Line mis en service en 1911. C’est un transbordeur mis en service pour embarquer les passagers des nouveaux paquebots de classe Olympic dans le port de Cherbourg inadapté à leur grande taille. Retiré du service en 1968, il est revendu à un particulier six ans plus tard. Celui-ci le transforme en restaurant flottant sur la Seine. Vingt-cinq ans plus tard, destiné à la casse, il est sauvé par l’action d’associations qui conduisent à son renvoi à Belfast pour y être restauré dans son état d’origine. La restauration du navire prend fin en mai 2013. Le Nomadic est le dernier bâtiment restant de la White Star Line qui soit toujours à flot.

…mais aussi le plus vieux liner encore référencé qu’est le ss Great Britain auquel nous avons déjà consacré un article. (ICI)

…Le yacht de la monarchie britannique : Le Britannia

Dernier d’une longue lignée de yachts royaux, il fut construit par les chantiers John Brown and Co en Écosse. Il fut baptisé par la reine Élisabeth II le 16 mars 1953. Armé par la Royal Navy, il a effectué en 44 ans, 968 voyages officiels sur toutes les mers du monde avec la reine ou un membre de la famille royale. Véritable ambassade flottante britannique, il a fait son dernier voyage à Hong Kong lors de la rétrocession de cette colonie à la  Chine. Le gouvernement britannique a décidé en 1994 de le désarmer pour raisons budgétaires. Cela fut fait en décembre 1997 dans le port militaire de Portsmouth. Il est depuis transformé en musée dans le port de Leith à Édimbourg et est devenu l’un des lieux les plus visités de Grande-Bretagne.

Seule ombre au tableau : Le paquebot Duke of Lancaster  qui pourri au pays de Galles, malgré l’acharnement d’une poignée d’irréductibles qui se battent pour le sauver. Souhaitons-leur bonne chance !

Évidemment, concernant la liste de ces navires, elle n’est pas exhaustive car le patrimoine naval britannique est immense. Ne sont pas recensés les navires de moindre taille ou encore les sous-marins (8!). Reconnaissons que pour un pays de taille comparable à la France c’est déjà pas mal, bien que les suivants, les USA, ne se défendent pas mal non plus…à une autre échelle évidemment puisqu’il ne faudra pas moins de deux épisodes pour tout passer en revue…

A suivre….

L’épisode suivant LA

                                                                                               Olivier Alba

 

 
 
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Le Moonta devient Lydia: La période grecque (Hellenic Mediterranean Line)

Après 24 ans de bons et loyaux services au sein de l’Adélaïde Steamship Co Ltd, Le Moonta est mis en vente par la compagnie australienne.

 

 

 

 

Un temps utilisé comme ferry pour remplacer du Taroona, il trouve au bout de six mois acquéreur auprès d’un armateur grec, la Hellenic Méditerranéan Lines (ELMES). Celle-ci prend possession du navire à Melbourne le 21 décembre 1955 et le bateau est rebaptisé Lydia, du nom d’une ancienne province grecque de l’antiquité. Cette province mythique traversée par le fleuve Pactole et sur laquelle régna le célèbre Crésus. Un nom prédestiné à assurer la bonne fortune du navire nouvellement acquis.

 

 

Le navire appareille alors pour le Pirée, son nouveau port d’attache. A Adélaïde, le Lydia embarque un équipage grec qui doit se familiariser avec le navire.

C'est déjà bien le Lydia et plus le Moonta- regardez bien les couleurs en haut du mât arrière !
Nikos Kavvadias (Νίκος Καββαδίας) à bord du Lydia

 

 

 

 

Dans les hommes embarqués, le célèbre écrivain de marine grec Nikos Kavvadias (Νίκος Καββαδίας) connu notamment pour son roman très noir «Vardia» (Le Quart) paru l’année précédente.

Le voyage vers la Grèce se fait via les îles Coco et le canal de Suez. A l’arrivée le navire part pour une inspection détaillée. Le paquebot est dans un état exceptionnel, au niveau de la rigueur navale anglo-saxonne!

 

Selon un journal grec de l’époque, le nouvel armateur s’extasie même de l’exceptionnel état dans lequel se trouve le paquebot nouvellement acquis le jugeant même “d’une propreté de haut niveau presque exagérée” (sic)

 

 

Le navire retraverse donc la moitié du globe pour joindre les eaux de la Méditerranée qu’il avait visité une première fois 24 ans plus tôt.

 

Arrivé en Grèce, il passe par les chantiers du  Pirée où il subit quelques transformations pour l’adapter à sa nouvelle destination: une navigation à travers la Méditerranée.

 

La capacité est doublée, passant de 157 à 280 passagers, et l’on installe quatre canots supplémentaires, portant le chiffre total d’embarcations de sauvetage à huit.

 

Sa plage arrière est elle aussi modifiée  pour recevoir, en lieu et place de l’ancien espace de tennis de pont, une petite dunette accueillant des cabines équipage supplémentaires ainsi qu’une infirmerie.

 

 

Le navire est divisé en trois classes: 51 passagers en première classe, 106 pour la classe «touriste» et enfin 123 en troisième classe qui s’entassent dans un grand dortoir à lits superposés situé sur le pont B au-dessus des cales avants.

Il est aussi prévu que le paquebot puisse emporter 180 «embarquants» supplémentaires en «plein air» sur la plage avant, et ce uniquement pour de courtes traversées. Rien n’indique d’ailleurs que cette éventualité ne fut réellement utilisée un jour… On peine à imaginer le Lydia chargé à ras les pavois de 460 passagers.

Brochure HML
Le pont promenade

                                             Dépliant publicitaire Hellenic Mediterranean Line (ELMES)

 

Au printemps 1956, il reprend enfin du service sur le trajet Le Pirée/ Venise/Brindisi/Alexandrie, mais très rapidement il est affecté à une autre ligne reliant Marseille à Beyrouth, avec escales à Gênes, Naples, Le Pirée, Alexandrie et Limassol Chypre).

Au retour, il ajoute une escale à Port-Saïd, au débouché du canal de Suez. 

Dés son entrée en service le Lydia va être pris dans les tourments de l’histoire car, en 1956, suite à la privatisation du canal de Suez, il va embarquer dans un premier temps les familles des européens qui travaillaient pour la compagnie du canal.

La fin d’un âge d’or pour ces expatriés qui retrouvent le chemin de la métropole.

 

 

Très peu de temps après c’est le tour des juifs égyptiens que Nasser a désigné comme Personna non grata suite à la guerre contre l’état d’Israël et l’opération franco-britannique de Suez. Ces événements passés, le Lydia retrouve la tranquillité de son périple autour de la Mare Nostrum sans incident notoire.

A l’orée des années 1960′, le Lydia subit une ultime refonte. A cette occasion, le navire reçoit une nouvelle livrée grise, couleur plus adaptée au climat méditerranéen et couramment employée dans la marine commerciale grecque. En outre, la dunette est surmontée d’un coupe-vent sur son avant pour rendre l’endroit plus agréables aux classes “touristes” qui sont seuls à profiter de la partie arrière du paquebot.

 

 

 

A l’orée des années 1960, le monde change et les anciennes première classe et classe touriste sont refondues en une seule «uniclass», plus en accord avec les mentalités de l’époque.

                                              Photos passagers prises à bord du Lydia courant les années 1960′

Ce trajet à travers la Méditerranée ne dure que dix ans et en décembre 1966, le  Lydia, regagne définitivement le Pirée après 35 ans de service à la mer, dans l’attente d’un acheteur ou plus probablement du départ pour le chantier de démolition…

…C’est là que va se jouer le fabuleux destin de celui qui va devenir le Paquebot des sables…

Olivier Alba

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la plage du Lydia, terrain d’expérimentation !

Ces dernier jours, confinement  et arrêté préfectoral obligent, les badauds étaient fort peu nombreux à assister à une expérience unique réalisée sur la plage du Lydia. La municipalité avait pourtant invité le président de l’AAML à y assister. Celui-ci ne pouvant s’y rendre, il a envoyé en délégation le vice-président, M Legros-Faique.
Derrière le “Bateau”, les employés s’affairent de peur que l’autorité ne leur tombe dessus à bras raccourcis.
Le directeur des services techniques explique: “Nous expérimentons la vaporisation d’une mousse bactéricide et virucide sur la plage pour préparer l’après-confinement. C’est important de rassurer les touristes qui viendront au Barcarès cet été, il en va de la réussite de la saison. Cette pratique va se généraliser sur toutes les plages de la commune, même si cela a  un coût non négligeable. En outre cette mousse disparaît au bout d’une demi-heure et n’a aucun impact sur l’environnement”
La mousse disparaït au bout d'une demi-heure

Le maire du Barcarès, Alain Ferrand est intarissable sur le sujet: “Gérer c’est prévoir » assène-t-il!  « De plus, nous pourrons désinfecter et nettoyer tout le site de l’Electrobeach à la fin du festival grâce à la même méthode. Avec la musique, ça va être la plus grande soirée mousse d’Europe!” et de rajouter: “l’odeur de cette mousse est persistante pendant plusieurs semaines, on peut lui donner l’odeur que l’on désire. Pour cette année, le parfum choisi est le parfum Mojito, qui fait invariablement penser aux vacances et qui est particulièrement apprécié de la clientèle féminine”. Il termine: “L’innovation fait partie de l’ADN du Barcarès, nous allons devenir la première destination touristique olfactive!”

La mousse recouvre la plage

 

 

Les réactions ne se sont pas faites attendre, notamment de la part de l’Association de Défense du Patrimoine Catalan. Son président M. Jordi Férence, affiche bonne mine mais reste inflexible:

“C’est peut être une bonne idée, nous ne nous prononcerons pas sur l’aspect sanitaire, mais l’odeur Mojito semble inappropriée. Pour immerger le touriste nous aurions préféré l’odeur d’une bonne sardinade bien de chez nous! Nous avons sollicité un entretien auprès de Monsieur le maire pour voir s’il est disposé à revoir le projet. ”

Le son de cloche est un peu plus incisif du côté du responsable régional du domaine maritime: “L’absence d’impact sur l’environnement n’a pas été totalement démontré; certaines études suggèrent même que cette mousse aurait un impact sur la reproduction du cumin couché et de la jacinthe des sables qui, comme vous le savez, sont des espèces endémiques de notre espace dunaire. Une étude granulométrique du sable avec la méthode de l’analyse spectrométrique des pollens sera nécessaire pour que nous avalisions la méthode. Et outre, la mousse se mélange à l’eau de mer et a tendance à donner au poisson un goût de “pas frais”. Il serait dommage que les pêcheurs qui vivent ici dussent se justifier auprès de leurs clients sur la fraîcheur de leur étal. De toute façon ce genres d’analyses complémentaires c’est automatique avant que nous puissions donner notre accord “

Bref comme à l’habitude, rien n’est simple dans ce village d’irréductibles pêcheurs gaulois, gageons que, comme d’habitude, tout se terminera autour d’un gigantesque banquet. Espérons que cette fois-ci le barde ne finisse pas attaché à un arbre*

*texte satirique écrit à l’occasion du 1 er avril en hommage à l’immense Albert Uderzo qui nous a quitté il y a peu… 
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L’Adelaide Steamship Company Ltd, premier armateur du Lydia-Moonta

L’Adelaide Steamship Company, premier armateur du Moonta, était une des plus grande compagnie maritime d’Australie et l’une des entreprises commerciales les plus réussies du sud de  l’Australie.

Le commerce de la laine, du blé et des minéraux faisait de l’Australie du Sud une riche partie de l’empire colonial britannique au 19 ème siècle. Les exportations de matières premières étaient en plein essor mais leur expédition d’Australie du Sud a longtemps  été freinée par la petite taille des entreprises de fret maritime  et les rivalités inter-coloniales.  

Le pavillon de la compagnie

 

 

En 1875, un groupe de pasteurs et hommes d’affaires avertis a pris le parti de prendre le problème à bras le corps, ce fût la création de l’Adélaïde Steamship Company. Sa création  visaient à assurer le transport de leurs produits ainsi que d’engranger le bénéfice du fret.

Un service de transport de passagers fût aussi créé (souvent par paquebot mixte) pour faciliter le déplacement des personnes sur ce continent immense et presque dépourvu de voies de communication terrestres efficaces.

Une réclame dans un journal d'Adélaïde en 1882

Pendant plus de 100 ans, la flotte de l’Adélaïde Steamship Company dominera le transport de passagers et de marchandises dans une large zone de l’Australie s’étendant de la ville de Darwin à celle de Townsville. La Société emploiera près de 800 marins à son apogée.

En temps de guerre les navires de la compagnie ont été réquisitionnés pour les campagnes mondiales (transport de troupes, d’armement, navires hôpitaux) et dans les temps de paix, ils ont offert  à de nombreux australiens le voyage d’une vie.

Le Wandilla converti en navire hôpital

Pendant plus de 50 ans de 1910 à 1960 le tour du Golfe de Spencer ou “Gulf trip” sur les navires de l’Adelaide Steamship Company a été une façon unique de découvrir le sud de l’Australie. Ce parcours deviendra même mythique car, il inaugurera le concept de croisière là ou les paquebots sont encore considérés comme de simples moyens de transport. Très tôt la compagnie basera sa publicité sur l’agrément du voyage plutôt que sur son simple aspect utilitaire. Le parcours circulaire du « Gulf Trip », permettait en outre de revenir à son point de départ après une croisière de 6 jours pour un tarif très avantageux.

 

Le Minnipa
Le Morialta
Le Moonta

Les navires de la compagnie, y compris le MOONTA, furent extrêmement populaires auprès des jeunes mariés à qui les navires du “Gulf Trip” offraient l’occasion d’un voyage de noce à moindre coût. Le voyage de sept jours coûtait en effet 6 £  en 1939. La devise de l’Adélaïde Steamship était à elle seule un programme: “Festina lente” (se hâter lentement)

Des navires comme le Minnipa, le Moonta et le Morialta ont fourni à de nombreux australiens le cadre à romantique et inoubliable à ce moment de leur vie. On ne compte plus aujourd’hui en Australie, le nombre d’enfants qui ont été d’ailleurs conçus pendant ce voyage et à bord de l’un des petits paquebots de la compagnie.

Le souvenir du Moonta reste d’ailleurs à ce jour très vivace comme le prouve l’attachement de beaucoup d’australiens à ce navire. 

Le siège de la compagnie à Adélaïde

Durant l’entre-deux guerre, la compagnie est à son apogée. En plus du renouvellement de ses navire du « Gulf Trip», elle commande deux paquebots de plus grande taille qui deviennent incontestablement les fleurons de la flotte : Le Manunda et le Manoora.

Sa flotte est en outre composée d’une myriade de cargos de plus ou moins grande taille.

Le Manoora
Le Manunda

 

A l’orée des années 50 le développement du transport terrestre va concurrencer les navires à passagers de la compagnie qui va réduire cette branche de son activité en désarmant et vendant notamment le Moonta en 1955.

 

Le 1er Janvier 1964, sa flotte sera fusionnée avec celle de la McIlwraith McEacharn Ltd dans une nouvelle société nommée Associated Steamships Ltd. L’Adelaide Steamship Company détenant alors 40% des parts de la nouvelle société.

Cette nouvelle compagnie innovera encore en développant et armant en 1964 le premier navire porte-conteneur construit au monde: le MV Kooringa.

le MV Kooringa

En 1977, suite à des déboires financiers et des investissements hasardeux, l’Adélaïde Steamship Company décidera de retirer ses intérêts du conglomérat, ne conservant que la branche d’exploitation des remorqueurs et opérations de remorquage.

L’ Adélaide Steamship Company était à ce moment-là, l’une des plus anciennes entreprises industrielles d’Australie. Elle change de nom en 1997 pour s’appeler désormais Adsteam Marine Ltd, gardant dans son nouveau logo l’étoile rouge à huit branches de l’ancienne appellation.

En 2006, La société a été acquise par la plus grande compagnie de transport maritime au monde: l’AP Moeller Maersk. Il ne reste aujourd’hui de l’Adélaïde steamship Co Ltd que des photos jaunies, des objets souvenirs… et un paquebot échoué depuis plus de 50 ans sur une plage du sud de la France….

                                                                   Alba Olivier

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Naissance du mv MOONTA : les chantiers danois BURMEISTER & WAIN

Le M/V MOONTA (M/V pour Motor Vessel) a été construit aux chantiers-naval BURMEISTER et WAIN, de Copenhague et livré en 1931 à l’armateur Australien  Adelaide Steamship Co Ltd. Ce choix d’un chantier danois s’explique par le fait que la compagnie australienne souhaitait s’équiper d’un navire à propulsion diesel, grande spécialité du chantier danois.

En outre la compagnie australienne avait déjà commandé quelques années auparavant un navire du même type, le Minnipa, qui, bien que légèrement plus petit que le Moonta, donnait toute satisfaction.

                      Le M/V Minnipa dont les formes sont très proches de celle du futur Moonta et la motorisation identique.

Le choix de ces chantiers, plutôt que des chantiers britanniques, s’explique de par la réputation qu’ils ont  dans la fabrication de navires robustes et surtout par leur maitrise d’une motorisation innovante pour l’époque qui est celle du moteur diesel marine.

Carl Christian Burmeister et William Waincrée

 

A l’origine les chantiers B&W sont une fonderie créée par Carl Christian Burmeister et William Waincrée qui, en plus de leur activité principale, produisent déjà des moteurs-vapeur. 

Burmeister and Wain Iron Foundry Peder Severin Krøyer (1851–1909)

En 1888, ils se diversifient et fondent à Copenhague (Danemark) des chantiers navals, prolongement naturel de leur activité première.

En 1898, la société obtient de Rudolf Diesel une licence de fabrication, qu’elle produit en moteur “2 temps”. L’essor, jusqu’aux années 70, fut considérable et l’entreprise compta jusqu’à 10.000 salariés.

Ce type de motorisation s’est d’ailleurs aujourd’hui imposée pour tout les types de navire au détriment de la machine à vapeur (triple expansion ou turbine) qui, à l’époque, était la règle.

l'atelier d'assemblage des machines
L'embauche des ouvriers du chantier

En outre les chantiers navals B&W c’étaient illustrés avec le lancement de deux unités prestigieuses: Le yacht de l’empereur de Russie, le Standart en 1891 ainsi que le cargo à moteur diesel Sélandia en 1911, qui avaient eu un retentissement unique à l’époque. Cette dernière unité, révolutionnaire, avait d’ailleurs fait dire à Winston Churchill, premier lord de l’amirauté britannique: “This new type of ship is the century´s most perfect maritime masterpiece.”

Le "Standart"
Le "Sélandia"

Aprés le Minnipa construit en 1927, vient la commande par l’Adélaïde Steamship Co du Moonta qui sera lancé en 1931:

Les caractéristiques du Moonta sont les suivantes: 90,8 mètres de long, 13,4 de large et 4,28 de tirant d’eau, le tout pour un déplacement de 2693 tonnes.

Son moteur diesel de 2800 CV le propulsant via une unique hélice quadripale à la vitesse de 13 nœuds.

Il est prévu pour une capacité de départ de 140 passagers en une seule classe et les locaux communs sont traités avec soin.

Comme c’est un paquebot-mixte, il reçoit des cales à l’avant et à l’arrière pour charger le fret à travers trois panneaux de cales. La manutention se faisant grâce à 8 bras de charge alimentés par des moteurs électriques.

Ouvriers en plein travail de rivetage
Bloc moteur diesel marine B&W

Après des essais où il donnera pleine satisfaction, le M/V Moonta est réceptionné par les marins de l’Adélaïde Steamship Co qui auront tout le temps de se familiariser avec le navire dans son long trajet vers l’Australie et le « Gulf trip » qui le rendra célèbre. Il quitte alors le continent européen pour près d’un quart de siècle. Jusqu’à son désarmement en 1966, sa motorisation aura fait preuve d’une fiabilité et d’une robustesse remarquable, preuve du choix avisé et judicieux de ses commanditaires.

 

 

 

Concernant les chantiers, ils resteront une entreprise solide jusqu’à la fin des années 1960. Dans les années 1970, la concurrence mondiale, en particulier venue d’Asie commencera à faire des ravages.

 

Le site des chantiers navals B&W aujourd'hui

Dans les années 1980, les chantiers Burmeister & Wain abandonneront la construction navale pour se recentrer sur la construction des diesel marine, aujourd’hui partie intégrante du groupe allemand MAN AG, présent dans le monde entier.

La société maintient toujours des opérations sur trois sites principaux au Danemark pour la fabrication, l’entretien et la licence de ses moteurs à deux temps ainsi que les systèmes de propulsion complets.

Le Lydia ex-Moonta, aujourd’hui échoué sur la plage du Barcarès, restera encore longtemps le temoin de cette épopée industrielle. Avouons franchement que personne n’aurait pensé au sud de la France pour y trouver la trace du patrimoine et du savoir-faire industriel danois…

                                             Olivier Alba