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Le classement des plus vieux paquebots au monde, le N° 2: Le Doulos

A la place N°2 :Le deuxième plus vieux paquebot référencé est le paquebot DOULOS.

Lancé en 1914 et conservé aujourd’hui sur l’île de Bintan en Indonésie

 
 

Le MV Doulos Phos est un navire à passagers de haute mer construit en 1914 aux chantiers Newport News Shipbuilding and Dry Dock Company qui, jusqu’en 2010, fut le plus ancien encore en activité. Il est également le deuxième paquebot le plus ancien au monde après le Great Britain.

Après avoir servi activement, d’abord de cargo, puis de navire de passagers et enfin de bibliothèque flottante pendant près de 96 ans, il est devenu une partie d’un complexe hôtelier en Indonésie.

 

 

Au cours des années, il s’est successivement appelé SS Medina, SS Roma, MV Franca C, MV Doulos et enfin MV Doulos Phos.


Ses caractéristiques sont  ( 2009):

136.36 m de long pour 16.82 m de large et 6.822 tonnes

560 passagers et 110 membres d’équipage.


Le SS Medina (1913- 1947):

 Le SS Medina était un navire cargo à moteur vapeur commandé le 28 août 1913. Sa construction a eu lieu aux chantiers Newport News Shipbuilding and Dry Dock Company de Newport News et s’est terminée en 1914. Il fut mis en service la même année pour la compagnie américaine Mallory Steamship Company. C’était, à l’origine, un simple cargo mixte qui effectuait du cabotage sur la côte ouest des USA jusqu’aux Caraïbes, transportant des marchandises et quelques passagers. Au cours de la seconde guerre mondiale, il fut réquisitionné par l’US navy; conflit qu’il traversera sans encombre.

Le SS Roma (1947-1951)

Après guerre, En 1947,  il est vendu une première fois à la compagnie Naviera San Miguel. Après de larges transformations qui verront sa silhouette changer, il est converti en navire à passagers avec des cabines pour 287 personnes et des dortoirs pour 694 personnes supplémentaires. Rebaptisé Roma, il est alors affecté en Méditerranée assurant du transport d’émigrants vers Israël. Il effectuera également quelques liaisons vers l’Australie. Après seulement quatre ans de navigation sous ses nouvelles couleurs, il est désarmé à la fin de l’année 51 et mis en vente par sa compagnie.

Le SS Roma est vendu en 1952 à la compagnie italienne Costa devenant le 3e navire de la compagnie après l’ANDREA C et l’ANNA C. Il change encore de nom puisque sa nouvelle compagnie le rebaptise FRANCA C. Radicalement transformé à Gênes, ses machines sont remplacées par des moteurs diesel Fiat. Son armateur le dote aussi de cabines spacieuses pour l’époque dont une majorité avec salles de bains privées. Sa capacité passe alors à 570 passagers en classe unique. Tout d’abord affecté à des voyages vers l’Amérique du sud comme tous les navires de la compagnie, il est ensuite basculé vers les croisières après la mise en service du FEDERICO C en 1957, puis du BIANCA C (ex LA MARSEILLAISE) EUGENIO C et ENRICO C. On le retrouve majoritairement durant cette période en Méditerranée, plus rarement aux Caraïbes. Il est finalement vendu en novembre 1977 à l’armement maltais Doulos Ltd.

Quelques photos:

Le MV Doulos (1977- 2009):

En 1977, l’organisation allemande Gute Bücher für Alle (« De bons livres pour tous ») fit l’acquisition du Franca C et le renomma Doulos. Dans ce nouveau rôle de bibliothèque et librairie flottantes, avec un équipage de volontaires, il navigua pendant trente ans autour du monde, de port en port, proposant des escales d’au minimum 1 semaine à 2 mois pour faire la propagande de la lecture; l’équipage volontaire multilingue assurant la promotion et la bonne marche du navire. Le paquebot/bibliothèque fit sa dernière circumnavigation en 2009 avec un désarmement prévu pour l’année 2010 à cause des nouvelles réglementations SOLAS. Toutefois il apparut que d’importants et coûteux travaux étaient nécessaires pour que le navire puisse continuer son service jusqu’à son désarmement.

Le navire fut alors retiré du service dès la fin 2009.

Quelques photos:

Le Doulos Phos (2010- ):

Le 18 mars 2010 le bateau a été remis à son nouveau propriétaire, Eric Saw, administrateur et directeur général de Biz Naz Resources International, qui souhaite le préserver. Le navire est renommé MV Doulos Phos. En septembre 2013, il est remorqué à Batam en Indonésie pour être rénové dans le but de faire partie d’un complexe hôtelier à 25 millions de dollars sur l’île de Bintan.

 

Tout d’abord le navire est passé en cale sèche et a subi quelques modifications: Auparavant des travaux structurels approfondis ont été effectués sur le DOULOS PHOS en cale sèche au Cap (Afrique du Sud) avant qu’il ne soit déplacé à Bintan.

Arrivé en Indonésie, le Doulos va être mis à terre sur une péninsule artificielle, crée spécialement pour accueillir un complexe touristique hôtelier de loisir dont le paquebot est la pièce maitresse.

Pour l’échouage le procédé est original puisque le navire est tracté à terre sur de grands boudins d’air:

La vidéo de la mise à terre: ICI

Le DOULOS PHOS est une société en  « joint-venture » entre BizNaz Resources, qui a été le propriétaire du navire, désarmé en 2010, et Bintan Resorts International, une société pour gérer le navire hôtel à terre et qui  possède et exploite plusieurs grandes propriétés de villégiature sur une partie de la côte à proximité à l’endroit où le DOULOS PHOS est maintenant « amarré ».

 

L’île de  Bintan est situé dans le détroit de Malaca à une heure de Singapour  en ferry rapide.

Bon, certains esprits chagrins pourront dire qu’au vu des multiples transformations, pour ne pas dire « reconstructions », le Doulos ne mérite guère sa place de deuxième paquebot le plus vieux du monde…. Certes, mais l’œil averti d’un spécialiste reconnaîtra sous ses airs de vieille dame alourdie par l’âge, la fine coque rivetée et son élégante poupe surplombante si caractéristique des navires du début du XXème siècle. 

Quel fabuleux destin que celui de ce navire presque inconnu,  contemporain du dramatiquement célèbre Titanic, de deux ans seulement son aîné !!!

Ce navire qui fête aujourd’hui ses 105 ans dont 96 de navigation.

Chapeau bas l’ancêtre …

Pour consulter l’épisode N°1, c’est : ICI

                                             Olivier Alba

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Le classement des plus vieux paquebots du monde, N°1: Le Great Britain

A la place N°1 :Le plus vieux liner référencé est le paquebot GREAT BRITAIN 

lancé en 1843 et conservé aujourd’hui en cale sèche à Bristol (GB).

Un peu d’histoire:

Le SS Great Britain est un paquebot à vapeur britannique  de 3300 tonnes, construit par le grand ingénieur Isambard Kingdom Brunel, pour la compagnie Great Eastern Ship Company. ce fût le premier navire de haute mer doté d’une coque de fer et d’une propulsion à hélice. 

Quand il fut lancé, en 1843, il était le plus grand navire à flot. Il transportait 120 passagers de 1re classe (dont 26 en cabines simples), 132 passagers de 2e classe et 130 officiers et membres de l’équipage. L’ajout d’un pont supplémentaire fit ensuite passer le nombre de passagers à 730.

 

Il mit 14 jours pour traverser l’Atlantique.

                                                                                                                                                                                                                                         Le navire est parvenu jusqu’à nous après une longue période où il servit de ponton – dépôt de charbon – aux îles Malouines.

Laborieusement renfloué et rapatrié en Grande-Bretagne sur une barge à la fin des années 1980, puis intégralement restauré. Il est actuellement l’une des attractions touristiques les plus prisées du port de Bristol.

Quelques photos:

Et voici le paquebot Great Britain aujourd’hui:

Des abords parfaitement soignés et  des intérieurs minutieusement restaurés et/ou reconstruits:

De belles mises en scènes qui permettent de se replonger dans une époque. L’immersion est totale!

Olivier Alba

 

Plus sur ce paquebot: http://www.ssgreatbritain.org/

Les avis tripadvisor et de nombreuses photos: ICI

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Assemblée générale de l’AAML 2019

Le samedi 19 octobre 2019, l’assemblée générale annuelle de l’Association des Amis du Moonta-Lydia, s’est tenu à bord du « Paquebot des sables ».

  Aprés le mot du Président et le rapport financier pour l’année précédente, l’election du nouveau bureau à eu lieu comme prévu par les statuts. Le nouveau bureau élu pour 4 ans est ainsi composé:
 
Président: Alba Olivier
Trésorière: Carole Pruvot
Secrétaire: Cédric Danjean
Secrétaire adjoint: Julien Ninous
 
A l’issu, les débat se sont organisés autour des actions à mener pour l’année à venir et ce dans le plus grand sérieux.
 
A l’issu de la réunion, un apéritif a été offert par le président et les membres le souhaitant se sont retrouvés autour d’un repas convivial au restaurant « le Lamparo » tout proche.
 
L’année qui vient s’annonce d’ors et déjà bien remplie puisque le nombre d’adhérents dépasse désormais les cinquante ce qui permet d’envisager une multiplication des missions.

 

 

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Les « vies du Lydia » depuis son arrivée. Episode 5: Le groupe Partouche. La fin de l’ère des casinotiers.

ÉPISODE 5: Le Groupe Partouche. 

    La fin de l’ère des casinotiers

             (2000/2010)

 Alors que le XXI ème siècle pointe le bout de son nez, le Lydia n’est plus que l’ombre de lui-même. Le casino est fermé, l’entretien se résume à un blanchiment à la va-vite tous les mois de juin, les embruns et l’humidité favorisent la prolifération des points de rouille et le bois est mangé par les champignons. C’est dans cette atmosphère de fin de règne que le Paquebot des sables va encore faire parler de lui. 

En effet, en 2000, le groupe Partouche, premier groupe de casinos en France va acquérir le Lydia en vue d’y rouvrir un énième casino. C’est chose faite au mois de mars de la même année. La société Lydia Invest, dont le paquebot est l’un des actifs, est acquise pour l’euro symbolique, à charge pour le groupe Partouche d’éponger les dettes qui s’élèvent alors à 20 millions de francs (source journal l‘Indépendant). Rapidement un directeur est nommé et le fondateur du groupe, Isidore Partouche, rend même une visite à son 50 ème futur-ex casino. 

Lors de son arrivée, madame Partouche ne peut retenir un cri d’horreur « Isidore, tu n’as pas acheté ça ! ». C’est dire l’état dans lequel se trouve le Paquebot, silhouette fantomatique dressée sur une plage désertique.  

Néanmoins un dossier de réouverture du casino est déposée auprès du ministère de l’Intérieur.

           Le pont des « embarcations » vu depuis la timonerie (année 2003)                            Source crédit-photo :Site ministère de la culture

 

Quatre ans vont s’écouler pendant lesquels rien n’est fait à bord ou presque. Pire encore, le nouveau responsable découpe et saccage des pans entiers du navire: Le mât arrière est retiré, ainsi que les bras des mâts de charge. Sur le pont des embarcations, on disque à l’envie les bossoirs et bers donnant un aspect fantomatique et vide à la silhouette déjà fort amochée du Lydia.

Bref le paquebot se transforme en jouet de baignoire. Un décor. Beau de loin mais loin d’être beau.

           Les bossoirs et bers d’embarcations ont été découpés ! (année 2003)

                         Crédit photo: site du ministère de la culture

Au bout de quatre ans, en février 2004, et après trois demandes infructueuses, le casino obtient enfin son autorisation d’ouverture.

Las. Il faut ouvrir pour la saison et à bord tout reste à faire, on va confondre une fois de plus vitesse et précipitation. Certes la coque est entièrement sablée permettant de retrouver le métal sain sous 30 couches de peintures et l’on change l’enveloppe de la cheminé complètement pourrie.

                   La coque est néanmoins entièrement sablée et traitée

Mais on va faire aussi n’importe quoi. Ainsi les bois vont être  sablés à l’envie, les endommageant irrémédiablement. 

Pire encore, on va recouvrir les pont de lames de terrasse en bois pour « faire propre » et blanchir entièrement le paquebot, lui donnant la triste allure d’un navire-hôpital. Les fenêtres et portes sur le pont des « embarcations » sont condamnées.

                              Blanc et rien que blanc: Le navire fantôme

A l’intérieur pas grand chose de mieux: Rien à voir avec une ambiance paquebot « années folles » et les trois-quarts du Lydia restent à l’état de ruine.

 D’origine subsistent encore le social hall, l’escalier et le fumoir qui accueillent le restaurant.

La discothèque reçoit une nouvelle décoration. 

On organise des thés dansants

En fait quand on fait mal, on ne va pas très loin. C’est en substance ce qui va se passer. Aprés quelques années d’exploitation le restaurant inexplicablement ferme alors que son succés ne s’était pas démenti.

                            Les néons à même la coque, du grand n’importe quoi !

En 2008, l’ouverture d’un casino à Port-Leucate, ainsi qu’une mauvaise gestion vont faire sombrer  le paquebot. Au bout de seulement 4 ans, le casino-discothèque va fermer, une fois de plus. Il s’endort alors pour une période de trois ans pendant lesquels aucun repreneur ne se présente pour y exploiter un énième casino …

Après quatre échecs successifs personne ne veut plus tenter l’aventure.

                                                                                Olivier Alba

 

Pour consulter l’épisode N°4, c’est : ICI

Pour consulter l’épisode N°3, c’est : ICI

Pour consulter l’épisode N°2, c’est : ICI

Pour consulter l’épisode N°1, c’est : ICI