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Les « vies du Lydia » depuis son arrivée. Episode 3: L’époque Moliflor

Il semblait intéressant de faire un état des lieux sur notre paquebot époque par époque depuis sa mise à terre en 1967.

En 1981, Le Lydia vivote depuis déjà trois ans, son casino est fermé et Kuniko est partie depuis 1978 suite à des pressions familiales. Le paquebot  ne sert plus que d’annexe à l’hôtel Lydia Playa tout proche. 

Le groupe japonais Seïbu jette définitivement l’éponge la même année et met en vente l’hôtel ainsi que le Lydia.

Une autre époque s’ouvre alors que les casinos roussillonnais sont dans le creux de la vague. La crise se fait sentir, seul Roland Vonné et sa femme Betty, tiennent encore le cap de la nuit grâce au succès non démenti de la discothèque.

Le 25 février 1981, après de longues tractations qui dureront un mois et demi, le groupe Moliflor, qui gère déjà les casinos de Canet et du Boulou, devient propriétaire de la société Lydia SA.

le Lydia reste dans un état inchangé si ce n’est que le casino, uniquement saisonnier, se concentre au rez de chaussée avec les jeux de boule et la roulette. Roland Vonné est reconduit dans ses fonctions de gérant de la discothèque, toujours nommée Lydia-club, mais qui reçoit une toute nouvelle décoration dans le style antique grec.

La cheminée devient toute blanche, juste surmontée d’un liseré rouge.

En 1983 le casino s’agrandit et la roulette, ainsi que le baccara sont installés sur le premier pont. Au même niveau et sur l’avant, à l’emplacement de l’ancien snack « le Crésus » prend place un piano bar.

La visite des ponts supérieurs est ouverte, un musée de maquettes de bateau est installé dans l’ancien restaurant Isadora. Une boutique et un bar prennent place à l’emplacement de l’ancienne infirmerie du bord dans la superstructure arrière.

                Source crédit photo: Collection personnelle Xavier Cuvelier-Roy

En mai 1983, le Lydia va servir pour la dernière fois de décors au cinéma. A son bord sera tournée quelques scènes du film Poussière d’empire. Le prises de vue arrivent à peine à masquer les ponts déjà très dégradés.

L’image du mythe commence déjà de se ternir, mais un évènement imprévu va secouer le ciel du Barcarés.

Le mardi 26 juin 1983, tôt le matin juste après la fermeture du night-club, un grand « Bang » retentit. Le Lydia vient d’être plastiqué !

Les pompiers rapidement sur place maitrisent l’incendie. M. Florenza, le gérant du casino ainsi que Roland Vonné, ne peuvent que constater les dégâts:

La discothèque est entièrement détruite, ainsi que la salle du piano bar sur l’avant. On pense tout d’abord à un accident, mais rapidement l’enquête s’oriente vers la piste crapuleuse.

Un an après, la discothèque à peine reconstruite, des plastiqueurs sont arrêtes dans les jardins du Lydia par la SRPJ. Ils voulaient à nouveau faire sauter le bateau! L’opération avait été en fait commanditée par le propriétaire d’une boite de nuit de Port-Leucate, le Krypton, à qui le Lydia faisait de l’ombre.

Après reconstruction, le Lydia-club s’ouvre désormais sur deux niveaux (rez de chaussée et premier pont). Un grand cube de béton sert désormais d’entrée et défigure la ligne du bateau. Cette verrue restera tente ans !

On a beau s’enivrer à nouveau dans la fête, le mythe n’est plus. Le casino accumule les déficits alors que les bandits manchots sont encore interdits en France.

Désormais l’entretien est négligé et hors saison la coque se couvre de rouille. Les ponts ont depuis longtemps crachés leur étoupe et tous les hauts prennent l’eau. Les chaloupes débâchées (?!) se détériorent. Le bois pourrit, le métal s’oxyde.

Seule sa silhouette au loin impressionne encore.

Sale temps pour le Lydia…

L’ère des mutilations va bientôt débuter. 

                                                                                                                                     Olivier Alba

 

Pour consulter l’épisode N°2, c’est : ICI

Pour consulter l’épisode N°1, c’est : ICI

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Les « vies du Lydia » depuis son arrivée. Épisode 2: Kuniko Tsutsumi 1973/1978

ÉPISODE 2: L’époque japonaise.

(1973/1978)

 

 

La seconde époque commence donc en 1973 avec le rachat du Lydia par le groupe japonais Seïbu, qui le transformera, sous la férule de sa flamboyante directrice Kuniko Tsutsumi, en casino de luxe.

 

 

 

 

L’affaire s’est faite quelques semaines plus tôt lors d’une réunion organisée par la DATAR, présidée à l’époque par Jacques Monot. Lors de cette réunion, il est question de relancer la Mission Racine d’aménagement du Languedoc-Roussillon en attirant les investisseurs privés.

C’est là que le flamboyant directeur de la SEMETA, le sénateur Gaston Pams va pour ainsi dire imposer le Barcarès à la non moins flamboyante Kuniko Tsutsumi, directrice de Groupe Seïbu en France. Il lui montre le Lydia et déclare à la manière d’un Danton « Les Français sont trop respectueux des traditions, ici on joue l’audace ».

 

L’affaire est entendue, le Lydia est cédé au groupe japonais pour une bouchée de pain en échange de la promesse faite de construire sur place un hôtel ainsi qu’une résidence de loisirs. Ce sera l’Hôtel Lydia-Playa et la Résidence du Soleil Levant.

Lors de l’inauguration du casino de gauche à droite: Le maire du Barcarès Got, au centre K.Tsutsumi, G.Pams.

Le projet de Kuniko, fille d’une des plus grosses fortunes du Japon, est ambitieux: faire du Lydia un casino de luxe qui fonctionnera en parallèle avec l’hôtel pour l’hébergement. Le Lydia devient son jouet, son chouchou, sa marotte. D’autant que « La princesse » a ses entrées. Les Yéyés font faire place aux VIP parisiennes. Le navigateur Alain Colas est choisi pour être le parrain du navire.

 

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K.Tsustumi et Alain Colas lors de l’inauguration. Crédit photo: L’Indépendant

De grand travaux de transformation vont être alors engagés pour adapter le paquebot à sa nouvelle mission, sans le moindre discernement et le moindre égard pour son passé. La décoration sera confiée à Michel Ambrogi et Yves Betin.

 On ne lésine pas sur le prix non plus, près de 20 millions de francs sont investis pour métamorphoser les intérieurs. La silhouette du navire subit un léger changement au niveau de la plage avant où un jardin d’hiver est créé en lieu et place de la piscine et du bar. Contre la coque et pour matérialiser l’entrée, une structure légère est construite. La cheminée arbore désormais les couleurs de l’entreprise Seïbu.

A l’intérieur, en revanche, tout change, un pont entier est dégagé pour laisser place au casino.

 

 

 

 

Au rez-de-chaussée le night-club le « Trunk » devient alors le « Lydia-club » et reste à la même place mais avec une toute nouvelle décoration.

 

 

 

 

Toujours au rez-de-chaussée mais à l’arrière cette fois-ci prennent place une salle de boule ainsi que le bar Zig-zag:

Au-dessus, au premier niveau, un pont entier de cabines ainsi que l’ancien « trunk store » sont démolis pour faire place au casino proprement dit, caisses, salle de jeux et à l’avant un bar nommé « le Crésus » en référence à la nouvelle destination du lieu mais aussi clin d’œil au très connu roi de Lydie. 

           A gauche le casino et ses tables « azur », à droite le snack le « Crésus »

Enfin, au-dessus du casino prend place à un nouveau restaurant « l’Isadora » qui se prolonge sur la plage avant, faisant disparaitre le bar de plein air ainsi que la piscine.

Le Lydia nage alors dans le luxe: artistes, jet-set et « beautiful people » se mêlent aux riches industriels sud-catalans. Les costumes sont dessiné par Karl Lagarfeld, le moindre porte clef est signé Hermès. Le cinéma s’intéressera aussi au casino du Lydia qui servira de décor pour le film l’Alpagueur de Michel Labro avec en tête d’affiche le trés populaire Jean-Paul Belmondo.

A gauche: K.Tsutsumi et le couturier Ted Lapidus, à Droite Claude François au casino du Lydia

                                           Jean-Paul Belmondo lors d’une des scène de l’Alpagueur

Époque dorée certes, mais surtout une coûteuse illusion qui durera à peine cinq ans. 

A la fin des années 1970, la réouverture des casinos en Espagne sonnera le glas de cette coûteuse illusion.

Plus grave encore, la gestion du casino est catastrophique et le casino est fermé en 1978 suite au retrait contraint et forçé de Kuniko à qui Tokyo a définitivement coupé les robinets financiers. 

Le  Lydia sera encore exploité trois ans par le groupe Seïbu mais comme simple annexe de l’hôtel, salle de séminaires et de conférence.  Seul le très populaire « Lydia-club« , avec à sa tête l’inamovible Roland Vonné et sa femme Betty, tient le cap de la croisière nocturne.

En 1980 le groupe Seïbu jette définitivement l’éponge: Le Lydia change une fois de plus de mains et l’hôtel Lydia-playa est vendu, une nouvelle période s’annonce à l’orée des 80’…

…Reste que les nouveau aménagements, si beaux soient-ils sur l’instant, sont très marqués années 70′

…Finies l’intemporalité d’une déco marine, l’authenticité d’un lieu unique…

Seuls subsistent encore en 1980, la timonerie presque intacte (il manque juste le compas), l’escalier, le social-hall, le salon arrière (les deux au niveau du pont promenade) ainsi qu’un pont entier de cabines qui servent de bureaux.

 

  Cette période est cruciale pour l’avenir du Lydia, même si à l’époque personne ne s’en rend encore compte: en le mettant à la « mode », en cédant aux « tendances » en terme de déco, on l’a condamné à vieillir…  

 le Lydia a déjà perdu une partie de son âme…

                                                Olivier Alba

Pour consulter l’épisode N°1, c’est : ICI

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Les « vies du Lydia » depuis son arrivée. Épisode 1: La SEMETA

ÉPISODE 1: L’époque de la SEMETA.

(1967/1973)

 

Il semblait intéressant de faire un état des lieux sur notre paquebot époque par époque depuis sa mise à terre en 1967.

 

La première époque est donc celle juste après l’échouage, époque qui verra les entrailles du navire s’adapter à sa nouvelle mission touristique.

 

Après de premiers travaux aux Chantiers Terrin à Marseille (essentiellement de chaudronnerie), il est convoyé au Barcarès.

De 1967 à 1973, le paquebot sera loué par la SEMETA (société mixte d’aménagement qui a en charge la création de la station du Barcarès) à une société créée pour l’occasion: La SODELOR qui a mission de l’exploiter.

Sur les extérieurs le navire est quasi intact et « dans son jus », ce qui fait son succès auprès des 300 000 touristes qui se ruent à bord en l’espace du mois d’août 1967. Certains espaces authentiques ont été préservés comme le social-hall, le bar arrière (pont promenade), la salle à manger (deuxième pont). Les deux ponts de cabines (premier et deuxième pont) sont encore intacts. On pense un temps à les transformer en hôtel mais le projet est abandonné pour des raisons à ce jour inconnues.

Le panneau de l'hôtel avait même été mis en place en 1967 !

Pour les aménagements intérieurs le sénateur Gaston Pams, président de la SEMETA, aura ces mots flamboyants: « Que du beau et du cher ! »

On fait donc appel à des artisans spécialisés et des compagnons pour réaliser les luxueux aménagements.

Sur le pont avant à pris place une piscine et un bar qui connaitront immédiatement un succès incroyable: 

La salle à manger d’origine des premières classes, entièrement recouverte de panneaux plaqués en citronnier de Ceylan, accueille les clients dans un cadre de rêve

Devant le navire, l’hélice (qui n’est pas celle d’origine mais l’hélice de secours qui se trouvait dans la cale avant) brille de mille feux en accueillant les curieux:

Dans la cale avant est aménagée la première discothèque le « Trunk » sous la houlette de Roland Vonné.

Dans la cale arrière et le compartiment des diesels MAN est installé un snack-bar appelé très opportunément la « Cambuse », entièrement plaqué en pin d’Oregon verni. Les suspensions rappellent les lamparos catalans. Les cloisons inclinées respectent les formes de la coque: on est bien dans un bateau!

Sur le premier pont à l’avant est aménagé un bar et des boutiques: « Le Trunk store ». 

Par des hublots on peut apercevoir les nageurs de la piscine au-dessus. Les murs sont recouverts de placage en bois précieux verni, le laiton brille doucement dans une ambiance luxueuse et très marine:

Sur le pont des embarcations on déambule entre les canots et, clou de la visite, on s’enthousiasme pour la timonerie parfaitement conservée. C’est l’endroit le plus couru du bord !

Même les cuisines dernier cri font l’objet d’une carte postale!!!

On peut comprendre à la vue de ces « photos témoins » l’engouement que procure le paquebot. Les aménagements sont impeccables, de bons goût, indémodables et surtout en parfaite adéquation avec l’esprit « paquebot » que le visiteur recherche.

On se bousculera à bords durant les cinq ans et demi d’exploitation par la SEMETA.

Seul changement au cours de ces cinq années, les couleur de la cheminée (noire liseré rouge en haut) qui, au départ, arborera un écusson de la SEMETA sur fond bleu, figurant deux sirènes:

Très rapidement remplacé par un logo plus stylisé et moderne figurant une maison (sic!)

Le style paquebot, les ambiances marines sont et resteront indémodables. Faire du moderne ou du « tendance » en un tel lieu, c’est prédestiner le paquebot à se démoder dans les dix ans qui suivent et manquer de respect à « l’historicité » et la dimension patrimoniale du lieu…

La seconde partie qui traitera de la période 1973/1980 nous le prouvera de manière éclatante….

A suivre…

                               Olivier Alba

Les aménagements du Lydia en 1967

Juste après l’échouage du navire en 1967, la SEMETA va se lancer dans une série d’aménagements qui visent à transformer et adapter le navire à sa nouvelle destination: Un centre d’activités touristiques. 

Sont prévus alors: Une discothèque (le Trunk club), des boutiques (le Trunk store), une salle de conférence pour la SEMETA, un hôtel (qui n’ouvrira jamais) ainsi qu’un snack (la Cambuse). Nos recherches nous ont amenés à retrouver les devis des travaux donnant un détail précieux sur la qualité de ceux-ci ainsi que les matières utilisées. A vous de les découvrir dans les documents qui suivent:

 

Quand on pense que tout (ou presque)  disparaîtra cinq ans plus tard lors de la reconversion du Lydia en casino…Mais c’est une autre histoire…

Olivier ALBA

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Dimanche 11 juin 1967

Le dimanche 11 juin 1967 au petit matin, Le Lydia est en vue de sa dernière escale.

Au nord se dessine dans le petit jour la falaise de Leucate tandis qu’apparait face à lui une bande de sable basse, déserte et battue par les vents, son ultime port d’attache.

Dans les semaines qui précédaient l’opération de mise à terre du paquebot, il avait fallu préparer le terrain, c’est à dire faire creuser par une drague flottante, un chenal de 600 m de long et 7 m de profondeur. Pour amener celle-ci de l’étang de Salses à la mer, on a fait lui fait donc parcourir  750 m sur le sable, sur des boudins gonflés d’air.

Parti de Marseille la veille et accompagné de deux remorqueurs (le Provençal 6 et le Phocéen ), le Lydia arrive en vue du Barcarès  le dimanche 11 juin 1967 au petit matin. 

 

Première étapes de l’échouage, des câbles sont fixés à la proue du paquebot, puis fixés à terre à de puissants engins de chantier, tandis que les remorqueurs se fixent à l’arrière du navire afin de maintenir l’axe du chenal. La Tramontane, tout de même un peu forte, ne facilitant pas les opérations

 

Enfin, les engins de chantier se mettent à tirer le paquebot. 

Bien aligné face au chenal par la poussée des remorqueurs, le Lydia avance doucement entre les bouées qui marquent les limites du chenal d’accés. Une élingue se rompt soudain sous l’effet du vent et le navire se met à dériver, risquant de s’échouer. Sur la plage la tension est extrême tandis que les deux remorqueurs interviennent pour le remettre dans l’axe. Plus de peur que de mal mais lorsque le sénateur se retourne, autour de lui tous les ingénieurs étaient livides. Fausse alerte !

 

Les opérations ne sont néanmoins pas terminées. Mètre après mètre, Le Lydia pénètre à l’intérieur des terres suivi comme son ombre par le Provençal 6. Malgré quelques frayeurs dues essentiellement à la Tramontane qui ne faiblit pas, le Lydia s’immobilise à l’emplacement prévu, et le Provençal 6, peut décrocher sa remorque et regagner avec la pleine mer.

Les techniciens qui commandaient la manœuvre, n’en ont pas fini pour autant. Le Lydia flotte à cent mètres à l’intérieur des terres certes, mais plusieurs opérations successives doivent encore le faire pivoter, puis le surélever pour amener la ligne de flottaison au niveau de la plage soit 3 mètres au-dessus du niveau de la mer. Enfin, il s’agit de l’immobiliser définitivement dans son lit de sable. Le planning prévoit que l’échouage sera achevé le 30 juin.

 

Les bulldozers entreprennent d’abord de combler le chenal et de refermer le port pour isoler le Lydia de la mer, ce qui est terminé deux jours plus tard. La drague, qui joue le rôle de pompe géante, intervient alors et comble une partie de ce qu’il reste du petit port remplaçant l’eau par le sable. 

 
 

Phase suivante : une digue de sable, recouverte de bâches de plastique, est élevée tout autour du lit du Lydia.

La drague y déverse bientôt des centaines de mètres-cubes d’eau et le Lydia s’élève peu à peu, comme dans un sas d’écluse.  Sa ligne de flottaison est à présent au-dessus du niveau de la plage et il peut être lentement amené par les bulldozers à la verticale du berceau qui lui a été confectionné. Il suffit dès lors de pomper l’eau pour qu’il vienne délicatement s’y poser.  

Au final, la drague et les bulldozers feront enfin disparaître toute trace du port .

 

Le «Paquebot des sables» est né!

Bientôt une armée d’artisans va prendre le navire à l’abordage pour le transformer en palais du tourisme mais ça, c’est une autre histoire….

                                                Olivier Alba

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Les campagnes de rénovation du Lydia- épisode 4

En 2017/2018, la quatrième tranche successive de travaux est  engagée et se concentre sur le premier niveau du paquebot, ainsi que sur la réalisation d’un hall dans la plus grande tradition des paquebots de légende. En effet au cours des trente dernières années, les propriétaires successifs avaient, et la raison reste un mystère, supprimés les possibilités de circulation intérieures entre les différents ponts du navire. Ne restaient donc que l’ascenseur et, pour l’anecdote, un petit colimaçon à l’arrière du navire.

Pour répondre à cette problématique il fut donc décidé d’utiliser l’espace de l’ancienne salle des machine (ouvert sur trois niveaux) pour réaliser un grand escalier monumental, surplombé d’une verrière dans le style Art’ Déco

Ce hall et l’escalier on nécessité un travail extrêmement technique réalisé entièrement par les employés de la municipalité.

Le résultat est magnifique:

Les travaux:

On découpe l'ancien plancher des années 60'
Pour retrouver l'espace ouvert de l'ancienne salle des machines

Le résultat:

Le hall et son grand escalier
Le verrière art déco
Vue du premier étage

Dans le même temps, tout l’arrière du premier étage est rénové pour faire place à une grande salle pour accueillir des évènements:

AVANT:

Après:

Comme chacun peut le voir le travail avance sur le « Paquebot des sables » qui, progressivement, renait après de longues années d’abandon. Le chemin est encore long et le chantier suivant risque bien d’en époustoufler beaucoup…

Affaire à suivre mais il faudra patienter jusqu’à l’année prochaine…

                                              Olivier Alba

Les campagnes de rénovation du Lydia-épisode 3

En 2017, la troisième tranche est  engagée et se concentre sur le second niveau du paquebot, qui désormais accueille, et c’est une première dans l’histoire du paquebot, un musée qui est dédié à son histoire. Ce musée est  réalisé grâce à la collaboration de l’Association des Amis du Moonta-Lydia, qui prête gracieusement à la municipalité les objets qui concernent le paquebot et acquis au cour des dernières années. Le président de l’association s’est chargé en outre de rédiger les textes du parcours.

Ce second niveau à nécessité un travail colossal, réalisé presque entièrement par les employés de la municipalité. Le résultat est saisissant:

Avant travaux:

 

Après travaux:

Crédit photo: Marie-Hélène Cuvelier-Roy

En outre, le pont couvert arrière, dans le prolongement du second niveau, est recalfaté. Les structures du navire, massacrées et découpées sont reprises par les ferronniers.

Avant:

Après:

La timonerie, centre névralgique du navire est entièrement rénovée suite à des années d’abandon et de pillage:

« Avant »

« Après »

Pour finir, même si cela peut apparaitre comme anecdotique, les sols du « fumoir » et du « Social hall » sont remplacés par une moquette dont le dessin est conforme aux photos prises pendant la période de navigation du paquebot. Le « social hall » retrouve un piano.

Le fumoir
Le social hall

Le musée est inauguré début août de la même année:

Au centre de gauche à droite: Olivier Alba (président de l'AAML), Alain Ferrand (maire du Barcarès) et Jean-Marie Pacifico (adjoint au maire et responsable des travaux).

Une année riche en travaux donc pour le cinquantième anniversaire de l’arrivée du Lydia au Barcarès. L’aventure se poursuit.

A suivre…

Olivier Alba

Les campagnes de rénovation du Lydia -épisode 2-

Campagne 2015/2016

En 2015, la seconde tranche est engagée avec la participation de l’association (Association des Amis du Moonta Lydia) auprès de laquelle la municipalité a sollicité une assistance technique et historique.

La rénovation du paquebot se porte sur le pont des embarcations qui a été débarrassé des lames de terrasse qui le recouvrait et des multiples couches d’étanchéité disgracieuses. Le pont d’origine proprement dit a été mis à jour, il est calfaté pour en assurer l’étanchéité.5

Le pont des embarcations avait été recouvert par le précédent propriétaire de multiples couches pour tenter de résoudre, en vain, les problèmes d’étanchéité des hauts du navire. Le tout surplombé de lames de terrasse de la grande distribution pour une esthétique plus que discutable. Solution inefficace, onéreuse et sans rapport avec la réalité patrimoniale.

L’AAML est chargée de trouver une solution à ce problème et propose à la municipalité de faire appel aux services d’une société spécialisée en charpente de marine et basée à Marseille.

Marché réalisé avec appel d’offre, les charpentiers se mettent au travail, le pont ayant été préalablement dégagé par les employés municipaux.

Les charpentiers au travail

Le travail est colossal! Il s’agit de rainurer les vieux joints d’origine pour en déposer de nouveaux. L’opération reste conforme à celle traditionnelle si ce n’est que l’étoupe et le goudron sont remplacés par une gomme synthétique plus résistante dans le temps.

En tout il a fallu refaire 2, 5 km de joints  et changer les 3000 bouchons en bois qui cachent les boulons fixant le pont à la structure du navire.

Le pont rénové

Le changement le plus visible par tous reste néanmoins celui de la nouvelle livrée du Paquebot qui retrouve ses couleurs noire et blanche d’origine, marques d’un nouveau départ:

Présent et passé..ou peut-être l'inverse

Le résultat est à la hauteur des espérances, l’effet est saisissant entre le « AVANT »

Et le « Après «  peinture….

Le « Paquebot des sables » peut envisager l’avenir avec une sérénité retrouvée, silhouette forte qui s’inscrit résolument dans le paysage environnant.

Et tant pis pour les nostalgiques du blanc !

Le lien vers l’article traitant de la campagne de rénovation précédente ICI

Olivier Alba

Président de l’AAML

Les campagnes de rénovation du Lydia -épisode 1

Suite au retrait du dernier des casinotiers, le Paquebot des sables va connaître plusieurs campagnes de rénovation à partir de l’année 2015. Campagnes salutaires de la dernière chance.

Campagne 2014/2015

Une accumulation successive de structures "casse" le ligne du "Paquebot des Sables"
En vue aérienne le navire pris dans son carcan (crédit photo Google)

Le Lydia est à ce moment-là enserré dans une gangue de bâtiments annexe, extrêmement disgracieux et cassant la ligne pure du navire. La priorité est alors donnée de le débarrasser de tout ce béton.

Côté mer les systèmes de clim et chauffages sont à même la coque beurk!
Démolition des structures avant, on respire ! (crédit photo Xavier Cuvelier-Roy)
La silhouette réapparait peu à peu ! (crédit photo Xavier Cuvelier-Roy)

Côté terre, le bloc de béton vit ses dernières heures….

La coque avait été, hélas, largement ouverte, les ferronniers sont au travail pour reboucher ces cicatrices

On en profite pour reboucher les larges ouvertures qui avaient été faites dans la coque ….

Côté mer la démolition du « Patio a commencé elle aussi….

La vue sur mer était affreuse...
Il y avait un navire derrière le béton !

…Avouons que c’est mieux là aussi !

Sur la plage avant il y a aussi du changement: Le restaurant « Isadora » construit dans les années 70′, et très dégradé, est démoli:

Crédit photo Hobbies Blog

L’ « Isadora » avait été construit sous l’ère japonaise pour accueillir un restaurant en lieu et place de l’ancienne piscine des années 60′.

La place nette, petit à petit le Lydia retrouve une silhouette conforme à l’origine:

Une dalle de béton avait elle aussi été coulée sur le pont. Les employés municipaux font place nette.

Sous une dalle en béton on retrouve le pont en tôle d’origine et l’espace de l’ancien « Deck bar » des années 60′

L'ombre portée rappelle l'emplacement de l'ancienne piscine

Vu de plus loin

Le roof se dégage à nouveau de la plage avant

Le résultat final :

Sous le gaillard avant la structure est rénovée et repeinte (crédit photo Marie-Hélène Cuvelier-Roy)

Et ce n’est que le début…Le chantier se poursuit aujourd’hui…

A suivre….

La seconde tranche de travaux ICI

Olivier Alba

Président de l’AAML