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Les derniers compagnons du Lydia

Samedi 10 juin 1967, à 9 h 30, un convoi formé de deux navires quitte le port de Marseille en fin de matinée. Cependant l’observateur attentif remarquera un détail étrange: il n’y a pas de passagers à bord du paquebot grec Lydia  que déhale le Phocéen, remorqueur de haute-mer de la Société Provençale de Remorquage.

Le Phocéen est au centre avec à sa remorque le Lydia

Il est un peu plus de midi quand le convoi franchit la dernière passe du port de commerce de Marseille, rejoint par un deuxième remorqueur, plus petit, portant les marques de la même compagnie marseillaise, le Provençal 6, qui joue les chiens de berger à quelques encablures

Les trois navire s’éloignent alors cap à l’ouest vers une destination inconnue. Le vent souffle environ force 5 sur l’échelle de Beaufort (30 à 40 km/h). A la passerelle du Phocéen, le commandant André Durand est serein : les conditions météorologiques sont conformes aux prévisions. Pas d’inquiétudes superflues, il compte sur la puissante machine de 2200 CV de son remorqueur pour contrer les bourrasques. Les onze membres d’équipage vaquent à leurs occupations, tandis que Jacques Marcel, le chef mécanicien, veille sur la puissante machine. Un peu à l’écart, le Provençal 6 attend son heure. Son commandant, Jean Di Fusco, à la tête d’un équipage de quatre hommes, n’entrera en effet en scène que le lendemain.

 

 

Le Dimanche 11 juin 1967,  dans la pénombre, on distingue à peine la destination finale du convoi: la station balnéaire à naître de Port-Barcarès. «Un voyage sans histoire» laissera tomber, laconique, le patron du Phocéen…

Après c’est l’échouage du Lydia qui poursuit encore aujourd’hui son fabuleux destin sur le sable.( l’echouage c’est ICI)

Le Phocéen
Le Provençal VI

Pourtant…Qu’est-il advenu des ultime compagnons de navigation du ‘Paquebot des sables” ?

Revenons sur leur histoire…

Le remorqueur Phocéen a été construit en 1959 en Italie, aux  Chantiers Industrie Navale Meccaniche Affini [I.N.M.A.] de la Spezia, pour le compte de la Société Provençale de Remorquage.

Il officie principalement au Port Autonome de Marseille et assiste les nombreux lancements de navires à La Ciotat. 

Mais c’est d’abord et avant tout un remorqueur de haute-mer :

 

“le Phocéen a participé à de nombreux remorquages et assistances, et particulièrement à celui du dock flottant qui avait quitté Marseille pour Dunkerque à la remorque du JEAN BART et du HARDI le 16 avril 1962. Le mistral s’est levé et ils ont été pris par une violente tempête au large des côtes de Sète. Les remorques se sont rompues, et après plusieurs tentatives infructueuses de reprise, les capitaines des deux remorqueurs ont demandé l’assistance d’un autre remorqueur. C’est le PHOCÉEN qui est parti de Marseille pour récupérer le convoi et le ramener sur Marseille, car le dock flottant avait subi pas mal de dégâts”. (Source info : http://www.marine-marchande.net).

Après le mémorable remorquage du LYDIA, qu’est-il devenu ?

Après 30 années de loyaux services à Marseille, il est vendu en 1987 à la
Co d’Expédition d’Oxford (Canada) sous pavillon de l’Ile de Malte, port d’attache la Valletta.

Cette nouvelle carrière, de l’autre coté de l’Atlantique, est “musclée”, convoyant, pour y être démantelées, du lac Michigan jusqu’au Brésil, des unités bien plus importantes en tonnage que notre Lydia, les fameux cargos de la série Roger-City : 

Le Phocéen est revendu une seconde fois en 1989  au groupe néerlandais Dalmeijer’s Metalen (Rotterdam), sous le nom d’ATLANTIC RANGE battant pavillon… des Iles Grenadines.

Il est recédé, selon le registre des Lloyd’s en 1991, sans que nous ayons pu identifier le nouveau propriétaire et perdons sa trace à cette époque.

Caractéristiques : 2200 cv, 34,52 x 8,1 x 4,81 mètres,  2200 CV.

Quand au second navire, plus petit, le Provencal 6, c’est un navire de la même compagnie, lancé en 1964 et doté d’une machine de 1200 CV. Sa petite taille ainsi que son faible tirant d’eau lui permettront d’accompagner le Lydia jusqu’au fond de la souille. Lors de l’échouage, il permettra d’éviter la catastrophe lorsque l’une des remorque cassera en stoppant la dérive du Lydia, poussé par la Tramontane et risquant de se coucher sur le bord du chenal.

Après une carrière sans histoire dans le port de Marseille, il a été cédé en 1986 à la SNRTM (armement naval qui l’a rebaptisé Toulonnais 6). Il a été depuis désarmé et démoli.

Xavier Cuvelier-Roy / Alba Olivier

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