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Le patrimoine maritime en France et à l’étranger – Épisode 11 – L’Europe du sud –

Note: La liste de navires citée n’est pas exhaustive mais le fruit de recherches qui peuvent être incomplètes. N’hésitez pas à nous contacter si vous constatez des oublis. La liste ne recense que les navires d’une taille assez importante et ne comprend pas les sous-marins.

Parmi les pays du sud de l’Europe de trouvent d’anciennes très grandes puissances maritimes comme le Portugal et l’Espagne, qui se partagèrent l’Amérique du sud ou encore l’Italie, la Grèce ou la Turquie dont le patrimoine est assez méconnu mais impressionnant à plus d’un titre. Commençons donc avec le pays le plus à l’ouest, qui s’étale le long de l’Atlantique :

1- Le Portugal :

Le Portugal est situé dans l’Ouest de la péninsule Ibérique. Délimité au nord et à l’est par l’Espagne puis au sud et à l’ouest par l’océan Atlantique, il est le pays le plus occidental de l’Europe continentale. Il comprend également les archipels des Açores et de Madère. Fondé au XIIe siècle, le royaume de Portugal devient au XVe siècle l’une des principales puissances d’Europe occidentale, jouant un rôle majeur dans les Grandes Découvertes et se constituant un vaste empire colonial en Afrique, en Asie, en Océanie, et en Amérique du Sud, notamment sous l’impulsion du roi Henri dit « le navigateur ». La puissance du pays décline à partir du XVIIe siècle mais reste fier de son passé de grande puissance maritime. Commençons donc par le plus ancien des navires musée portugais avec le Le Dom Fernando II e Glória, une frégate en bois de plus d’un siècle et demi :

Le Dom Fernando II e Glória est une frégate de 50 canons à coque en bois de la marine portugaise . Elle a été lancée en 1843 et a fait son voyage inaugural en 1845. Construit au chantier naval de Daman dans l’Inde portugaise , ce fut le dernier navire de guerre à voile du Portugal à être construit mais aussi le dernier navire a entreprendre le Carreira da Índia, une ligne militaire régulière qui reliait le Portugal à ses colonies en Inde depuis le début du 16ème siècle. Le navire est resté en service actif jusqu’en 1878, date à laquelle il a effectué son dernier voyage en mer, après avoir parcouru plus de cent mille milles, soit l’équivalent de cinq tours du monde. Après diverse utilisation comme navire-école, il a été presque détruit par un incendie en 1963, la coque en bois brûlée restant échouée dans les vasières du Tage pendant les 29 années suivantes. Finalement, en 1990, la marine portugaise a décidé de lui redonner son apparence des années 1850. Lors de l’ Exposition universelle de 1998, le navire est resté à Lisbonne en tant que navire musée dépendant du musée de la marine , étant classé comme unité auxiliaire de la marine ( UAM 203 ). Depuis 2008, le navire se trouve sur la marge sud du fleuve Tage à Cacilhas , Almada . En septembre 1998, le World Ship Trust a décerné à Dom Fernando II e Glória le prix international du patrimoine maritime , qui considérait sa restauration comme l’une des réalisations historiques les plus étonnantes en matière de préservation des navires. Le Registre international des navires historiques considére le Dom Fernando II e Glória comme la quatrième plus ancienne frégate armée et le huitième plus ancien navire de guerre à voile au monde.

…Poursuivons avec le magnifique voilier-école Sagres de la marine portugaise et ses voiles ornées de croix rouge :

Le NRP Sagres, ou Sagres III, est un trois-mâts barque, à coque acier, construit en 1937 à Hambourg en Allemagne sous le nom d’Albert Leo Schlageter pour servir de navire école à la Kriegsmarine. Il appartient à la même série que le Gorch Fock I (Allemagne), le Mircea (Roumanie) et l’Eagle (États-Unis). Endommagé par une mine en mer Baltique pendant la seconde guerre mondiale, il fut récupéré par les Américains en 1945. Vendu au Brésil, il prit le nom de Guanabara. Il fut enfin vendu au Portugal en 1961 et porte aujourd’hui le nom de Sagres, du nom d’un promontoire situé à côté du cap Saint-Vincent (côte Sud-ouest du Portugal). Il remplace le Sagres II, construit en 1896 à Bremerhaven avec le nom Rickmer Rickmers

Et enfin le Gil Eannes, un navire hôpital de soutient à la flotte morutière :

Le Gil Eannes a été construit par les chantiers navals de Viana do Castelo, en 1955. Il a été conçu comme un navire-hôpital de pointe, pouvant également fournir une large gamme de services en soutien aux navires de pêche portugais. Ainsi, outre l’hôpital, le navire servait de remorqueur, de brise-glace, de courrier et de navire de ravitaillement. Le navire a également servi d’autorité maritime portugaise pour la flotte blanche, lorsqu’il opérait en haute mer, pour ce rôle en transportant à bord un officier de marine. En 1963, le Gil Eannes a commencé à opérer comme navire à passagers et frigorifique pendant les périodes entre les saisons de pêche à la morue. En 1973, le navire a effectué le dernier voyage dans les mers de Terre-Neuve. La même année, Gil Eannes a été envoyé au Brésil dans le cadre d’un voyage diplomatique sous le parrainage de l’ambassadeur portugais de l’époque, José Hermano Saraiva . Après le dernier voyage en 1973, le navire a perdu ses fonctions, restant amarré et abandonné dans le port de Lisbonne pendant de nombreuses années. Le navire était destiné à être démoli .En 1997, l’historien et présentateur de télévision José Hermano Saraiva (sponsor du dernier voyage du navire alors qu’il était ambassadeur au Brésil) a lancé, dans l’un de ses programmes télévisés d’histoire, une campagne pour sauver le navire historique Gil Eannes de la démolition prévue. Le Gil Eannes a pu être sauvé à la dernière minute et, en 1998, il a été restauré dans les chantiers navals de Viana do Castelo , avec le soutien de plusieurs institutions, entreprises privées et citoyens. Une partie du navire (une partie des anciens quartiers) a été transformée en une auberge de jeunesse de 60 lits, le reste du navire étant restauré selon les caractéristiques d’origine pour devenir un navire-musée. Le Gil Eannes est désormais amarré en permanence dans le port de pêche de Viana do Castelo et géré par la Fondation Gil Eannes.

2- L’Espagne :

Au cours du XV et XVIème siècle, l’Espagne va devenir la première puissance européenne et mondiale et conquerir un immense empire colonial, soutenu par une marine puissante. Sa puissance maritime déclinera ensuite sous les coups des français et des anglais. Commençons donc par deux répliques de navires qui illustre cette Espagne conquérante, la Nao Victoria, seul navire de l’expédition Magellan qui fera effectivement le premier tour du monde:

La Victoria, Nao Victoria ou Vittoria, est une caraque espagnole de l’expédition de Magellan et le premier navire à avoir accompli le tour du monde. La Victoria faisait partie, avec quatre autres navires, d’une expédition espagnole placée en 1518 sous le commandement du Portugais Fernand de Magellan pour découvrir la route occidentale vers les îles aux épices. Cette petite flotte quitta Séville le 10 août 1519. La Victoria fut la seule à boucler le tour du monde. Magellan ayant été tué aux Philippines le 27 avril 1521, la Victoria, sous le commandement de Juan Sebastián Elcano, affecté au départ comme maître à bord de la Conception, puis nommé capitaine de la Victoria le 16 septembre 1521, fut la seule à boucler le tour du monde et à revenir en Europe, à Séville, son port d’attache, le 8 septembre 1522, soit 3 ans et 29 jours après son appareillage de ce même port de Séville. Après on ne retrouve trace de la Victoria que dans un registre de 1547 commentant la disparition du vaisseau lors d’un voyage entre Saint-Domingue et l’Espagne. Cette réplique fut réalisée pour l’Exposition universelle de 1992 à Séville, et a effectué un tour du monde de 2004 à 2006.

…Mais aussi le voilier El Galeon :

El Galeón ou Galeón Andalucía est la réplique d’un galion espagnol du XVIe siècle conçu et construit par Ignacio Fernández Vial. Il a été parrainé et construit par la Junte d’Andalousie et la Fondation Nao Victoria avec les objectifs de promouvoir le projet Guadalquivir Rio de Historia et de rester à côté du pavillon espagnol pendant l’Exposition universelle de 2010 à Shanghai et devenir ambassadeur de la Communauté Autonome d’Andalousie. En outre, son voyage a servi à signer des accords avec plusieurs universités andalouses, avec celle de Barcelone et avec celle de Liverpool, pour effectuer diverses études. Il a également reçu le prix Grand Voilier de la Fédération royale espagnole de voile. C’est une reproduction des galions des flottes de la Nouvelle-Espagne, de Tierra Firme et du galion de Manille, qui depuis les ports espagnols ont commercé au cours du XVIIe siècle avec divers ports d’Amérique et d’Asie. Il a été conçu et construit par Ignacio Fernández Vial, après un long processus de recherche historique. Il a eu, dans son premier voyage, un équipage de 32 personnes dirigé par le professeur de navigation Antonio Gonzalo de la Cruz. Le bateau mesure 51 mètres de longueur hors-tout et 3,40 mètres de tirant d’eau. Son pont principal porte un beaupré et trois mâts avec sept voiles. La poupe est décorée d’une représentation mariale, l’Esperanza de Triana, dont une réplique se trouve également dans le carré des officiers. La structure est en bois de chêne, d’iroko et de pin avec un revêtement en fibre de verre. Bien qu’il soit une réplique, il inclut la technologie du 21e siècle, particulièrement pour garantir la sécurité à bord.

…Poursuivons avec le voilier-école de la marine espagnole, le Joan Sébastian del cano :

Le Juan Sebastián de Elcano est un quatre-mâts goélette à hunier en acier et le voilier école de la marine espagnole. C’est l’un des plus grands voiliers du monde. Il a été construit entre 1923 et 1928 aux chantiers navals Echevarrieta y Larriñaga de Cádiz. D’une longueur de 113 mètre, il est le sister-ship de la goélette chilienne Esmeralda. Il a été nommé en l’honneur du grand capitaine servant sous Magellan, le basque Juan Sebastián Elcano. Ses armoiries sont un globe, au-dessous duquel il y avait cette devise : Primus circumdedisti me (« c’est toi qui le premier m’a contourné »). L’Elcano (comme il est appelé par son équipage) a accompli dix voyages autour du monde, sans franchir le cap Horn, mais à travers le canal de Panamá. Ses quatre mâts portent des noms spéciaux et ne sont pas nommés de façon conventionnelle, mais d’après les navires école précédents, à trois-mâts : Blanca, Almansa, Asturias et Náutilus. Il a remporté plusieurs fois le Boston Teapot Trophy, en 1979, 1997 et 1999, sa meilleure performance étant de 1 126 milles en 124 heures.

…Et enfin pour terminer, le SS La Palma, un petit ferry, seul représentant de la marine “moderne”:

Le navire a été construit en 1912 au chantier naval W. Harkess & Son à Middlesbrough. Après le lancement le 3 février 1912, il a été achevé le 10 avril de l’année. Le 16 avril, le navire est mis en mouvement et, après le transfert de l’été 1912, opère principalement sur des routes côtières autour des îles Canaries, mais effectue également des voyages occasionnels dans ce qui était alors l’Afrique occidentale espagnole.Le La Palma a été vendu pour la première fois en 1931. La compagnie maritime espagnole Compañía Trasmediterránea a acquis la flotte des “Correillos”, y compris La Palma, et a continué à utiliser le navire par la suite dans le service traditionnel des îles. Après un dommage à la chaudière, le navire a finalement été mis hors service le 17 mars 1976 et vendu le novembre suivant à un membre de la famille industrielle allemande Flick pour servir de club-house flottant. En 1986, La Palma s’est adressée à un groupe d’intérêt qui voulait restaurer le navire. Après de nombreuses difficultés, le navire a été en grande partie restauré pour son 100e anniversaire.

3- L’Italie :

L’Italie par sa position allongée au milieu de la Méditerranée à de fait une vocation maritime, même si son « émiettement » jusqu’à la seconde moitié du XIX ème siècle, la privera d’exercer la moindre velléité de puissance. C’est oublier un peu vite le nombre de navigateurs exceptionnel que la péninsule fournira à l’histoire, de Christofo Colombo, à Amerigo Vespucci. Commençons donc avec les voiliers dont le plus vieux est la barquentine Ebe :

La construction du navire a commencé en décembre 1918, dans le chantier naval Benetti à Viareggio . Elle a été lancée le 21 août 1921 sous le nom de San Giorgio . Au début, elle était utilisée pour le transport maritime à courte distance entre Gênes et Torre del Greco . En 1937, elle était équipée d’un moteur auxiliaire qui fournissait une vitesse de 4 nœuds en cas de manque de vent. À la fin des années 1930 et au début des années 1940, elle transportait souvent diverses marchandises le long de la route Cagliari – Napoli – Gênes , couvrant de courtes distances sur une période de quelques jours. Elle a également fait des voyages occasionnels en Afrique du Nord, le transport de marchandises. Au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, San Giorgio fut réquisitionné par la Royal Navy italienne et converti en dragueur de mines . Après la guerre, elle est redevenue un cargo . En 1952, la marine italienne a acheté le San Giorgio et l’a converti en navire-école sous le nom d’ Ebe . La cale a été aménagée pour accueillir des étudiants, le navire a été équipé d’un nouveau moteur auxiliaire et la proue a été décorée d’une figure de proue en forme de sirène . De 1953 à 1956, l’ Ebe a effectué des voyages d’entraînement dans les mers Méditerranée , Tyrrhénienne et Adriatique . Remplacé en 1958 par le navire-école Palinuro , l’ Ebe est affecté à la base de Portoferraio et à partir de 1960 tombe en désuétude. Transférée à La Spezia pour être démolie, elle a été achetée par le Museo Nazionale Scienza e Tecnologia Leonardo da Vinci de Milan. En 1963, les chantiers navals de Le Grazie, une ville proche de La Spezia, ont commencé la récupération de la coque. Celui-ci a été transporté à Milan avec d’autres éléments et a été remonté à l’intérieur du bâtiment  du musée, où il est encore conservé et exposé aujourd’hui.

Poursuivons dans la lignée de navires-école avec le très célèbre et très impressionnant Amerigo Vespucci :

Le voilier a été entièrement construit aux chantiers navals de Castellammare di Stabia en 1930 et mis à l’eau le 22 février 1931. Sa mission était de former le officiers de la Regia Marina avec le Cristoforo Colombo, son sister-ship. La devise du navire, officialisée en 1978, est : Pas celui qui commence mais celui qui persévère. Cette devise exprime la vocation du navire à la formation des futurs officiers de la Marine Militaire. La formation des élèves se déroule par l’intermédiaire de campagnes de formation. Au cours de la dernière décennie, en plus de la formation à la mer, le voilier a souvent joué le rôle d’ambassadeur de l’art, de la culture et de l’ingénierie italienne. Pour cela, à l’occasion de faits marquants, il a fait escale dans les plus importants ports du monde : à Auckland (Nouvelle-Zélande), plus récemment à Athènes en 2004 et à Portsmouth en 2005 où il a tenu un rôle de premier plan, pour la commémoration de la bataille de Trafalgar. Le voilier maintient vivantes les traditions anciennes. Les voiles sont encore en toile de jute, les cordages toujours en fibres végétales. Toutes les manœuvres sont exécutées manuellement. Chaque ordre est donné par le commandant, par l’intermédiaire du maître d’équipage, au sifflet de manœuvre. À la coupée, à l’embarquement et au débarquement des autorités, les honneurs au sifflet de gabier sont rendus, selon les rangs et les grades. En 2006, 75 ans après sa mise en service, d’importants travaux d’entretien du navire ont été effectués auprès de l’Arsenal militaire maritime de La Spezia.

…Et enfin le plus petit mais le très élégant Palinuro de fabrication française :

Ce navire fut lancé en France en 1934 sous le nom de Commandant Louis Richard, pour le compte de la Société des pêches malouines. Il était destiné à la pêche au cabillaud sur Terre-Neuve. Il est le sister-ship du Lieutenant René Guillon. Il fut racheté, en 1951, par la Marine italienne. Sa voilure d’origine fut restituée, la dunette fut prolongée, l’intérieur transformé pour servir à sa nouvelle vocation, celle de navire-école pour la formation des cadets de la marine italienne. Son nom vient de celui du pilote du navire qui ramena Énée, fuyant Troie. D’après la tradition, ce navire le conduisit en Italie où il se fixa et fut à l’origine de la cité de Rome. Il a participé à l’Armada du siècle à Rouen en 1999. Il fut présent à la Mediterranean Tall Ships Regatta 2013 et il a fait escale à la Toulon Voiles de Légende du 27 au 30 septembre 2013.

Et pour en terminer avec l’Italie, une escale dans la marine militaire à moteur, avec les vestiges du croiseur protégé Puglia :

Le Puglia était un croiseur protégé de la Regia Marina italienne. Il était le dernier des six navires de classe Regioni , qui portaient tous le nom de régions d’Italie. il a été construit à Tarente entre octobre 1893 et ​​mai 1901, date à laquelle elle a été mise en service dans la flotte. Le navire était équipé d’un armement principal de quatre canons de 150 mm et de six canons de 120 mm , et il pouvait naviguer à une vitesse de 20 nœuds. Le Puglia a servi à l’étranger pendant une grande partie de sa carrière, y compris à certaines périodes dans les eaux d’Amérique du Sud et d’Asie de l’Est. Le croiseur participera à la guerre italo-turque en 1911-1912, principalement dans la mer Rouge . Pendant ce conflit, Il bombardera les ports ottomans en Arabie et afera respecter le blocus sur le trafic maritime dans la région. Encore en service pendant la Première Guerre mondiale ; la seule action à laquelle il participera fut l’évacuation des unités de l’ armée serbe de Durazzo en février 1916. Pendant l’évacuation, il bombarda l’ armée austro-hongroise qui la poursuivait . Après la guerre, le Puglia fut impliqué dans l’occupation de la côte Dalmate, et en 1920 son capitaine fut assassiné dans une violente confrontation à Split avec des nationalistes croates. Le vieux croiseur a été vendu pour la mise au rebut en 1923, mais une grande partie de sa coque a été conservée au musée Vittoriale degli italiani .

4- La Croatie :

Petit pays sur l’Adriatique, et reste de l’ancienne république de Yougoslavie, le Croatie a hérité de ce passé un navire étonnant, l’ancien Yacht du président Tito, en cours de restauration, le Galeb :

Le Galeb a été construit en 1938 à Gênes en tant que croiseur auxiliaire Ramb III , destiné au service du commerce de la banane entre l’Afrique et l’Italie. Après l’armistice de 1943, il fut repris par les Allemands qui en firent un chasseur de mines sous le nom de Kiebitz . Tandis qu’à Rijeka. Coulé le 25 novembre 1944 par des avions alliés, il fut renfloué en 1948,et reconstruit en tant que navire-école de la marine yougoslave sous le nouveau nom Galeb. Tito adorait le glamour que le yacht conférait à son régime. Il l’a utilisé pour les fêtes, les visites à l’étranger et la diplomatie. Les dirigeants mondiaux qui y ont été divertis comprenaient Nikita Khrouchtchev , Mouammar Kadhafi et Indira Gandhi . Tito était particulièrement heureux d’accueillir Elizabeth Taylor et Richard Burton , qui ont joué Tito dans l’épopée de guerre de 1973 La bataille de Sutjeska . Le Galeb a été utilisé par le maréchal Tito, de 1948 jusqu’à sa mort en 1980 lorsque le bateau est devenu la propriété du gouvernement monténégrin suite à la dissolution de la nation en 1991. Les autorités croates ont alors placé une ordonnance de préservation sur Galeb dans l’espoir d’acquérir le navire pour devenir un navire musée. En septembre 2008, le bateau a coulé partiellement sur son côté droit après qu’une fuite s’est développée dans sa coque. Le 22 mai 2009, le navire a été vendu à la ville de Rijeka. Depuis lors, il a parfois été ouvert au public pour des expositions d’art, des conférences et autres. Le 16 juillet 2014, le maire de Rijeka a annoncé que le Galeb serait loué pour un usage mixte, en partie comme musée incorporant les salles privées de l’ancien président et une partie de l’espace d’ingénierie, et en partie pour des activités commerciales telles que des restaurants et les bars. Des appels d’offres pour l’investissement du secteur privé ont été lancés, mais n’ont donné lieu à aucune réponse. Un financement de 4,5 millions d’euros a maintenant été obtenu dans le cadre de la candidature réussie de Rijeka à devenir capitale européenne de la culture en 2020. Le travail devrait être effectué d’ici 2021.

 

5- La Grèce :


La Grèce à une vieille tradition maritime dont les origine remontent à l’antiquité et tout le monde se souvient de la bataille de Salamine ou les grecs unis, écraserons la flotte perse pourtant bien plus nombreuse. Depuis sont indépendance au XIXème siècle ce pays s’est construit une importante flotte commerciale, faisant d’elle encore aujourd’hui, l’une de plus importante du monde. Commençons donc ce recensement au début de son histoire avec la réplique d’une trière athénienne, l’Olympias :

L’Olympias est la réplique d’une trière athénienne et un exemple important d’archéologie expérimentale. Sa construction de 1985 à 1987 par un constructeur naval du Pirée a été financée par la marine hellénique et le mécène Frank Welsh, et suivie par les historiens John Sinclair Morrison, John Coates et Charles Willink : ce dernier a fondé avec Welsh le fonds Trireme Trust initiateur du projet et a travaillé sur des résultats provenant de l’archéologie sous-marine. Le Trireme Trust est maintenant présidé par Boris Rankov.

Toujours dans les navire guerriers, mais plus récent, le croiseur cuirassé Georgios Averof :

Le Georgios Averoff est un croiseur cuirassé de classe Pisa construit en Italie entre 1905 et 1910, avec le Pisa et l’Amalfi. Il diffère cependant du Pisa avec ses deux mâts en tripode, ses trois cheminées, son armement et son blindage supérieurs. Il servi comme navire amiral à la marine grecque durant la première moitié du XXe siècle. Il est le seul navire de ce type existant encore. Le Georgios Averoff est l’un des trois croiseurs blindés de la classe Pisa Son achat par la Grèce en octobre 1909 entraîne l’empire ottoman et la Russie dans une course aux armements ; à l’époque, le navire est en effet de taille à affronter l’ensemble de la flotte ottomane. Il est lancé le 12 mars 1910 et mis en service en mai 1911. Durant la Première Guerre balkanique, il devient le navire amiral de la marine royale hellénique et participe à la libération des îles de la mer Égée. Lors des batailles navales d’Elli et de Lemnos, il assure presque à lui seul la victoire de la flotte grecque, forçant la flotte ottomane à se retirer en désordre. Le Georgios Averoff ne subit que des dégâts légers durant ces deux batailles. Durant la Première Guerre mondiale, la Grèce étant neutre, le bâtiment ne participe pas au conflit. Mais, en 1916, après les vêpres grecques, le Georgios Averoff est capturé par la flotte anglo-française. Il est rendu en 1917 quand la Grèce entre officiellement en guerre. Au début de la guerre gréco-turque, de 1919 à 1922, il participe à l’attaque des côtes turques puis à l’évacuation des réfugiés après la défaite de l’armée grecque. Entre 1925 et 1927, il subit une refonte dans un chantier naval français. Il reçoit un armement moderne anti-aérien, un équipement de lutte contre les incendies et ses tubes lance-torpilles obsolètes sont supprimés. Après l’attaque allemande contre la Grèce, en 1941, l’équipage refuse de se saborder et le navire se réfugie en Crète, puis rejoint le port d’Alexandrie. Il est affecté à l’escorte des convois et est basé à Bombay jusqu’en 1942. Il revient à Port-Saïd en 1944 et participe à la libération d’Athènes. Il continue à servir de quartier général de la flotte grecque jusqu’à son désarmement en 1952 , puis il est remorqué à Poros où il reste de 1956 à 1983. En 1984, la Marine grecque décide d’en faire un navire musée et il est remorqué au port de Phalère.

Poursuivons avec, le destroyer, HNS Velos, de la classe américaine Fletcher :

L’USS Charrette (DD-581) était un destroyer de classe Fletcher de la marine américaine. Il a été lancé le 3 juin 1942 par le Charlestown Navy Yard de Boston. Dès septembre 1943, il rejoint Pearl Harbor. Par la suite,, il participe aux nombreux combats de la Guerre du Pacifique. Il est placé en réserve à San Diego le 4 mars 1946. Il a été récompensé par 13 Battle Stars de la Seconde Guerre mondiale. En 1959, le bâtiment de guerre est transféré en Grèce et prend le nom de Velos . Il participe aux exercices maritimes au sein de l’OTAN, ainsi que dans les nombreuses crises avec la Turquie. Le Velos, en escale en Italie, se fait connaître en mai 1973 en refusant de rejoindre la Grèce, pour protester contre la Dictature des colonels. Le commandant de bord Nikolaos Pappas, et 31 officiers et sous-officiers demandent l’asile politique et restent en Italie. Un mois après, le Velos revient en Grèce avec une équipe de commandement de remplacement. Le HNS Velos est désarmé le 26 février 1991, après 48 ans de carrière. En 1994, la marine grecque décide d’en faire un musée de la lutte contre la dictature. Le navire, alors ancré à la base navale de Poros, est transféré le 12 décembre 2000 à la base navale de Salamine pour des travaux de restauration afin d’être transformé en navire musée visitable. Depuis le 26 juin 2002, il est ancré dans le Parc de la tradition maritime de Phalère, l’un des trois ports de la cité antique d’Athènes.

Continuons avec un navire civil, l’ex Liberty ship SS Hellas Liberty:

L′Arthur M. Huddell est un Liberty ship construit en 1943 aux chantiers St. Johns River Shipbuilding de Jacksonville pour l′US Navy. Sa première mission consiste à faire une traversée de Jacksonville à Londres avec des explosifs. En 1944, il est converti câblier et participe à la construction d’un pipeline de carburant sous la Manche au cours de l’opération PLUTO à la suite du débarquement de Normandie. Après la guerre, l’Arthur M. Huddell est désarmé dans la Suisun Bay. En 1956, il est affrété par AT&T. Après avoir été utilisé sur la Ligne DEW, il est placé sous le contrôle de la flotte de réserve américaine en 1957. En 1964, il est ré affrété pour le Sound Surveillance System jusqu’en 1984. Il est ensuite à nouveau désarmé et classé comme une barge. À la suite de ce désarmement, une grande partie de son équipement est utilisé sur le John W. Brown, transformé en musée à Baltimore. En 2008, il est acheté par la Grèce afin d’être converti en musée et devient le Hellas Liberty. Le 6 décembre 2008, il quitte Norfolk en remorque pour Le Pirée, qu’il atteint en janvier 2009. Il est entièrement reconstruit à Perama et à Salamine. En juin 2010, il est ouvert comme musée maritime au Pirée.

Et enfin, terminons la Grèce avec le très récent navire-école  Stavros S. Niarchos :

Le Stavros S. Niarchos est un brick moderne à coque acier de 59 m de long, lancé en 2000, dans le chantier naval de l’Appledore au Royaume-Uni. Le Stavros S. Niarchos est un deux-mâts à coque acier, gréé en brick (deux phares carrées complets). Il mesure 59,4 m de long, 9,95 m de large, il possède un tirant d’eau de 4,5 m et un déplacement de 576 t. Sa propulsion est assuré par 2 moteurs auxiliaires diesels MTU de 330 kW chacun et 18 voiles constituant 1162 m² de surface de voilure, permettant une vitesse maximale de 13 noeuds sous voiles. Ces deux mâts ont presque la même hauteur, la base du mât est en acier le reste en bois. Le grand-mât (à l’arrière sur un brick) fait 39,2 m de haut porte une brigantine. Il a été construit pour servir de navire-école à la Tall Ships Youth Trust, comme son sister-ship PNS Rah Naward.

5- La Turquie :

Héritière de l’empire ottoman, la Turquie moderne, s’est constituée récemment un patrimoine maritime, surtout constitué de navires de guerre, bien qu’hélas, elle n’ai pas saisi dans les années 70′ l’intérêt de conserver le Fabuleux croiseur de bataille Yavuz (ex-Goeben), ferraillé en 1973. Commençons donc par un destroyer ex-américain de classe Gearing, le TCG Gayret :

L’USS Eversole (DD-789) est un destroyer de classe Gearing lancé le 8 janvier 1946 au chantier naval Tacoma Washington pour la marine américaine. L’Eversole était l’un des trois derniers navires construits à Tacoma par Todd-Pacific avant la fermeture du chantier de Tacoma. Il est déployé pendant la guerre de Corée, où il bombarde Hŭngnam , Wonsan et d’autres points le long de la côte est de la Corénne . L’ Eversole est décoré de sept Battle Star pour services rendus. Le 11 juillet 1973, l’Eversole a été transféré en Turquie et rebaptisé TCG Gayret (D-352). Il est désarmé en 1995 et depuis conservé comme navire-musée au Kocaeli Museum Ships Command.

Et terminons avec une frégate plus moderne, le TCG Ege :

L’USS Ainsworth (DE / FF-1090) est une frégate de classe Knox nommée en l’honneur du vice-amiral Walden L. Ainsworth (1886–1960)elle a été construite par les chantiers navals Avondale Shipyards , Inc et lancé le 15 avril 1972. Elle entre en service le 31 mars 1973. Aprés plus de 20 ans de services dans la marine américaine, elle est désarmée le 27 mai 1994, et louée à la Turquie où elle est renommée TCG Ege (F-256). La frégate sert ensuite dans la marine turque et participe notamment à de nombreuses opérations de l’ OTAN en Méditerranée orientale au cours des années 1990. Le navire a été définitivement désarmé le 21 mars 2005. Il est actuellement préservée comme navire-musée au musée de la mer d’İnciraltı , à Izmir , en Turquie.

Terminé donc pour l’Europe du sud et dans le dernier épisode nous nous intéresseront à la sauvegarde du patrimoine maritime français, vaste sujet…

A suivre…

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Olivier Alba

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