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Le patrimoine maritime en France et à l’étranger – Episode 10 – L’Europe de l’Est –

Note: La liste de navires citée n’est pas exhaustive mais le fruit de recherches qui peuvent être incomplètes. N’hésitez pas à nous contacter si vous constatez des oublis. La liste ne recense que les navires d’une taille assez importante et ne comprend pas les sous-marins.

Quand on imagine pays de l’est, on pense plus à des puissances continentales qu’à des puissances navales, pourtant on oublie un peu vite que l’ex-URSS à eu, durant la guerre froide, la seconde flotte du monde, et qu’elle n’était pas composée que de sous-marins. Il en est de même pour les pays de l’est, qui appartenaient au bloc soviétique et en particulier la Pologne.

1- La Pologne :

La Pologne de part sa situation sur la Baltique, ainsi que ses ports et ses chantiers naval, a étét pendant la guerre froide, avec l’ex-RDA, la tête de pont du bloc de l’est sur cette région du monde. Ce paus concerve de ce passé, des navires historiques fort interessants et en particulier le premier d’entre eux, l’ancien navire-école Dar Pomorsa, ex-navire école allemand, saisi au lendemain de la première guerre mondiale :

Le futur Dar Pomorza est lancé le 28 septembre 1909 sous le nom de Prinzess Eitel Friedrich. Il sert alors de bateau école au profit de l’amicale des navires écoles allemands créée en 1900 et entre en service le 6 avril 1910 . il a été construit sur le modèle du Grossherzogin Elisabeth (actuel Duchesse Anne) dont il est l’un des trois sister-ships. En 1920, il est donné à la France en guise de dommages de guerre et devient le Colbert basé à Saint-Nazaire. Il ne fut toutefois jamais incorporé à la flotte de la Marine française. Remisé en 1929, il est vendu à la Pologne et acquis par l’École maritime polonaise. Remis en service le 13 juillet 1930 sous le nom de Dar Pomorza (« don de la Poméranie »), il poursuit sa carrière de navire école de la marine marchande. Il effectue un voyage autour du monde (entre 1930 et 1939) avec passage du cap Horn en 1934-1935. Après avoir été mis à l’abri à Stockholm en 1937, il reprend ses entraînements dans les eaux européennes dès 1939. Il navigue jusqu’en 1981, remplacé par le Dar Młodzieży. Sous pavillon polonais, le Dar Pomorza aura parcouru 509 804 milles. Le voilier école a formé 13 911 officiers de la Marine marchande polonaise. Le voilier est aujourd’hui la propriété de l’Université maritime de Gdynia où il est amarré comme bateau musée

…Poursuivons avec son successeur de fabrication polonaise, le navire-école Dar Młodzieży :

Le Dar Młodzieży est un voilier de type trois-mâts carré en acier battant pavillon polonais. Son port d’attache est Gdynia. Construit à Gdańsk en 1981 pour remplacer le Dar Pomorza, il est l’aîné d’une grande famille de sister-ships (les ukrainiens Droujba et Khersones, les russes Mir, Pallada et Nadejda). Navire-école de la marine polonaise qui l’utilise pour former des cadets et dessiné par l’architecte Zygmunt Choreń, c’est un voilier ultra-moderne. Depuis quelques années, il est utilisé pour le stage des élèves de l’École supérieure de navigation d’Anvers, pour une navigation le long des côtes Ouest de l’Europe. Il participe à de nombreuses courses, notamment la Cutty Sark Tall Ships’ Race, où il obtient régulièrement d’excellents résultats. Il a remporté le Boston Teapot Trophy en 1988, parcourant 1 241 milles en 124 heures.

Toujours dans les navires-écoles polonais on poursuit avec le trois-mâts goélette Pogoria :

Le Pogoria est un trois-mâts goélette polonais construit en 1980 au chantier naval de Gdansk, sur les plans de l’architecte naval Zygmunt Choreń. Il est le symbole de la constitution de la flotte maritime polonaise. Sur ses voiles il porte le symbole de l’Iron Shackle Fraternity (quatre manilles imbriquées en forme de croix), première association polonaise de course à la voile. Le Pogoria est un trois-mâts métallique à voiles carrées sur la mât de misaine, et porte sur ses mâts d’artimon et grand mât des voiles auriques. Ses formes peu conventionnelles ont servi de modèle à trois autres navires, l’Iskra II, l’Oceania, et le Kaliakra de la Marine bulgare. À la requête de l’Académie des sciences polonaise, le Pogoria récupère les membres d’une expédition scientifique installée sur l’île du Roi Georges, au sud des Falkland, dans l’Antarctique durant l’hiver 1980-81. Il participe à sa première Tall Ships’ Races (course des grands voiliers) en 1982. De 1985 à 1991, il sert de navire-école pour le Canada. Depuis 1995, le Pogoria participe à toutes les Tall Ships’ Races durant l’été. En hiver, il est basé à Gênes en Italie pour participer aux courses méditerranéennes. Le 7 juillet 2009, deux des mâts du Pogoria se brisent au niveau de joints soudés, alors qu’il naviguait vers Saint-Pétersbourg, en Russie. Les 37 stagiaires sont hélitreuillés par des unités de la Garde cotiêre finlandaise, les 13 personnes de l’équipage restant à bord. Le navire est remorqué à Hanko car ses moteurs ne fonctionnaient pas au moment de l’incident.

Toujours dans la même série de voilier, du même chantier et du même architecte, l’Iskra II, de ma marine polonaise :

L’Iskra II (« Étincelle » en polonais), est un trois-mâts goélette polonais. Il sert comme navire-école aux cadets de l’Académie navale de la marine polonaise. Construit par les Chantiers navals de Gdańsk à Gdansk, comme le Pogoria, et le Fryderyk Chopin, il est venu remplacer l’ORP Iskra (1928-1976), désarmé après 50 ans de navigation. Sa particularité est d’avoir des gréements différents sur chacun de ses mâts : le mât de misaine porte une voile carrée, le grand mât une voile aurique et le mât d’artimon une voile bermudienne. Ce mât sert aussi de cheminée. Son gréement disparate est certainement un avantage pour son rôle d’école, même s’il nuit à l’élégance de sa silhouette. Depuis 1987, l’Iskra II participe aux festivités internationales des Tall Ships’ Races.

…Et enfin le dernier sister ship l’Oceania :

Il a été construit en 1985 dans les chantiers navals de Gdańsk en Pologne, après la conception de Zygmunt Choreń. La coque en acier est basée sur les plans de grands trois-mâts goélette précédents : Pogoria (1980) et Iskra II (1982), mais son gréement était différent. L’Oceania était à l’origine un navire entièrement équipé avec trois mâts de 32 mètres de haut chacun et possédait une voilure de 740 m2. Sur chaque mât, il n’y avait qu’une voile carrée (l’Oceania fut parfois classé comme frégate). Plus tard,lors de sa rénovation, les verges et la voile du mât d’artimon ont été supprimées pour être classé comme goélette. il est équipé en voile d’étai et les voiles sont maintenant soulevées et entraînées hydrauliquement. Le voilier se caractérise par de grandes prouesses marines. Son équipement permet de naviguer dans presque toutes les conditions. La portée du navire est illimitée et l’autonomie est de 30 jours. Chaque année, il passe de 230 à 250 jours en mer, réalisant, entre autres, une expédition de recherche dans les mers du Nord et le Spitzberg (juin-août) et une dizaine de croisières en mer Baltique. Le voilier participe parfois aux Tall Ships’ Races. Le navire est équipé de laboratoires capables de fournir des expériences et des observations hydrographiques, optiques, acoustiques, chimiques, biologiques et particulaires. Il est aussi équipé de treuils et élévateurs, d’une grue hydraulique et de pontons de travail



…Et pour clore l’épisode polonais des voiliers-écoles le brick Fryderyk Chopin :

Le Fryderyk Chopin : est un brick moderne, à coque acier, construit en 1991 en Pologne, aux chantiers Lénine de Gdansk. Il a été dessiné par l’architecte naval polonais Zygmunt Choreń. Il a été affrété un an comme charter pour le West Island College  au Canada afin d’élargir son programme de formation à la voile. Puis il a servi au European School of Law and Administration , une université privée polonaise. Le 29 octobre 2010, le navire a été signalé en état de détresse au large des îles Scilly, ayant perdu deux mâts à cause de coups de vent violent et d’une forte mer. Il était en croisière de trois mois et demi des Pays-Bas vers les Caraïbes avec 47 membres d’équipage à bord, y compris 36 stagiaires âgés de 14 ans. Bien qu’il y ait un moteur auxiliaire, le capitaine du navire ne l’utilisa pas, par peur des débris traînant sur l’hélice. Aucune blessure n’a été signalée. Le navire a été remorqué dans les eaux abritées de la baie de Falmouth sur 100 milles et trois jours de remorquage par le petit chalutier Nova Spero dont le capitaine, Shaun Edwards avait répondu à l’appel de détresse. Après règlement de différends au sujet des assurances, sa rénovation a eu lieu au chantier naval britannique “A & P” puis à celui de “Queens Wharf”. Depuis 2011, le navire est exploité par 3Oceans, un opérateur polonais de navire privé. Il sert de navire à The Blue School, un projet de formation à la voile organisé par la STS Fryderyk Chopin Foundation.

…Dans la marine de guerre « moderne », à noter le plus vieux destroyer préservé au monde, le Błyskawica, construit dans les années 1930 :

l’ORP Błyskawica est un destroyer de classe Grom qui a servi dans la marine polonaise pendant la Seconde Guerre mondiale . Il est le seul navire de la marine polonaise à avoir été décoré des Virtuti Militari , le plus haut ordre militaire Polonais, et a reçu en 2012 la médaille Pro Memoria . Le Błyskawica est conservé comme navire-musée à Gdynia et est le plus ancien destroyer préservé au monde. Il était le deuxième des deux destroyers de classe Grom construits pour la marine polonaise par J. Samuel White , de Cowes , en 1935-1937. La classe Grom était deux des destroyers les plus lourdement armés et les plus rapides de la Seconde Guerre mondiale.

Et enfin pour en terminer avec la Pologne, un cargo : le SS Sołdek :

Le SS Sołdek était un cargo polonais de charbon et de minerai . C’était le premier navire construit à Szczecin ( Pologne ) après la Seconde Guerre mondiale et le premier navire de mer achevé dans ce pays après le conflit. Il a été le premier des 29 navires classés dans le cadre du projet B30 , construits entre 1949 et 1954 aux chantiers navals de Gdańsk . Le nom a été donné en l’honneur de Stanisław Sołdek , l’un des travailleurs de choc du chantier naval .Le navire est actuellement conservé comme navire-musée à Gdańsk , dans le cadre de la collection du National Maritime Museum .

2- La Russie


Ce pays, considéré comme une puissance continentale a, dès l’Union Soviétique, eu une politique de conservation des navires anciens comme en témoigne la possession par la Fédération de Russie des deux plus grands voiliers du monde que sont, Le Sedov :

Le Sedov est un quatre-mâts barque, long de 117,5 mètres, c’est le grand grand voilier russe et le plus grand voilier navire-école du monde. Son volume est de 6 148 tonneaux et son déplacement (masse) de 3 500 tonnes.Il peut atteindre la vitesse de 18 nœuds grâce à 34 voiles d’une surface portante totale de 4 192 m2 et un moteur auxiliaire diesel 128 chevaux. Il est construit en 1921 sous le nom de Magdalene Vinnen dans les chantiers navals Germania de Kiel en Allemagne et navigue sous pavillon allemand de la flotte de l’armement Vinnen de Brême, comme navire de commerce, pour transporter du nitrate au Chili. En 1936, le Magdalene Vinnen est vendu à la Norddeutscher Lloyd, rebaptisé Kommodore Johnsen, réaménagé en navire école de la marine marchande et est affecté au transport maritime de blé, de charbon, et de céréales vers l’Australie. La Seconde Guerre mondiale met fin à ses voyages aux long-cours. Il navigue alors en mer Baltique. Après la capitulation allemande du 8 mai 1945, l’Allemagne remet le navire à l’Angleterre en 1949 qui le donne à l’Union soviétique en 1950 à titre de dommage de guerre. La Russie le rebaptise du nom de Gueorgui Sedov disparu en 1914 lors d’une exploration polaire Arctique. Le Sedov devient un navire océanographique jusqu’en 1966. De 1966 à 1981, le ministère de la pêche russe le fait réaménager, pour le convertir en navire-école d’équipage avec pour port d’attache Rīga en Lettonie. Avec la proclamation d’indépendance de la Lettonie en 1991, le Sedov quitte Riga pour Mourmansk, son nouveau port d’attache libre de la prise des glaces en hiver. Navire école de l’université maritime de Mourmansk, il forme des élèves officiers, marins civils et ingénieurs de pêche avec un équipage de 65 marins et 164 cadets durant des voyages, en général longs de 3 mois.

Ainsi que le très élégant Krusenstern, ex-allemand Padua de la fabuleuse compagnie Flying P-line :

Le Krusenstern est un quatre-mâts barque russe construit en 1926 à Bremerhaven-Wesermünde, en Allemagne, sous le nom de Padua. Dernier des Flying P-Liners construit, le Padua était notamment affecté au transport de matériaux de construction vers le Chili et revenait chargé de nitrate par le cap Horn. Plus tard, il transporta du blé depuis l’Australie. En 1933-1934 il remporta un record en effectuant le trajet de Hambourg à Port Lincoln (Australie) en 67 jours. Avant la Seconde Guerre mondiale, il effectua 15 voyages au Chili et en Australie. Il effectua son voyage le plus rapide en 1938-1939, de Hambourg à l’Australie via le Chili et retour à Hambourg en 8 mois et 23 jours sous le commandement du capitaine Richard Wendt — un record mondial pour ce type de navire qui ne fut jamais battu. Le 12 janvier 1946, il a été donné à l’URSS pour être intégré dans la flotte soviétique de la Baltique. De nombreuses réparations y furent effectuées avec notamment l’installation de ses premiers moteurs. De 1961 à 1965, le navire effectua de nombreuses missions d’études hydrographiques et océanographiques pour l’Académie des sciences de l’URSS, et a été utilisé comme navire-école pour les cadets. En 1965, il a été transféré au Ministère de la pêche à Riga pour servir de navire-école aux futurs officiers de la marine de pêche. En janvier 1981, le Krusenstern a été transféré aux Industries de la pêche estoniennes à Tallinn et en 1991 à l’Académie d’état des pêches de la Baltique pour rejoindre son port d’attache actuel à Kaliningrad. Le Krusenstern a pris part à de nombreuses régates internationales. Après la chute de l’URSS, les ressources sont devenues un problème, et le navire a commencé à prendre des passagers pour y pourvoir. C’est le dernier des Flying P-liner encore en service.

…Suivent pour ce pays décidément étonnant, une myriade de grands voiliers école, en sus des deux premiers, tous du même type que le Dar Pomorza polonais, et de construction polonaises, revenus pour certains dans le giron russe après un court séjour sous pavillon ukrainien, il s’agit des trois-mâts école Khersones, Mir, Pallada et Nadejda :

Le Khersones est un trois-mâts carré moderne, construit aux chantiers navals polonais de Gdansk, navire-école russe. Il est surnommé « la Dame de Crimée ». Initialement prévu pour l’instruction des cadets de la marine marchande soviétique il devait remplacer un autre grand voilier : le Tovarishch. Avec l’éclatement de l’URSS, il est devenu la propriété de l’Institut technologique maritime de Kertch, au bord de la mer Noire, en Ukraine, comme navire-école des jeunes marins de ce nouveau pays. Depuis 2014, date du rattachement de la Crimée à la Russie, il appartient à l’université maritime “Amiral Ushakov” et a hissé le pavillon russe. le Khersones est le sister-ship d’une nombreuse lignée de grands voiliers, dont l’ainé est le Dar Młodzieży polonais, en compagnie des Russes Mir, Pallada et Nadejda et de l’Ukrainien Druzhba. Son nom est un condensé de deux lieux : la presqu’île Chersonèse en mer Noire, et la ville de Kherson. À partir de 1993, par besoin financier, il embarque des passagers pour différentes croisières. En janvier 1997, il passe le cap Horn avec une centaine de passagers, et poursuit depuis lors une route plus calme en participant aussi à différents Tall Ships’ Races. Comme le Pogoria, l’Iskra II, le Kaliakra, le Dar Młodzieży et le Fryderyk Chopin, le Khersones a été dessiné par l’architecte naval Zygmunt Choren

Le Mir (« paix » ou « monde » en russe) est un voilier de type trois-mâts carré en acier battant pavillon russe. Son port d’attache est Saint-Pétersbourg. Il est l’un des plus longs voiliers du monde. Construit en 1987, au chantier naval Lénine de Gdańsk en Pologne, il est un des sister-ships du Dar Młodzieży. Il est propriété de l’Académie nationale maritime russe comme navire-école. Le Mir participe à de nombreuses courses du Tall Ships’ Races. Il a été le vainqueur de la course Grand Regatta Columbus de 1992 pour la célébration de la découverte de l’Amérique en 1492 par Christophe Colomb

Le Pallada est un trois-mâts carré, à coque acier, construit en 1989, au chantier naval de Gdansk en Pologne. Depuis la dissolution de l’Union soviétique il navigue sous pavillon russe. C’est un voilier école dont le port d’attache est Vladivostok. Le Pallada est l’un des sister-ships du Polonais Dar Młodzieży, des Russes Mir et Nadejda, des Ukrainiens Druzhba et Khersones. Contrairement aux autres qui ont une coque blanche, il a une coque noire et ressemble au Krusenstern. Il porte le nom de la déesse grecque Pallas Athéna. Il appartient à la société Dalryba, un conglomérat d’entreprises de pêche.

Le Nadejda (en russe : Надежда, ce qui signifie « Espérance » ; en anglais : Nadezhda) est un trois-mâts carré, à coque acier, construit en 1991 dans les chantiers navals Stocznia Gdańska à Gdańsk en Pologne, sur les plans de l’architecte naval Zygmunt Choreń. En 2003, il a participé à la Cutty Sark Tall Ships’ Races, qui a eu lieu à Gdynia. Entre 2003 et 2004, il a fait un voyage autour du monde : Sri Lanka, Singapour, l’Europe, dans les îles Canaries, Rio de Janeiro, Cap Horn, Tahiti, Hong Kong.

Pour en finir avec les voiliers, une réplique d’une frégate du 18ème siècle, la Shtandart :

Après cette véritable armada de voiliers-écoles, passons à la marine militaire « moderne » en commençant par le très célèbre croiseur Aurora, entré dans la légende révolutionnaire russe :

Le croiseur Aurore (en russe : Крейсер « Авро́ра ») est un croiseur protégé de classe Pallada de la flotte de la Baltique de la Marine impériale russe. Il est ainsi nommé en l’honneur de la frégate à voile Aurore qui se distingua lors de la bataille de Petropavlovsk pendant la guerre de Crimée (1853-1856). Le croiseur Aurore fait partie du deuxième escadron du Pacifique lors de la guerre russo-japonaise (1904-1905) et prend part à la bataille de Tsushima. Il sert également lors de la Première Guerre mondiale puis devient un symbole de la révolution d’Octobre en tirant à blanc un coup de canon, signal de l’attaque imminente du palais d’Hiver, siège du gouvernement provisoire, le 25 octobre 1917. Lors du siège de Léningrad, pendant la Seconde Guerre mondiale, les canons sont retirés pour être utilisés au sol, sur le front. Remis en état en 1945-1947, le navire est ancré sur les bords de la Neva à Saint-Pétersbourg et devient navire musée en 1957. Parti en révision à Kronstadt à l’automne 2014, il est de retour à son mouillage en juillet 2016.

…Poursuivons avec encore un croiseur, mais des année 1950, le Mikhail Kutuzov :

Mikhail Kutuzov ( russe : Михаил Кутузов ) est un croiseur léger no. 68-bis (désignée classe Sverdlov par l’ OTAN ) de la flotte soviétique et plus tard de la marine russe de la mer Noire. Les croiseurs de classe Sverdlov , étaient les derniers croiseurs à canons conventionnel construits pour la marine soviétique . Ils ont été construits dans les années 1950 et étaient basés sur des conceptions et des concepts russes, allemands et italiens développés avant la Seconde Guerre mondiale. Leurs coque était plus moderne et offrait une meilleure protection blindée que la grande majorité des modèles de croiseurs de canons de l’après-guerre construits et déployés par des pays pairs. Ils transportaient également une vaste gamme d’ équipements radar modernes et artillerie anti-aérienne . Les Soviétiques initialement prévu de construire 40 navires dans la classe. En 1954 , la construction de la classe Sverdlov, obsolète à cause de l’arrivée des missiles, a été annulée par Khrouchtchev après que 14 coques aient été achevées. Le Kutuzov a été construit au chantier naval de la mer Noire à Nikolayev le 23 février 1951 et mise en service le 30 décembre 1954. Mikhail Kutuzov a rejoint la flotte de la mer Noire après la mise en service et les essais en mer, le 31 janvier 1955. Le 28 juillet 2002, Mikhail Kutuzov a été ouvert au public en tant que navire-musée à Novorossiysk . Le 1er octobre 2012, elle a été nommée filiale du Central Naval Museum

Et enfin, un destroyer plus moderne de classe Sovremenny , le Bespokoynyy :

La classe Sovremenny , dénommée soviétique Project 956 Sarych ( buse ), est une classe de destroyers antinavires et antiaériens de missiles guidés de la marine soviétique et plus tard russe . Les navires portent le nom de leurs qualités, «Sovremenny» se traduisant par «moderne» ou «contemporain». La plupart des navires ont été retirés du service actif sauf le Bespokoynyy, qui a été converti en navire-musée en 2018, mais plusieurs restent en service avec la marine russe. Quatre navires modifiés ont été livrés à la marine chinoise et restent en service. La classe Sovremenny était des destructeurs de missiles guidés, principalement chargés de la guerre anti-navire, tout en assurant la défense aérienne et maritime des navires de guerre et des transports sous escorte. La classe a été conçue pour compléter les destroyers de classe Udaloy , qui étaient principalement équipés pour des opérations anti-sous-marines . Le Bespokoynyy est aujourd’hui voisin du croiseur musée Kutuzov

Concernant les navires « civils », on ne sera pas étonné de trouver trois brises-glace en commençant par le plus vieux né en 1900, l’ Angara :

Le premier brise-glace du lac Baïkal a été commandé comme ferry-navette pour les wagons de chemin de fer, pour relier le chemin de fer transsibérien à travers le lac Baïkal. Le comité chargé de la construction du chemin de fer transsibérien décida de commander le premier brise-glace (plus tard appelé Baïkal ) en 1895 au chantier britanniques Armstrong and Co. de Newcastle. Le navire fut ensuite transporté de Grande-Bretagne par sections qui furent assemblées à Listvyanka en 1898-99. plus tard, le comité a décidé de commander un autre brise-glace plus petit, qui s’appellerait Angara, pour le transport de marchandises et de passagers sur le même itinéraire. Les pièces de ce nouveau brise-glace ont été expédiées de Grande-Bretagne à Revel (aujourd’hui Tallinn), puis sont passées par le chemin de fer transsibérien jusqu’au rivage du Baïkal. Il a été assemblé et a touché l’eau pour la première fois le 25 juillet 1900. L’Angara a fait la navette entre Port Baïkal et Mysovaya deux fois par jour jusqu’à ce que le chemin de fer Circumbaikal soit terminé en 1905. En 1918, Angara a été réaménagée pour le transport des passagers. Pendant la guerre civile, le brise-glace reçut des canons et reçut l’ordre de garder Listvyanka. L’Angara a continué à transporter des marchandises et des passagers jusqu’en 1962. Après cela, il a été amarré à Port Baïkal et plus tard à Irkoutsk. Pendant qu’il était amarré, il a été coulé à plusieurs reprises. En fait, il pourrait être en mesure d’entrer dans le Guiness Book of World Records comme “le brise-glace qui est descendu au fond de la mer le plus souvent.”. L’Angara a été rénovée en 1989 grâce aux dons de particuliers et d’organisations. C’est maintenant un musée flottant.

…Puis le Kressin :

Ce navire historique, amarré au large de la rive sud de l’ île Vassilievski , est l’un des ajouts les plus récents à la scène muséale de Saint-Pétersbourg. Malgré son âge, le “Krasin” est toujours en bon état de fonctionnement et parfaitement navigable, mais après avoir subi d’importants travaux de restauration, il est maintenant devenu un musée flottant.Conçu par le célèbre marin russe, l’amiral Stepan O. Makarov et construit en 1916 en Grande-Bretagne, le navire portait à l’origine le nom du guerrier mythologique russe “Svyatogor”. Rebaptisé “Krasin” à l’époque soviétique, le puissant brise-glace a participé à l’opération de sauvetage pour sauver l’expédition polaire italienne menée par Umberto Nobile. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les «Krasin» dirigèrent des convois alliés, qui apportèrent des fournitures stratégiques, des armes et des munitions à l’Union soviétique. Les convois se sont frayés un chemin vers les ports maritimes du nord de l’Union soviétique, malgré les bombardements nazis et la menace constante d’attaques sous-marines. De nombreux navires et cargos alliés n’ont pas réussi à atteindre leur destination, mais le «Krasin» a eu la chance de survivre.Après la guerre, le brise-glace historique a participé activement à des expéditions de recherche dans l’océan polaire et a conduit des convois de fret soviétiques à travers la région polaire. Plutôt que d’être détruit (comme le fameux brise-glace “Yermak”) pour faire place à des navires plus modernes, le “Krasin” a été préservé et restauré, grâce au formidable dévouement de son capitaine et de son équipage et de bénévoles et passionnés d’histoire navale.

…Et enfin le gigantesque brise-glace à propulsion nucléaire Lénin :

Lancé le 5 décembre 1957, à Léningrad (actuelle Saint-Pétersbourg), il est propulsé par 2 réacteurs nucléaires et 4 turbines à vapeur. Les 4 turbines Kirov alimentent des générateurs reliés à 3 jeux de moteurs électriques et d’axes de transmission. Les moteurs électriques mettent en action 3 hélices de propulsion, 2 sur le travers et 1 centrale. Le navire possédait également 3 moteurs électriques auxiliaires autonomes. Durant l’hiver de 1966-1967, le Lénine fut endommagé par un accident sur l’un de ses réacteurs nucléaires dont les détails exacts ne sont aujourd’hui pas encore rendus publics. Il est supposé que le réacteur fondu a été jeté en mer de Kara. Le Lénine fut désarmé en 1989, car sa coque avait trop souffert des frottements avec la glace, et fut transformé en bateau musée. Il se trouve actuellement à l’Atomflot, une base pour brise-glace nucléaires à Mourmansk. Après des réaménagements et de légères réparations, le brise-glace est ouvert à la visite dans le port de Mourmansk. Comme pour les anciens sous-marins ou navires nucléaires russes, se pose pour le Lénine le problème aigu du traitement de ses déchets radioactifs. La plupart de ces bâtiments se trouvent désarmés sur la presqu’île de Kola et sont laissés à l’abandon suite aux problèmes économiques de la Russie et de son armée. Le navire disposait également d’une plateforme à l’arrière pouvant accueillir un hélicoptère lourd.

…Et enfin pour en terminer avec la Russie, le navire de recherche Kosmonavt Viktor Patsayev :

Le Kosmonavt Viktor Patsayev était un navire océanographique russe qui est le dernier navire de la soi-disant flotte cosmique de l’ancienne Union soviétique en tant que Bâtiment d’essais et de mesures. Il porte le nom du cosmonaute russe Viktor Patsaïev, qui a participé à la mission Soyouz 11 en 1971 et a été tué par une chute soudaine de la pression dans la cabine. Les tâches principales du navire consistèrent à recevoir et analyser des données de télémétrie et à établir des communications radio entre l’engin spatial et le Centre de contrôle des vols spatiaux TsUP. Le navire a été construit en 1968 au chantier naval de Léningrad et en tant que transporteur de bois sous le nom de ” Semen Kosinov ” (Семён Кириллович). En 1978 il a été reconstruit et transformé en un navire de recherche. Le 24 novembre 1978, il a reçu le fanion de l’Académie des sciences de l’URSS et il est transféré au Service de recherche spatiale du Département des expéditions marines de l’Académie des sciences de l’URSS. Au cours de la période d’exploitation de 1979 à 1994, 14 expéditions de recherche ont été effectués. Au cours de cette période, des travaux ont été effectués avec Saliout 6, Soyouz 3 et 4, Saliout 7, Molniya 1T, Soyouz 5, 8, 9, 10 et 11, Progrès 24, etc. Depuis 2001 le navire est amarré à l’embarcadère du Musée océanographique de Kaliningrad. Son transfert au musée l’a sauvé du destin des 18 autres navires de la flotte cosmique qui ont été démolis. Le navire abrite actuellement diverses expositions, dont des maquettes du lanceur Energia, de la navette spatiale Bourane, des installations de traitement de l’eau potable sans gaz, du matériel médical et des objets de la Cité des étoiles près de Moscou.

Et voilà s’en est terminé pour le géant russe, reste encore à voir un pays, pas vraiment réputé pour son patrimoine maritime, et qui pourtant arme un très beau voilier-école

 

3- La Roumanie :

Et le voilier-école Mircéa :

La marine roumaine entreprit de le remplacer le premier navire école Mircea, un brick, par un splendide trois-mâts barque conçu sur les mêmes plans que le Gorch Fock I sorti des chantiers Blohm & Voss à Hambourg en 1933. Le trois-mâts fut livré le 16 janvier 1939 et armé à Constanța en avril. Comme son prédécesseur, il fut nommé Mircea. Le navire eut à peine le temps de s’amariner que la Seconde Guerre mondiale éclatait. Il revenait tout juste d’une croisière de formation en Méditerranée, avec ses 43 officiers , ses 40 marins et ses 140 cadets. Engagée aux côtés des forces de l’Axe, la Roumanie du régime Antonescu maintint quelques croisières en Méditerranée pour la formation de ses élèves officiers. Malgré le retournement de la Roumanie qui, le 23 août 1944, rejoint les Alliés, l’Armée rouge se considère en pays ennemi occupé et, en août 1944, la marine soviétique réquisitionne le navire. Il battit quelques mois pavillon soviétique jusqu’à ce que le gouvernement roumain obtienne sa restitution. Mais de 1946 à 1965, le Mircea ne devait jamais naviguer qu’à proximité de ses côtes, en mer Noire. En 1966, il subit une remise en état majeure dans son chantier d’origine. Sa mâture et son gréement furent révisés, des cloisons étanches furent ajoutées, les emménagements intégralement refaits ainsi que tout le système de câblage électrique et les 1 750 m2 de sa voilure. Malgré cette remise à neuf du navire, le Mircea devait toujours se contenter de caboter en mer Noire et en Méditerranée, assurant une paisible formation à ses cadets qui pouvaient se destiner à la marine militaire ou marchande. Ce n’est qu’à partir de 1975 qu’il commença vraiment à s’aventurer au large où croisaient d’autres grands voiliers. En 1976, il participa à la Transatlantique à l’occasion du bicentenaire américain, avec à son bord 23 officiers, 57 marins et 107 cadets.

Terminé donc pour l’Europe de l’est et dans l’avant dernier épisode nous explorerons le patrimoine très riche des pays d’Europe du sud

A suivre…

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Olivier Alba

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