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Le patrimoine maritime en France et à l’étranger – Épisode 7: L’Océanie

Note: La liste de navires citée n’est pas exhaustive mais le fruit de recherches qui peuvent être incomplètes. N’hésitez pas à nous contacter si vous constatez des oublis. La liste ne recense que les navires d’une taille assez importante et ne comprend pas les sous-marins

1- L’Australie:

L’Australie, véritable pays continent, est avant tout une île et donc dépend étroitement de la mer pour son économie et son commerce. Héritière de la culture maritime anglaise, elle a pendant longtemps été associée au Royaume-Uni, d’où proviennent la plupart de ses habitants. En outre, pendant longtemps les infrastructures routières ou ferroviaires étaient notoirement insuffisantes, ce qui a nécessité l’entretien d’une importante flotte de cabotage pour pallier à ce manque et relier entre-eux les différentes parties de cette île gigantesque et quasi-désertique en son milieu. Le Lydia, ex-Moonta, illustrant parfaitement le souvenir de cette flotte de cargos et de paquebot de cabotage. L’Australie à donc eu conscience très tôt de l’importance de son patrimoine maritime notamment en conservant pieusement de nombreux navires de guerre. Mais commençons par les voiliers qui pendant des siècles ont maintenu  le lien avec la métropole: Avec notamment le clipper City of Adélaïde qui, après de nombreuses péripéties, est aujourd’hui en restauration dans la ville dont il porte le nom. Il est aujourd’hui le plus vieux clipper survivant au monde :

Le retour du City of Adélaïde en Australie

Le City of Adelaide est un clipper construit en Angleterre et lancé le 7 mai 1864. Il est conçu pour le transport de passagers et de marchandises entre l’Angleterre et l’Australie. C’est un exemplaire de construction navale composite. Entre 1864 et 1887, le clipper fait 23 rotationss de Londres à Adélaïde, jouant un rôle important dans l’immigration vers l’Australie. Aux voyages de retour il transporte à Londres des passagers, de la laine, et le cuivre d’Adélaïde et de Port Augusta. Après 1887, le navire transporte du charbon le long de la côte britannique et du bois à travers l’Atlantique. En 1893, il devient un hôpital flottant et la Royal Navy l’achète en 1923. Reconverti en tant que navire école, il est renommé HMS Carrick. En 1948, il est désarmé et offert à la Royal Naval Volunteer Reserve Club  pour servir de club flottant. Il est classé mais, en 1991, il coule à son poste d’amarrage. Le Carrick est récupéré par le Scottish Maritime Museum, mais le financement pour sa restauration s’épuise en 1999. À partir de 2000, l’avenir du navire est incertain.  En 2010, le gouvernement écossais décide de l’expédier vers le port d’Adélaïde, pour y être exposé comme navire musée. En 2013, chargé sur le pont d’ un cargo, le City of Adelaide quitte  l’Europe pour Port Adelaide, où il arrive le 3 février 2014. Il est exposé désormais comme navire musée dans le port d’Adélaïde. Ce bâtiment est inscrit au registre du National Historic Ships depuis 1993.

Continuons chronologiquement avec le James Craig, un trois mâts barque construit en 1878 :

Avant sa restauration :

Le James Craig est un trois-mâts barque australien, à coque en fer, construit en 1874 en Angleterre sous le nom de Clan Macleod. Il était employé au transport des marchandises et passa le cap Horn 23 fois en 26 ans. En 1883, il est vendu à Sir Roderik Cameron, qui l’emploie entre New York et la Nouvelle-Zélande. En 1899, il a été racheté par le néo-zélandais JJ Craig. Il prend le nom de James Craig en 1905 et fait du cabotage entre la Nouvelle-Zélande et l’Australie jusqu’en 1911. Victime de l’expansion de la marine à vapeur ses mâts lui sont retirés et il sert pour le stockage de viande et de noix de coco en Nouvelle-Guinée. En 1918, il est rachété par Henry Johns & Co. qui le rééquipe pour s’en servir de cargo. De nouveau non rentable, il sert pour le stockage de charbon de bois à Reserve Bay en Tasmanie à partir de 1925. Au début des années 1930 la mine ferme et le navire est abandonné sur place. Lors d’une tempête, devenant dangereux, il est coulé en eau peu profonde par les pêcheurs. En 1972, les membres de la Sydney Heritage Fleet renfloue l’épave et la transporte jusqu’à Hobart. Sa restauration est réalisée à Sydney de 1981 à 2001, l’année de sa mise sous voile. Le James Craig est actuellement amarré au quai n°7 du port de Darling, près du musée maritime d’Australie. Il est ouvert au public et propose des sorties en mer à la journée et des courtes croisières. Il est entretenu par les bénévoles de l’association.

Et terminons ce tour des grands voiliers avec le Polly Woodside, un trois mâts à coque en fer, sensiblement de la même taille et contemporain de notre Belem:

Le Polly Woodside a été construit à Belfast en 1885, pour William J. Woodside and Co. Il a été lancée le 7 novembre 1885; le baptême effectué par l’épouse du propriétaire, Mme Marian (“Polly”) Woodside, du nom du navire. Le Polly Woodside opérait comme un cargo transportant du charbon, du nitrate et du blé entre les ports britanniques et les ports d’ Amérique du Sud , tels que Montevideo , Valparaiso et Buenos Aires. En seize voyages entre décembre 1885 et août 1903 elle a fait un certain nombre de passages difficiles autour du Cap Horn . L’équipe d’exploitation du Polly Woodside , y compris le capitaine et le second, était généralement inférieure à 20 personnes. Après plusieurs changements de propriétaire et une exploitation comme cargo entre la nouvelle Zélande et l’Australie, face à la concurrence de la vapeur, le navire est converti en ponton à charbon, notamment pour l’Adélaïde Steamship Co (tiens, tiens, comme le monde est petit!). Acquis en 1968 par le National Trust of Australia , le navire est restauré et ouvre au public en 1978. Il fait depuis la fierté de Melbourne.

Dans la marine historique guerrière, on peut recenser, par ordre chronologique, la corvette HMAS Castlemaine , de classe «Bathurst» et qui date de 1941 :

Lancée en 1941 et mis en service en 1942, La HMAS Castlemaine a opéré pendant la Seconde Guerre mondiale dans les eaux de l’Australie, de la Nouvelle-Guinée et du Timor. Elle est restée en service jusqu’en 1945, lorsqu’elle a été déclassée, mise en réserve et transformée en navire-école à quai. En 1973, la Castlemaine a été proposée au Maritime Trust of Australia pour être converti en navire musée. Elle est l’un des deux exemples survivants de la classe de Bathurst , l’autre étant le HMAS Whyalla. La HMAS Castlemaine est actuellement amarré au Gem Pier , dans le port de la ville de Victoria. Le navire n’est pas capable de naviguer, car le pont principal du mess abrite un musée et les moteurs ont été convertis pour fonctionner à l’air comprimé, affichant leur fonctionnement mécanique aux visiteurs.

…Et la corvette HMAS Whyalla du même type que la précédente lancée elle aussi en 1941, et aujourd’hui mise “au sec”:

La HMAS Whyalla, du nom de la ville de Whyalla, , était l’une des 60 corvettes de la classe de Bathurst construites pendant la Seconde Guerre mondiale et l’une des 20 corvettes construites sur ordre de l’ Amirauté , mais dirigées par du personnel du Royal Navy Australienne . Elle a été désarmée le 16 mai 1946. La corvette a reçu trois décorations pour son service en temps de guerre: «Pacifique 1942-1945», «Nouvelle-Guinée 1942-1944» et «Okinawa 1945». Après la guerre, la Whyalla a été vendue au Département des travaux publics de Victoria pour être modifiée pour le service civil et renommée Rip . Remorquée à Melbourne, elle entre en service en tant que navire d’entretien de phare à l’entrée de Port de Phillip Bay. Le navire restera en service jusqu’en 1984 date à laquelle il devait être vendu pour la ferraille. Lorsque le conseil municipal de Whyalla a appris que la corvette devait être mise au rebut, ils ont négocié l’achat du navire pour 5 000 dollars australiens, puis elle a été placée dans sa cale de lancement et ce, jusqu’en avril 1987, date à laquelle elle a été déplacée de 2 kilomètres à l’intérieur des terres pour devenir la pièce maîtresse du musée maritime de Whyalla, qui a ouvert ses portes le 29 octobre 1988.

…la frégate de classe « River », la HMAS Diamantina, qui date de 1944, l’un des rare frégate de ce genre préservée….

Le HMAS Diamantina est une frégate de classe River ayant servi dans la Royal Australian Navy (RAN). Son nom fait référence à la rivière Diamantina dans le Queensland. Lancé en 1944,elle entre en service en avril 1945 et participe donc à la fin de la seconde guerre mondiale, Elle est utilisée de 1945 à 1946 par la RAN puis placée dans la réserve et reconvertie afin de servir de navire océanographique de 1959 à 1980. À partir de cette date, elle a été exposée au musée maritime du Queensland où elle est utilisée en tant que navire musée. Il s’agit de la dernière frégate datant de la Seconde Guerre mondiale à avoir quitté le service de la RAN et, c’est la seule parmi les 151 navires de sa classe, qui ont servi dans 19 marines, à avoir été préservée en tant que navire musée.

…Ou encore le destroyer HMAS Vampire de classe « Daring », lancé lui en 1956

Le HMAS Vampire était le troisième des trois destroyers de classe Daring construits en Australie dans la Royal Australian Navy (RAN). L’un des premiers navires entièrement soudés construits en Australie, il a été construit au chantier naval de Cockatoo Island entre 1952 et 1959, et a été mis en service dans le RAN un jour après l’achèvement. Le HMAS Vampire a été régulièrement déployée en Asie du Sud-Est au cours de sa carrière: Il a été attachée à la réserve stratégique d’Extrême-Orient à cinq reprises, y compris lors de la confrontation Indonésie-Malaisie, ainsi que pendant la guerre du Vietnam. En 1977, le destroyer fut chargé d’escorter le yacht royal Britannia lors de la visite de la reine Elizabeth II en Australie. En 1980, Vampire a été reclassé comme navire-école, et ce jusqu’en 1986, date à laquelle il a été désarmé et proposé à l’Australian National Maritime Museum pour sa conservation en tant que navire-musée.

…Et enfin, pour en terminer avec l’Australie, un navire civil “moderne” d’un type peu courant : le ravitailleur de Phares MV Cape Don

Le MV Cape Don est un ancien ravitailleur de phare , désormais un navire-musée à Waverton, en Nouvelle-Galles du Sud , en Australie. Construit et lancée par les chantier navals d Newcastle, en Nouvelle-Galles du Sud en 1962 pour le Commonwealth Lighthouse Service, il a entretenu les phares, les bateaux-phares et les bouées de la côte australienne de 1963 au début des années 1990. A partir de cette date, il est restaurée par des passionnés pour devenir un musée et un navire-école. Il est inscrite au registre australien des navires historiques et il est actuellement amarrée à l’ancien quai de chargement de charbon de Balls Head Bay dans le port de Waverton en Nouvelle-Galles du Sud .

 

Fini pour ce jeune pays qu’est l’Australie, et décalons-nous vers l’est pour visiter une autre ancienne colonie britannique:

 

2- La Nouvelle-Zélande :

Un seul navire de haute mer pour ce petit pays de cinq millions d’habitants mais qui s’inscrit en droite ligne dans son histoire : L’épave du voilier Edwin Fox, second plus vieux navire marchand au monde et seul survivant des navires “transport de déportés”, ces détenus ayant fondé la base du peuplement européen en Australie ou en Nouvelle-Zélande:

L’Edwin Fox est le deuxième plus ancien voilier marchand du monde, et le seul navire survivant à avoir transporté des détenus en Australie . Il est unique en ce qu’il est la “seule coque intacte d’un voilier en eau profonde en bois construit selon les spécifications britanniques qui a survécu dans le monde en dehors des îles Falkland”. L’Edwin Fox a transporté des colons en Australie et en Nouvelle-Zélande et a transporté des troupes britanniques dans la guerre de Crimée . Désarmé en 1905, il sert de dépôt/ponton dans le port de Picton juqu’en 1950 où il est abandonné. Il est achetée par la Edwin Fox Society pour la somme nominale d’un shilling en 1965. Initialement, il était prévu de restaurer complètement le navire, en remplaçant le gréement et en rénovant l’intérieur. Depuis, il a été décidé que ce n’était pas envisageable, non seulement pour des raisons financières, mais parce que les bois nécessaires n’étaient plus disponibles. Il est aujourd’hui préservée en tant que coque avec un musée informatif adjacent, et les visiteurs peuvent visiter deux de ses ponts et ainsi se tenir à l’intérieur de cette pièce historiqueLe navire est en cale sèche au Centre maritime Edwin Fox à Picton en Nouvelle-Zélande.

 

3- La Malaisie :

Là aussi un seul navire pour ce pays semi-insulaire, qui termine cet épisode, une frégate de construction britannique, la KD Hang Tuah:

KD Hang Tuah est une frégate d’une classe unique, qui a intégré la Marine royale malaisienne depuis 1977. Elle a été construite au Royaume-Uni , à l’origine pour la marine du Ghana , mais, faute de crédit suffisants, a été achetée par la Royal Navy en 1972. Elle a servi pendant cinq ans comme HMS Mermaid avant d’être achetée par la Malaisie , où elle a remplacé une autre ex-frégate britannique également appelée Hang Tuah. Elle est devenu navire-école de la KD en 1992 et a été réaménagé pour remplacer ses armes et ses machines devenues obsolètes. En 2017, le frégate est désarmée et ouverte au public.

Voilà c’est terminé pour l’Océanie et au prochain épisode nous nous attaquerons (enfin!) à l’Europe. Une occasion de voir que les plus belles pépites ne sont pas forcément là où l’on pense…

A suivre…

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Olivier Alba