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Le patrimoine maritime en France et à l’étranger épisode 6- L’Asie- (Chine, Birmanie, Thaïlande)

Note: La liste de navires citée n’est pas exhaustive mais le fruit de recherches qui peuvent être incomplètes. N’hésitez pas à nous contacter si vous constatez des oublis. La liste ne recense que les navires d’une taille assez importante et ne comprend pas les sous-marins.

8- La Chine:

La Chine n’a pas dans l’imaginaire collectif, l’image d’une nation de marins. Pourtant, lorsque l’on regarde son histoire, elle eu quelques volontés d’expansion maritime. En effet, au début du XVème siècle, le troisième empereur de la dynastie Ming, Yongle, lance la construction de centaines de navires à Nankin, (ce qui réduira de moitié la couverture forestière du sud de la Chine) et ordonne de grandes expéditions exploratrices dans tout l’océan Indien. En tant qu’amiral, Zheng He effectue sept voyages de 1405 à 1433. Il touchera ainsi les côtes de l’Afrique et de la péninsule arabique.

À la différence des Portugais, les voyages d’exploration entrepris par les Chinois ne débouchèrent pas sur une entreprise d’expansion outre-mer. Le successeur de Yongle, Hongxi, éphémère quatrième empereur Ming (1424-1425), interrompt ces expéditions pour des raisons budgétaires. Il s’en était fallu de peu que les chinois ne conquièrent le monde au nez et à la barbe des européens. Puis, les chinois se refermèrent sur eux-même, en oubliant le monde.

Aujourd’hui la Chine, seconde puissance économique mondiale souhaite reprendre sa place et cette volonté passe par la création d’une imposante flotte, crée au départ sur les restes de celle de l’empire soviétique. Ce qui explique l’origine russe d’une partie de ses navires-musée.

Commençons donc par son patrimoine maritime militaire avec les porte-aéronefs de la classe “Kiev”. Le premier, le Kiev, est aujourd’hui navire-musée-hôtel au sein d’un parc à thème à Tianjin, c’est l’ambiance guerre froide à Disneyland:

…Le second, le Minsk est navire musée à Shenzhen, l’entretien laisse visiblement à désirer :

Les navires de la classe Kiev furent les premiers porte-aéronefs soviétiques. Il furent construit dans les années 1970′ pour la marine soviétique. Les porte-aéronefs de type «Kiev» étaient capables d’emporter des hélicoptères et des avions à décollage et atterrissage vertical, les Yak-38M, pour un total de 22 appareils. Contrairement aux porte-avions américains, la défense des Kiev était en majeure partie confiée aux armements de bord et non au groupe aéronaval, ce qui explique qu’il soit lourdement armé en missiles mer-air, mer-mer et en systèmes de lutte anti-sous-marine. Ces caractéristiques conditionnant leur étrange appellation de « croiseurs porte-aéronefs ». A la désintégration de l’URSS, les deux navires sont vendus à la Chine qui cherche alors à acquérir une capacité aéronavale. La Chine achète donc les deux navires pour les étudier. Aujourd’hui obsolètes, Le Kiev et le Minsk sont devenus des navires-musée.

Reste donc pour les « gris » à faire suivre avec la longue litanie des destroyers, pas moins de cinq sont recensés comme navires-musée au sein de l’empire du milieu : Commençons donc avec les deux destroyers d’origine soviétique de classe Anshan” (ex-classe Gnevny) : le Taiyuan, qui sert de navire d’entrainement à l’académie navale de Dalian :

…et le Changchun qui, pour sa part, trône fièrement dans le gigantesque Chinese Naval Museum de Qingdao:

Et terminons la classe avec le navire qui lui a donné son nom, le Anshan, lui aussi au Chinese Naval Museum de Qingdao

La classe «Gnevny » était un groupe de 29 destroyers construits pour la marine soviétique à la fin des années 1930. Ils sont parfois connus sous la désignation soviétique officielle de projet 7. Ces navires ont combattu pendant la Seconde Guerre mondiale. Au début des années 1930, les Soviétiques se sont sentis capables de redémarrer la construction de destroyers afin de reconstituer leur flotte de guerre. Le design a été réalisé avec l’aide de l’Italie malgré les différences idéologiques entre les Soviétiques et l’Italie fasciste. Ils ont souffert de certaines des mêmes faiblesses des navires italiens contemporains avec une faiblesse structurelle et une autonomie limitée. Il y avait également des problèmes importants de machinerie dans les premiers navires. Les défauts de conception sont apparus après les essais des premières unités en 1936/37 et la production s’est arrêtée après 30 navires. Quatre navires survivants de la flotte du Pacifique ont été transférés à la marine de l’Armée populaire de libération chinoise, formant la classe « Anshan ». Modernisés en navire lance-missile dans les années 1970, trois aujourd’hui sont conservés comme navires-musée et un comme navire d’entrainement.

Continuons donc avec les deux destroyers de la classe type 051, de construction chinoise : avec le Jinian, toujours au Chinese Naval Museum

…Et le Nanchang, qui est préservé dans le port dont il porte le nom comme attraction touristique:

Les destroyer Type 051 (classification OTAN classe Luda) étaient une classe de destroyers à missiles guidés déployée par la Chine. Il s’agissait des premiers destroyers lance-missiles mis en service par la Marine de l’Armée populaire de libération (PLAN), et les premiers conçus et construits en Chine. La classe était basée néanmoins sur le destroyer soviétique de classe Neustrashimy. 17 ont été construits de 1970 à 1990. Ce n’est qu’au 21e siècle que la Chine va à nouveau construire une classe en si grand nombre. Aujourd’hui deux sont conservés l’un dans le port de Nanchang et l’autre au gigantesque Chinese Naval Museum

Fini pour les destroyers, passons maintenant aux frégates, en l’occurrence deux, toutes au Chinese Naval museum. Si je compare au musée de la marine de paris, apparemment pour les chinois, l’échelle en modélisme est le 1/1…

Donc voici la frégate Xiamen

…Ainsi que la frégate Yintang

Les frégates de type 053 étaient une famille de navires chinois qui ont servi avec la Force de surface de la marine de l’Armée populaire de libération et un petit nombre de marines étrangères. Ce sont des navire de 103 mètres de long pour un déplacement qui oscille entre 1700 et 2000 tonnes, elle ont été déclinées en une multitude de versions, l’armement changeant d’une variante à une autre.

Bon, c’est terminé pour les navires de guerre, reste donc les navires «civils» en la présente de deux paquebots l’un à quai, le Brasil Maru (ex-japonais), dans le port de Zhanjiang à qui nous avons consacré un article détaillé ICI

…Et l’autre ensablé, le Minghua (ex-français Ancerville) à Shenzhen à qui nous avons consacré un article complet ICI

Voila, terminé pour l’empire du milieu, passons maintenant plus au sud avec un pays que l’on attendrais pas :

 

9- La Birmanie:

Pour ce pays, un seul navire-musée mais d’importance historique puisqu’il s’agit d’une frégate de type « River » de construction britannique, ce type de navire s’étant illustré sur l’Atlantique pour la protection des convois durant la seconde guerre mondiale. Voici donc la UBS Mayu

Le HMS Fal était une frégate de classe River de la Royal Navy, construite pour la guerre anti-sous-marine et l’escorte de convoi pendant la Seconde Guerre mondiale, et mis en service le 2 juillet 1943.Après avoir servi sur l’Atlantique Nord, la frégate est déployée sur la route des convois ouest-africain entre Lagos, Takoradi et Freetown. À la fin des hostilités, elle était stationnée à Simonstown puis fut transférée en Extrême-Orient,à Rangoo. Elle a été remise par le gouvernement britannique à la Réserve navale royale de Birmanie le 25 mai 1947. UBS Mayu a été le premier navire amiral de la marine birmane. Après 32 années de service actif elle a également servi de navire-école pour les officiers de la marine du Birmane. Elle a été désarmée en 1979 et a été converti en navire musée.

10- La Thaïlande:

La Thaïlande fût l’un des rares pays de l’Asie du sud-est à ne pas être la proie, au XIXème siècle des colonisateurs occidentaux, bien que «coincé » entre l’Indochine française et l’empire britannique des Indes. Cette indépendance l’obligera à maintenir des forces armées et notamment navales, celle-ci affrontant d’ailleurs la marine française en janvier 1941 lors de la bataille de Ko Chang qui se terminera par une défaite totale et humiliante des forces du Siam. Elle arrivera en outre à rester à relativement à l’écart de la guerre du Vietnam qui embrasera la régions, et ce, grâce au soutien des USA ce qui explique l’origine des deux tiers des navires-musée que possède ce pays. Commençons par l’exception, une corvette construite au Japon durant les années 1930′, la HTMS Maeklon, l’un des navires ayant eu la plus longue carrière active du monde puisque désarmé en 1995 (59 ans!)

HTMS Maeklong était un navire d’escorte et un navire-école de la Marine royale thaïlandaise, construit au chantier Uraga à Yokosuka, au Japon en 1936. Son navire jumeau était HTMS Tachin. Aprés une longue carrière dans la marine royale thaïlandaise et une fin de carrière comme navire d’entrainement. Elle sera désarmée en 1995, devenant ainsi le second navire de guerre au monde ayant la plus longue carrière active. Le Maeklong est conservé à sec du fort Chulachomklao dans province de Samut Prakan, en Thaïlande.

On poursuit avec deux frégates d’une série bien connue désormais, la classe «Tacoma», d’origine américaine: en commençant par la HTMS Prasae …

Lancée en 1943, pour la marine américaine sous le nom d’USS Gallup, elle débutera sa carrière par de nombreuses mission en 1944/45 dans le pacifique contre l’empire du Japon, en 1945, elle est transférée à la marine soviètique où elle prend le patronyme de EK-22, jusqu’en 1949 où elle est rendue aux forces américaines. Elle est désarmé la même année mais réactivée l’année suivante pour la guerre de Corée à laquelle elle participe. Elle est transférée en 1951 à la marine royale thaïlandaise qui l’utilisera jusqu’en 2000 ; Désarmée, elle devient mémorial de guerre en 2003.

…Pour terminer cet épisode avec la HTMS Tachin qui a été entièrement démontée et transportée par camion jusqu’à l’académie militaire de Nakhon Nayok où elle est remontée et restaurée avec son armement d’origine,une véritable prouesse!

Lancée en 1943, pour la marine américaine sous le nom d’USS Gledale, elle débutera sa carrière par de nombreuses mission en 1944/45 dans le pacifique contre l’empire du Japon, en 1945, elle est transférée à la marine soviétique où elle prend le patronyme de EK-22, jusqu’en 1949 où elle est rendue aux forces américaines. Elle est désarmé la même année mais réactivée l’année suivante pour la guerre de Corée à laquelle elle participe. Elle est transférée en 1951 à la marine royale thaïlandaise qui l’utilisera jusqu’en 2000 ; Désarmée, elle est entièrement démonté et transportée par camion jusqu’à l’académie militaire de Nakhon Nayok où elle est remontée et restaurée avec son armement d’origine

Voilà c’est terminé pour l’Asie où l’on notera l’étrange absence du géant Indien, pourtant second pays le plus peuplé du monde, ouvert largement sur l’océan et aspirant à devenir une puissance militaire locale. Au prochain épisode l’Océanie et en particulier l’Australie avec de bien belles choses…

A suivre…

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L’épisode suivant LA

Olivier Alba

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