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Le patrimoine maritime en France et à l’étranger épisode 6- L’Asie- (Chine, Birmanie, Thaïlande)

Note: La liste de navires citée n’est pas exhaustive mais le fruit de recherches qui peuvent être incomplètes. N’hésitez pas à nous contacter si vous constatez des oublis. La liste ne recense que les navires d’une taille assez importante et ne comprend pas les sous-marins.

8- La Chine:

La Chine n’a pas dans l’imaginaire collectif, l’image d’une nation de marins. Pourtant, lorsque l’on regarde son histoire, elle eu quelques volontés d’expansion maritime. En effet, au début du XVème siècle, le troisième empereur de la dynastie Ming, Yongle, lance la construction de centaines de navires à Nankin, (ce qui réduira de moitié la couverture forestière du sud de la Chine) et ordonne de grandes expéditions exploratrices dans tout l’océan Indien. En tant qu’amiral, Zheng He effectue sept voyages de 1405 à 1433. Il touchera ainsi les côtes de l’Afrique et de la péninsule arabique.

À la différence des Portugais, les voyages d’exploration entrepris par les Chinois ne débouchèrent pas sur une entreprise d’expansion outre-mer. Le successeur de Yongle, Hongxi, éphémère quatrième empereur Ming (1424-1425), interrompt ces expéditions pour des raisons budgétaires. Il s’en était fallu de peu que les chinois ne conquièrent le monde au nez et à la barbe des européens. Puis, les chinois se refermèrent sur eux-même, en oubliant le monde.

Aujourd’hui la Chine, seconde puissance économique mondiale souhaite reprendre sa place et cette volonté passe par la création d’une imposante flotte, crée au départ sur les restes de celle de l’empire soviétique. Ce qui explique l’origine russe d’une partie de ses navires-musée.

Commençons donc par son patrimoine maritime militaire avec les porte-aéronefs de la classe “Kiev”. Le premier, le Kiev, est aujourd’hui navire-musée-hôtel au sein d’un parc à thème à Tianjin, c’est l’ambiance guerre froide à Disneyland:

…Le second, le Minsk est navire musée à Shenzhen, l’entretien laisse visiblement à désirer :

Les navires de la classe Kiev furent les premiers porte-aéronefs soviétiques. Il furent construit dans les années 1970′ pour la marine soviétique. Les porte-aéronefs de type «Kiev» étaient capables d’emporter des hélicoptères et des avions à décollage et atterrissage vertical, les Yak-38M, pour un total de 22 appareils. Contrairement aux porte-avions américains, la défense des Kiev était en majeure partie confiée aux armements de bord et non au groupe aéronaval, ce qui explique qu’il soit lourdement armé en missiles mer-air, mer-mer et en systèmes de lutte anti-sous-marine. Ces caractéristiques conditionnant leur étrange appellation de « croiseurs porte-aéronefs ». A la désintégration de l’URSS, les deux navires sont vendus à la Chine qui cherche alors à acquérir une capacité aéronavale. La Chine achète donc les deux navires pour les étudier. Aujourd’hui obsolètes, Le Kiev et le Minsk sont devenus des navires-musée.

Reste donc pour les « gris » à faire suivre avec la longue litanie des destroyers, pas moins de cinq sont recensés comme navires-musée au sein de l’empire du milieu : Commençons donc avec les deux destroyers d’origine soviétique de classe Anshan” (ex-classe Gnevny) : le Taiyuan, qui sert de navire d’entrainement à l’académie navale de Dalian :

…et le Changchun qui, pour sa part, trône fièrement dans le gigantesque Chinese Naval Museum de Qingdao:

Et terminons la classe avec le navire qui lui a donné son nom, le Anshan, lui aussi au Chinese Naval Museum de Qingdao

La classe «Gnevny » était un groupe de 29 destroyers construits pour la marine soviétique à la fin des années 1930. Ils sont parfois connus sous la désignation soviétique officielle de projet 7. Ces navires ont combattu pendant la Seconde Guerre mondiale. Au début des années 1930, les Soviétiques se sont sentis capables de redémarrer la construction de destroyers afin de reconstituer leur flotte de guerre. Le design a été réalisé avec l’aide de l’Italie malgré les différences idéologiques entre les Soviétiques et l’Italie fasciste. Ils ont souffert de certaines des mêmes faiblesses des navires italiens contemporains avec une faiblesse structurelle et une autonomie limitée. Il y avait également des problèmes importants de machinerie dans les premiers navires. Les défauts de conception sont apparus après les essais des premières unités en 1936/37 et la production s’est arrêtée après 30 navires. Quatre navires survivants de la flotte du Pacifique ont été transférés à la marine de l’Armée populaire de libération chinoise, formant la classe « Anshan ». Modernisés en navire lance-missile dans les années 1970, trois aujourd’hui sont conservés comme navires-musée et un comme navire d’entrainement.

Continuons donc avec les deux destroyers de la classe type 051, de construction chinoise : avec le Jinian, toujours au Chinese Naval Museum

…Et le Nanchang, qui est préservé dans le port dont il porte le nom comme attraction touristique:

Les destroyer Type 051 (classification OTAN classe Luda) étaient une classe de destroyers à missiles guidés déployée par la Chine. Il s’agissait des premiers destroyers lance-missiles mis en service par la Marine de l’Armée populaire de libération (PLAN), et les premiers conçus et construits en Chine. La classe était basée néanmoins sur le destroyer soviétique de classe Neustrashimy. 17 ont été construits de 1970 à 1990. Ce n’est qu’au 21e siècle que la Chine va à nouveau construire une classe en si grand nombre. Aujourd’hui deux sont conservés l’un dans le port de Nanchang et l’autre au gigantesque Chinese Naval Museum

Fini pour les destroyers, passons maintenant aux frégates, en l’occurrence deux, toutes au Chinese Naval museum. Si je compare au musée de la marine de paris, apparemment pour les chinois, l’échelle en modélisme est le 1/1…

Donc voici la frégate Xiamen

…Ainsi que la frégate Yintang

Les frégates de type 053 étaient une famille de navires chinois qui ont servi avec la Force de surface de la marine de l’Armée populaire de libération et un petit nombre de marines étrangères. Ce sont des navire de 103 mètres de long pour un déplacement qui oscille entre 1700 et 2000 tonnes, elle ont été déclinées en une multitude de versions, l’armement changeant d’une variante à une autre.

Bon, c’est terminé pour les navires de guerre, reste donc les navires «civils» en la présente de deux paquebots l’un à quai, le Brasil Maru (ex-japonais), dans le port de Zhanjiang à qui nous avons consacré un article détaillé ICI

…Et l’autre ensablé, le Minghua (ex-français Ancerville) à Shenzhen à qui nous avons consacré un article complet ICI

Voila, terminé pour l’empire du milieu, passons maintenant plus au sud avec un pays que l’on attendrais pas :

 

9- La Birmanie:

Pour ce pays, un seul navire-musée mais d’importance historique puisqu’il s’agit d’une frégate de type « River » de construction britannique, ce type de navire s’étant illustré sur l’Atlantique pour la protection des convois durant la seconde guerre mondiale. Voici donc la UBS Mayu

Le HMS Fal était une frégate de classe River de la Royal Navy, construite pour la guerre anti-sous-marine et l’escorte de convoi pendant la Seconde Guerre mondiale, et mis en service le 2 juillet 1943.Après avoir servi sur l’Atlantique Nord, la frégate est déployée sur la route des convois ouest-africain entre Lagos, Takoradi et Freetown. À la fin des hostilités, elle était stationnée à Simonstown puis fut transférée en Extrême-Orient,à Rangoo. Elle a été remise par le gouvernement britannique à la Réserve navale royale de Birmanie le 25 mai 1947. UBS Mayu a été le premier navire amiral de la marine birmane. Après 32 années de service actif elle a également servi de navire-école pour les officiers de la marine du Birmane. Elle a été désarmée en 1979 et a été converti en navire musée.

10- La Thaïlande:

La Thaïlande fût l’un des rares pays de l’Asie du sud-est à ne pas être la proie, au XIXème siècle des colonisateurs occidentaux, bien que «coincé » entre l’Indochine française et l’empire britannique des Indes. Cette indépendance l’obligera à maintenir des forces armées et notamment navales, celle-ci affrontant d’ailleurs la marine française en janvier 1941 lors de la bataille de Ko Chang qui se terminera par une défaite totale et humiliante des forces du Siam. Elle arrivera en outre à rester à relativement à l’écart de la guerre du Vietnam qui embrasera la régions, et ce, grâce au soutien des USA ce qui explique l’origine des deux tiers des navires-musée que possède ce pays. Commençons par l’exception, une corvette construite au Japon durant les années 1930′, la HTMS Maeklon, l’un des navires ayant eu la plus longue carrière active du monde puisque désarmé en 1995 (59 ans!)

HTMS Maeklong était un navire d’escorte et un navire-école de la Marine royale thaïlandaise, construit au chantier Uraga à Yokosuka, au Japon en 1936. Son navire jumeau était HTMS Tachin. Aprés une longue carrière dans la marine royale thaïlandaise et une fin de carrière comme navire d’entrainement. Elle sera désarmée en 1995, devenant ainsi le second navire de guerre au monde ayant la plus longue carrière active. Le Maeklong est conservé à sec du fort Chulachomklao dans province de Samut Prakan, en Thaïlande.

On poursuit avec deux frégates d’une série bien connue désormais, la classe «Tacoma», d’origine américaine: en commençant par la HTMS Prasae …

Lancée en 1943, pour la marine américaine sous le nom d’USS Gallup, elle débutera sa carrière par de nombreuses mission en 1944/45 dans le pacifique contre l’empire du Japon, en 1945, elle est transférée à la marine soviètique où elle prend le patronyme de EK-22, jusqu’en 1949 où elle est rendue aux forces américaines. Elle est désarmé la même année mais réactivée l’année suivante pour la guerre de Corée à laquelle elle participe. Elle est transférée en 1951 à la marine royale thaïlandaise qui l’utilisera jusqu’en 2000 ; Désarmée, elle devient mémorial de guerre en 2003.

…Pour terminer cet épisode avec la HTMS Tachin qui a été entièrement démontée et transportée par camion jusqu’à l’académie militaire de Nakhon Nayok où elle est remontée et restaurée avec son armement d’origine,une véritable prouesse!

Lancée en 1943, pour la marine américaine sous le nom d’USS Gledale, elle débutera sa carrière par de nombreuses mission en 1944/45 dans le pacifique contre l’empire du Japon, en 1945, elle est transférée à la marine soviétique où elle prend le patronyme de EK-22, jusqu’en 1949 où elle est rendue aux forces américaines. Elle est désarmé la même année mais réactivée l’année suivante pour la guerre de Corée à laquelle elle participe. Elle est transférée en 1951 à la marine royale thaïlandaise qui l’utilisera jusqu’en 2000 ; Désarmée, elle est entièrement démonté et transportée par camion jusqu’à l’académie militaire de Nakhon Nayok où elle est remontée et restaurée avec son armement d’origine

Voilà c’est terminé pour l’Asie où l’on notera l’étrange absence du géant Indien, pourtant second pays le plus peuplé du monde, ouvert largement sur l’océan et aspirant à devenir une puissance militaire locale. Au prochain épisode l’Océanie et en particulier l’Australie avec de bien belles choses…

A suivre…

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Olivier Alba

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Le patrimoine maritime en France et à l’étranger épisode 5- L’Asie- (Japon, Corée du sud, Taïwan)

Note: La liste de navires citée n’est pas exhaustive mais le fruit de recherches qui peuvent être incomplètes. N’hésitez pas à nous contacter si vous constatez des oublis. La liste ne recense que les navires d’une taille assez importante et ne comprend pas les sous-marins.

Quand on pense patrimoine maritime, on ne pense pas spontanément au continent asiatique et pourtant celui-ci est riche d’un patrimoine parfois insoupçonné. A tel point qu’un article seul ne pourrait le recenser et que nous nous contenterons pour cet épisode de deux pays : Le Japon et la Corée du sud.

1- Le Japon:

Le Japon, de part sa situation insulaire est extrèmement dépendant de la mer. Pourtant, ce pays restera fermé jusqu’à la fin du XIXème siècle, avant que l’ère Meiji ne le propulse dans la modernité, faisant de lui un concurrent sérieux aux puissances maritimes et coloniales occidentales. Le pays se dotera donc d’une flotte de guerre puissante avec la volonté de devenir LA puissance maritime asiatique et Pacifique. Cette volonté le poussant par ailleurs à entrer en confrontation directe avec les USA en décembre 1941, ce qui amènera à son quasi anéantissement. Malgré cela leur patrimoine maritime historique est riche, notamment en ce qui concerne les voiliers-école, grande tradition au Pays du Soleil Levant.

Commençons donc par le Kaiwo Maru

Le T.S. Kaiwo Maru a été construit en 1930 à Kōbe sur le chantier naval Kawasaki, en même temps que son sister-ship le Nippon Maru pour devenir navire-école de la marine marchande. La fin de ses travaux s’est effectuée, comme pour le Nippon Maru au chantier naval Ramage et Ferguson Ltd. à Édimbourg en Écosse. Durant les années 1930, il navigue essentiellement sur l’Océan Pacifique, faisant divers voyages aux États-Unis et Hawaï. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est transformé en navire de fret pour l’effort de guerre dans les eaux japonaises. Depuis 1943, il appartient à la Marine nationale japonaise . Après la guerre, il réalise le rapatriement de ressortissants japonais, civils comme militaires. En 1952, il est regréé en quatre-mâts barque, repeint en blanc et reprend son activité de navire-école dans le Pacifique. En presque soixante ans de carrière, le Kaiwo Maru a formé 11 425 marins et a parcouru 1 950 000 km, soit 49 fois le tour de la terre. En 1989, il est remplacé par le Kaiwo Maru II. Depuis 1990, le Kaiwo Maru (« roi de la mer ») a rejoint le Kaiwo Maru Park, situé au port de Toyama-Shinko.

…Et poursuivons avec son sister-ship, de la même génération, lui aussi navire musée, le Nippon Maru…

Le T.S. Nippon Maru a été construit en 1930 à Kōbe sur le chantier naval Kawasaki, en même temps que le Kaiwo Maru pour devenir navire-école de la marine marchande. La fin de ses travaux s’est effectuée, comme pour le Kaiwo Maru en Écosse. Pendant la Seconde Guerre mondiale il est transformé en navire de transport de carburant pour l’effort de guerre dans les eaux japonaises. Après la guerre, il réalise 29 trajets de rapatriement de 25 423 ressortissants japonais. En 1952, il est regréé en quatre-mâts barque, repeint en blanc et reprend son activité de navire-école jusqu’en 1984. En 1984, il aura navigué 1 830 000 km et aura formé 15 000 marins. Il a été remplacé par le Nippon Maru II. Depuis le 28 avril 1984, le Nippon Maru est en cale-sèche dans le port de Yokohama.  Le fait le plus caractéristique est qu’il est resté dans sa version originale. On peut encore voir la cabine du capitaine qui est l’attraction première du navire-musée. Les 29 voiles sont hissées 10 fois par an.

Nous poursuivrons évidemment avec les deux remplaçants des navires sus-cités, en commençant évidemment par le Kaiwo Maru II

Le T.S. Kaiwo Maru II a été construit en 1989 sur le chantier naval Sumitomo Heavy Industries, Ltd. au Japon. Il est le sister-ship du Nippon Maru II lancé en 1984. Ce quatre-mâts barque remplace le Kaiwo Maru, navire musée visible au Kaiwo Maru Park de Tokyo. Il est géré par l’Institut national de formation pour la navigation maritime (NIST) à Yokohama. C’est un grand navire de 110 mètre de long qui porte 2760 m2 de voiles. Sa capacité est de 199 personnes. À quatre reprises, en 1990, 1991, 1994 et 1995, le Nippon Maru II a remporté le Boston Teapot Trophy. C’est le prix qui récompense chaque année le voilier le plus rapide et qui couvre la plus grande distance sur une période de 124 heures (5 jours et 4 heures) entre le 1er janvier et le 31 décembre.

…Et en poursuivant avec son sister-ship le Nippon Maru II

 

 

Le T.S. Nippon Maru II a été construit en 1984 sur le chantier naval Sumitomo Heavy Industries, Ltd. au Japon.. Ce quatre-mâts barque remplace le Nippon Maru, devenu navire musée. Il est géré par l’Institut national de formation pour la navigation maritime à Yokohama..À trois reprises, en 1986, 1989 et 1993, le Nippon Maru II a remporté le Boston Teapot Trophy. C’est le prix qui récompense chaque année le voilier le plus rapide et qui couvre la plus grande distance sur une période de 124 heures (5 jours et 4 heures) entre le 1er janvier et le 31 décembre.

Plus inattendu dans ce pays et avec, reconnaissons-le, un nom pas très “local”, la réplique d’un galion, le San Juan Bautista:

Le San Juan Bautista, appelé à l’origine 伊達丸 (Date Maru), est l’un des premiers navires de haute mer japonais construits dans un style européen. Ila été conçu à l’image d’un galion espagnol. Ce type de bateau est appelé au Japon kurofune (黒船, littéralement « navire noir ») ou namban-sen (南蛮船, littéralement « navire de barbare du sud »). Construit à l’initiative du daimyō Masamune Date, il transporta une ambassade de 180 personnes, conduites par Tsunenaga Hasekura, et accompagnées par le religieux espagnol Luis Sotelo. Le but de l’expédition était, après la traversée du Pacifique effectuée en 1614, de visiter les possessions espagnoles au Mexique, puis de là de gagner l’Europe, qu’elle atteignit en 1615, avant de retourner au Japon.

Un nouveau San Juan Bautista a été reconstruit en 1993, sur la base des enregistrements du clan Date. Bien que les plans exacts n’aient pas été retrouvés, les dimensions du navire avaient été enregistrées proprement, permettant ainsi la reconstitution. Le navire est actuellement exposé dans un parc à thème au nord du Japon, près de l’endroit où il fut construit à l’origine.

Poursuivons avec la marine de guerre et la réplique du Kankō Maru qui était le premier navire de guerre à vapeur japonais….

Il s’agissait d’un trois-mâts barque hollandais de 65,80 m, équipé d’une machine à vapeur à charbon auxiliaire tournant une roue à aubes latérale. Cette reproduction fidèle de l’original a été construite aux chantiers navals de Verolme aux Pays-Bas en 1987, basée sur les plans originaux du Soembing, préservés au musée maritime national à Amsterdam. Il est basé à Nagasaki, navigue et embarque à l’occasion des touristes pour de petites traversées. Il est armé par 14 hommes d’équipage et peut transporter 300 passagers.

…Et puisqu’on est dans la marine militaire ne pas oublier bien sûr le fameux Mikasa, cuirassé amiral japonais lors de la non-moins fameuse bataille de Tsushima.

Le Mikasa est un cuirassé pré-Dreadnought de la marine impériale japonaise lancé le 8 novembre 1900. Il s’agit du dernier pré-Dreadnought encore existant aujourd’hui. Avec le croiseur russe Aurora, le Mikasa est un des deux derniers survivants de la bataille de Tsushima (27 mai 1905). Mis en service en 1902, il servit comme navire amiral de l’amiral Togo pendant les batailles de la mer Jaune et de Tsushima durant la guerre russo-japonaise.Désarmé en 1926 il est aujourd’hui utilisé comme navire musée de la Marine à Yokosuka

Dans les navires civils à moteur, citons le très incongru brise-glace Sōya amarré aujourd’hui au musée des sciences et de la mer à Tokyo

Connu comme le premier navire d’exploration antarctique, le “Soya” fut lancé en 1938 comme un cargo brise-glace à destination de l’URSS. En raison des circonstances (2eme guerre mondiale) le navire ne fut pas livré à ses commanditaires et servit sous le nom de « Chiryo-Maru » dans la Marine Impériale Japonaise. Après avoir miraculeusement survécu à la guerre, le Soya servit de navire de transport et de phare flottant. Puis, en 1956, il fut profondément remanié en brise-glace pour l’exploration antarctique. Il fit le voyage six fois et emmena les matériaux nécessaires à la construction de la base « Showa » pour la première expédition hivernale.Le Soya servit enfin de navire de patrouille au nord d’Hokkaido, où il usa au mieux de ses capacités brise-glace.Retiré du service en 1978, le « Soya » est actuellement préservé et exposé au Muséum de Science Maritime où il est ouvert au public.

Et pour terminer, le fameux Hikawa Maru, un paquebot trans-Pacifique, aujourd’hui troisième plus vieux paquebot du monde et magnifiquement entretenu (nous lui avions consacré un article entier ICI):

À sa sortie des chantiers navals de la Yokohama Dock Compagny en 1929, rien ne laissait présager la destinée extraordinaire du Hikawa Maru. Amarré dans le port de Yokohama, ce paquebot de luxe, reconverti en navire hôpital, en cargo, puis en musée, est aujourd’hui un symbole de la cité portuaire. Le Hikawa Maru, luxueux navire de la compagnie maritime Nippon Yusen Kabushiki Kaisha (NYK), est un géant des mers ; mesurant 163 mètres de long et pesant plus de 11000 tonnes qui doit son nom au sanctuaire Hikawa, un important sanctuaire shinto de Saitama. Mis en service sur la liaison régulière Yokohama -Vancouver – Seattle en mai 1930, ce paquebot ultramoderne et élégant, équipé de la toute dernière technologie de moteur diesel, est capable d’atteindre la vitesse maximale de 18,38 nœuds (34 km/h). Les prestations haut de gamme qu’il offre à sa riche clientèle lui valent le surnom de “Reine du Pacifique”. Mis à la retraite en 1960, il revient définitivement à Yokohama où il est utilisé comme auberge de jeunesse durant une dizaine d’années. Désigné “Bien culturel national important” par le Japon en 2016, il est désormais un fabuleux navire musée que l’on visite pour la modique somme de 300 yens.

Voilà c’est terminé pour le Japon mais son voisin, la Corée du Sud nous réserve quelques belles pépites :

2- La Corée du Sud :

La Corée du sud est une péninsule, ce qui la destine tout naturellement à une vocation maritime puisque extrêmement vulnérable par une attaque venant du large. Dés le XIVème siècle elle se crée une flotte de guerre pour la protéger des attaques incessantes des pirates japonais qui nuisent à son commerce. La Corée s’illustra notamment à la fin du XVIème siècle en inventant le premier «Cuirassé» à canon, le fameux «bateau tortue» impulsé par l’amiral Yi Sun Sin, ce qui lui permettra de défaire la flotte du Japon à la bataille de Sacheon en 1592. Pourtant dans les siècles qui suivront, la petite Corée sera victime des appétits croissants de ses deux voisins, le Japon et la Chine. Redevenu indépendante aprés le seconde guerre mondiale, elle a naturellement reproduit de nombreuses répliques de ses fameux navires tortue, symboles de sa grandeur:

Le navire tortue était armé de douze pièces d’artillerie de chaque côté du navire, servis par 45 canonniers, faisant feu par des sabords ouverts dans la cuirasse en bois et vingt-deux meurtrières permettaient la mise en œuvre de mousquets, fusées incendiaires et flèches à feu. Quant à sa figure de proue en forme de tête de dragon, elle aurait servi à la diffusion de gaz de combat en répandant fumées, gaz délétères et suffocants à partir de la combustion de soufre et de salpêtre. Elle était en outre renforcée d’un rostre permettant l’éperonnage. Ses flancs, protégés et blindés, étaient équipés de dispositifs anti-abordage et anti-éperonnage comme son pont recouvert de pointes de fer. En mai 1592, l’amiral Yi avec une flotte d’une cinquantaine de navires dont une demi-douzaine de Keobuk-Seon défait sévèrement la flotte japonaise lors de la bataille de Sacheon, coulant ou capturant les 13 navires japonais. 5 ans plus tard, en octobre 1597, l’amiral Yi avec seulement 12 navires tortues inflige une nouvelle défaite à la marine japonaise, détruisant 130 navires sur 330 sans perdre aucun de ses navires. L’amiral coréen infligera ainsi grâce à ses bateaux tortues, à une meilleure artillerie navale une dizaine de défaites navales aux Japonais.

Concernant la marine dite « moderne », la Corée du Sud a conservé deux destroyers américains de classe « Gearing », le Jeon Buk , dont les photos sont rares sur le net…

Le destroyer Jeon Buk de classe Garing fut construit au USA et intégré en 1945 dans la marine américaine sous le nom de Everett F. Larson . Après une carrière bien remplie au sein de l’US Navy, il est transféré en 1972 à la marine sud coréenne qui le rebaptise . Désarmé en décembre 1999, il est aujourd’hui navire musée à Gangneung

…Et le ROKS Jeon Ju

Entré en service en 1945, le destroyer de la classe « Gearing » USS Rogers a été transférée en Corée du Sud en tant que ROKS Jeon Ju le 25 juillet 1981. Il et est maintenant navire-musée au SapKyoHo National Sightseing Resort, situé à Dangjin-Gun, province de Chung Nam en Corée du Sud

…La Corée du sud conserve aussi la frégate Taedong, (ex-américaine USS Tacoma) qui sert aujourd’hui de musée mais aussi de navire d’entraînement. Les seules photos trouvées sur le net sont de l’époque américaine :

L’USS Tacoma est le premier navire de tête des frégates de patrouille de classe Tacoma. Il a été en service de 1943 à 1945 et de 1949 à 1951dans la marine américaine. A la fin du second conflit mondial il est prêté à la marine soviétique sous le nom de EK-11. Rendu à la marine US en 1949, il est transféré à la marine de la République de Corée comme ROKS Taedong (PF-63). Il est aujourd’hui navire musée et navire d’entraînement.

 

…Ainsi que deux frégates de construction locale de classe « Ulsan », la Ulsan proprement dite et la Séoul .

Le frégare "Ulsan"
La frégate "Séoul"

La classe Ulsan est une série de frégates lance-missiles conçue par la Corée du Sud pour équiper sa marine. Construites durant les années 1980 et 1990 principalement par Hyundai Heavy Industries et Daewoo Shipbuilding & Marine Engineering. De taille respectable (103 mètres) elles sont capables d’atteindre la vitesse de 34 nœuds. Deux frégates de la série sont devenues des musées dans les villes dont elles portent le nom, quatre sont encore en service dans la marine coréenne et une en service dans le marine du Bangladesh.

Et pour terminer, plus sinistre, la corvette Cheonan, coulée par torpille par la marine nord-Coréenne, renflouée et transformé en mémorial :

L’incident de Baengnyeong désigne le naufrage le 26 mars 2010 d’une corvette de la Marine de la République de Corée, le Cheonan (PCC-772), dans une zone de la mer Jaune que se disputent la Corée du Nord et la Corée du Sud. Le navire transportait 104 marins, dont 46 sont morts. Selon les conclusions du 20 mai 2010 d’une enquête menée par une équipe d’experts américains et japonais, le navire aurait été torpillé par la Corée du Nord : « Il n’y a aucune autre explication possible ». La Corée du Nord dément catégoriquement ces conclusions. La Corée du Sud a demandé des excuses à la Corée du Nord, mais la déclaration de l’ONU au sujet de cet incident reste plus vague, parlant d’une « attaque » sans mentionner par qui. Les résultats d’une seconde enquête, commanditée par la Corée du Sud à la marine russe, n’ont été que partiellement rendus publics. La corvette Cheonan a été renflouée et elleest aujourd’hui transformée en mémorial.

 

3- Taïwan:

Dans le patrimoine Taïwanais, un seul navire un destroyer de la très réussie classe «Gearing» (encore !) dont des exemplaires sont conservés un peu partout dans le monde : Le ROCS Te Yang

Le ROCS Te Yang est un destroyer de classe « Gearing » lancé pour la marine américaine en 1945 sous le nom de USS Sarsfield. Après une carrière bien remplie au sein de l’US Navy et de nombreuse modernisations, il est transféré à la marine Taïwanaise en 1977 et rebaptisé Te Yang. Désarmé en avril 2005, après 60 ans de carrière, il est transformé en navire musée à Tainan city.

Voila pour la première partie du continent asiatique. Dans l’épisode suivant nous nous attaquerons au géant Chinois et à l’Asie du sud et ce n’est pas rien non plus !

A suivre…

Olivier Alba

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Le patrimoine maritime en France et à l’étranger épisode 4- Le continent américain(hors USA)-

Note: La liste de navires citée n’est pas exhaustive mais le fruit de recherches qui peuvent être incomplètes. N’hésitez pas à nous contacter si vous constatez des oublis. La liste ne recense que les navires d’une taille assez importante et ne comprend pas les sous-marins

Il n’aura fallu pas moins de deux épisodes pour recenser le patrimoine du colosse américain, là où un seul permettra de faire le reste du continent. Cela semble peu mais ce continent, notamment l’Amérique latine, est composé de pays à vocation maritime qui ont su conserver de bien belles choses, en plus de leur navires-école qui nous régalent, nous français, à chaque rassemblement de grands voiliers.

1- Le Canada :

Commençons donc par le Canada, qui, jeune nation encore récemment dans l’ombre du Royaume-Uni, a commencé de se constituer une mémoire maritime. L’essentiel de ce patrimoine est néanmoins composé de bateaux et paquebots des Grand Lacs, que nous ne traiterons pas ici, mais en ce qui concerne la marine océanique, on notera cependant :

Le navire hydrographique CSS Acadia

L’Acadia a servi le Canada pendant plus de cinq décennies, de 1913 à 1969, en traçant les côtes de presque toutes les parties de l’est du Canada, y compris des relevés novateurs de la baie d’Hudson. Il a également été affecté à deux reprises à la Marine royale canadienne (MRC) en tant que NCSM Acadia, le seul navire encore à flot à avoir servi pendant les deux guerres mondiales. En conservant ses moteurs d’origine, ses chaudières et ses logements peu modifiés, ce navire est l’un des navires à vapeur de l’Époque édouardienne les mieux conservés au monde et un exemple reconnu des plus anciennes prouesses scientifiques du Canada dans les domaines de l’ hydrographie et de l’océanographie.

…Le brise-glace Ernest Lapointe

L’ Ernest Lapointe est un ancien brise-glace de type vapeur, de la Garde côtière canadienne qui a été en service de 1941 à 1978. Après avoir été amarré pendant deux ans à Québec, il est finalement remorqué jusqu’à L’Islet en 1980 pour être converti en navire musée sur le site du musée maritime du Québec. L’ancien brise-glace est installé dans la cour arrière de l’institution muséale et constitue l’une de ses principales attractions avec un autre navire grandeur nature, l’hydroptère NCSM Bras d’Or.

…Et chez les militaires, deux navires emblèmatiques, le premier un grand destroyer de classe « Tribal », le HMCS Haida

Après avoir été construit à Newcastle en Angleterre pour la Marine royale canadienne, le Haida fut assigné à la 10e flottille de destroyers stationnée à Plymouth en Angleterre au début de l’année 1944. Il eut une brillante carrière au cours de la Seconde Guerre mondiale. En effet, il reçut le surnom du navire « le plus combattant de la Marine royale Canadienne » (« The Fightingest Ship in the RCN ») après avoir coulé 14 navires ennemis au cours de patrouilles dans la Manche et le golfe de Gascogne. Le Haida est le seul survivant de la classe Tribal. Entre 1937 et 1945, il y eut 27 destroyers de ce type construits pour la Royal Navy, la Marine royale canadienne et la Royal Australian Navy. Il effectua également deux services militaires pendant la guerre de Corée. Il est aujourd’hui navire musée à Flot dans le ville d’Hamilton

…Et enfin pour terminer le HMCS Sackville, la dernière et unique corvette de type « Flower » encore existante aujourd’hui !

Le NCSM Sackville fut construit Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick au début des années 1940. C’est le second navire de cette classe à être commandé par la Marine Royale Canadienne. Il fut lancé en 1941 et commissionné par la Marine royale canadienne le 30 décembre 1941. Aprés une guerre passée à convoyer des navire sur l’Atlantique, il fut transféré à Pêches et Océans Canada en 1953 en tant que navire de recherche civil. Il fut retiré du service en 1982. Remis dans son état de 1941, il est aujourd’hui navire-musée à quai à Hallifax (canada)

2- Le Mexique :

Plus au sud le Mexique reste assez pauvre en navires historiques mais néanmoins il arme fièrement le navire-école Cuauhtémoc, qui participe régulièrement aux rassemblements de grands voiliers en Europe et en France notamment à Rouen ou Brest. Navire récent certes, puisque construit en Espagne en 1982, mais qui reprend fidèlement la physionomie des grands voiliers de la fin du XIXème et du début du XXème siècle. Pour l’avoir personnellement visité, l’accueil de l’équipage est particulièrement sympathique et chaleureux !

Construit à Bilbao en Espagne en 1982, à l’imitation des grands voiliers cap-horniers à coque en fer du début du XXème siècle, ce trois-mâts de 90 mètres de long est propriété de la Marine mexicaine qui l’utilise comme navire-école. Il est un symbole au Mexique car il illustre l’esprit de combativité et d’indépendance, par référence à l’empereur Cuauhtémoc. Ce dernier figure d’ailleurs sur la proue du bateau. Il a des sister-ships, le Guayas (Équateur), le Gloria (Colombie) et le Simon Bolivar (Venezuela). C’est un habitué des défis du monde marin : traversée de l’Atlantique en 22 jours, passage du cap Horn en 1993 entre autres.

Profitons d’ailleurs de l’occasion pour traiter les pays dont le seul patrimoine maritime est l’un des frères jumeaux du Cuauhtémoc à savoir :

3- Le Venezuéla :

Qui possède le navire-école Simon Bolivar, qui s’est fait rare en Europe et dont l’entretien doit être aujourd’hui négligé au vue des difficultés économiques présentes du pays

Le Simon Bolivar est un voilier de type trois-mâts barque de la marine du Venezuela construit en 1979 à Bilbao (Espagne). C’est un navire récent construit sur le modèle des navires d’autrefois. Il a été commandé ainsi par l’État pour servir de navire-école. Ses caractéristiques sont : longueur 82 mètres, largeur 10,5 mètres, 1650 m2 de voilure, armé par 16 officiers et 90 marins. Il porte son nom de Simón Bolívar en l’honneur de ce célèbre homme politique.

4- La Colombie

Avec le navire-école Gloria, le navire le plus rapide de la série.

Le Gloria (ou ARC Gloria) est un trois-mâts barque à coque acier, construit en 1967 à Bilbao en Espagne. Il est le navire-école de la marine colombienne.
Il a été baptisé Gloria en l’honneur de la femme du général Reveiz Pizarro, décédé avant son lancement. Il a remporté le Boston Teapot Trophy en 19701, parcourant 1 058 milles en 124 heures. Il est considéré comme l’ambassadeur de ce pays, dans chaque port où il fait escale. Il fut réaménagé en 1975 pour servir de lieu d’exposition itinérante du patrimoine colombien. Il impressionne toujours à son arrivée dans les ports ; ses marins, chantant dans les vergues, sont habillés aux couleurs du pays et sont accompagnés de leur propre fanfare de bord. Sa figure de proue, couverte à la feuille d’or, est appelée Maria Salud, la fille du sculpteur.

5- L’Équateur :

Le dernier de cette très réussie série de navires-écoles le Guayas.

Le BAE Guayas (BE-21) est un trois-mâts barque qui sert de navire-école à la Marine équatorienne. Il a été lancé en 1976, entre en service en 1977 et porte les armoiries de l’Équateur. Il fait partie des grands voiliers construits par les chantiers navals espagnols de Bilbao. Il participe régulièrement aux courses de grands voiliers

6- Le Brésil:

Le Brésil est incontestablement la grande puissance d’Amérique latine, que ce soit d’un point de vue économique et démographique. C’est aussi une puissante marine militaire qui, étrangement, ne trouve pas son pendant dans la conservation d’un patrimoine maritime historique. En effet celui-ci se résume en deux navires. Tout d’abord le clipper Cisne Branco, un navire-école, construit au Pays-Bas, exacte réplique de Stad Amsterdam, son sister-ship. Dans la région, le Brésil fût d’ailleurs l’un des dernier pays à acquérir ce type de navire puisque réceptionné en 2000…

Le Cisne Branco (« cygne Blanc » en portugais) est un clipper trois-mâts carré de la marine nationale brésilienne. Lancé en 1999, il est l’exact sister-ship du Stad Amsterdam, un clipper du XIXe siècle. Construit aux Pays-Bas, il a été remis à la marine nationale brésilienne le 9 mars 2000 lors des festivités de commémorations du 500e anniversaire de la découverte du Brésil par  le Portugal, 500 ans jour pour jour après le départ de Lisbonne du navigateur Pedro Álvares Cabral, voyage au cours duquel il atteindra les côtes du Brésil. Ses missions sont de représenter le Brésil lors des événements nautiques nationaux et internationaux, ouvrir le monde maritime à la société civile, préserver les traditions navales et occasionnellement d’entraîner le personnel de la marine nationale brésilienne. Il a remporté le Boston Teapot Trophy en 1982, parcourant 1 101 milles en 124 heures.

…Ainsi que le destroyer ex-américain Comandante Bauru.

L’USS McAnn (DE-179) était un destroyer d’escorte de classe « Cannon » construit pour l’US Navy pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a servi sur le thèâtre Atlantique en fournissant un service d’escorte contre les sous-marins et les attaques aériennes pour les navires et les convois vers l’Angleterre. Le navire a été lancé le 5 septembre 1943. Le USS McAnn arrive au Brésil août 1944 où il est désarmé et transféré à la marine brésilienne, en vertu d’un contrat de prêt. Il est donné officiellemnt au Brésil de manière permanente, dans le cadre du Pacte d’assistance mutuelle à la défense le 30 juin 1953. Il est aujourd’hui navire-musée à Rio de Janeiro.

6- L’Argentine :

L’Argentine est incontestablement dans la région le pays qui possède le patrimoine maritime le plus riche, notamment en ce qui concerne la marine ancienne à savoir :

La frégate Présidente Sarmiento

A la fin du XIXème siècle, l’Argentine avait besoin d’un navire moderne pour former ses marins. Le contrat de commande du Présidente Sarmiento fut donc signé avec la société Laids Brothers de Liverpool et le bâtiment fut construit dès 1896 au chantier naval Cammell Laird de Birkenhead au Royaume-Uni. Le premier voyage de formation a été lancé le 12 janvier 1899 et arriva le 16 juillet 1900 dans le port d’Annapolis aux États-Unis. Jusqu’en 1939 il effectua 37 voyages de formation dans les différentes parties du monde. Il a participé à l’ouverture du canal de Panama et à l’inauguration de la statue de José de San Martín à Boulogne-sur-Mer À partir de 1939, le navire a cessé ses voyages internationaux à cause de la guerre. Puis ces voyages annuels se firent principalement en Amérique du Sud. Il finit sa carrière pour la formation à l’École de matelot de Cabos et fit sa dernière année de service en 1961. Le navire a été déclaré monument historique national le 18 juin 1962 et transformé en musée le 22 mai 1964. Sa tradition maritime fut transmise à la nouvelle frégate ARA Libertad qui poursuit l’instruction des cadets de l’école navale de la marine argentine.

Ou encore la corvette Uruguay

L’Uruguay a été construit en Angleterre en 1874 sur le chantier naval de Birkenhead. C’est le plus ancien bateau de la Marine argentine à flot de son âge. Il était gréé en trois-mâts barque avec une coque en acier doublé en teck. De 1874 à 1887 il a servi à l’origine comme canonnière puis fut très vite affecté comme navire d’entraînement en devenant le navire-amiral de la formation navale argentine. Durant cette période, il a fait partie de l’expédition en Patagonie (1878) pour affirmer la souveraineté argentine sur cette région menacée par le Chili. De 1887 à 1903, réaménagé spécifiquement, il devient navire de soutien d’expéditions sur l’Antarctique. Il fera ainsi le sauvetage de l’expédition d’Otto Nordenskjö. De 1904 à 1906, il participe à la troisième expédition antarctique de Charcot, puis jusqu’en 1922 il ravitaille les bases scientifiques de recherches hydrographiques et géographiques dans le Passage de Drake et au Cap Horn. En 1926, il est réformé et devient un dépôt flottant de munitions. En 1954, il est restauré au chantier naval de Buenos Aires. Deux ans plus tard il est mis à quai de l’école navale et devient navire musée. Retiré réellement du service naval en 1962, il est déclaré, en 1967, monument historique.

…Avouons que c’est un véritable régal de voir des navires aussi propres et bien entretenus. N’oublions pas dans cette liste le traditionnel navire-école et ambassadeur argentin, le très beau Libertad, qui remplace le Presidente Sarmiento depuis 1960. Là aussi visité à Brest et équipage aussi prétentieux que désagréable surtout si on le compare à l’accueil simple et chaleureux du  Cuauhtémoc:

Pour remplacer le ARA Presidente Sarmiento, le Libertad est construit aux docks nationaux argentins : A.F.N.E. Astilleros Navales à Rio Santiago. Bien que sa quille soit posée en 1953, il n’est lancé qu’en 1956 et mis en service le 28 mai 1962. Son voyage inaugural de six mois n’a lieu que trois ans plus tard.Avec ces 103 m de long, il est l’un des plus grands voiliers du monde. Le Libertad mesure plus de 103,7 m de long, pour une largeur de 14,31 m et un tirant-d’eau de 6,6 m. Ces 27 voiles et 5 focs représentent une surface de voiles de 2 643 m3 portées par les trois mâts mesurant 43 à 49 m : 49,8 m. L’importante voilure, la coque métallique et le design effilé, permettent au Libertad d’atteindre la vitesse de 13.8 nœuds sous voiles, avec un record enregistré à 18.5 nœuds en 1966. Au moteur, la vitesse du navire est de 12 nœuds. Le navire possède quatre canons de 47 mm, transférés de l’ancien navire-école : le Presidente Sarmiento, qui sont utilisés comme batterie de salut. Le Libertad détient le record mondial de vitesse de la traversée transatlantique Nord à la voile entre le Canada et l’Irlande (île de Dursey) avec 6 jours 4 heures, en 1966. Il a aussi gagné le Boston Teapot Trophy en 1966, 1976, 1981, 1987, 1992 et 1998. On le voit régulièrement dans les rassemblements de grands voiliers en Europe.



Il est possible que l’Argentine ait aussi conservé le croiseur Général Belgrano si une torpille anglaise n’avait mis fin à sa carrière au sein de la marine Argentine pendant la guerre des Malouines en 1982…Mais là on reste dans les suppositions….Passons donc au pays suivant:

6- Le Chili :

Le Chili, long pays bordé à l’ouest par le Pacifique possède 6435 kms de côtes et se trouve donc très vulnérable par la mer. Son patrimoine historique maritime se résume pourtant à une paire de navires mais parfaitement entretenus: Commençons donc par le très étrange monitor océanique Huascar:

Le Huáscar est un navire de type monitor à tourelle blindée construit en Grande-Bretagne pour le Pérou dans les années 1860. Il était le navire amiral de la marine péruvienne et a participé à la bataille de Pacocha et à la guerre du Pacifique de 1879–1883 ​​avant d’être capturée et mise en service dans la marine chilienne. Aujourd’hui, elle est l’un des rares navires survivants de son type. Le navire a été restauré et il est conservé comme navire-musée commémoratif dans le port de Talcahuano . Elle est nommée d’après l’empereur inca du XVIe siècle, Huáscar.

…Et terminons avec le très élégant navire-école de la marine chilienne, La goélette Esméralda:

L’Esmeralda est le 6e navire chilien à porter ce nom. En 1946 l’Espagne lança la construction du navire jumeau du navire-école Juan Sebastián Elcano dans le but de le remplacer. Il devait à l’origine être baptisé sous le nom de Juan de Austria. Le 12 mai 1953 eurent lieu le lancement du navire et son baptême. Sa marraine était Raquel Vicuña de Orrego. Suite au changement d’avis de la marine espagnol d’armer un second voilier-école, le navire fut offert au gouvernement chilien en 1954. C’est l’ambassadeur du Chili en Espagne, Oscar Salas Letelier, qui reçut le navire. Il a été nommé en l’honneur de la frégate Esmeralda, 1re du nom, bâtiment de l’escadre navale péruvienne capturée dans le port de Callao en novembre 1820 par l’amiral Lord Thomas Cochrane, ainsi qu’en l’honneur de la corvette Esmeralda, 2e du nom, commandée par le commandant Arturo Prat. Durant une année, les officiers promus de l’école navale, ainsi que les 70 premiers sous-officiers du classement de l’École de mousses, parfont leur cursus à bord de ce navire-école. En 2011, pour sa 56e campagne, l’Esmeralda accueille pour la première fois des femmes à son bord.

Il nous reste donc pour terminer ce tour du Nouveau Monde qu’un seul pays à visiter :

7- Le Pérou :

Deux navire notable pour ce pays qui termine la liste, et commençons, c’est une habitude dans cette partie du monde, un navire-école magnifique, le quatre-mâts barque Unión:

Le BAP Unión est le premier navire-école construit spécialement pour la Marine péruvienne par les chantiers navals des Services Industriels de la Marine (SIMA) situés sur la base navale de Callao. C’est un quatre-mâts barque de 115 mètre de long, ce qui en fait le troisième plus grand voilier-école du monde derrière les géant russes Sedov et Kruzenstern. Il arbore l’Inca Tupac Yupanqui en figure de proue. Son lancement officiel a eu lieu le 27 janvier 2016 en présence du président de la République Ollanta Humala. Il opère sous le commandement de la Escuela Naval (ESNA).

…Et terminons par l’un des dernier née chez les navires-musée, et pas le moindre, le croiseur BAP Almirante Grau, dernier croiseur à gros canons en service dans le monde, désarmé en 2017 et que la marine péruvienne est en train de transformer :

Le BAP Almirante Grau (CLM-81) est un croiseur de classe « De Zeven Provinciën » qui a servi dans les marines royales des Pays-Bas et du Pérou. Achevée pour les Néerlandais en 1953 sous le nom de HNLMS De Ruyter (C801), Il a été acquis par le Pérou en 1973 et a servi de navire amiral de la flotte. L’Almirante Grau a subi un important programme de modernisation entre 1985 et 1988 au cours duquel elle a été équipée de nouvelles armes et d’électronique. Il a été le dernier croiseur à canon en service dans n’importe quelle marine avant d’être désarmé le 26 septembre 2017. En août 2019, il a été annoncé qu’il serait conservée en tant que navire-musée dans le port de Lima.

Voilà c’est terminé pour ce tour des Amériques… A la prochaine escale nous traverserons le Pacifique pour aller en Asie.

Là aussi de bien belles choses à découvrir, et parfois certaines surprises…

A suivre…

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                                                                                                                             Olivier Alba