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Le classement des plus vieux paquebots au monde, le N°11, le M/S Funchal

A la place N°11 :

Le plus vieux liner référencé est le paquebot Funchal Lancé en 1961 et qui, après de nombreuses péripéties, est en quête d’un nouveau propriétaire pour reprendre la mer.

Le Funchal porte le nom de la ville principale de l’île Madère, possession portugaise située au large du Maroc sur l’Atlantique et connue notamment pour son vin fameux.

   

Le Funchal est lancé le 10 fevrier 1961 aux chantiers Helsingør Skibsværft og Maskinbyggeri d’Elseneur au Danemark pour la compagnie portugaise Empresa Insulana de Navegação. Il est mis en service en Octobre 1961.

C’est un paquebot mixte de 152 mètres de long pour 19 mètres de large , prévu pour transporter 400 passagers (dont 80 en première classe) et du fret à la vitesse de 23 nœuds en service courant. Quatre mâts de charge lui permettaient de charger ses marchandises dans ses cales avant et arrières.

 

Dans un premier temps il est affecté a la ligne entre Acores et Lisbonne. A partir de 1968, il servira aussi de yacht présidentiel à l’occasion notamment des visites du chef d’Etat portugais dans les îles atlantiques, en Afrique et au Brésil.

 

 

Au cours de l’hiver 1972, il est transformé en navire de croisière par les chantiers Werft Nederlandse Dok d’Amsterdam. A cette occasion, il sera remotorisé, troquant ses chaudières vapeur à turbine pour des moteurs diesels moins gourmands en carburant. La vitesse est réduite à 18 nœuds (16 en service courant). Sa livrée devient toute blanche.

Il est affecté après refonde à de courtes croisières depuis les port de Zeebruge et Douvres, vers les destinations de Madère, Tenerife ou les îles du Cap Vert.

En mars 1973, le navire est racheté par la compagnie Companhia Portuguesa de Transportes Marítimos.

 

Le Funchal est racheté en 1985 par l’armateur grec George Potamianos, qui fonde à cette occasion l’Arcalia Shipping Company Ltd (plus tard Classic International Cruises) qui s’installe à Lisbonne.

En 2003, le navire est rénové pour la seconde fois.

Durant cette période il est affrété pour des croisière Europe/Australie qui obtiennent un certain succés.

En 2010, le navire est envoyé aux chantiers navals de Lisbonne afin d’être mis aux normes SOLAS 2010. A cette occasion, les moteurs du navire sont à nouveau changés, ses cabines et ses salons voient leur décoration être entièrement renouvelée. L’année suivante la Funchal fête ses 50 ans sous le même nom, alors que les travaux de refonte durent en longueur, en effet en avril 2012, les travaux ne sont finis qu’à 20 %.

En septembre de la même année, l’ensemble des navires de la Classic International Cruises sont immobilisés pour factures impayées.

Le 20 décembre, la compagnie est placée en liquidation. Le Funchal risque alors d’être envoyé à la casse.

C’est en découvrant par hasard ce bateau désarmé sur le Tage que l’homme d’affaires portugais Rui Alegre s’intéresse à son sort et décide de reprendre quatre des cinq anciens paquebots de la CIC (Funchal, Arion, Princess Danae et Athena (ex-Stockholm)), les trois derniers étant rebaptisés Porto, Lisboa et Azores). Il fonde pour l’occasion la Portuscales Cruises.

Avant d’être remis en service, le Funchal bénéficie d’une véritable reconstruction, portant notamment sur la remise à niveau de la propulsion et la rénovation de la structure. Plusieurs centaines de tonnes d’acier sont mises en place pour renouveler les vieilles tôles, alors que 30 kilomètres de tuyauterie et une longueur équivalente de câbles électriques sont remplacés. Après refonte, le Funchal affiche une jauge de 9563 GT. Doté de deux stabilisateurs le navire atteint désormais une vitesse de croisière de 17 nœuds grâce à deux moteurs diesels Stork-Werkspoor de 5000 cv chacun, montés sur deux lignes d’arbres.

D’un point de vue esthétique, le Funchal a changé d’apparence. Il arbore à nouveau une coque noire, ainsi qu’une cheminée jaune frappée du « P » de son nouvel armateur. L’ensemble, s’ajoutant à ses belles lignes de paquebot traditionnel, lui donnant l’allure d’un yacht de luxe.

Concernant les intérieurs du navire, les espaces publics du Funchal ont été totalement remis à neuf. A l’extérieur, les passagers disposent d’un superbe pont en bois, avec de vastes espaces pour les transats et une nouvelle piscine, agrémentée de douches. Un bar et un buffet donnent sur la mer, très proche compte tenu de la taille du navire. Le mobilier a été changé et les plafonds recouverts de boiseries, donnant à l’ensemble un côté très chic.

Côté capacité, le Funchal compte désormais 244 cabines, dont quelques individuelles, pour une capacité maximale de 610 couchages. Bien loin donc des géants actuels pour une expérience de croisière plus haut de gamme.


Le 13 août 2013, le Funchal est remis en service, mais rien ne se passe comme prévu.

 

Le 28 août 2013, lors d’un contrôle de sécurité, le navire est immobilisé à Göteborg à la suite de nombreuses défaillances dans le système de sécurité. Il est autorisé à repartir le 2 septembre 2013. Las en 2015 la compagnie dépose le bilan et le Funchal est désarmé dans le port de Lisbonne.

Le Funchal et le Porto désarmés dans le port de Lisbonne.

Après trois ans d’inactivité le Funchal est finalement vendu aux enchères à Lisbonne et acheté par la société Signature Living, un groupe hôtelier basé au Royaume-Uni au prix de 3,9 millions de livres sterling.

Un premier projet un peu loufoque consiste à le transformer en navire-discothèque pour fêtards avec comme port d’attache Ibiza.

Comment démolir une ligne magnifique et inchangée depuis 60 ans

Ce projet abandonné, son propriétaire envisage alors une reconvertion en navire-hôtel flottant au Royaume-uni. Las, l’affaire capote à nouveau et aujourd’hui le Funchal est à  la vente. Gageons que sa magnifique silhouette et ses intérieurs luxueux seront un atout au moment où se développe un autre style de croisière à l’opposé des HLM flottants actuels.

Un avenir incertain donc pour ce navire de 59 ans, dont la silhouette élégante et un brin désuète n’a que fort peu changée, et, chose rare, qui n’a jamais été rebaptisé au grès de ses nombreux armateurs.

Souhaitons-lui bonne chance !

                                                                           Olivier Alba

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